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Portraits de startupers

De
349 pages

Découvrez l'univers dynamique des startups et faites mûrir votre projet à l'exemple de ceux qui l'ont déjà fait.
Les startups expliquées par les startupers eux-mêmes, un pur concentré d'expériences !
Ce livre raconte l'entrepreneuriat dans l'écosystème des startups par ceux qui s'y sont lancés. 89 fondateurs et cofondateurs, novices ou aguerris, expliquent leurs réussites et leurs difficultés, les obstacles rencontrés qu'ils ont franchis, ou pas, leur état d'esprit d'entrepreneur-euse du numérique.
Représentatif de toute une génération et encouragé par les sommités et les représentants des grandes institutions financières et administratives qui soutiennent la FrenchTech, cet ouvrage est tout à la fois un passionnant révélateur de talents et un réel encouragement pour tous ceux et celles qui rêvent de devenir les startupers de demain.


Manager chez OCTO Technology, un cabinet de conseil en IT, Sébastien Bourguignon est dans le domaine du digital, du management, de l’innovation et de l’agilité depuis 2000.
Passionné par l’innovation, le numérique et le management, il s’intéresse particulièrement aux mécanismes liés à l’entrepreneuriat et, en particulier, aux startup. Cela l’a amené à réaliser une série de portraits de startupers et à les partager sur son blog au travers du projet #PortraitDeStartuper.
Son objectif est multiple : comprendre les parcours de ces créateurs de startup, les difficultés qu’ils ont rencontrées, et comment tout cela se matérialise concrètement, finalement obtenir un vrai feed-back d’entrepreneur.

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doivent être une préoccupation majeure, il n’y a
plus de doute là-dessus.
Ses convictions sont que sans une prise de
conscience de ces enjeux de société, les entreprises
d’aujourd’hui prennent un risque important pour
leur survie. Les individus, managers ou
collaborateurs, devront s’adapter encore plus vite et plus fort
que ce qu’il n’aura été nécessaire à leurs grands-
parents lors de la première révolution industrielle.
En effet, le quotidien de tout un chacun va évoluer
avec l’explosion du digital. Ces modifications
pourraient ressembler à de la science-fiction encore
aujourd’hui, mais elles sont inévitables et bien
www.maxima.frréelles, car la transformation est en marche.
facebook.com/EditionsMaxima.ViePrivee/Passionné par l’innovation, le numérique et le
facebook.com/EditionsMaxima.VieProfessionnelle/management, il s’intéresse particulièrement aux twitter : @maximaediteur
mécanismes liés à l’entrepreneuriat et, en
particuManager au sein d’un cabinet de conseil en techno- lier, aux startup. Cela l’a amené à réaliser une série
logie, Sébastien Bourguignon est dans le domaine du de portraits de startupers et à les partager sur son
digital, du management, de l’innovation et de l’agi- blog au travers du projet #PortraitDeStartuper.
lité depuis 2000. Sa vision de demain est un monde Son objectif est multiple : comprendre les parcours
numérique dans lequel les changements profonds de ces créateurs de startup, les difficultés qu’ils ont Adresse : 8, rue Pasquier – 75008 Paris
de comportements des hommes, les interactions au rencontrées, et comment tout cela se matérialise Tel + 33 1 44397400 – Fax + 33 1 45484688
sein des entreprises, la compétition internationale concrètement, finalement obtenir un vrai feed-back
des grands groupes, le management et les organi- © Maxima, Paris, 2017. d’entrepreneur.
ISBN : 978 2 81880 7026sations seront complètement remis en question. Par ailleurs, il est auteur de nombreux articles dans
La société bouge vite, très vite ; l’innovation et la Le Cercle Les Échos, L’Obs, Le Journal Du Net ou Tous droits de reproduction, de traduction
nécessité de plus d’agilité dans les organisations encore Siècle Digital. et d’adaptation réservés pour tous les paysEmmanuel Vivier ..............................................  Vincent Auriac ................................................ 
Paul-François Fournier ...............................  Xavier Milin ...................................................... 
Laurent Batsch ................................................  Jean-Christophe Conticcello ................... 
Matthieu Somekh ............................................  Sébastien Delayre ........................................... 
Pierre Gohar & Tania Di Gioia ..................  Grégoire Linder ............................................... AVANT-PROPOS................................................ 
Alexandre Stopnicki ..................................... 
LES PORTRAITS ................................................. Pierre Pezziardi................................................ REMERCIEMENTS ............................................. 
Alban Jarry ........................................................  Jérémy Lamri – CEO Monkey tie ................ 
Emmanuelle Leneuf ........................................  Yseulys Coste – CEO mercis .............. INTRODUCTION – TOUT MONDE LE
Frédéric Charles ............................................. VEUT DEVENIR UN STARTUPER !..............  Philippe Fraysse
– Founder et Owner COBOL-IT ................ Caroline Ramade 
LES CONTRIBUTIONS .....................................  Frédérique Cintrat – CEO Axielles ....... Loïc Dosseur ...................................................... 
Philippe Laval – Fondateur Axelle Lemaire..................................................  Nicolas Hazard ................................................ 
et CEO Evercontact ...................................... Guy Mamou-Mani ............................................  Éric Burdier ....................................................... 
Laure Courty – Cofondatrice Bartosz Jakubowski ....................................... Pascal Buffard ................................................. 
et CEO JeStocke................................................ 
Emmanuelle Larroque .................................. Gilles Babinet ................................................... 
Jean-Michel Cambot
Olivier Mathiot ..............................................  Jonathan Vidor ................................................ 
– CEO TellMePlus ........................................... 
Aurélie Jean, PhD ............................................. 
#Sommaire #5
6RzDLUHSharon Sofer et Sophie Gaume Marie-Laure Plessis et Jérôme Hacot
– Cofondatrices Scientibox ......................  – Cofondateurs Aptoriel ........................... 
Jean-Luc Marini – Cofondateur Christopher Parola – Cofondateur
et CEO Search’XPR ..........................................  et Product Manager elCurator.............. 
Julie Nguyen et Yoran Brault Frédéric Potter – Fondateur
– Cofondateurs Tipstuff ............................  et CEO Netatmo ............................................... 
Benjamin Ducousso – Cofondateur Anne-Constance Launay
Laetitia Santos – Cofondatrice et CEO Wizbii ....................................................  – CEO My Fine Art Exhibition ................... 
et Responsable éditoriale France Hureaux – Fondatrice ZELIP .....  Arnaud Decherf
Babel-Voyages ..................................................  – Fondateur The Keys ................................... Léo Lemordant
Jérôme Introvigne – Cofondateur Enerfip ................................  Laurence Caisey – Cofondatrice
– Fondateur Skiller .......................................  Une Vie Des Histoires .................................... Jenifer Emery, Sandy Blanchet et Gilles
Justine Sauquet – Cofondatrice Marec – Cofondateurs Keeppe .................  Philippe Gelis – Cofondateur
et CEO DYNSEO ................................................  et CEO Kantox .................................................. Antoine Duboscq
Grégoire Linder – Président adVenture .................................  Driss Alami Mechiche et Elisabeth
– Cofondateur Raizers.................................  Smeysters – Cofondateurs Myyaam ...... Marie-Laure Desorme
Sophie Belais – CEO ZoOah......................... – Directeur général Yoobo ........................  Philippe Wagner – Cofondateur
Louis de Broglie – Cofondateur Captain Contrat ............................................. Guillaume Rovère – CEO Tesdiq.IO
et CEO inSpeer .................................................. by FindBrok ........................................................  Stéphanie Savel – Président
Nadine Pédemarie et Fabien Apheceix – du directoire WiSEED ................................... Solenne Xavier – Fondatrice
Cofondateurs Waynote .............................. et CEO AlloMarcel ........................................  Alexandre Plé
Amaury de la Lance – Fondateur Umanlife .................................. Alexis Fogel – Cofondateur
– CEO ASTON iTrade Finance .................... et CEO Dashlane .............................................  Maëlle Chassard – CEO Lunii ................... 
Beryl Bes – Fondatrice MyAnnona ........  Yannick Vinay – Fondateur
Jacques Cazin – CEO Adways .....................  et CEO VitOnJob .............................................. 
PortraitDeStartuper##6Raodath Aminou – Cofondatrice Mickael Froger – Cofondateur
et CEO OptiMiam .............................................  et CEO Lengow ................................................. 
Nicolas Antonini Monika Maho – Fondatrice
– CEO En Mode Up ...........................................  et CEO Soondy .................................................. 
Mélanie Rozencwajg Spencer Coon – Cofondateur
– CEO Archive Valley ...................................  et COO Hibox .................................................... 
