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MBA : Vision d'un leader créateur de valeurs

De
117 pages
Poursuivre des études au programme MBA représente un défi passionnant, d'avant-garde même dans une spirale technologique qui s'accélère. Le grand public y trouvera également une représentation réaliste de la prise de décisions, face aux multiples facettes de la gestion.
On y découvrira de plus le cheminement de l'auteur au sein de quatre entreprises où il a évolué, incluant la biographie de trois leaders ayant connu un success-story au Québec. Ce livre vous fera voyager, à travers ses études de cas, en Finlande, en Allemagne, en France et aux États-Unis avec cette dimension captivante de la globalisation des marchés. L'approche dynamique de ce livre interpelle le lecteur, souvent au cœur des décisions au sein des équipes de direction où des points de vue peuvent s'affronter. Dans des situations parfois critiques pour l'entreprise, la vision d'un MBA saura éclairer par une solide documentation des faits.
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MBA
VISION D’UN LEADER CRÉATEUR DE VALEUR$
Jean Dallaire
MBA VISION D’UN LEADER CRÉATEUR DE VALEUR$
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Dallaire, Jean, 1952-
MBA : vision d’un leader créateur de valeur$
ISBN 978-2-89571-258-9
1. Gestion. 2. Prise de décision. 3. Leadership. 4. Gestion - Études de cas. I. Champoux-Paillé, Louise. II. Titre. III. Titre : Vision d’un leader créateur de valeur$. IV. Titre : Vision d’un leader créateur de valeurs.
HD33.D34 2017 658 C2017-940480-6
Révision : Sébastien Finance et Thérèse Trudel Infographie : Marie-Eve Guillot Photo de l’auteur : Studio Vicky, Valcourt
Éditeurs :
Les Éditions Véritas Québec 2555, av. Havre-des-Îles Suite 315 Laval, Québec H7W 4R4 450-687-3826
Site Web :www.editionsveritasquebec.com
© Copyright : Jean Dallaire (2017)
Dépôt légal :
ISBN :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada
978-2-89571-258-9 version imprimée 978-2-89571-259-6 version numérique
PRÉFACE
’est avec grand plaisir que j’ai accepté de rédiger la préface de cet ouvrage Cunique qui permettra sûrement de favoriser l’intérê t de jeunes et de personnes plus expérimentées à l’obtention d’un MBA.
Économiste de formation, j’ai travaillé très rapide ment dans le domaine des affaires en occupant tout autant des fonctions dans le domai ne des finances, de la consultation, du marketing et du développement de p roduits ainsi que dans le domaine de la planification stratégique. Cette expé rience m’a conduite à rechercher une formation universitaire additionnelle qui me pe rmettrait d’assurer un nouveau tremplin efficace pour ma carrière. L’obtention d’u n MBA s’imposait. Ce fut l’assise d’une carrière de plus de trente ans qui a été cara ctérisée par l’occupation de fonctions stratégiques dans le domaine des services professionnels et des services financiers notamment celle de présidente du Bureau des services financiers («BSF»).
Avec des collègues issus de différentes formations académiques et de différents pays, j’ai pu développer une capacité d’adaptation et d’inclusion unique qui ne peut se développer et s’enrichir que dans le contexte d’ une formation qui porte sur une variété de sujets, qui invite à des échanges avec d es collègues qui nous font découvrir la richesse de la complémentarité de conn aissances et d’expériences dans la prise de décision et qui convie à l’excellence e n gestion.
Ce livre permet, grâce au partage d’expérience de l ’auteur, d’illustrer des situations auxquelles nous sommes confrontés tout au long de n otre carrière et l’apport des connaissances acquises lors du programme MBA. Ensei gnante moi-même en gouvernance et en gestion des risques, je constate jusqu’à quel point ce partage d’expériences rend concret certains concepts, mais surtout permet de développer le savoir-faire et le savoir-être chez nos étudiants. C’est l’une des grandes valeurs ajoutées des programmes MBA, établir un équilibre e ntre le savoir, le savoir-faire et le savoir- être.
