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Organisation Mondiale du Commerce

De
125 pages
L'OMC régit les relations d'échanges internationaux afin d'éviter les situations de conflit. Elle n'est cependant actuellement en aucune façon au service des nations. Elle prône et fait appliquer des mesures au mépris des règles qui découlent des principes de l'économie et, ce faisant, agit au détriment des pays pauvres, dont les richesses sont pillées, mais également des pays riches, dont les entreprises délocalisent. L'application des mesures prônées par l'OMC n'est favorable qu'aux financiers...
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Elie SADIGH
Avec la collaboration de Rachel Rémond-Sadigh et Jacques Viléo

ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE
La supercherie

L'Harmattan

@

L'Harmattan,

2007 75005 Paris

5-7, rue de l'Ecole

polytechnique;

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-03652-9 EAN : 9782296036529

A Ruben

Avant-propos

Dans mes ouvrages précédents, j'ai marqué les limites de la théorie actuellement dominante et dénoncé les conséquences néfastes de l'application des propositions des auteurs de ce courant de pensée, j'ai mis en valeur les apports des analyses classiques et keynésiennes, tout en démontrant leurs insuffisances. Grâce à une analyse rationnelle, j'ai établi les principes de l'économie artisanale, de l'économie salariale et de l'économie internationale et j'ai démontré que de ces principes découlent des règles dont le respect garantit le fonctionnement harmonieux de ces trois types d'économies. Il m'a semblé cependant qu'il était également nécessaire de mettre en application, à travers des ouvrages plus courts et plus concrets, les résultats établis dans les précédents ouvrages. Je livre donc le deuxième ouvrage1 de cette série, écrit en collaboration avec Rachel Rémond-Sadigh et Jaques Viléo.

l Le premier étant: « Délocalisations, chômage: les remèdes ».

Introduction générale

Les échanges internationaux ne concernent pas seulement les relations économiques entre les pays, ils constituent aussi un facteur de conflits, ou un élément apte à favoriser l'entente pacifique entre les pays qui participent à ces échanges. Comment expliquer que la même cause, les échanges, puisse engendrer deux effets opposés? Pour expliquer cet apparent paradoxe, nous devons tenir compte de l'objectif des échanges, qui s'intègre dans l'objectif de l'économie. L'objectif de l'économie est de satisfaire les besoins économiques des individus. Le principal objectif des échanges, donc des échanges internationaux, est la réalisation de l'enrichissement mutuel. Nous démontrerons que lorsque cet objectif est réalisé, les échanges internationaux n'ont pas d'effet sur le fonctionnement normal de l'économie des pays qui y participent et ne font apparaître ni pays gagnants, ni pays perdants, ni pays dominants, ni pays dominés. La réalisation de cet objectif constitue l'un des éléments qui favorisent l'entente pacifique entre les pays, tandis que sa non-réalisation constitue l'un des principaux facteurs de conflits entre les pays. L'un des buts de cet ouvrage est de savoir si l'application des propositions actuelles de l'Organisation Mondiale du Commerce permet d'atteindre le principal objectif des échanges internationaux, c'est-à-dire la réalisation de l'enrichissement mutuel. L'Organisation Mondiale du Commerce (l'OMC) s'est fixé comme objectif principal de faciliter les échanges internationaux afin de les développer en favorisant et en facilitant la participation à ces échanges de l'ensemble des pays membres. Dans cette perspective, elle a proposé de supprimer les barrières protectionnistes telles que les droits de douane, les taxes sur les importations et les subventions aux exportations, etc. Mais en évaluant les retombées de l'application de ces propositions, on peut