Florent Hernandez Estelle S. Andrin – Fondatrice
Jean-Louis Lievin – Cofondateur – CEO Sociallymap..........................................  et CEO Thaïs ...................................................... 
et Président ideXlab ...................................... Laurence Rimbeuf Fabien de Castilla – Cofondateur
Camilla Masetti – Fondatrice – CEO TAO Services ........................................  Les Joyeux Recycleurs ................................... 
et CEO Logo Studio ........................................ Éric Charpentier – PDG Morning ...........  Céline Brondel – Cofondatrice
Richard Forest – Fondateur SEAir ......... et CEO ClozMe ................................................. Maëlla Degras et Romain Hillairet
Aude Camus – Cofondatrice Nu .............. – Cofondateurs MyRezapp .........................  Ronald Gautruche
– Cofondateur Digifood .............................  Steve Fogue – Cofondateur Vincent Bryant
et CEO Particeep ............................................. – Cofondateur Deepki ..................................  Julie de Pimodan
– Fondatrice et CEO Fluicity ....................  Marie-Pierre Desbons – Cofondatrice Clara Baglione et Houda Beidji
et CEO Carion ................................................... – Cofondatrices BeeShary .........................  Brice Chapignac
– Cofondateur SquadRunner ...................  Jean-Stéphane Arcis Adrien Lhabouz – Fondateur
– CEO Talentsoft ........................................... et CEO CompareLend .....................................  Capucine Fabié
– Fondatrice cadette ...................................  Livia Gonzalves, Julie Dolon, Sarah Nafaa – Cofondatrice
Lisa-Marie Heuty et Audrey Carval et CEO Mooky Skills ......................................  Vincent Moncenis – Fondateur
– Cofondatrices WineFing ......................... et président digitale Box ............................ Baptiste Frérot – Cofondateur
Clarisse Teixeira – Fondatrice et Directeur Planet Ride ............................  Laurène Corbière – Fondatrice
et CEO Brie et ses amis .................................. et CEO dokBody ............................................... Célia Dulac
Natalia Fernandez – Managing – Directrice générale MyTroc ................. 
Partner Linka International ................... 
#Sommaire #7Anissa Bennai & Charlotte Cady
– Cofondatrices WorkUp ........................... 
Charlotte Lasou
– Fondatrice Wibulle ................................... 
Cécile Morel – Cofondatrice
et CEO Mobi Rider ........................................... 
NUMÉRIQUE ET STARTUP :
L’ÉTAT DES LIEUX 
L’innovation des grands groupes passe
par les startup ................................................ 
Transformation digitale
et transformation agile sont
indissociables ................................................... 
L’inévitable transformation digitale
de l’entreprise ................................................. 
LeanStartup, la méthode des petits
pour les grands ............................................... 
La formation moteur
de la transformation digitale ............... 
Ces entreprises du secteur public
qui ont le vent du digital en poupe ...... 
CONCLUSION .................................................... 
PortraitDeStartuper##8AVANT-PROPOS
i l’on m’avait dit au our autant, toutes histoires ont intéressé des our cette édition papier, le choix a été fait de
début de cette aventure Pmilliers de lecteurs sur les réseaux sociaux et sur Pmettre en avant 80 des 180 startup qui ont parti- Sque #PortraitDeStartu- mon blog. Le premier livre sorti en novembre 2015 cipé à #PortraitDeStartuper depuis le mois de mai
per aboutirait à ce livre, je pense a été vu plus de 400  000  fois, un vrai succès 2015. Cela n’a pas été simple et j’espère que vous
que je n’y aurais pas cru. Lorsque « online ». Alors, quand les éditions Maxima m’ont apprécierez ces histoires contées par les
entreprej’ai commencé ce projet, je n’avais proposé de transformer l’essai et d’en faire un livre neurs et entrepreneuses eux-mêmes, sans aucune
même pas l’idée d’en être là où j’en suis aujourd’hui. « papier », j’ai accepté volontiers le challenge pour retouche de ma part. Par ailleurs, j’ai
volontaireDéjà 180 portraits réalisés entre 2015 et 2016, deux plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’après ment pris le parti d’équilibrer le nombre de femmes
saisons regroupant des startupers d’univers et d’ho- tous ces mois passés au contact de ces entrepre- et d’hommes dans ce livre, une forme de
discriminarizons différents. Des aventures personnelles ou neurs, j’ai appris une chose importante, croire en tion positive car malheureusement les femmes sont
collectives passionnantes. Bref, une galerie d’en- ce que l’on fait et se fixer des objectifs élevés sont sous-représentées dans l’entreprenariat en France.
trepreneurs dont les startup ont largement évolué des facteurs clés de succès pour entreprendre, et Les statistiques jouent en défaveur des femmes, et
depuis nos premiers échanges. pour moi, ce livre est d’une certaine manière une c’est le constat que j’ai pu faire dans les contacts que
forme d’entreprise. Ensuite, parce qu’il s’agit d’un j’ai pris, et dans les réponses que j’ai obtenues.En effet, depuis un an et demi j’ai vu toutes les
situaformidable levier de rebond pour redonner un tions se produire, qu’elles soient heureuses pour Vous retrouverez en plus de ces 89 portraits,
nouveau coup de projecteur aux startup qui ont certaines et beaucoup moins pour d’autres. Pour les des contributions de plusieurs personnalités du
participé au projet. Et enfin, parce qu’au moment événements positifs, plusieurs entreprises ont réussi monde de l’innovation, du digital et des startup. J’ai
même où j’écris ces lignes, j’avance avec 2 associés à réaliser de belles levées de fonds, ont lancé leur demandé à ces personnalités d’apporter un éclairage
sur la création d’une startup et que ces portraits développement à l’international et se sont rendues particulier sur cet écosystème français en fonction
nous aident à mieux appréhender certains aspects très visibles dans la presse et sur Internet. Pour les de leur position vis-à-vis de celui-ci. Un exercice de
de notre projet, et je suis convaincu que cela peut autres, des moments plus difficiles avec des arrêts style qui n’est pas facile et qu’elles ont accepté de
en aider d’autres.de projet, certains mêmes alors qu’ils venaient de relever. Là aussi, j’ai tenté d’avoir une répartition
répondre à mes questions. hommes/femmes équilibrée, et l’objectif a été plus
#Avant-propos #9compliqué à atteindre. Ces contributeurs ont donc
chacun amené une touche particulière à ce livre,
qu’il s’agisse d’un regard académique ou politique,
d’une vision d’investisseur, ou d’un angle de vue
incubateur ou accélérateur, tous sont des acteurs
majeurs de l’écosystème startup actuellement.
À mon sens, ce livre n’a pas vocation à être lu de
la première page à la dernière en suivant un ordre
bien précis, je dirais qu’il s’agit plus de picorer à
votre envie un portrait ou une contribution de
temps en temps, vous trouverez sûrement votre
bonheur au détour d’une réponse d’un startuper,
d’un texte d’un contributeur, voire, et je l’espère, de
l’ensemble de ces textes. Alors bonne lecture à tous
et comme je le dis souvent depuis le début de ce
projet, n’hésitez pas à m’interpeller sur mon blog ou
sur les réseaux sociaux, je ferai mon maximum pour
vous répondre.
PortraitDeStartuper##10REMERCIEMENTS
ien évidemment, je
remercie tout parti-Bculièrement ma
femme et ma famille qui ont
su me laisser prendre le temps
nfin, un énorme merci à toutes les
personnanécessaire à la réalisation de cet ouvrage et qui Elités du monde de l’innovation, du numérique
m’ont apporté leur soutien moral et matériel pour
et des startup qui ont accepté de contribuer à la
que ce projet puisse aboutir.
préface de ce livre : Axelle Lemaire, Guy
MamouJe tiens à remercier tous ceux qui m’ont apporté de Mani, Pascal Buffard, Gilles Babinet, Xavier Milin,
l’aide ou du support dans la réalisation de ce projet, Emmanuelle Leneuf, Frédéric Charles, Nicolas
aussi bien pour m’avoir ouvert leur carnet d’adresses Hazard, Grégoire Linder, Alexandre Stopnicki, Éric
que pour le temps qu’ils m’ont consacré dans la Burdier, Jonathan Vidor, Vincent Auriac, Pierre
construction de la démarche : Laure Kepes, Vivian Gohar, Tania Di Gioia, Sébastien Delayre, Pierre
Bertin, Olivier Marie, Michel Bensoussan, Xavier Pezziardi, Jean-Christophe Conticcelo, Carlos
Biseul, Imane Rahmouni, Larence Caisey, Stéphane Dias, Loïc Dosseur, Aurélie Jean, Caroline Ramade,
Loiret, Joëlle Durieux, Jean-Marie Féore, Violaine Paul-François Fournier, Emmanuel Vivier, Olivier
Champetier de Ribes, Sophie Gerlin, Wolfgang Jeitl, Mathiot, Laurent Batsch, Emmanuelle Larroque,
Anaïs Gelin, Stéphane Wojewoda, Grégoire Odou, Axelle Tessandier.