Ce livre permet également d’aborder les questions d e déontologie et d’éthique qui façonnent notre cheminement professionnel et qui fo nt appel au courage que doit avoir tout bon gestionnaire. Les dernières années o nt été riches en enseignement à ce chapitre que l’on pense à la faillite d’Enron, à la crise financière de 2008, aux scandales dans l’octroi de contrats et à la Commiss ion Charbonneau, à la divulgation de pratiques commerciales douteuses, à la fixation de la rémunération des hauts dirigeants dans une perspective juste et axée sur la pérennité des organisations.
Dans ce livre, d’une manière pratique, le lecteur p ourra nourrir sa réflexion sur l’importance de valeurs de saine gestion telles que la transparence, l’équilibre, l’équité et l’importance qu’il faut accorder à l’in térêt de l’entreprise dans son ensemble en opposition à nos propres intérêts. Selo n des sondages, la cote de confiance accordée par la population aux gestionnai res et aux chefs d’entreprise est peu élevée comparativement à celle des enseignants, des médecins, des travailleurs sociaux et autres. En proposant quelques thèmes de réflexion sur le sujet, ce livre témoigne de l’importance de l’inclusion de la dimen sion éthique dans la formation universitaire.
Bref, ce livre rappelle que les programmes MBA ont pour but de former d’excellents hauts dirigeants avec une tête bien remplie de conn aissances mais avec un cœur courageux capable de défendre les valeurs d’une soc iété juste et équitable pour ses employés, ses clients, ses fournisseurs soit l’ense mble de ses parties prenantes.
J’espère que ce livre vous sera utile et vous condu ira à déployer tous les efforts nécessaires pour obtenir votre MBA qui, dans mon ca s, a fait une différence dans la personne que je suis et dans la carrière que je con tinue à enrichir par mes efforts d’engagement en gouvernance, en enseignement et en mentorat.
Louise Champoux-Paillé, C.M.,C.Q.,F.Adm.A. MBA,
Administratrice de sociétés certifiée
AVANT-PROPOS
Pourquoi écrire un autre livre sur cette spécialité alors que l’on pourrait croire que tout a été expliqué, décortiqué, interprété ? Je cr ois que nombre de bons ouvrages décrivent les pratiques et élaborent la méthodologi e qui formeront de bons MBA (Masters of Business Administration). Mais encore faut-il savoir ce que cette voie vers la profession exige comme qualités et propose comme plan d’accomplissement. Une vie professionnelle se bâtit sur la passion et la vision, selon moi, alors j’ai bien modestement écrit ce livre afin d’inciter davantage d’étudiants et d’étudiantes à poursuivre leurs études au programme MBA. Les leade rs de demain seront plus riches d’expérience, après avoir lu et travaillé à partir des informations qui suivent.
Le Québec s’adapte bien à la férocité de la compéti tion mondiale. Les défis sont nombreux et, comme tout va de plus en plus vite, le s meilleurs gestionnaires doivent posséder un coffre à outils mieux garni, à la fois théorique et pratique. La technologie se déploie à toute vitesse et il y a én ormément de turbulence dans notre environnement. Il devient important de se familiari ser avec la réalité du terrain, là où de vraies personnes posent des gestes, en assument les conséquences et évoluent grâce aux résultats obtenus.
Obtenir son MBA demande des efforts et de la persév érance. Les cours, les travaux d’équipe, les présentations, les examens s’avèrent exigeants mais ils mènent à une excitante carrière, à des défis multiples et à un r espect que la profession inspire aux autres professionnels et leaders. D’abord, s’inspirer de l’action de certains des nôt res, puis comprendre quelques pièges et cas concrets qui demandent plus que des c onnaissances : nous parlerons o d’éthique et de vision à 360 dans la dynamique de cette profession hautement stratégique. J’aime vous asseoir dans le siège des décideurs, où vous serez demain, sans filet ni parachute. Les trois courtes biographies d’homme s d’affaires comportent des clés pour qui vise le succès, mais lorsque vous serez fa ce à des décisions à prendre rapidement, et en toute conscience, que ferez-vous ? Votre phare éclairera cet espace que je vous réserve pour écrire et décrire v os arguments. Cette approche dynamique devrait vous apporter de bons moments et alimenter de saines discussions. Je vous souhaite une excellente lecture !
