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RADIOGRAPHIE DES GRANDS PATRONS FRANCAIS

158 pages
Les dirigeants des plus grandes entreprises d'un pays constituent une fraction importante de la classe dirigeante de ce pays. L'analyse des leaders des 200 plus grandes entreprises françaises jette donc un éclairage précieux sur le mode de constitution et de renouvellement de cette élite dirigeante. Chiffres à l'appui, les auteurs dégagent ainsi certaines caractéristiques structurelles ; contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays capitalistes européens, l'entreprise n'apparaît pas comme une voie permettant d'acquérir l'autorité légitime pour la diriger : tout se joue avant d'entrer dans l'entreprise. L'incapacité des entreprises françaises à produire leur dirigeants et le recours systématique à d'autres viviers (en particulier celui des grands corps de l'Etat) pour détecter les futurs patrons renforcent l'homogénéïté de la classe dirigeante française.
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RADIOGRAPHIE DES GRANDS PATRONS FRANÇAIS
LES CONDITIONS D'ACCES AU POUVOIR
1985-1994

Collection Dynamiques
Dernières parutions:

d'Entreprises

BOUTILLIER Sophie, UZUNIDIS Dimitri, Entrepreneurs et innovation en Grèce. L'entrepreneur révolutionnaire, 1994. PIGANIOL-JACQUET Claude, Gestion des ressources hunlaines: analyses et controverses, 1994. REGNAULT 1994. Gérard, Animer une équipe dans les PME aujourd'hui, (ed.), Nouvelles approches des gestions du conlité

LOUCHART Jean-Claude d'entreprises, 1995.

MARCON Michel, SIMONY d'entreprise, 1995.

Nadia, Les transfomlations

DOL Y Jean-PieITe, MONCOND<UIT François, L'entreprise entre contrainte et liberté, 1995. MESSlKALiliane, Les dircoms, un nlétier en voie de professionnalisation, 1995. CASTEL François (du), La révolution communicationnelle, du multinlédia, 1995. les enjeux

COY A Bernard, Au-delà du marché: quand le lien inzporte plus que le bien, 1995. REGNAULT Gérard, Réussir son plan de fornzation dans Llne P.M.E., 1995. LES CAHIERS DU CARGÈSE, toire de partenariats, 1995. LELEU Pascal, Le développernent mique du coaching, 1995 Sciences sociales et entreprises. His-

du potentiel des nzanagers. La dyna-

RIF AI Nabil, L'analyse des organisations. Dénlarches et outils sociologiques et psychologiques d'intervention, 1996. SIWEK J., Le syndicalisme MARTIN D., Modernisation années 80, 1996. des cols blancs, 1996. des entreprises en France et en Pologne: les

REGNAULT Gérard, La communication interne dans une P.M.E. Outils et comportements pour travailler ensentble, 1996. MARQUIS François Xavier, La technologie aux portes des PME, 1996. HENRIOT Christian, La réfor1ne des entreprises en Chine. Les industries shanghaiennes entre Etat et nlarché, 1996. LACHA T Salomé & LAC HA T Daniel, Stratégies de rupture et innovation. de l'ntreprise, 1996. PONSSARD Jean-PieITe (ed.), Concurrence san ce et emploi, 1997. BAUERMichel et BERTIN-MOUROT interrnationale~ crois~

Bénédicte, L'ENA: est-elle une

business school? 1997.

DYNAMIQUES D'ENTREPRISES

MICHEL BAUER

BENEDICTE BERTIN-MoUROT

A VEC LA COLLABORATION DE PASCAL THOROIS

RADIOGRAPHIE DES GRANDS PATRONS FRANÇAIS
LES CONDITIONS D'ACCES AU POUVOIR 1985-1994

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

I.J'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADAH2Y

1K9

@

Éditions l'Harmattan, 1997
ISBN: 2-7384-5408-9

SOMMAIRE

INTR ODUCTI 0 N
PREMIERE PARTIE: L'INDICATEUR DE B.A.S.E.
ET LA « LOI DYNASTIQUE »

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"

p.