10 Or£!anisation Mondiale

du Commerce

déjà constater l'ampleur des dégâts occasionnés pour certains pays. Aussi le problème est-il de savoir pourquoi l'application de ces propositions ne permet pas d'atteindre le principal objectif des échanges. En fait, les dirigeants de l'Organisation Mondiale du Commerce ne se posent pas la question de savoir pour quelles raisons certains pays sont obligés de subventionner les produits destinés à l'exportation. Ils ne se posent pas la question de savoir pour quelles raisons certains pays sont obligés d'appliquer des droits de douane et des taxes sur les produits d'importation. Ils ne se posent pas la question de savoir quelles sont les conséquences, pour les uns de la suppression des subventions sur leurs exportations, pour les autres de la suppression des droits de douane et des taxes appliqués à leurs importations. Enfin et surtout, ils ne se posent pas la question de savoir si les échanges internationaux sont réalisés dans le respect de l'équivalence qui assure la réalisation de l'enrichissement mutuel de l'ensemble des pays qui participent aux échanges. En outre, ils ne voient pas que le développement des échanges internationaux ne se réduit pas à un simple problème de suppression des subventions, des droits de douane, etc. Pour certains pays, participer pleinement aux échanges internationaux, c'est d'abord réussir à vendre suffisamment de produits et à un prix qui leur permet de réaliser l'objectif des échanges. Aussi seronsnous amenés à distinguer deux ensembles de pays: pays industrialisés et pays en développement. Nous verrons qu'actuellement ces derniers, pour des raisons financières, n'ont pas accès aux technologies les plus performantes dont l'utilisation leur permettrait pourtant de réduire leur écart de développement avec les pays industrialisés et donc d'améliorer leur capacité de vente et d'achat sur le marché international. Nous verrons, en outre, qu'actuellement ces mêmes pays ne parviennent pas à financer la totalité ni même une partie plus importante de leurs importations du fait que leur monnaie est sous-évaluée. En effet, la sous-évaluation de leur monnaie est l'une des causes de l'aggravation de leur endettement extérieur, ce qui constitue un obstacle au financement de l'achat des moyens de production nécessaires à leur développement.

Introduction Il

Nous démontrerons, d'une part, que dans le cadre du système monétaire et financier international actuel, certaines des propositions des dirigeants de cette organisation ne peuvent pas s'appliquer sans poser problème à certains pays, d'autre part, que l'application d'autres propositions de ces dirigeants facilite les délocalisations et favorise le pillage des pays en développement, et cela toujours au profit de la même catégorie, celle qui bénéficie des échanges établis dans la non-équivalence. En réalité, les dirigeants de l'Organisation Mondiale du Commerce ne s'intéressent pas véritablement aux problèmes posés par le fonctionnement du système monétaire et financier international actuel. Par exemple, ils ne se posent pas la question de savoir si, rationnellement, la monnaie d'une nation peut être considérée comme monnaie internationale. De ce fait, ils ne s'intéressent pas aux conséquences de cette situation. Ils ne se posent pas la question de savoir si les taux de change sont établis dans le respect de la parité des pouvoirs d'achat. Ils ne s'intéressent pas à la question de savoir si les échanges se réalisent dans l'équivalence2, ce qui devrait pourtant être l'une de leurs principales préoccupations. Autrement dit, ils ne s'intéressent pas à la principale cause du pillage de certains pays. Ils ne se posent pas la question de savoir pourquoi les entreprises de certains pays délocalisent. Par conséquent, ils ne se préoccupent pas des conséquences néfastes des délocalisations. Or, nous verrons que ce sont les délocalisations qui aggravent la situation de l'emploi dans les pays dont les entreprises délocalisent. En fait, ce sont les taux de change établis arbitrairement qui obligent certains pays à subventionner certains de leurs produits destinés à l'exportation et certains pays, souvent les mêmes, à imposer des droits de douane et des taxes sur les produits importés en provenance de certaines régions du monde, pays qui pourtant préconisent une « fluidité» des marchandises et des capitaux. En
2 Ceux qui parlent d'échanges équitables trompent à la fois les producteurs et les consommateurs lorsque les échanges ne sont pas réalisés dans l'équivalence.

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outre, ce sont les taux de change établis arbitrairement qui incitent certains entrepreneurs à délocaliser leur production ou leur entreprise. Nous démontrerons que la principale raison qui oblige certains pays industrialisés à subventionner leurs produits agricoles destinés à l'exportation est due au fait que leur monnaie est surévaluée. La même raison oblige ces mêmes pays à imposer des droits de douane et des taxes pour faire face à l'importation de certains produits agricoles et manufacturés réalisés dans des pays dont les monnaies sont sous-évaluées. Toutefois, il est important de remarquer que souvent, d'une part, l'application de la mesure concernant les subventions ne suffit pas à favoriser les exportations ni même à sauvegarder, dans leur pays, la production de certains produits subventionnés, d'autre part, l'application de la mesure concernant les droits de douane et les taxes ne permet pas de faire face au niveau de prix des produits importés des pays dont les monnaies sont sous-évaluées. Cette situation est annonciatrice, à terme et pour certains pays, soit de l'accélération des délocalisations de leurs secteurs ainsi exposés, soit de la disparition pure et simple des producteurs. Par conséquent, à terme ces pays auront à faire face à des taux de chômage de plus en plus élevés, ainsi qu'à une détérioration de la situation sociale d'une grande majorité de leurs habitants. L'étude des échanges et de leur évolution doit établir une distinction entre deux sortes d'échanges: premièrement, les échanges nécessaires dont l'objectif est la réalisation de l'enrichissement mutuel; deuxièmement, les échanges futiles dont une grande partie est constituée actuellement par la vente dans les pays industrialisés des produits réalisés par les entreprises délocalisées dans les pays en développement, échanges dont le principal objectif est de réaliser des profits substantiels en faveur d'une catégorie. Le développement des échanges futiles, dont fait partie la vente dans les pays industrialisés des produits des entreprises délocalisées, non seulement constitue une cause de pillage de certains pays mais engendre aussi un gaspillage d'énergie. Nous verrons que l'apparition et le développement de ces échanges futiles sont rendus possibles du seul fait que les taux