LEADERSHIP
J’ai vécu une enfance difficile, auprès d’une mère qui me dépréciait constamment, et d’un bon père, mais trop souvent absent. Il trav aillait beaucoup à l’extérieur de la ville afin de développer la clientèle du cabinet co mptable qu’il avait fondé avec trois de ses amis. Il y a quelques années, ma conjointe Michelle et mo i avons accueilli ma mère durant trois semaines, alors que mon père était hos pitalisé pour un cancer. En fin de parcours, elle avait de la difficulté à se déplacer à mesure que la maladie d’Alzheimer faisait ses ravages.
Ma mère m’a souvent dit que Michelle avait été un a nge pour elle, tellement son séjour avait été apprécié. Elle lui a confié que ma grand-mère ne voulait pas d’enfants contrairement à mon grand-père. Elle a qu and même eu cinq filles, dont re des jumelles, et elles ont été placées dans un pens ionnat, dès la 1 année d’école.
Quand Michelle m’a fait part de cette confidence, j ’ai mieux compris son comportement à mon égard. Ce devait être la raison qui l’amenait à me repousser.
J’ai déployé des efforts réels afin de me surpasser pour obtenir une approbation et une once de fierté chez ma mère, mais ce fut en vai n. J’ai quitté la résidence familiale à l’âge de dix-sept ans pour poursuivre m es études sans avoir goûté au moindre compliment, alors que mon frère et ma sœur en avaient plus fréquemment.
Mes parents m’ont envoyé trois semaines dans un cam p de vacances au lac Minogami alors que j’avais 15 ans. Un ami de la fam ille est venu m’y reconduire et me ramener ensuite car je vous le précise, mes pare nts n’ont jamais vu le camp où j’ai été vraiment transformé.
Dans la hutte des moniteurs, il y avait un grand ta bleau avec le nom de tous les campeurs, et les jeunes avaient le choix de pratiqu er une quinzaine de disciplines, avec quatre niveaux de compétence. Natation, endura nce, hébertisme, athlétisme, arts, tir à l’arc… nous avions également le détail des prérequis pour passer chaque étape. Chaque matin, le tableau était mis à jour. C eux qui revenaient au camp pour une deuxième ou troisième année avaient déjà plusie urs cases remplies. Sachant que je devais toujours faire mieux pour épater ma m ère, je me suis dit en observant ce graphique que j’avais là une belle opportunité p our m’illustrer.
Au cours d’une discussion sur le sujet, les plus âg és m’ont mentionné qu’il était impossible de remplir toutes les cases du tableau. Pourquoi ? ai-je demandé. Tous me regardèrent alors. Il y avait une épreuve trop d ifficile, celle de l’endurance en natation. Pour obtenir le grade suprême, il fallait partir de l’amirauté et faire le tour de l’île puis revenir au camp.
Depuis le début du camp, une seule personne avait a ccompli cet exploit. C’était un maître-nageur de l’Ontario qui avait obtenu tous le s badges de la Croix-Rouge.