Il

un

uuuuu.uuunuup. 13

CONSTRUCTION THEORIQUE ET VALIDATION EMPIRIQUE D'UNE CARAC1~RISTIQUE STRUCTURELLE D'UNE FORMATION SOCIALE 1.1 AUTORITE LEGITIME ET TYPOLOGIE DE DIRIGEA.NTS..'unuuuu p. 15

A) Les hypothèses du travail B) Les conditions de production de l'autorité légitime: une variable déterminante C) Les différents types de dirigeants d'entreprise D) Les détenteurs d'atout-Etat E) Les détenteurs d'atout-capital F) Les détenteurs d'atout-carrière
1.2 UNE TYPOLOGIE D'ENTREPRISES FONDEE SUR UN QUART DE SIECLE DE « LOI DYNASTIQUE » no

p. 22

A) Les limites d'une analyse par la structure du capital: la preuve par les nationalisations et les privatisations B) Stabilité de l'atout du dirigeant, définition de l'atout-maître d'une entreprise et « loi dynastique» C) La permanence, sur 25 ans, de l'atout-maître des grandes entreprises: la preuve par le « noyau dur» du capitalisme français D) La validation de la loi dynastique par l'évaluation des infractions à cette loi
1.3 TYPOLOGIE DE DIRIGEANTS, D'ENTREPRISES ET DE FORMES SOCIETALES : L'INDICATEUR DE B.A. S.E. ET LES TROIS FORMES DE CAPITALISME*..u!1i1uhnuu

p. 37

7

DEUXIEMEP ARTIE: L'INDICATEUR DE B.A.S.E. EN FRANCE EN 1993 POUR LA POPULATION DES « 200»
2.1 PORTRAITS-ROBOTS DES DIRIGEANTS FRANÇAIS.uunu..uuuu*uu.p. A) Les différences entre sociétés mères, filiales nationales et filiales étrangères B) Le portrait-robot du patron des entreprises mères de 1993 par atouts

p. 41
43

2.2 LE POIDS

RELATIF D'ES DIFFERENTS ATOUTS AU SOMMET

DESSOCIETES MERESFRANÇAISES A) Le poids de l'atout-Etat B) Le poids de l'atout-capital C) Le poids de l'atout-carrière
2.3 LA FORMATION INITIALE DES DIRIGEANTS: LA REPARTITION DES DIPLOMES

p. 48

p. 51

A) Le poids des grandes écoles B) Les autres formations 2.4 LA CONNAISSANCE DE L'ENTREPRISE
ET DE SES BASES

p. 52

A) Les niveaux d'entrée dans l'entreprise: typologie de dirigeants B) Les niveaux d'entrée dans l'entreprise dirigée et les temps passés C) Les niveaux d'entrée dans le monde de l'entreprise

TROISIEME PARTIE: L'INDICATEUR DE B.A.S.E. EN FRANCE EN 1985-1989-1993. COMPARAISON
POUR LA POPULA TIONDES « 200 »U.Uu.UUUUUHUUUU~U.p. 55 3.1 L'EVOLUTION DE L 'INDICATEUR DE B.A.S.E A) Le poids de l'atout-Etat B) Le poids de l'atout-capital C) Le poids de l'atout-carrière

p. 57

8

3.2 LES EVOLUTIONS EN TERMES DE DIPLOMES

Hu

p.. 65

3.3 LES EVOLUTIONS EN TERMES DE CONNAISSANCE DE L'ENTREPRISE ET DE SES BASES
A) Le niveau d'entrée dans l'entreprise dirigée et le temps passé avant d'en devenir N° 1 B) Le niveau d'entrée dans le monde de l'entreprise

uu

p. 67

QUA TRIEME PARTIE: L'INDICATEUR DE B.A. S.E. POUR LES ENTREPRISES DU NOYAU DUR DU CAPITALISME FRANÇAIS
EVOLUTION DES DIX DERNIERES ANNEES. 1985-1994. 4.1 LES EVOLUTIONS DANS LE NOYAU DUR DES 84 SOCIETES MERES FRANÇAISES DE 1985 A 1994