Hélène Campourcy, Caroline Ramade, Xavier Milin.
Et un merci tout particulier à Alban Jarry pour son
Et forcément, un grand merci à toutes les startu- aide et ses conseils depuis le début dans les travaux
peuses et tous les startupers qui ont participé à ce que j’ai entamés sur les réseaux sociaux, sur mon
projet. blog et sur le projet #PortraitDeStartuper.
#Remerciements #11INTRODUCTION

algré un taux d’échec élevé, 90 % en fin 2014. Les objectifs de cette initiative sont en dollars. Ces réussites à la française médiatisées
moyenne des startup échouent, l’engoue- passe d’être atteints, qu’il s’agisse de faire connaître avec des patrons à leur tête tout aussi médiatisés Mment n’a jamais été aussi important pour l’écosystème, de le valoriser, de l’aider à se déve- font pousser des ailes à tous les entrepreneurs en
l’entreprenariat et, en particulier, pour se lancer lopper notamment par le financement ou encore herbe qui se disent que demain cela pourrait être
dans l’aventure startup. Il faut dire que le sujet est de lui faciliter le développement à l’international, eux les prochains Jean-Baptiste Rudelle, Frédéric
devenu majeur dans les médias, dans les entreprises toutes les actions entreprises ont permis globale- Mazzella ou Jacques-Antoine Granjon. Le
staret dans les écoles. La preuve en est avec la création ment à nos jeunes pousses de faire avancer leurs tuper est vu aujourd’hui comme un super-héros,
de plus de 10 000 startup sur les cinq dernières projets sous les meilleurs auspices. La France serait libre de ses choix, de l’organisation de son temps,
années. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère donc devenue le pays où il fait bon de créer sa petite de sa manière de travailler, ou en tout cas, c’est
depuis maintenant deux ans, une ère qui accom- entreprise, cela engage a fortiori d’autant plus les l’idée que se font tous ceux qui n’ont pas encore
pagne le mouvement de la transformation digitale Français à créer la leur. sauté le pas.
de notre société. Ce mouvement de fond est en
ar ailleurs, les startup ayant transformé lors même s’il n’est pas question d’idéaliser et train d’exploser et le paradigme du salariat tradi- Pl’essai et dont la « success story » est érigée Aqu’il faut revenir à une vision plus pragmatique tionnel est en train de changer, tout le monde veut
en exemple sont de plus en plus nombreuses. de la situation, la réalité est tout même celle-ci, les être un startuper !
Que l’on parle de Critéo, Blablacar ou encore ambitions sont là et les conditions n’ont jamais
Une partie de l’explication provient du fait que la Vente-privée, toutes ces belles entreprises sont été aussi bonnes qu’aujourd’hui. Commençons tout
« French Tech » a joué un rôle important dans la entrées dans le cercle très fermé des licornes,
promotion faite autour des entrepreneurs et de ces fameuses entreprises dont la
valocette nouvelle forme de vie professionnelle. Cette risation a dépassé le milliard de
French Tech a fait des émules depuis sa création
#Introduction
7RXWOHPRQGHYHXWGHYHQLUXQVWDUWXSHUd’abord par la formation. En effet, que cela soit les Pionnières en passant par les structures d’incuba- çaises sont obligées d’aller voir ailleurs si l’herbe
grandes écoles de commerce ou encore les écoles tion de grands groupes français comme le Village n’est pas plus verte, et malheureusement pour la
d’ingénieurs, et même certaines universités, elles By CA, ceux des grandes écoles comme D-Incuba- France, c’est le cas. De fait, de nouvelles initiatives
ont toutes développé des cursus pour devenir tor de Paris-Dauphine ou l’incubateur d’HEC. Et ce comme Te Refiners se développent pour accélérer
entrepreneures. Ces mêmes institutions ont main- n’est que la partie émergée de l’iceberg, en effet, il le développement des startupers français
directetenant toutes un ou plusieurs incubateurs pour existe pléthore de structures de conseil, d’indépen- ment dans la Silicon Valley. Et dans ce cas, il y a
accompagner leurs étudiants ou leurs « alumni » dants ou d’entrepreneurs qui mettent leurs savoirs fort à parier qu’ils ne reviendront pas tout de suite,
dans le développement de leur projet. Il n’y a pas si à disposition des jeunes entrepreneurs qui en ont voire jamais, en France. C’est ainsi que la France
longtemps que cela, les étudiants français n’avaient besoin. perd une grande partie de la valeur créée par les
qu’une seule ambition une fois diplômés, se faire entreprises innovantes qu’elle n’a pas su aider à se
l reste tout de même un point de vigi-embaucher par un grand cabinet de conseil, un développer à l’international.Ilance aujourd’hui, les difficultés qui existent des fameux « big five » ou une grande entreprise
concernent le financement, même si la situation n conclusion, tous les paramètres sont présents française, de préférence, faisant partie du CAC 40.
n’est pas totalement noire. Par exemple, à la fin Epour qu’une nouvelle génération d’entreprises Aujourd’hui, le rêve de ces mêmes étudiants est de
du premier semestre 2016, la France est le pays se développe en France. Il reste quelques problé-plus en plus de devenir un startuper, d’après une
qui a reçu le plus de fonds en Europe, loin devant matiques à régler pour accélérer encore le rythme étude menée par le cabinet Universum fin 2015,
le Royaume-Uni et l’Allemagne. Mais un rapport en particulier sur le financement, et là encore, les ils seraient 9,3 % à vouloir créer leur startup ou à
remis, par le prix Nobel d’économie Jean Tirole pistes existent mais il ne faut pas se laisser dépasser vouloir travailler pour l’une d’entre elles.
en juillet 2016 au premier ministre, relevait le au risque de perdre tous les bénéfices des travaux
n parlant d’accompagnement, il n’y a jamais manque d’attractivité de la France pour les inves- engagés depuis plusieurs mois pour favoriser l’éco-Eeu autant de possibilités de se faire accompa- tisseurs étrangers. Même si nous disposons d’un système en France. Mais une chose est sûre, tout le
gner dans la création de son entreprise qu’à l’heure tissu de capital- risqueurs capables d’investir dans retard accumulé depuis le début des années 2000 et
actuelle. Les incubateurs, pépinières, accéléra- les premiers tours de table dans le cadre d’une l’éclatement de la bulle Internet est en train d’être
teurs fleurissent depuis un moment avec des offres levée de fonds, il reste que les montants dont on rattrapé à la vitesse grand V, il faut absolument
de services complètes pour héberger et coacher parle sont de moindre importance que ceux inves- garder le rythme. Nous n’en sommes bien sûr pas
une équipe dans le développement de son projet. tis par les fonds ou « business angels » étrangers. encore au niveau d’avancement des États-Unis mais
Si on ne prend que l’exemple de Paris, il existe C’est bien là que le bât blesse. Car pour continuer le chemin à parcourir n’est plus aussi long que ce
aujourd’hui 36  incubateurs différents des plus gros leur développement et atteindre rapidement la que ça n’a été. Et vous ? Voulez-vous aussi devenir
et connus comme le Numa, Paris&Co ou Paris taille critique à l’international, les startup fran- un startuper ?
#Introduction #13LES CONTRIBUTIONSLES SOUTIENSAxelle Lemaire est secrétaire d’État chargée du Numérique.
Franco-canadienne, elle a suivi une formation de juriste internationale.