Je me suis intéressé à ce défi car il représentait le sommet de mon apprentissage et le réussir me vaudrait l’admiration de mes amis et surtout de ma mère. J’ai commencé à planifier ma stratégie. Je me suis donc renseigné pour savoir s’il y avait une durée prescrite pour réaliser cette performance , et on m’a répondu qu’il n’y avait pas de limite de temps. Le soir même, j’en ai discu té dans notre hutte. S’il n’y avait pas de limite de temps, on pouvait très bien faire ce trajet à la brasse, ce n’était pas
dLus difficile que de faire une longue marche. J’ai do nc convaincu deux membres de mon équipe de tenter le coup. Nous allions prendre le départ deux jours plus tard, le vendredi 12 juillet 1968 pour accomplir ce qui para issait impossible à tous depuis des années. Ceci tombait bien car au cours du week- end, les parents étaient invités à visiter le camp et leurs enfants. En milieu d’après-midi, sous un magnifique soleil, plusieurs se sont rassemblés à l’amirauté pour assister au départ de cette aventur e. Chacun de nous trois avions une chaloupe pour nous accompagner en toute sécurit é, et nous avons plongé à l’unisson. Peu après le départ, mes amis ont commencé à se dét acher en y allant surtout en crawl, ils affichaient une vitesse supérieure et à mi-parcours, j’étais distancé. Le bon dernier; je connaissais bien cette impression de lo ser.
En passant sous le pont de l’île, je me suis coupé à un pied sur un débris. J’ai ressenti un pincement agaçant, mais la douleur a di minué rapidement. Il y avait maintenant une heure que je nageais lorsque j’ai ap erçu le camp en arrivant au bout de l’île. Ceci m’a donné une nouvelle énergie. J’ét ais près du but. Une quinzaine de minutes plus tard, je sortais de l’eau, mission acc omplie. J’ai cependant trébuché, le fait de passer plus d’une heure en état d’apesanteu r était tout nouveau pour moi et j’avais la démarche d’un gars ayant pris une bonne brosse. On m’a fait coucher sur un banc pour reprendre graduellement mon équilibre, mais je me sentais bien. La majorité des campeurs étaient là et dans mon esprit d’enfant, je me sentais comme un héros. Puis, un petit moment d’inquiétude. On re marque que j’ai une belle sangsue agrippée à mon pied qui avait perdu du sang . Plus de peur que de mal, avec un peu de sel, on l’a vite remise à sa place. Mes deux amis avaient réussi, arrivant environ vingt minutes avant moi. Ils étaie nt très fiers de leur exploit et ils m’ont félicité pour les avoir poussés à accomplir c e qui leur paraissait impossible. Lors du souper, peu avant le dessert, un des frères qui s’occupait du camp a pris la parole. « C’est un grand jour pour la colonie. Trois campeu rs ont réussi aujourd’hui le 12 juillet 1968, ce qui n’avait été accompli qu’une se ule fois depuis une vingtaine d’années. Nous devons féliciter celui qui a été l’i nstigateur de cette épopée, Jean. Il nous a appris que rien n’est impossible. Il aurait pu la faire tout seul cette traversée et en retirer toute la gloire pour un autre vingt a ns au tableau d’honneur. Ce n’était pas son heure de gloire qu’il cherchait… Il a exerc é un leadership positif auprès de son équipe et deux autres jeunes ont eu confiance d ’y arriver. Retenez celle leçon et applaudissez Jean. Je suis certain qu’il ira loin d ans la vie ! »
Après ce bref exposé, j’ai rougi de plaisir et de f ierté en allant donner la main à mes deux amis. Le tout s’est terminé par une salve d’ap plaudissements. J’aurais donc aimé que mes parents soient là, afin de récolter un e petite note d’appréciation, mais j’ai alors compris que moi, je pouvais générer à pr ésent mon propre sens du défi et du dépassement. Jamais je n’ai oublié cette journée .
Au cours des deux semaines qui ont suivi, plus de v ingt campeurs ont réalisé cet exploit. Ce fut un plaisir et non un devoir d’être le premier à leur tendre la main au fil d’arrivée, les félicitant pour leur performance.
Pour moi, le leadership, c’est amener les gens à se surpasser, en prêchant par l’exemple. Des leaders, j’ai eu la chance d’en côto yer plusieurs et de m’en inspirer.