p. 71

u

p. 74

A) Le poids relatif des différents atouts B) Le poids des formations initiales C) La connaissance du monde de l'entreprise et de ses bases
4.2 CARACTERISTIQUES ET EVOLUTIONS DANS LES 16 FILIALES ETRANGERES RELATIVE DES DIFFERENTS ATOUTS, DE 1970 A 1994, DANS LES 84 SOCIETES MERES FRANÇAISES

p. 81

4.3 LA FORCE

DU NOYAUDUR

p. 83

CINQUIEME PARTIE: L'INDICATEUR DEB.A.S.E. : ANALYSES SECTORIELLES 1985 - 1993
5.1 LE
SECTEUR INDUSTRIEL

p. 87 p. 89

A) La répartition des atouts et sous-atouts B) La répartition des diplômes C) Les niveaux d'entrées et le temps passé dans l'entreprise dirigée D) Les niveaux d'entrées et le temps passé dans le monde de l'entreprise

9

5.2 LA SITUATION

DANS LES AUTRES SECTEURS

unuHun

uun..nup.

92

A) Le secteur bancaire B) Le secteur des assurances C) Le secteur des services D) La spécificité de la grande distribution

CONCLUSION: DES LOGIQUES SOCIALES AU COEUR DU SYSTEME ECONOMIQUE

p. 137

1. L'INDICATEUR DE B.A.S.E. ET SON EVOLUTION: LE POIDS DES DIFFERENTS LIEUX DE DETECTION-SELECTION DES DIRI GEANTS
'1\\.

111

P.139

1.1 L'indicateur de B.A.S.E. 1.2 Les principaux viviers

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"'

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2. LA

SIGNIFICATION SOCIO-ECONOMIQUE: QUELQUES TRAITS STRUCTURELS DU CAPITALISME

FRA.NÇAIS

p. 142

2.1 Un phénomène structurel attesté par la loi dynastique 2.2 Signification socio-économique au niveau « micro» : des entrèprises singulières 2.3 Signification socio-économique au niveau « macro» : un capitalisme singulier
3. LA SIGNIFICATION SOCIOLOGIQUE: QUELQUES TRAITS STRUCTURELS DE LA CLASSE DIRIGEANTE FRANÇAISE

u

p. 148

3.1 Les conditions d'accès à la classe dirigeante française: deux voies royales et la fermeture de la « troisième voie» 3.2 Caractéristiques de la classe dirigeante française: ouverture/fermeture, différenciation!circulation ANNEXES. ... 1. Liste des tableaux 2. Liste des abréviations utilisées p. 153

10

INTRODUCTION

Les dirigeants des plus grandes entreprises d'un pays constituent une fraction importante de la classe dirigeante de ce pays. Vu l'importance des firmes qu'ils dirigent - en termes d'investissements, d'emploi, de production, de recherche, d'exportation, etc. et bien qu'ils ne coordonnent évidemment pas leur action, collectivement, ces dirigeants de grandes entreprises participent de manière significative au procès de transformationreproduction de la société.

-

L'al1alyse des « 200 » c'est-à-dire des N° J des 200 plus gral1des entreprises d 'lIn pays jette donc un éclairage précieux sur le mode de constitution et de renouvellement de l'élite dirigeante d'un pays. Elle permet de saisir certains traits de cette formation sociale - notamment en termes
d'ouverture et de degré de différenciation de ses élites

-

et de mieux

comprendre le mode de direction et de développement de ses plus grandes firmes. Elle permet, ainsi, de préciser une dimension structurelle du capitalisme à l'oeuvre dans ce pays. Pour caractériser cette population des « 200 », on largement à une problématique et une méthodologie forgées au nos travaux précédentsl qui nous ont conduits à prêter une particulière au mode de production des dirigeants d'entreprise et de fabrication de leur autorité légitime. recourra cours de attention au mode