Elle a été attachée parlementaire à la Chambre des communes à Londres jusqu’en “
2011, puis députée socialiste des Français établis en Europe du Nord. Elle a été
secrétaire de la commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de
l’Administration générale de la République de l’Assemblée nationale (2012-14), et
rapporteur sur le sujet du numérique à la Commission des affaires européennes.
crédit photo : ©mein-PatrickVedrune
Site internet :
http://www.gouvernement.fr/ministre/axelle-lemaire
LinkedIn :
https://fr.linkedin.com/in/axellelemaire
Twitter :
https://twitter.com/axellelemaire

$[HyH/HPDLUH’est un plaisir pour moi que de préfacer ce Enfin parce que cette innovation, elle est aussi pour projets non technologiques avec les bourses French
livre qui dresse le portrait de 80  startupers. moi une inspiration permanente dans mon action Tech attribuées par la Banque publique d’investis-CD’abord parce que je suis convaincue que politique. Réinventer, rénover, moderniser, sont sement. C’est le soutien apporté aux accélérateurs et
l’entrepreneuriat est aussi un facteur d’émancipa- autant de réflexes et de mots d’ordre que je partage au tutorat pour faire grandir vite ces jeunes pousses.
tion pour tous ceux qui se lancent dans cette aven- avec ceux qui s’expriment dans ce livre. C’est pour nos entreprises en hypercroissance la
ture. création d’un service premium d’accompagnement.C’est pour cela que dès mon entrée en fonction, j’ai
Aujourd’hui, le numérique a fait tomber de voulu tout mettre en œuvre pour que les startup Et les résultats sont là. Au premier semestre
nombreuses barrières pour créer un produit ou un françaises puissent croître et se développer dans 2015, la France est l’un des premiers marchés du
service. Car si la recherche d’investissement et la notre pays. capital-risque à l’échelle européenne : 159
investisviabilisation d’une entreprise est un long chemin sements ont été réalisés dans les entreprises fran-Pour soutenir l’innovation là où elle se trouve, et à
– et ceux qui témoignent dans ce livre le savent çaises (premier rang européen) pour un montant tous les niveaux de développement, le
gouvernebien –, c’est aujourd’hui bien plus facile de mettre total de 1 milliard de dollars, en forte progression ment a mis les moyens, avec tout d’abord des outils
en œuvre et de tester une idée dans le domaine du par rapport au premier semestre 2014 (+ 66 %).réglementaires et fiscaux qui ont fait leurs preuves.
numérique que dans d’autres secteurs de l’industrie Nous avons élargi le crédit d’impôt recherche Les importants investissements réalisés dans les
traditionnelle. (CIR), au crédit d’impôt innovation. Nous avons startup françaises en 2015 traduisent cette
évoluEnsuite, parce que le secteur du numérique est mis en œuvre des exonérations fiscales et sociales tion, avec déjà 8 levées de fonds de plus de 25 M€.
en France d’une richesse et d’une dynamique en faveur des jeunes entreprises innovantes (JEI). On peut citer Blablacar (178 M€), Sigfox (100 M€),
extraordinaire. Tous les jours dans le cadre de mes Prêt d’union (31 M€), Netamo (30 M€), Devialet Nous avons créé des dispositifs de partage de la
fonctions, je rencontre avec mon équipe des entre- (25 M€). Et la France se situe également en 2013 et valeur et de l’actionnariat, qui sont, je crois,
plébispreneurs dynamiques, inspirés, habités par ce qu’ils en 2014 en tête de la zone Europe-Moyen-Orient-cités par l’ensemble des acteurs. C’est le soutien
sont en train de créer. Afrique du classement Deloitte Technology Fast500 à l’innovation dès l’amorçage, y compris sur des
avec 86 entreprises parmi 500 en 2014.
PortraitDeStartuper##18
$[HyH/HPDLUHJe veux également promouvoir au sein du gouver- réalisée en octobre 2015, un jeune de moins de Ce sont autant d’atouts pour l’attractivité de notre
nement, des administrations, et finalement dans 30 ans sur trois, voudrait créer une startup dans les pays à l’international.
toute la société la culture numérique. C’est pour deux ans à venir et 52 % des Français pensent que Au-delà de ces actions, il nous faut également
cela que j’ai créé le jeudigital : chaque dernier jeudi les startup peuvent sauver l’économie ! construire un cadre réglementaire et législatif
favodu mois, des startup viennent « pitcher » au sein Enfin, le gouvernement met tout en œuvre pour rable à l’innovation.
des ministères devant des investisseurs, des respon- promouvoir l’attractivité de notre territoire. C’est C’est pour répondre à cet enjeu que j’ai souhaité
sables d’achat public, et des administrations. tout le sens de l’initiative de la French Tech, qui, donner à notre pays un cadre qui donnera à la France
Diffuser la culture numérique au sein du gouverne- a je crois, porté ses fruits à l’international avec un une longueur d’avance en matière économique.
ment, c’est bien – et il y a encore du travail en la réseau de métropoles reconnu. Le projet de loi numérique que je présenterai au
matière – mais la diffuser dans la société et le tissu Que ce soit le French Tech Discovery Tour en Parlement en janvier prochain favorisera une
poliéconomique, c’est encore mieux. juin 2014, le CES en janvier 2015, South by South tique d’ouverture des données et des connaissances
C’est tout le sens de la Grande École du Numérique West en mars 2015, le WebSummit de Dublin, en renforçant considérablement l’ouverture des
qui formera 10 000 jeunes dans toute la France avec il y a quelques semaines, et bien sûr le dernier données publiques et en incitant les acteurs privés
des formations professionnalisantes. French Tech Discovery Tour organisé à Paris pour à faire de même.
des investisseurs étrangers qui ont été reçus par Le chantier est aussi immense dans les TPE et Ce projet de loi, ce sera finalement la garantie pour
le Président de la République, on le voit, quelque les PME, qui doivent réussir leur transformation tous d’un cadre de confiance, indispensable au bon
chose change.numérique. C’est pourquoi nous avons mis sur pied développement de l’économie numérique. Et ce
le programme Transition numérique pour réussir Pour continuer d’accompagner ce changement, sera pour les 80 startupers qui, s’expriment dans ce
sur tout le territoire l’un des grands défis des années nous sommes en train d’accélérer la labellisa- livre, de nouveaux outils pour continuer à grandir
à venir. tion des French Tech Hub, programme lancé en et se développer en France !
janvier 2015 et dont l’ambition est de structurer à Nous avons également fait le choix de
promoul’international les « écosystèmes French Tech » : voir la culture numérique dès le plus jeune âge
partout dans les 5 continents, ces hubs seront là en soutenant les associations qui proposent des
encore des ponts entre entrepreneurs.ateliers d’initiation au code et en inscrivant dans les
programmes scolaires la programmation informa- Aujourd’hui, deux hubs sont déjà labellisés et mis
tique. en place : New York City et Tokyo. Et une dizaine
de villes sont officiellement candidates.La révolution culturelle est en marche : selon une
récente étude «  Les Français et leurs startup  »
#Les soutiens #19Guy Mamou-Mani a présidé de 2010 à 2016 Syntec Numérique – syndicat
professionnel des métiers du numérique (éditeurs de logiciels, entreprises de services
du numérique / ESN, et des sociétés de conseil en technologies). Depuis 2008, il “ copréside le Groupe Open avec Frédéric Sebag, qu’il a rejoint en 1998 en tant que
directeur général associé. Il accompagne le Groupe Open dans le top 10 des
entreprises de services du numérique (ESN ex SSII) françaises. À ce jour, Groupe Open
compte 3 200 personnes et réalise 251 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Guy Mamou-Mani a débuté sa carrière chez CSC-GO International où sa dernière
fonction était président-directeur général et directeur du pôle solutions de CSC
France. En 1995, il crée la filiale française de Manugistics, leader dans le domaine
du Supply Chain Management et numéro un en Europe. Il y assure la direction
générale et y exerce par ailleurs la fonction de directeur européen des Services et
du Marketing jusqu’en 1998. Il a également été président de MiddleNext,
association de valeurs moyennes cotées de 2006 à 2010.
Guy Mamou-Mani est diplômé d’une licence de mathématiques et ancien professeur.
Site internet :
http://www.guymamoumani.fr
http://www.syntec-numerique.fr
http://www.open-groupe.com
Twitter :
https://twitter.com/Guy_mm

*X\0DPRX0DQLa France a, étonnamment, une préférence vraiment et ne se contentent pas de copier un projet Nous sommes devenus une «  startup Nation  »
pour le déclin, comme si la France qui gagne, déjà existant. Une partie de la solution à la situation avec des atouts forts, en particulier le couple  : Lcelle qui innove, se voit comme « un pays économique française se trouve sans doute dans la système éducatif/dispositifs fiscaux (JEI, CIR).
