Nouvelles approches des gestions d'entreprises

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Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782296300484
Nombre de pages : 176
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NOUVELLES APPROCHES DES GESTIONS D'ENTREPRISES

Coordonné

par Jean-Claude LOUCHART avec la participation de
DUBOURG, Marcel LEPETIT, Claude QmN

Paul BaccARA, Alain

NOUVELLES APPROCHES DES GESTIONS D'ENTREPRISES
La Valeur Ajoutée Disponible comme finalité déterminante

Préface de Paul Boccara

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de L'École-Polytechnique 75005 Paris

Colleaion Dynamiques d'Entreprises
ALTERSO HN Claude, De la sous-traitance au partenariat industrie~

1992. LOQUET Patrick, Sauver l'emploi et développer les compétences, le double enjeu de la gestion prévisionnelle des hommes et des emplois, 1992. SUMIKO HIRATA Héléna (ed.), Autour du «modèle» japonais. Automatisation, nouvelles formes d'organisation et de relations au travai~ 1992. GILBERT Patrick, GILLOT Claudine, Le management des apparences. Incantations, pratiques magiques et management, 1993. REGNAULT Gérard, Motiver lepersonnel dans lesP.M.E., Approche pratique,1993. BREILLOT Jean-Marie, REINBOLD pétence dans l'entreprise, 1993. Marie-France, Gérer la com-

BEC Jacques, GRANIER François, SINGERY Jacky, Le consultant et le changement dans la fonction publique, 1993. GUIENNE-BOSSAVIT Véronique, Etre consultant d'orientation psycho-sociologique. Ethique et méthodes, 1994. SPIELMANN Michel, Ceshommes qu'on rachète, aspectshumains des concentrations d'entreprises, 1994. BOUTILLIER Sophie, UZUNIDIS Dimitri, Emrepreneurs et innovation en Grèce. L'entrepreneur révolutionnaire, 1994. PIGANIOL-JACQUET Claude, Gestion des ressources humaines: analyses et controverses, 1994. REGNAULT 1994. Gérard, Animer une équipe dans les PME aujourd'hui,

@ L'Harmattan,

1995 ISBN: 2-7384-3122-4

à Julien...

Cet ouvrage a été élaboré avec l'équipe que je coordonne à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Je tiens à remercier Alain Dubourg, Marcel Lepetit, Claude Quin et tout particulièrement Catherine Mills et Paul Boccara, à qui j'exprime ma plus profonde gratitude pour leurs critiques et conseils précieux, tant sur le fond que sur la forme de cet ouvrage. Merci aussi à Claudine, Corinne, Jeannine et Martine qui m'ont apporté l'aide indispensable à la lisibilité de cet ouvrage.

SOMMAIRE

PREFACE INTRODUCTION PARTIE 1 UN TYPE DE GESTION PARTICULIER EN CRISE, FONDE SUR DES CRlTERES DE RENTABILITE FINANCIERE CHAPITRE 1 LIMITES DE VALIDATION DES CRlTERES TRADITIONNELS DE GESTION Section I - Critères monétaires et indépendance de la gestion Section II - Crise du système de régulation CHAPITRE 2 LA CRISE DE LA RENTABILITE Section I - Une approche au niveau l'entreprise. Section II - Une approche au niveau global.

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PARTIE 2 DE NOUVELLES APPROCHES DE GESTION D'ENTREPRISE VISANT L'EFFICACITE SOCIALE DU POTENTIEL DE L'ENTREPRISE

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CHAPITRE I UNE PROBLEMATIQUE DE GESTION NOUVELLE, FONDEE SUR L'AUGMENTATION DE LA VALEUR AJOUTEE, ARTICULEE A DE NOUVEAUX CRITERES DE GESTION D'EFFICACITE SOCIALE DU CAPITAL Section I - Des outils de gestion classique, inadaptés et contestés Section II - Des propositions convergentes visant la hausse de la valeur ajoutée Section III - Des critères de gestion progressifs, alternatifs