L'analyse des conditions d'élaboration de l'autorité légitime des dirigeants d'entreprise a permis de proposer une typologie des chefs d'entreprise qui rend compte, au moins en partie, de leur formation, de leurs expériences professionnelles et de leur -modèleculturel. On montrera ici que cette typologie de patrons permet de jeter un regard précis et rigoureux sur le mode de renouvellement des dirigeants de nos grandes entreprises, de fonder une typologie d'entreprises et de cerner des dynamiques essentielles à l'oeuvre dans notre formation sociale.
M. Bauer etB. Bertin-Mourot. Les « 200)J. C0111JlIent devient-on lin grand patro/1 ? Paris, Le Seuil, 1987. Il
1

Dans une première partie, on précisera la problématique, on présentera les. instruments de l'analyse, et notamment «I 'illdicateur de B.A. S.E. » (Barrières d'Accès aux Sommets des Elltreprises). Puis, en validant empiriquement ce qJe nou.savons appelé la « loi dynastique» dans ces entreprises, on montrera qu'il est possible de passer d'une typologie de dirigeants à une typologie d'entreprises. Dans une deuxième partie, on présentera les principaux résultats de l'analyse des « 200» en France, en 1993 : on évaluera l'indicateur de B.A.S.E. caractérisant le système socio-économique français et on précisera la signification de cet indicateur par une analyse de la formation initiale et de l'expérience professionnelle en entreprises des différents types de dirigeants. Dans une troisième partie, au travers d'une comparaison entre ces résultats d'analyse pour 1993 et les résultats d'analyses équivalentes pour 1985 et 1989, on vérifiera qu'il s'agit là de données structurelles de notre formation sociale, en même temps qu'on commencera à cerner certaines évolutions à l'oeuvre en son sein. La quatrième partie, grâce à un travail socio-historique sur les évolutions du capitalisme français, permettra de valider cette interprétation structurelle des résultats de l'analyse, de mieux cerner ses éventuelles évolutions et d'en préciser la signification. Enfin, dans la cinquième partie, on précisera tous ces traits du capitalisme français grâce à des analyses sectorielles.

12

PREMIERE PARTIE

L'INDICATEUR DE « B.A.S.E. » ET LA « LOI DYNASTIQUE»

CONSTRUCTION THEORIQUE ET VALIDATION EMPIRIQUE D'UNE CARACTERISTIQUE STRUCTURELLE D'UNE FORMATION SOCIALE

Les conditions de production de l'autorité légitime des dirigeants de grandes entreprises sont d'autant plus intéressantes à étudier qu'elles expriment tout à la fois des dispositifs micro-organisationnels et des réalités macro-sociales, qu'au sein de chaque entreprise, elles pèsent fortement et durablement sur le contenu de ses stratégies, sur son mode de gouvernement et sur son mode de fonctionnement, enfin, qu'au sein d'une formation sociale, elles constituent un trait essentiel de sa classe dirigeante. On propose ici de caractériser les conditions de production de l'autorité légitime des dirigeants des plus grandes entreprises d'un pays autour d'un indicateur, appelé « indicateur de B.A. S.E. » (Barrières d'Accès au Sommet des Entreprises) et forgé à partir d'une typologie de dirigeants.

1.1 AUTORITE DIRIGEANTS

LEGITIME

ET

TYPOLOGIE

DE

A) Les hypothèses du travail L'analyse des conditions de production de l'autorité légitime des dirigeants des grandes entreprises et les interprétations que les résultats de ces travaux suggèrent, reposent sur deux hypothèses qui méritent d'être explicitées. Première hypothèse :les dirigeants d'une entreprise disposent d'une autorité légitime, c'est-à-dire qu'ils sont influents au sein de leur firme et qu'ils la dirigent. Ceci suppose qu'ils pèsent d'un poids significatif sur les stratégies économiques et sociales des firmes dans lesquelles ils travaillent et que, sans tout contrôler, ils peuvent par leurs décisions ou leurs nondécisions, prédéterminer fortement

- en

tout cas plus que les non-dirigeants

- le devenir de leur firme, ses politiques, son mode de fonctionnement. Des travaux antérieurs2 nous ont permis de valider cette hypothèse apparemment triviale, mais réfutée par nombre d'économistes (qui privilégient le triptyque «environnement, strat~gie, structure» et font du
2