d’entrepreneurs  » (Emmanuel Macron, Lyon, stimulation de leur développement. Accompagner ce phénomène qui a été
judicieu13 octobre 2015), qui prend des risques et regarde sement labellisé sous le nom de « French Tech » Les startup représentent en effet un formidable
l’avenir avec confiance n’intéressait plus qu’une dans l’espoir qu’il aura un effet d’entraînement moteur de croissance et un gisement d’emplois pour
minorité de nos compatriotes. économique sur l’ensemble du territoire, c’est l’am-notre pays. La croissance annuelle moyenne de leur
bition portée par Axelle Lemaire, secrétaire d’État Aussi, quand Sébastien Bourguignon m’a présenté chiffre d’affaires est d’environ 40 % dont 1/3 réalisé
au numérique. C’est naturellement aussi celle de son projet d’écrire un livre sur des startup françaises à l’international. Aussi, pour faire gagner la France,
Syntec Numérique.dont le succès apporte la preuve tangible qu’il existe nous devons nous attacher à faire croître ces startup
des raisons de croire que la France peut encore faire pour qu’elles deviennent les championnes de demain. Sur les 1 500 membres que compte notre Chambre
la course en tête, je n’ai pas hésité un seul instant. professionnelle, 200 sont des startup. Au travers Elles ont connu une forte croissance en 2014
du programme « 5 000 startup » présidé par Bruno Je lui ai apporté d’entrée mon soutien tant je (+ 37  %). Le phénomène a pris encore davantage
Vanryb, Syntec Numérique propose aux jeunes trouvais que son initiative de faire le portrait des d’ampleur cette année. Avec 1 000 à 1 500 startup
pousses du numérique un accompagnement à 360°, réussites françaises était non seulement sympa- créées chaque année, la France est le pays qui crée
s’engageant notamment à les rapprocher des grands thique pour les créateurs de startup sélectionnées le plus de startup au monde rapporté au nombre
groupes nombreux dans ses rangs avec qui elles mais surtout courageuse car il faut aujourd’hui un d’habitants, notamment dans le numérique où l’on
doivent apprendre à faire de l’innovation collabora-certain courage pour afficher son optimisme. en dénombre entre 5 000 et 7 000 (au CES de Las
tive tout en leur inoculant cet « esprit startup » qui Vegas, on dénombrait 80 startup françaises, ce qui Au-delà du cercle de ses lecteurs, je ne doute pas
traverse votre livre.faisait de la France la seconde nation derrière les que ce livre contribuera à promouvoir dans notre
USA).pays l’esprit d’innovation et de conquête que l’on
prête aux startup, du moins à celles qui innovent
#Les soutiens #21
*X\0DPRX0DQLPascal Buffard est issu du secteur bancaire. Chez Axa, il occupe, successivement,
de nombreux postes à responsabilité dans les domaines des systèmes d’information
et de l’organisation. Il conduit avec succès la fusion Axa-UAP en France à la fin des “années 1990.
Au poste de secrétaire général et directeur des opérations d’Axa France, il dirige de
grands projets de transformation stratégiques, notamment en matière de service
au client.
Au poste de directeur des opérations transversales d’Axa France, il prend en charge
la supervision d’Axa France services, Axa France supports et le secrétariat général.
Il est un élément clé dans la promotion de la culture numérique au sein de la Cigref.
De 2011 à 2016 : président du Club informatique des grandes entreprises (Cigref).
Site internet :
http://www.cigref.fr
LinkedIn :
https://fr.linkedin.com/in/pascal-buffard-61904439/en
Twitter :
https://twitter.com/BuffardP

3DVFDO%XIIDUGoutes nos entreprises, petites et grandes, partenariats qui nous placent dans un système proximité, l’expertise. Autant de sujets portés par
sont aujourd’hui face à un considérable défi : interdépendant. Il nous faut établir des réseaux de les PME et les startup, dont la valeur ajoutée, recon-T celui de réussir leur transition numérique. La relations entre toutes leurs parties prenantes pour nue par la plupart des grandes entreprises, réside
question n’est plus de savoir si nous devons la faire faire croître durablement l’écosystème numérique précisément dans leurs compétences, leur
réactiou non, la réponse est sans équivoque : la transition dans son ensemble. Car la réussite du numérique vité, leur proximité et la qualité des prestations. Or,
numérique s’impose comme une évidence si nous est cruciale pour le développement de l’économie ! nous savons que l’accès direct aux grandes
entrene voulons pas que nos organisations disparaissent C’est le levier par lequel nous développerons collec- prises est difficile pour ces acteurs, et que cette
d’ici quelques années. La question fondamentale tivement, entreprises de toutes tailles et pouvoirs réalité fragilise leur développement et plus
largeà laquelle nous devons répondre aujourd’hui est publics, l’économie française. Fort de cette convic- ment l’ensemble de l’écosystème.
« comment devons-nous la faire ? ». tion, le CIGREF, qui est signataire du Pacte PME Et nous savons aussi qu’il n’y aura pas de transition
depuis 2006, s’est engagé en 2014 à en renforcer la Le CIGREF a partagé, dès 2014 dans son dernier numérique réussie sans une collaboration accrue
promotion auprès de ses entreprises membres. Sur e-book « Entreprise 2020 : enjeux et défis à l’ère du des grandes entreprises avec les startup et les PME
1 ce point, le CIGREF a d’ailleurs publié, avec Syntec numérique » , son analyse des challenges à relever en du numérique.
numérique, une position commune : « Dévelop-matière de numérique. Ces enjeux et défis portent Face à ces constats, le CIGREF, dans son nouveau
per les relations entre PME et Grandes Entreprises sur la réinvention des modèles d’affaires, les parte- plan stratégique CIGREF 2020, s’est engagé à agir
2françaises » , encourageant les entreprises à adhérer nariats, l’organisation et l’innovation, la valorisation pour un écosystème dynamique et pérenne.
à Pacte PME (quand ce n’est pas déjà le cas) et à des données, la maîtrise des nouveaux risques
numémettre en œuvre les bonnes pratiques en matière riques, la promotion d’un cadre réglementaire adapté,
d’achats.le développement de la culture numérique, l’attraction
des talents et le e-leadership des dirigeants. Il devient évident que pour répondre aux nouveaux
1. http://www.cigref.fr/lentreprise-2020-a-lere-numerique-enjeux-et-defisenjeux précédemment décrits, les grandes entre-Nous sommes convaincus au CIGREF de la
2. http://www.cigref.fr/wp/wp-content/uploads/2014/11/Position-CIGREF-
prises doivent développer l’innovation, l’agilité, la nécessité de créer des synergies nouvelles et des Syntec-2014.pdf
#Les soutiens #23
3DVFDO%XIIDUGIl s’agit de : la vitalité des entreprises françaises dans le domaine entreprises, pour participer à ce rendez-vous
du numérique et de l’électronique. Ainsi, pour la mondial de l’innovation technologique, et promou- être un levier d’entraînement et de
développepremière fois en 2015, une délégation CIGREF était voir la constitution d’un écosystème numérique, ment des startup. Le CIGREF s’engage à faciliter
présente au CES. Pendant 4 jours, elle a arpenté les dynamique et pérenne.l’accès de startup au marché potentiel des
entreallées du Salon, rencontré des startup, découvert prises et leur écosystème. Il veut encourager leur
les innovations technologiques, elle a assisté aux changement d’échelle, leur accès à la commande
conférences des grands acteurs économiques mais publique comme privée, et renforcer leurs liens
aussi échangé sur les enjeux, les opportunités et les avec les grands groupes et ainsi collectivement
défis que représente le numérique pour les grandes contribuer au soutien de l’innovation en France.
entreprises et leur business. En 2016, le CIGREF Il a d’ores et déjà mis en place des actions,
renouvelle son engagement en emmenant une comme l’organisation d’une rencontre entre les
délégation d’une trentaine de DSI et de directeurs grandes entreprises et un réseau de startup ;
de métier, représentant une quinzaine de grandes refonder les relations avec les fournisseurs face
aux ruptures qu’entraîne le numérique dans les
modèles commerciaux.
Aujourd’hui, les relations des entreprises
utilisatrices avec les fournisseurs sont complexes, allant de
problématiques très opérationnelles liées à la
relation contractuelle, jusqu’à des questionnements
relatifs aux alliances stratégiques. Il faut transformer les
liens existants entre les grandes entreprises et leurs
partenaires technologiques en une relation pérenne,
équilibrée et efficace, source de réussite collective.
Parallèlement, depuis quelques années, les acteurs
(politiques, pôles de compétitivité, régions, startup,
grands groupes, associations) ont compris la
nécessité de démontrer, au plan international,
PortraitDeStartuper##24
ttGilles Babinet est un multi-entrepreneur français, né en 1967, à Paris. Il est actuellement « Digital
Champion » pour la France auprès de la Commission européenne.
Il a créé de nombreuses sociétés dans des domaines aussi divers que le conseil (Absolut), le bâtiment (Escalade “Industrie), la musique mobile (Musiwave), la cocréation (Eyeka), les outils décisionnels (CaptainDash)…
En avril 2011, Gilles Babinet est élu premier président du Conseil national du numérique. Le Cnnum a pour charge
d’éclairer les pouvoirs publics sur les enjeux de l’économie numérique et d’améliorer le dialogue entre le gouvernement
et le secteur de l’Internet. Sous sa présidence, Gilles Babinet oriente le Cnnum sur des travaux de réforme de l’État
et de compétitivité, en particulier le Cnnum s’est engagé sur le développement de l’e-éducation, du financement de
l’innovation, de la fiscalité du numérique, et de l’open-data.