Introduction 13

de change ne sont pas établis dans le respect de la parité des pouvoirs d'achat. Nous établirons ainsi que, lorsque les échanges seront réalisés dans l'équivalence, les échanges concernant le deuxième cas diminueront, voire disparaîtront, du seul fait que l'objectif fixé par ceux à qui profitent ces échanges ne se réalisera plus. Nous devons distinguer deux sortes de délocalisations.

10 Les délocalisations qui ont pour objectif de réaliser des
produits dans les pays où les monnaies sont sous-évaluées pour les vendre dans les pays où les monnaies sont surévaluées. 20 Les « délocalisations » qui ont pour objectif de réaliser et de vendre leurs produits dans les pays où ces entreprises sont implantées. C'est la première sorte de délocalisations que nous voulons dénoncer car ces délocalisations engendrent trois conséquences néfastes. D'une part, l'aggravation de la situation de l'emploi dans les pays qui sont à l'origine de leur financement, d'autre part, le pillage des pays où elles s'implantent, enfin, le gaspillage des ressources naturelles. Nous serons plus nuancés en ce qui concerne la deuxième sorte de délocalisations car elles peuvent être favorables aux pays où ces entreprises s'implantent et elles n'engendrent pas de gaspillage des ressources naturelles. Toutefois, dans ce cas, nous devons tenir compte de deux éléments liés. D'une part, sachant que les financiers de ces entreprises ne sont pas des philanthropes, il est nécessaire d'établir les conditions de leur implantation. D'autre part, étant donné que le financement de l'implantation de ces entreprises pose problème à leur pays d'origine, leur financement doit être réalisé sous certaines conditions, dans le cadre de l'aide au développement. Le sujet et l'objet de notre ouvrage nous amènent à consacrer une grande partie de notre étude à la première sorte de délocalisation énoncée, à ses conséquences néfastes et à l'indifférence de l'OMC face à cette situation. Une précision préalable s'impose ici: tant que n'existera pas un véritable système monétaire et financier international qui prenne en

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charge non seulement la monétisation des échanges par une véritable monnaie internationale indépendante de toute monnaie nationale mais aussi les excédents et déficits des balances commerciales3, et tant que les taux de change ne seront pas établis dans le respect de la parité des pouvoirs d'achat, l'application des mesures proposées actuellement par l'Organisation Mondiale du Commerce favorisera les délocalisations et leurs corollaires tels que, par exemple, le pillage des pays dont les monnaies sont sousévaluées et l'augmentation du chômage dans les pays dont les monnaies sont surévaluées, ce qui est le cas actuellement de la plupart des pays industrialisés. Notre étude dans cet ouvrage permet d'établir que les dirigeants de l'OMC, qui veulent que soient appliquées leurs propositions par l'ensemble des pays, en prétextant faciliter et favoriser le développement des échanges internationaux, défendent, consciemment ou inconsciemment, les intérêts d'une seule catégorie, restreinte mais puissante, au détriment d'une grande majorité de la population des pays industrialisés autant que des pays en développement, comme nous allons le démontrer. Selon que le fonctionnement des échanges internationaux obéit à l'objectif des affairistes ou à l'objectif des échanges et d'une façon générale à l'objectif de l'économie, ces échanges peuvent devenir une cause de conflits ou au contraire un élément apte à favoriser l'entente pacifique et donc la paix entre les nations. Les échanges étant internationaux, la nécessité d'une organisation internationale telle que l'OMC, réformée, s'impose pour gérer leur fonctionnement. Toutefois, il ne suffit pas que cette organisation existe pour que les conflits dus aux échanges commerciaux internationaux disparaissent, encore faut-il que cette organisation fasse respecter les règles qui découlent des principes de l'économie d'échange internationale. Pour atteindre cet objectif, les dirigeants de cette organisation, comme les dirigeants de toutes les
3

Nous avons proposé une réforme du système monétaire international, cf Plein-

emploi, chômage, 2002, Ed. L'Harmattan.