Organisation - 4e éd.

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Cet ouvrage offre un panorama complet des dernières théories et pratiques en organisation. Il présente des méthodes permettant de conduire un changement. Les 4 parties abordent successivement : le cadre théorique de l'organisation ; les formes et les processus ; les évolutions actuelles ; les méthodes d'analyse et d'action. L'actualisation porte sur le pilotage de la performance, le modèle flexible, les méthodes d'amélioration continue, les NTIC et la mise à jour des exemples.

Publié le : mercredi 28 mai 2008
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EAN13 : 9782100524204
Nombre de pages : 336
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LORGANISATION :
DE QUOI SAGITIL ?
de leTfficacité de lorganisation doit ensuite être posée. enter de définir ce quest une organisation passe par un rappel des ori gines de cette notion et des contributions des sciences sociales. La question
Section 1 Section 2 Section 3 Section 4 Section 5 Section 6
Section 1
Organisationprocessus et organisationentité Origines de la notion dorganisation Penser lorganisation comme entité : les théories contributives Grandeurs et servitudes de la grande organisation moderne Organisation, entreprise, institution Lefficacité de lorganisation
ORGANISATIONPROCESSUS ET ORGANISATIONENTITÉ
Le vocable « organisation » désigne deux éléments différents en relation lun avec lautre, mais quil convient de distinguer. © Dunod  La photocopie non autorisée est un délit.
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LE CADRE THÉORIQUE
Laction dorganiser.Cest un processus plus ou moins volontaire qui consiste à mettre un ordre dans une situation considérée comme en désordre. « Ici, cest mal organisé » dira létudiant stagiaire pour signifier, de manière parfois fruste, que tout nest pas ordonné, rationnel, « logique » On parlera de « techniques dorganisa tion » pour désigner des techniques ayant pour but daider des responsables à « organiser » les choses dune manière présumée « rationnelle ». On voit tout de suite quil y a, au départ, le constat, plus ou moins formulé, dune insatisfaction par rapport à létat de choses actuel et la référence à un autre état souhaitable, dans la tête de celui qui formule cette observation. Nous verrons plus tard la nécessité de 1 questionner ces schémas mentaux . En anglais, on parlera dorganizing.
Le résultat dune telle action, cestàdire une réalité sociale, économique et tech nique relativement stabilisée.Une entreprise, une association, un hôpital sont des ensembles organisés, des « organisations » au sens où on lentend depuis maintenant 2 une soixantaine dannées .
Ces deux acceptions renvoient pour une large part à une période sociohistorique e commune : dabord la révolution industrielle du début duXIXsiècle, et surtout la e e période charnière de la fin duXIX début duXX. Celleci voit dune part naître lessentiel des premières « théories » et méthodes de lorganisation moderne des entreprises, et dautre part se concrétiser et se systématiser lintérêt pour le fonction nement de ces « ensembles organisés ».
Bien sûr, la recherche dune organisation « rationnelle » de la production et des e échanges (organisationprocessus) nest pas née auXIXsiècle. Lhistoire de léco nomie politique (sans remonter à Platon, qui parlait déjà de division du travail) e nous apporte maints éléments de réflexion à partir duXVIIIsiècle, à commencer par A. Smith : il faut rappeler dailleurs que de nombreux écrits, dès cette époque, associent étroitement organisation du travail, des activités économiques et des rela tions sociales. La plupart des penseurs de cette époque raisonnent simultanément sur une « organisation » quils cherchent à concevoir comme à la fois efficace éco nomiquement et juste socialement : cest le cas de SaintSimon quand il lance sa publicationLOrganisateuren 1819, de Fourier en 1832, qui ouvrent la voie à une série de travaux poursuivant lobjectif « dorganiser » lactivité humaine en tenant compte de ses diverses composantes. De même, la réflexion sur le fonctionnement concret de ces « ensembles » stables que pouvaient être les Églises ou les royaumes est riche dès quune pensée politique se structure. Une mode récente a consisté, non sans pertinence parfois, à retrouver dans des écrits anciens, apparemment très éloignés des réalités économiques actuelles, des analyses et recommandations utiles pour « lorganisateur » ou ladministrateur daujourdhui (en puisant par exemple, dans Machiavel mais aussi dans les philosophies grecques, dans SaintThomas dAquin).
1. On précisera parfois, dans louvrage, que nous utilisons cette acception, en parlant d« organisa tionprocessus ». 2. On précisera si nécessaire que nous parlons d«ensemble organisé », ou d« organisationentité ».
Lorganisation : de quoi sagitil ?
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e Mais cest bien à partir duXXsiècle quémerge la notion dorganisationentité et que vont être formulées les premières recommandations systématiques sur la meilleure manière de diriger une entreprise « moderne ». Pour lanalyse des réalités actuelles, il nest pas inutile den rappeler le contexte dapparition.