C’est en juin 2012 qu’il est nommé Digital Champion par la ministre déléguée au Numérique, Fleur Pellerin. Il
représente à ce titre les enjeux du numérique pour la France auprès de la Commission européenne. Gilles est également un
contributeur actif de l’Institut Montaigne où il a participé à de nombreux travaux sur le numérique, la compétitivité et
la réforme des institutions par le digital.
Gilles Babinet publie en février 2015 l’ouvrage Big data, penser l’homme et le monde autrement, qui fait un
tour d’horizon de ce que permet cette nouvelle technologie, et traite en particulier les enjeux de société qu’elle implique.
Cette publication suit son premier ouvrage intitulé L’Ère Numérique, un nouvel âge de l’humanité, paru en janvier
2014 et dans lequel il met en avant l’impact des technologies, des concepts ainsi que des modes de pensées issus de
la sphère digitale sur le monde tel qu’il existe aujourd’hui. En septembre 2015, Gilles a également publié, en
partenariat avec Les Échos, le baromètre de l’agilité digitale des acteurs du CAC40, le  eCac40.
Site internet :
http://www.gillesbabinet.com
LinkedIn :
https://fr.linkedin.com/in/gillesbabinet
Twitter :
https://twitter.com/babgi

*LyHV%DELQHW  avril  2100. Des historiens spécialistes parler des autres ? (« multitude » oblige) – n’est pas Les grandes entreprises elles aussi, multiplient les
de l’Ère numérique –  archéologues de forcément une menace mais plutôt un partenaire. initiatives, même si pour certaines d’entre elles, le 13systèmes d’information qui auront tota- concept n’est pas nouveau : Procter & Gamble fait L’un des piliers de cette nouvelle économie, c’est
lement disparu – font une découverte surprenante : figure de pionnier avec sa plateforme « Connect l’« open innovation », ou la mise à disposition de
ils récupèrent, enfouis dans un disque dur rongé par & Develop », lancée au début des années 2000. En la technologie, par ceux qui la possèdent, grands
la rouille, des traces d’un brevet appartenant à une France, Engie, qui a obtenu en octobre dernier la groupes, startup, laboratoires, sur des plateformes
egrande entreprise du secteur automobile. 2  place du eCac40 – qui classe les entreprises selon dédiées. Son corollaire, l’open API, désigne une
leur maturité numérique – a, elle aussi, sa propre L’artefact, qui a plus d’une centaine d’années – une interface de programmation permettant à des
appliplateforme d’open innovation.éternité à l’Ère numérique – est un symbole de cations tierces d’accéder à du contenu. Ainsi, par
« l’Ancienne économie » : celle où l’on protégeait exemple, l’API de Google Maps pourra être utilisé Mais revenons à notre brevet automobile. Elon
l’innovation – à coups de brevets et de millions de par n’importe quel développeur pour intégrer un Musk, le CEO de Tesla, créa la sensation il y a
dollars d’investissement en R&D – face à l’Autre, service de cartographie dans le site ou l’application quelques mois en expliquant de façon très naturelle
incarné par le concurrent. Il fallait investir plus vite, mobile qu’il code. que quiconque connecterait ses véhicules à sa
plateplus fort que la concurrence et poser immédiate- forme digitale aurait le droit d’utiliser gratuitement Ce principe, les startup l’utilisent depuis longtemps.
ment un brevet à la moindre avancée technologique. cette propriété industrielle. Une révolution coper-Facebook publie depuis plusieurs années
l’ennicienne dans une industrie où le brevet est perçu Mais dans la «  Nouvelle économie  » dominée semble de la recherche. L’intelligence artificielle,
comme un avantage concurrentiel majeur.par le numérique, l’Autre n’est plus cet infernal dont on parle tant ces derniers mois, regorge de
concurrent, mais une multitude d’acteurs venant projets d’open innovation ; là encore, le groupe de Et pour cause, cette ouverture de l’accès à
l’innopour certains de nulle part, ou presque : étudiants Mark Zuckerberg en est un bel exemple, comme en vation révolutionnera les stratégies d’entreprise :
suivant gratuitement les derniers Mooc du MIT, témoigne le partenariat signé entre son laboratoire l’avantage concurrentiel en matière
d’innovachercheurs, passionnés, startupers… Dans cette de recherche parisien et l’INRIA. tion ne résidera plus dans la possession (le stock)
nouvelle économie, l’Autre – ou devrions-nous d’innovation, mais dans la capacité à mobiliser
PortraitDeStartuper##26
*LyHV%DELQHWla multitude (le flux) dans une optique de cocréa- intervalles réguliers leurs compétences.
L’holacration. L’innovation ainsi ouverte sera enrichie de tie, ou fonctionnement sans hiérarchie,
actuellel’apport d’une foule d’acteurs aussi divers les uns ment expérimentée par des startup comme Zappos,
que les autres. Il s’agit d’aller chercher à l’extérieur sera peut-être la norme. Il est ainsi très probable
edes idées, des compétences qui compléteront celles que les archéologues de la fin du xxi  siècle
s’intéqui s’expriment en interne. Au final, l’expérience ressent également aux organigrammes
des entrede l’utilisateur du produit, du service s’en trouvera prises de l’ancienne économie.
considérablement améliorée.
L’économie collaborative, largement fondée sur la
notation des services par les utilisateurs, n’en est
que l’un des tout premiers bouleversements. Mais
par « économie collaborative », on entend moins
ces plateformes comme Airbnb ou Blablacar, qui
font des particuliers des professionnels, que des
modèles open source comme les fablabs.
Les fablabs, ces ateliers ouverts dédiés à la
réalisation d’objets avec des outils open source, de petites
équipes effectuent, dans des domaines aussi variés
que la robotique ou la bio-santé, des avancées
que certaines entreprises prennent des années à
réaliser.
C’est là la seconde révolution induite par les
startup. Celle du bouleversement des organisations.
Les silos et la verticalité de celles-ci laisseront place
à la transversalité de petites équipes ultra-agiles au
fonctionnement cellulaire et horizontal. Équipes qui
seront composées probablement non plus de
salariés mais de travailleurs autonomes réactualisant à
#Les soutiens #27Olivier Mathiot est le cofondateur de PriceMinister, place de marché sur Internet
lancée en 2001 puis vendue au groupe japonais Rakuten en 2010. PriceMinister
emploie aujourd’hui 250 salariés en France et Olivier en est le président depuis 2014. “Il est également un business angel, accompagnant une quinzaine de startup
innovantes. En 2012, il a été l’un des porte-parole du mouvement des Pigeons, puis a
participé en 2013 aux Assises de l’Entrepreneuriat organisées par le gouvernement.
Site internet :
http://www.priceminister.com/
LinkedIn :
https://fr.linkedin.com/in/olivier-mathiot-9b9109
Twitter :
https://twitter.com/oliviermathiot”
2OLYLHU0DWKLRWa France est la nouvelle nation startup », Ce sont donc des dizaines de « success-stories » à la et savent que la forme la plus certaine de
protecs’émerveillait récemment un grand ponte française que l’on peut relater. Cet ouvrage revien- tion sociale, c’est de créer son propre emploi. Les
« Lde l’économie américaine. Il a fallu qu’un dra sur quelques-unes. Pour ma part, je me suis têtes pensantes des Grandes Écoles françaises ont
Américain l’exprime haut et fort pour que les Fran- dit qu’il serait plus enrichissant de parler de notre réduit leur engouement pour les cabinets de conseil
çais le réalisent eux-mêmes : les startup françaises éco système et de partager quelques pensées sur la en stratégie et les salles des marchés des grandes
ont du talent. façon dont il a évolué depuis quinze ans (déjà ?!), banques.