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CHAPITRE 2 DEVELOPPEMENT DE NOUVELLES APPROCHES DE GESTION D'ENTREPRISES Section I - Graphiques et instruments de gestion dominants (Paul Boccara) Section II - Eléments sur de nouveaux critères de gestion d'efficacité sociale des entreprises (Paul Boccara) 8

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Section III - Approches de gestion

d'entreprise publique en termes de nouveaux critères de gestion (Claude Quin) Section IV - L'applicabilité des nouveaux critères de gestion dans un contexte de régulation sociale mixte (Marcel Lepetit)
Section V

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Tentative d'application des nouveaux

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critères de gestion: le cas d'AIR FRANCE (Alain Dubourg) CONCLUSIONS BIBLIOGRAPHIE GLOSSAIRE TABLE DES MATIERES

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PREFACE

Dans sa "Préface à un livre récent", Paul Claudel proteste, à sa façon, contre tous ceux qui ferment les yeux sur le besoin d'un esprit nouveau pour la vie immédiate, en remettant à plus tard les remises en
cause: "II n y a rien au monde de plus simple que de fermer les yeux :

nous parlerons de tout ça demain, aujourd'hui a ses exigences". Face à la crise durable de l'économie et des gestions d'entreprises, la résignation n'est plus de mise. Elle peut reculer avec l'ouverture à des idées nouvelles en liaison avec des pratiques novatrices. Non, le chômage massif n'est pas fatal, mais à condition de ne pas laisser faire. Cependant, d'autres pratiques de gestion supposent des élaborations rigoureuses de ce "qui demande profondément à exister", pour parler encore avec le poète, des analyses proposant des dépassements à la fois audacieux et réalistes, à partir de l'examen critique des gestions existantes et aussi des expérimentations d'interventions. Cet ouvrage collectif, coordonné par Jean-Claude Louchart, a l'ambition, malgré sa brièveté, de présenter de telles analyses. Son contenu est volontairement limité et il ne prétend pas à l'exhaustivité. Il y demeure encore bien des approximations et des insuffisances, dans l'analyse de la crise de l'économie et des gestions comme dans les propositions. Toutefois, tel qu'il est, ce livre traite de certains points décisifs, dans une série d'approches de présentateurs différents, tendant à converger de façon révélatrice et stimulante. Comme il reprend certains éléments d'un séminaire d'enseignement de l'Université de Paris I, il bénéficie d'une orientation pédagogique. D'ailleurs, Jean-Claude Louchart ainsi que d'autres auteurs du livre sont des membres actifs de l'Association pour une Culture de Gestion Nouvelle (ACGN) qui organise des stages de sensibilisation à la formation sur le terrain, avec des travailleurs des entreprises et des syndicalistes. L'ouvrage insiste plus particulièrement sur les propositions des nouveaux critères de gestion dits d'efficacité sociale, sur lesquels je travaille depuis une quinzaine d'années. Mais aussi, il rapproche ces travaux d'autres recherches suggestives faites par divers auteurs contemporains. Bien évidemment, les élaborations déjà publiées sur de nouveaux critères d'efficacité sociale des gestions des entreprises ne constituent que le début d'une longue recherche qui ne peut se limiter à Il