Section 2
ORIGINES DE LA NOTION DORGANISATION
La notion dorganisationentité remplit deux rôles historiques :  elle correspond au constat, fait par un grand nombre de penseurs, que la vie des sociétés modernes sarticule autour de vastes ensembles au sein desquels les indi vidus passent lessentiel de leur vie (de lorganisationécole à lorganisation entreprise, en passant par lorganisationhôpital). La concentration industrielle et laccroissement du salariat, laffaiblissement de lartisanat et du petit commerce, le développement des administrations publiques créent des entités de plus en plus importantes. Il devient donc impératif danalyser leur fonctionnement et de tenter de laméliorer ;  elle correspond également au postulat que toutes ces entités administratives pour raient bien avoir des caractéristiques communes et être vues comme ayant à résoudre des problèmes voisins, quels que soient leurs objectifs spécifiques. e e Les réflexions des penseurs duXVIouXVIIsiècle portaient sur des empires, des e e armées, des cours. Ceux duXVIIIetXIXsintéressaient aux ateliers, aux compa gnies commerciales, voire à des sociétés entières, et pourtant des points communs apparaissent : Quelle répartition du travail opérer ? Quels mécanismes dexercice du pouvoir mettre en uvre ? Quelle responsabilité accorder ? Quel contrôle exercer sur les missions et les tâches ? La notion dorganisation constitue une aide à lintel e 1 ligibilité des réalités économiques du début duXXsiècle . Elle correspond aussi, dans ses deux acceptions, à une réponse aux questions que se posent les nouveaux dirigeants dentreprises. Pour ce qui concerne les entre e prises, en effet, une évolution majeure survient au début duXXsiècle : au fur et à mesure de laccroissement de leur taille, les entreprises industrielles et commer ciales voient saffaiblir le pouvoir de leurs fondateurs (et des familles qui les entou rent). Apparaît alors une nouvelle génération dadministrateurs et dingénieurs qui cherchent à faire du « management » un corps de pratiques rigoureuses. Ces nou velles élites sont à la recherche de principes de bonne gestion, susceptibles de faire entrer leurs entreprises dans un nouveau siècle, marqué par la science et la raison. Ils vont constituer le public des « nouvelles » théories dorganisation qui apparaî tront au début du siècle, principalement grâce à deux uvres majeures : celle de 2 F.W. Taylor (1911) et de H. Fayol (1916) .
1. On verra précisément dans le chapitre 5 quelle ne lest peutêtre plus de la même manière au e début duXXIsiècle 2. Cf.infra, chap. 2 et 3. © Dunod  La photocopie non autorisée est un délit.
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Section 3
LE CADRE THÉORIQUE
PENSER LORGANISATION COMME ENTITÉ : LES THÉORIES CONTRIBUTIVES
Plusieurs ensembles de réflexions et de théories accompagnent cette évolution, de manière disparate et souvent avec quelque retard par rapport aux réalités écono miques ou administratives observables. Nous distinguerons, avec la part darbitraire inévitable, les apports dorigine sociologique, économique et historique.
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1.1
Du côté de la sociologie
Lorganisation moderne comme bureaucratie : lapport de M. Weber
Le sociologue et économiste M. Weber (18641920) est lanalyste des évolutions de léconomie de son époque. Selon lui, plusieurs formes dautorité se sont succé dées dans lhistoire : lautorité « charismatique », liée à la valeur personnelle dun homme, qui se dis tingue « par sa sainteté, son héroïsme ou son exemplarité » ; lautorité traditionnelle, fondée sur la coutume. On obéit non parce que le chef est un homme exceptionnel, mais quil est investi conformément aux traditions (ex. : les monarchies) ; lautorité rationnellelégale, fondée sur lapplication de règles officielles dési gnant une hiérarchie légitime. Selon M. Weber, lépoque moderne voit se déve lopper cette forme dautorité, reposant sur des procédures, et confiant le pouvoir à un groupe de responsables désignés pour lexercer. Il pense que cette forme moderne va remplacer les autres, et constitue une avan cée de la modernité. Le fonctionnement de ce type dorganisation selon lidéal type proposé par lau teur repose sur quatre éléments :  lexistence de règles impersonnelles, qui garantissent une certaine indépendance par rapport aux influences personnelles. Jobéis à un chef, non pas par allégeance personnelle, ni parce que la coutume la désigné, mais parce quil a un rôle offi ciel régi par des règles qui, précisément, ne dépendent pas de lui ;  une définition précise des tâches et des compétences de chacun ;  un accès aux fonctions lui aussi soumis à des règles et lié à une compétence (on voit là la convergence par rapport aux changements dans la composition des groupes dirigeants décrite plus haut) ;  une formalisation suffisante, les règles devant être écrites et connues de tous.
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