par rapport à l’époque où je lançais avec quatre Il a fallu qu’un Américain parle de l’Île-de-France
La data, nerf de la guerreassociés ce qui allait devenir PriceMinister.comme d’une « nouvelle Silicon Valley », pour que
Lors des précédentes révolutions industrielles, le l’on s’aperçoive que non, la France n’est pas un
La startup, c’est chic moteur fut l’accumulation du capital. Nous vivons environnement hostile aux entrepreneurs. Dans
En 2001, l’entrepreneur du Web avait pour princi- une révolution industrielle dont le moteur n’est plus notre pays, il suffit de quelques heures pour créer
pales qualités beaucoup de courage, un peu de culot l’accumulation du capital mais l’accumulation de son entreprise. Les têtes pensantes, bien formées, y
et la capacité à manger des spaghettis au beurre la data, de l’information. Quand PriceMinister fut sont nombreuses. La fiscalité sur la R&D est l’une
pendant plusieurs semaines. La crise financière lancé, en 2001, il n’y avait ni Internet haut débit, ni des plus favorables au monde. Et depuis quelques
de 2008 a durablement marqué les mentalités des Facebook et l’ordinateur portable tout comme le années, il existe même une association, France
Digijeunes générations et façonné une autre vision de téléphone mobile étaient encore considérés comme tale (www.francedigitale.org), que j’ai l’honneur
l’entrepreneuriat. La figure de l’entrepreneur, créa- des produits élitistes. En quinze ans, la digitalisa-de coprésider, pour mieux faire porter leur voix.
teur de richesses, générateur de « bon » risque, tion de notre monde a généré des flux considérables Depuis ce poste d’observation, c’est tout un
contia remplacé la figure du trader, destructeur de d’information et de « data », notamment grâce à la nent que l’on aperçoit. Dans la nation startup
franrichesses, générateur de « mauvais » risque. Diplô- progression de la puissance informatique explici-çaise, la croissance est de 50 % par an, les emplois
mées ou non, les jeunes générations n’ont jamais tée par la fameuse « loi de Moore ». La puissance se créent par milliers et 93 % de ces embauches
connu que des taux de chômage à deux chiffres des startup réside désormais dans leur capacité à se font en CDI (Baromètre EY – France Digitale).
#Les soutiens #29
2OLYLHU0DWKLRWgénérer, acquérir et exploiter les data. N’importe nous l’avions pressenti en lançant la place de
quelle startup avec un bon algorithme peut détrô- marché PriceMinister il y a quinze ans !), mettant
ner un géant de son secteur, solidement installé sur ainsi fin à un autre pilier de la première
Révoluune masse de capital accumulé au fil des siècles. Les tion industrielle. Dans cette nouvelle Révolution
exemples les plus emblématiques sont aujourd’hui industrielle du numérique, les startup inventent
ceux des places de marché ou plateformes dont le de nouvelles formes de travail et de revenu, elles
dénominateur commun consiste à mettre en rela- offrent un nouveau modèle de société, plus agile.
tion directe l’offre et la demande sur presque tous Pour la génération de startup à venir, les nouvelles
les marchés historiques. À titre d’illustration, citons organisations, les nouveaux modes de production et
Blablacar dont l’offre de covoiturage concurrence de consommation ouvrent des perspectives folles et
les transports longue distance ; ou encore Airbnb, inspirantes : altius, citius, fortius.
dont la plateforme a fait vaciller des groupes
hôteliers longtemps considérés comme les valeurs
boursières les plus sûres de la planète. L’accès à cette data,
souvent réglementé, pose à terme la question du
modèle de société que nous voulons pour demain.
« It’s the community, stupid »
Les startup font émerger de nouveaux modes de
production et de consommation. Ces modes de
production et de consommation sont basés sur
l’interaction, formant désormais une économie
dite « collaborative » ou « participative ». La
relation entre le consommateur et le producteur est
brouillée : le consommateur livre des informations
personnelles en échange d’un service et ces
informations servent ensuite à offrir un autre service.
L’usage devient plus fort que la possession (comme
PortraitDeStartuper##30Emmanuel est reconnu comme l’un des experts internationaux du marketing et de la
transformation. Emmanuel est le cofondateur du HUB Institute, un « think thank »
international dédié à la digitalisation et la formation des grandes marques. Emmanuel “a animé et est intervenu à plus de 700 conférences et séminaires ces 7 dernières
années au niveau mondial. Il a formé plus de 7 000 cadres pour de grandes marques
comme L’Oréal, Orange, Nestlé, Celine, Hermès, Chanel, Michelin… Il partage
régulièrement son expertise sur son blog www.emmanuelvivier.com ou Twitter
(@emmanuelvivier) quand il n’est pas en train de voyager entre Paris, Moscou et
New York.
Site internet :
http://www.hubinstitute.com/
LinkedIn :
https://fr.linkedin.com/in/emmanuelvivier
Twitter :
https://twitter.com/emmanuelvivier

(zDQXHO9LYLHUa France est la fête foraine des startup au chômage massif, et les cadres expérimentés se lancement d’une startup (levée de fonds, business
font licencier brutalement même dans les grands model, MVP, ab/testing ; growth hacking, monéti-Depuis la première vague de startup et l’écla-L groupes, le grand saut ne semble plus si risqué. Et sation…) sont rarement enseignées en école. Et vu tement de la bulle internet des années 2000,
un lancement en France est désormais bien moins la complexité et la difficulté de ce type d’activité, l’hexagone a fait bien du chemin. En quasiment
cher qu’à San Francisco, où les salaires indexés sur autant profiter au maximum des erreurs passées des vingt ans d’Internet, la France a définitivement
ceux de Facebook ou Google deviennent inacces- deux premières générations de startupeurs. Que ce enterré le minitel. Ces 4 à 5 dernières années, on
sibles aux plus petites startup. Le prix du lancement soit le NUMA ou Te Family, les salariés y trouve-peut même parler d’un véritable engouement grand
d’une startup s’est aussi réduit grâce aux logiciels ront des conseils très concrets et pratiques pour se public pour le numérique et les startup.
en SAAS, au cloud et aux APIs. Les coûts d’un outil lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Mais aussi
Un vent de Silicon Valley souffle sur la France deviennent ainsi accessibles pour quelques euros et surtout un écosystème pour échanger, trouver
par mois à une petite structure où il est possible de des talents avec qui collaborer et s’entraider. Bref, Les réussites de la Silicon Valley, que ce soient
construire sur des infrastructures robustes grâce au un joli filet pour se lancer.le succès des GAFA (Google, Apple, Facebook,
cloud ou aux APIs.Amazon), des NATU (Netflix, Airbnb, Tesla, Uber)
« Take my money and run »ou de centaines de startup prometteuses, font rêver
Les nouvelles écoles de l’entreprenariat Le marché du financement est aussi devenu très toute une nouvelle génération d’entrepreneurs.
On assiste aussi à une multiplication des struc- mature en France. Des business angels, en passant Les médias français ont enfin arrêté de snober les
tures d’accompagnement des startup : incubateurs, par les nombreux fonds chacun adaptés à certaines sujets technologiques. Grâce à leur couverture
accélérateurs, mentoring, coworking… Si certains tailles d’investissements, les investissements de médiatique massive des levées de fonds ou des
valorisations parfois stratosphériques (qui font tiennent plus du gadget opportuniste, on pourra grands groupes et d’industriels, ou même la BPI, il
trop souvent oublier le nombre bien plus grand des cependant se réjouir de voir un partage d’expé- n’a jamais été aussi simple de lever des fonds, enfin
fails), le grand public se découvre une âme d’en- rience et d’expertise d’entrepreneurs qui ont déjà si vous avez un vrai business model, une équipe
trepreneur. À l’heure où les jeunes sont confrontés réussi. En effet, les bonnes pratiques spécifiques au au top et souvent déjà un prototype ou même une
PortraitDeStartuper##32
(zDQXHO9LYLHUactivité lancée. Avec le nombre de Français à New entreprises évoluent et deviennent enfin ouvertes armes égales si votre concurrent déjà plus grand,
York et dans la Silicon Valley, la visibilité croissante aux petites entreprises agiles. mieux financé et très innovant est d’office 20 %
de nos startup aux États-Unis (comme au CES, par plus rentable que vous ! Cette optimisation fiscale
On ne devient un vrai capitaine que dans la tempêteexemple), les passerelles avec les fonds américains est rendue possible grâce au législateur. C’est à
se développent aussi. Si le nombre de structures de Pourtant si de nombreux indicateurs ont été au beau lui qu’incombe l’urgente nécessité de pallier ce
financement liées au « capital-risque » s’est multi- fixe ces derniers mois, attention aux prochaines problème. La technologie avance très vite et chaque
plié, le métier est plus mûr aussi. Et le niveau d’exi- vagues ou à la prochaine tempête. La vie d’une mois qui passe, ce seront des startup européennes
gence aussi sur la qualité des projets. startup est loin d’être un long fleuve tranquille et il qui seront mises sur le carreau par leurs
concurfaut bien comprendre que la grande majorité sera rents américains. Et c’est sans compter sur les
Small is beautiful, même pour les grands groupes amenée à échouer. Un certain nombre de nuages acteurs digitaux asiatiques qui commencent déjà à
Après des années à ignorer les PME considérées commencent à s’amonceler et présagent certaines pointer le bout de leur nez.
comme risquées, les grands groupes se découvrent difficultés à venir.