un auteur. Il convient, en outre, de relier cette recherche à celles que je mène sur les cycles de longue période et la longue phase de difficultés systémiques en cours, la révolution informationnelle, les problèmes de pouvoirs et d'institutions, tous les aspects non économiques ou anthroponomiques de la vie humaine. Cette recherche sur des gestions alternatives se rattache à des efforts pour développer les interventions des travailleurs dans les gestions des entreprises à partir de leurs exigences et aspirations. Il s'agit des travailleurs dans leur diversité, tels qu'ils sont et évoluent, avec leurs capacités de lutte et de créativité, comme avec leurs blocages et les obstacles psychiques, culturels, institutionnels à l'intervention. Le caractère nécessairement formalisé des outils de gestions, exprimés par des ratios et des formules, n'empêche pas que les travailleurs, en intervenant comme ils l'entendent par leurs propositions visant des améliorations sensibles de leurs conditions, avec une autre utilisation viable des ressources de leur entreprise, économisant notamment sur les autres coûts que les coûts humains, tendent déjà à faire en réalité des nouveaux critères de gestion sans le savoir, comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir. D'ailleurs, dans cet ouvrage, deux cas d'application concrète sont particulièrement traités: un cas d'expérience de gestion nouvelle en grandeur nature, à la RATP; un cas de propositions concrètes concernant une grande entreprise, comme Air France. Bien sûr, les modifications profondes des gestions, sont loin d'épuiser les problèmes des transformations sociales permettant de faire avancer notre civilisation, en visant à sortir notamment de la barbarie et du gâchis du chômage massif ou de l'exclusion, de la spéculation financière contre les besoins des êtres humains. Ces modifications sont elles-mêmes conditionnées par des changements importants dans d'autres domaines, non économiques, de notre vie sociale en crise et en travail de gestation. Mais elles constituent des points de passage obligé d'une transformation effective, en faisant reculer la domination de la rentabilité sur notre économie et nos institutions. Il ne me reste plus qu'à souhaiter à ce livre de susciter chez ses lecteurs le désir d'aller plus loin: plus loin dans l'étude, la réflexion et la formation, mais aussi dans les tentatives d'action dans les entreprises et les services, afin de participer à "l"intercréativité" nécessaire à l'élaboration de pratiques sociales nouvelles.

Paul BOCCARA Directeur de la revue "Issues" 12

INTRODUCTION

NOUVELLES APPROCHES
DES GESTIONS D'ENTREPRISES

(*) Le lecteur attentif remarquera l'inégale importance des deux parties avancées dans cet ouvrage. Il s'agit d'un choix effectué par les auteurs qui ont voulu privilégier la place des intervenants et les approches qu'ils proposent, tout en restant dans un ouvrage de dimension réduite.

Cet ouvrage reprend, en partie, la matière d'un enseignement, dispensé à l'Université PARIS I Panthéon-Sorbonne, pour des étudiants de Maîtrise AES, Administration Economique et Sociale, mention Ressources Humaines, et mention Développement Social (*). Cet enseignement vise d'une part, à une initiation à certaines techniques quantitatives des gestions d'entreprises, et d'autre part, à proposer des réflexions critiques sur des types de gestion des entreprises françaises, en avançant une problématique de gestion nouvelle, allant jusqu'à introduire de nouveaux critères de gestion d'efficacité sociale. L'objectif de cet ouvrage ne vise donc pas à produire des "experts" de l'analyse financière, ni des économistes d'entreprise, mais à éclairer quelques outils et concepts théoriques fondamentaux traditionnels et innovants, de manière à permettre de poser un regard critique sur les gestions d'entreprises. -