M. Bauer ctE. Cohen. Qui gouverne les groupes industriels? Paris, Le Seuil, 1981. 15

dirigeant efficace un «bon traducteur des contraintes et opportunités de son environnement») et de sociologues (partisans de la thèse de la «tyrannie des petites décisions» et/ou. du modèle du «dirigeant ratificateur »). Deuxième hypothèse: le mode de fabrication des dirigeants pèse sur le modèle culturel de ces responsables, sur la nature des décisions qu'ils prennent et, donc, sur l'action qu'ils mènent au sein des entreprises. Cette hypothèse, d'autant plus forte que l'on raisonne sur un groupe social et non sur un individu, permet notamment de mettre en relation «le mode de fabrication des responsables» d'une entreprise avec «le mode de développement» de celle-ci. Ainsi la connaissance intime d'une entreprise, de ses forces et de ses faiblesses, favorise plutôt une politique de développement interne. A l'inverse, la combinaison d'une méconnaissance de l'entreprise et d'une expertise légitime acquise sur le marché des entreprises favorise plutôt une politique de développement externe. B) Les conditions de production. de l'autorité légitime: déterminante une variable

La combinaison de ces deux hypothèses fait de la dimension « conditions de production de l'autorité légitime au sein des entreprises» l'un des déterminants des stratégies des firmes, de leur mode de gouvernement et de leur mode de fonctionnement. L'analyse théorique et empirique de cette dimension révèle l'importance de l'un de ses éléments constitutifs: le liell et les modalités de détection-sélection de l'apprenti-dirigeant. Caractériser les dirigeants en ~onction du lieu où ils se sont forgés une autorité légitime et des modalités selon lesquelles ils ont été détectés, sélectionnés et formés permet, en effet, de rendre compte - au moins en partie - de leurs expériences professionnelles et de leur modèle culturel. Cette variable apparaît à ce point déterminante qu'elle permet non seulement de fonder une typologie des conditions de production de l'autorité légitime au sein d'une entreprise, mais aussi une typologie de dirigeants.

16

C) Les différents types de dirigeants d'entreprise Pour un pays comme la France, on distingue trois modalités très contrastées de détection des futurs dirigeants d'entreprise: une relation privilégiée (d'identité ou de parenté) aux détenteurs du capital ; une activité professionnelle au sein de l'Etat; enfin, une carrière en entreprise. Cette typologie des modes de détection-sélection-formation conduit à distinguer trois types de dirigeants: ceux détectés du côté du capital; ceux détectés du côté de l'Etat; ceux détectés du côté de l'entreprise. On nomme les premiers détenteurs d'atout-capital, les seconds détenteurs d'atout-Etat et les troisièmes détenteurs d'atout-carrière. Cette typologie de dirigeants ne renvoie pas directement à « l'importance» des qualités manifestées lors de la détection, mais bien à la « nature» de ces qualités. Elle ne permet donc pas de qualifier directement les dirigeants en termes de compétences ou de mérite : dans les trois cas on trouve tous les degrés possibles « d'exploits» éventuellement réalisés ou, inversement, de « privilèges» ayant facilité la détection. La prise en compte plus concrète et plus précise, au sein de ces trois univers (capital, Etat, entreprise), des viviers de futurs dirigeants permet d'affiner la typologie: la construction de sous-atouts permet de préciser le lieu où se forge l'autorité légitime, de mieux cerner les modalités de détection-sélection-formation des futurs responsables et, ce faisant, de décrire plus finement la nature des éventuels mérites démontrés. L'analyse s'enrichit alors sensiblement, puisqu'en caractérisant une population de dirigeants par les sous-atouts qu'ils détiennent, on rend compte plus précisément de leur mode de fabrication, de leurs expériences professionnelles passées et donc, au moins pour une part, du modèle culturel qui organise leur action. D) Les détenteurs d'atoutwEtat Les différents types de SOlls-atouts-Etat se définissent en précisant les viviers étatiques où se fait la détection des futurs dirigeants d'entreprise. 17