Quand les États-Unis et l’Asie s’enrhumentaussi subitement une passion sans limite pour les
L’Europe, quelle Europe ?startup et les entrepreneurs. Quasiment toutes les Depuis quelques mois, les valorisations américaines
L’Europe et la France ont toujours énormément entreprises du CAC40 ont lancé un incubateur ces semblent connaître une certaine correction. On est
de mal à simplifier la vie des startup malgré de 12 à 36 derniers mois. Incapables de faire face à la loin de parler d’un éclatement de la bulle mais le
nombreux effets d’annonces. En effet, le marché vague numérique, pénalisés par leur manque d’agi- nombre de levées et la taille des montants tendent à
unique est bien théorique. Multiplicité et complexité lité, les grands groupes deviennent des apôtres de se réduire. En France cet été, on a pu assister à une
des langues, des règlements, des taxes… on est bien l’open innovation. Ils proposent d’héberger des multiplication des annonces de startup en
difficulloin d’un grand marché unifié. Les États cherchent startup, de les financer, de collaborer et plus rare- tés comme Take It easy, ChicTypes, Save… On ne
constamment à imposer de nouvelles régulations, ment de les racheter. Certes, une grande partie de parle pas de mauvaises sociétés, mais juste de startup
et de nouvelles taxes qui ralentissent un peu plus ces initiatives sont souvent lancées dans un certain qui n’ont pas réussi leur nouveau tour de table, faute
les nouvelles jeunes pousses face à la concurrence désordre avec comme priorité l’aspect communi- de générer une marge suffisante, d’avoir atteint leur
mondiale.cation afin de montrer que « chez nous, on innove, seuil de rentabilité ou même de promettre un
multiEt pourtant le temps presse, les acteurs américains la preuve on travaille avec des jeunes pousses ». Pas ple suffisamment alléchant à leurs investisseurs. La
déjà très performants et innovants bénéficient certain que la majorité des incubateurs ou accélé- croissance économique européenne fait toujours du
d’un avantage presque déloyal avec leur maîtrise rateurs aboutissent à de vraies innovations, mais surplace, alors que l’Asie ralentit et que le contexte
de l’optimisation fiscale. Comment vous battre à on pourra se réjouir que les mentalités des grandes du terrorisme impacte déjà de nombreux secteurs.
#Les soutiens #33Avis de grain sur les startup
Attention donc, les startup ont définitivement un
bel avenir mais nous allons assister à un vrai tri dans
les prochains mois. Les startup qui n’auront pas
suffisamment levé, celles qui n’auront pas démontré
leur capacité réelle à devenir rapidement rentable
(au-delà de la croissance rapide, cette « traction »
qui était encore l’alpha et l’oméga ces derniers
mois) ou celles dont les équipes ne sauront pas
résister à la pression quand il faudra affronter de
vraies difficultés (licencier, revoir ses coûts…), vont
dans le mur. Et même celles qui ont levé beaucoup
d’argent vont devoir faire bien attention. L’argent
est souvent mauvais conseiller et pousse souvent à
multiplier les erreurs.
PortraitDeStartuper##34Paul-François Fournier est, depuis avril 2013, directeur de l’Innovation et membre du Comité exécutif de la Banque
publique d’investissement (Bpifrance). La direction de l’innovation de Bpifrance rassemble, d’une part, l’activité de
financement de projets innovants portés par des startup ou des PME ainsi que le soutien financier à des projets collaboratifs de
d“développement ou d’acquisition de technologies, permettant à de grandes et moyennes entreprises de gagner en
producttivité ou d’ouvrir de nouveaux marchés ; et d’autre part, l’investissement direct en fonds propres et quasi-fonds propres au
capital d’entreprises innovantes pour leur fournir les capacités financières de leur développement en France ou à
l’internnational, sous la forme de fonds thématiques autour du numérique, des biotechs et des technologies de l’environnement.
Le pôle Innovation est ainsi positionné à la fois comme un partenaire privilégié de l’écosystème du capital-risque et un
aacteur clé de l’accompagnement aux entrepreneurs innovants tout au long de la vie de leur projet.
PPaul-François Fournier, 47 ans, X-Télécom, a rejoint le Groupe France Télécom Orange en 1994 en tant qu’ingénieur
d’affaires sur le segment Entreprises France. Après un parcours de sept ans dédié au développement des services aux
eentreprises, il devient, en 2001, directeur du Business Haut-Débit de Wanadoo, où il a assuré le décollage en France des
ooffres ADSL qui sont passées de quelques milliers de clients en 2001 à 3 millions fin 2004, puis à l’international en tant
qque membre du Comité exécutif du Groupe Wanadoo. Il a ainsi mené des projets stratégiques comme le lancement de
lla Livebox, et de la voix sur IP, en partenariat avec Inventel et Netcentrex, des startup françaises.
Au-delà de son expérience dans le domaine des services Internet et des partenariats (il a notamment été l’artisan de
l’acquisittion de Dailymotion et de Cityvox par Orange, ainsi que des partenariats avec Microsoft, Google et Facebook), Paul-François
Fournier a une excellente connaissance opérationnelle du marketing de l’innovation. Il a été, à partir de 2011, le directeur
exécutif du Technocentre d’Orange, en charge de l’innovation produit (Boxs, Cloud…), où il a profondément transformé
l’organisation dans une approche plus régionale et décentralisée (Création du Technocentre d’Amman et d’Abidjan).
Site internet :
http://www.bpifrance.fr
LinkedIn :
h t t p s ://f r .linke din.c om/in/p a ulf ranc ois f our nier/en
Twitter :
https://twitter.com/Paul_F_Fournier

3DXO)UDQ?RLV)RXUQLHUepuis sa création, Bpifrance se mobilise le rendez-vous incontournable de la tech mondiale, marketing et commerciale, de produit, de service
pour accompagner et accélérer la trans- faisant ainsi de la France la deuxième nation la plus et d’usage, de procédé et d’organisation de modèle Dformation de notre pays en une véritable d’affaires ou encore sociale, et évidemment l’inno-représentée après les États-Unis. L’année dernière
« Startup Nation ». L’entrepreneur doit être le héros vation technologique. Ce nouveau référentiel nous encore, John Chambers, Patron de Cisco,
s’ene permet d’identifier et de mieux financer des entre-du xxi  siècle. C’est notre objectif et c’est pourquoi thousiasmait pour la French Tech et annonçait, au
nous mettons à disposition des entrepreneurs un prises innovantes à fort potentiel qui s’inscrivent passage, doubler son investissement en France.
panel d’outils de financement et d’accompagne- sur un marché souvent nouveau et mondialisé.
Les atouts de l’écosystème entrepreneurial français ment adaptés à toutes les étapes de développement
Pour contribuer à faire émerger toujours plus d’in-sont aujourd’hui indéniables et sont de plus en plus de leur projet.
novations et leur assurer un succès durable sur reconnus mais de nouveaux enjeux apparaissent.
son marché d’abord, puis le marché mondial, la La mobilisation sans précédent de tous les acteurs
L’innovation ne se résume plus aux seules problé- France doit également disposer d’un écosystème de l’écosystème français de l’innovation, a permis
matiques technologiques. Marketing, produit, de financement plus robuste encore et capable à la France de rattraper son retard pour devenir
organisationnelle ou sociale, une approche multi- d’accompagner les startup qui souhaitent consoli-aujourd’hui l’une des scènes startup les plus
dynadimensionnelle de l’innovation est désormais der leur développement et lever plusieurs dizaines miques au monde.
primordiale. Je prends comme exemple l’une de de millions d’euros. Bien que notre écosystème
Certains signes ne trompent pas. Près de nos licornes françaises, Blablacar, dont le concept soit de plus en plus dynamique – il y a eu, par
3 000 jeunes pousses sont implantées dans la capi- repose sur une innovation d’usage basée sur le exemple, 6 fois plus de levées de fonds de plus de
tale et 9 000 sont réparties dans toute la France, partage et la convivialité. De plus en plus de cham- 100 millions d’euros en 2015 qu’en 2013 – nous
selon l’observatoire MyFrenchStartup. En 2016, les pions ne naîtront pas d’innovations exclusivement manquons  encore de grands fonds de venture
startup françaises occupaient pas moins de 30 % de technologiques. Forts de ce constat, nous avons capital. C’est pour répondre à ce défi que nous
la présence mondiale dans l’Eureka Park du CES, identifié six formes d’innovations  : l’innovation avons créé un véhicule d’investissement dédié au
PortraitDeStartuper##36
3DXO)UDQ?RLV)RXUQLHU