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Sa méthode originale fondée, en partie, sur une série de conférences de divers experts sur des problèmes particuliers, lui permet d'être accessible à un large public; étudiants, syndicalistes, responsables d'associations, cadres d'entreprises, travailleurs qui souhaitent s'initier aux mécanismes complexes de la gestion d'entreprise, en vue de proposer et/ou de revendiquer ou bien encore de mettre en oeuvre de nouvelles méthodes de gestion faisant intervenir des critères d'efficacité sociale et non plus seulement de performance industrielle ou de rentabilité financière. L'analyse critique des gestions courantes exige en préalable la maîtrise des éléments de la comptabilité générale et de certains principes de l'analyse financière. Avant de formuler un diagnostic sur la marche d'une entreprise, et/ou de proposer des hypothèses de gestion nouvelle, il est impératif d'analyser les données fondamentales qui la caractérisent et donc de comprendre les éléments comptables issus du Plan Comptable Général de 1982 et de maîtriser les principaux outils de l'analyse financière. Il s'agit d'analyser et de comprendre ces éléments, nous insistons, non comme un expert comptable mais avec un regard critique sur ces gestions. Cependant, dans la mesure où de nombreux auteurs ont produit des ouvrages de qualité dans ces domaines très pointus, nous ne pouvons qu'inciter le lecteur à étudier - ou à réviser - ces notions pour une appréhension optimum de notre ouvrage. Dans la première partie de cet ouvrage, nous nous consacrerons, très succinctement, à une appréhension de la définition et des fonctions de la gestion des entreprises. Ce premier survol de la gestion nous permettra d'exposer les principaux outils de mesure des résultats de l'entreprise, et de comprendre les mécànismes financiers qui guident les choix de gestion actuels. Bien que le système de régulation de l'entreprise soit cohérent avec les objectifs de profit et plus précisément de rentabilité financière d'une entreprise, il omet néanmoins de prendre en compte un certain nombre de paramètres. Nous formerons l'hypothèse que cette omission parasite la mesure des résultats de l'entreprise. En effet, si les critères de gestion traditionnels priorisent les profits et la rentabilité des capitaux, c'est à notre sens, au détriment de l'efficacité sociale du potentiel de création de richesse du collectif de l'entreprise. Pour le montrer, nous tenterons: d'une part, une simulation des dysfonctionnements occasionnés par l'introduction de technologies nouvelles pour relever la rentabilité d'une entreprise - d'autre part, une analyse sur le phénomène de tendance à l'inefficacité du capital en nous appuyant sur une étude de l'INSEE 14

portant sur les comptes nationaux de la branche "Matériels de Transports Terrestres". Nous tenterons d'expliquer le paradoxe du développement de la crise systémique à travers les efforts pour relever la rentabilité des capitaux, en montrant comment les critères traditionnels de gestion semblent avoir atteint certaines limites. Dans la deuxième partie de cet ouvrage, nous avancerons une problématique de gestion nouvelle, articulée à de nouveaux critères de gestion d'efficacité sociale. Des chercheurs, universitaires, experts, cadres d'entreprises se sont joints à ce travail: les uns faisant état de leur recherche, les autres décrivant la réalité de ce qu'ils vivent ou ont vécu; certains apportent l'expérience de voies nouvelles en matière de gestion d'entreprise. Paul BOCCARA nous montrera comment le graphique de point mort de profitabilité exprime les contraintes d'un type de gestion particulier fondé sur des critères de rentabilité financière, aussi bien par ce qu'il montre que par ce qu'il cache. Il avancera ensuite à partir de l'analyse de la crise du système économique actuel de nouveaux critères de gestion. Ces nouveaux critères, largement marchands, décentralisés, permettent l'initiative et proposent l'intervention des travailleurs dans les gestions d'entreprises. Ils visent à économiser les moyens matériels et financiers relativement au produit, ainsi qu'à élever la productivité de tous les facteurs pour développer les hommes: la formation, la recherche... Ces propositions, en élaboration depuis la fin des années soixante-dix, sont faites à partir des conditions françaises, dans un pays développé, de l'analyse de la crise et des échecs, notamment ceux des nationalisations. Ces critères d'efficacité sociale concernent non seulement l'efficacité du capital, VNCMF (valeur ajoutée sur capital matériel et financier), mais aussi l'objectif déterminant de la VAd (valeur ajoutée disponible pour les travailleurs et la population) (1). Une expérience de gestion nouvelle appliquée dans une entreprise de transport public (illustrée par ces nouveaux critères) sera proposée. Nous analyserons quels sont les quatre moments les plus importants dans une gestion. "De fait, quand on a compris que la gestion fonctionne comme un moteur à quatre temps avec des objectifs, des critères, des stratégies et des indicateurs, on est capable de gérer n'importe quoi", affirme Claude QUIN.

(1) BOCCARA (P), 1985, Intervenir dans les gestions avec de nouveaux critères, Editions Sociales, Paris.

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