Théorie des organisations - 2e édition

De
Publié par

Cet ouvrage présente les connaissances fondamentales de théorie des organisations au travers d’une approche pluridisciplinaire, mobilisant aussi bien l’économie que la sociologie, la psychologie ou la gestion. L’ouvrage s’attache à développer les principaux débats suscités par les organisations : qu’est-ce qu’une organisation, pourquoi les organisations existent-elles, quels sont les différents types d’organisation, certains types d’organisation sont-ils plus efficaces, quels en sont les facteurs d’évolution, qui décide dans une organisation, quelles y sont les sources de pouvoir ?

L’objectif de cet ouvrage est d’offrir une vision synthétique, vivante et critique des principales théories des organisations. Les différentes écoles de pensée sont présentées en mettant l’accent sur le contexte de leur développement, leurs apports, leurs limites et leur influence actuelle.


- Étudiants des cursus universitaires en gestion : licences et masters en sciences de gestion, AES, IAE, IUP, licences professionnelles, DUT…

- Étudiants des écoles de commerce et des écoles d’ingénieur

- Managers


Sophie Landrieux-Kartochian, ancienne élève de l’ENS Cachan, agrégée d’économie-gestion, est maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle enseigne actuellement à Georgia State University (États-Unis).

Publié le : mardi 1 octobre 2013
Lecture(s) : 7
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782297034401
Nombre de pages : 184
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Introduction
« Notre société est une société dorganisations. Tout ce qui se produit dans notre société se produit dans le contexte dorganisations, de notre naissance à lhôpital à notre enterrement par une compagnie de pompes funèbres, y compris lessentiel de notre travail et de notre temps libre entre ces deux moments »(Mintzberg, 1990). Cette citation dun des plus grands auteurs en théorie des organisations témoigne de limportance de leur rôle dans notre vie. Les organisations nous environnent en perma nence. Pour autant, elles ne sont pas une donnée naturelle ; elles sont un construit social, doù lintérêt de les étudier. La théorie des organisations offre des connaissances pour mieux comprendre les orga nisations et leur fonctionnement, voire les améliorer. Elle permet de prendre conscience des cadres qui influencent notre vision du monde, de découvrir de nouveaux points de vue, de se poser de nouvelles questions sur les organisations. Sa connaissance rend possible la prise de recul à légard de certaines modes managériales et den décrypter les origines. La théorie des organisations peut améliorer notre compréhension des situa tions de gestion et donc la prise de décisions au sein dorganisations situées dans un environnement toujours plus complexe. Ces connaissances théoriques peuvent ainsi contribuer à lamélioration de la performance des entreprises. En ce sens, les théories des organisations sont utiles pour les gestionnaires ; mieux comprendre les organisa tions permet dagir, ce qui est le but de la gestion. Dans cette introduction, nous présentons brièvement la théorie des organisations en tant que discipline et dans un deuxième temps lorganisation de cet ouvrage. Le champ de la théorie des organisations est loin dêtre unifié pour différentes raisons : la première tient certainement au fait que de nombreuses disciplines y contribuent. Les approches sont donc multiples. Il nexiste même pas de consensus pour définir ce quest une organisation. Le caractère récent de la théorie des organisations explique également ces tensions et en fait une discipline très vivante.
1 NAISSANCE ET OBJET DE LA THÉORIE DES ORGANISATIONS
La théorie des organisations est influencée par de nombreuses disciplines. Elle a e progressivement émergé comme une discipline à part entière auXXsiècle. Elle est traversée par de nombreux courants théoriques.
14
MÉMENTOS LMDTHÉORIE DES ORGANISATIONS
A  Naissance de la théorie des organisations
Selon Williamson (1998),« une science des organisations sest mise cumulativement en place. Et cest une science qui nest pas restée abstraite et confinée dans des manuels. Elle traite de phénomènes empiriques et réels (des problèmes de management, de poli tique publique, etc.) et elle génère des prédictions. Ces prédictions sont testées à laide de données ».Quelle est lhistoire de la théorie des organisations ?
1) La théorie des organisations, une discipline récente Les organisations nont véritablement retenu lattention des penseurs quà partir dela e e fin duXIXet du début duXXsiècle, même si certains auteurs, comme léconomiste Adam Smith, sont reconnus comme des précurseurs. Les auteurs aujourdhui considérés comme les pères fondateurs de la discipline forment ce quil est convenu dappeler « lécole classique » (Taylor, Fayol, Weber, voir chapitre 1). Le contexte historique permet de comprendre lémergence de cette réflexion. Certains auteurs sattachent dailleurs à proposer des chronologies juxtaposant la parution douvrages de référence, les concepts et pratiques naissants avec des événements historiques marquants (Sibbet, 1997). Les premiers écrits de théorie des organisations coïncident avec les transforma e tions majeures que connaît la société à partir duXIXsiècle, suite à la Révolution Indus e e trielle (qui débute selon les pays entre la fin duXVIIIet le début duXIX). Cette période est marquée par la fin de lère artisanale, lessor de lindustrie et la généralisation des grandes entreprises. La structure de la population active se modifie en conséquence ; avant la Révolution Industrielle, 80 % des actifs étaient des travailleurs indépendants, tandis quaujourdhui 80 % des actifs sont des salariés dorganisations. De plus, au e début duXXsiècle, les entreprises sont de moins en moins dirigées par des patronspropriétaires ; ces derniers cèdent leur place au profit dingénieurs et dadministrateurs. Les années 1950marquent un tournant dans létude des organisations. Celleci prend son véritable essor à cette période. Les années 1950 consacrent la théorie des organisa tions comme objet détudes, ainsi quen témoignent la création de la revueAdministra tive Science Quarterlyet celle de laGraduate School of Business and Public Administra tionà luniversité de Cornell (Rouleau, 2007). Pour certains, la théorie des organisations aurait même fêté ses cinquante ans en 2008, anniversaire de la parution de louvrage Organizationsde March et Simon (1958) qui «marque le point de départ dune vaste expansion des études concernant les organisations» (Brunsson, 2007). Progressivement, la théorie des organisations a acquis uneacadémique »« identité (Augieret al.,2005). Elle sest construite une histoire, des revues académiques lui sont consacrées, de même que des associations professionnelles. Elle a tenté de se distinguer des autres champs des sciences sociales (les références des travaux en théorie des orga nisations sont de plus en plus tirées de revues spécialisées en théorie des organisations et font moins appel aux revues dautres disciplines). Dans les années 1960, lesbusiness schoolsaméricaines se transforment peu à peu en institutions académiques et cher chent à gagner en légitimité. Progressivement, létude des organisations est intégrée au sein de départements spécialisés dans cesbusiness schools. La théorie des organisa tions prend alors de lampleur et devient un domaine détude en soi. Ainsi, selon Augier etal.(2005),la théorie des organisations est véritablement établie en tant que discipline à partir de 1980.
I NTRODUCTION
15
2) La théorie des organisations, au croisement de disciplines Si la théorie des organisations sest progressivement imposée comme une discipline en soi, il nen reste pas moins quelle estinfluencée par dautres sciences sociales.Elle intègre ainsi les apports de : léconomie (réflexion sur la place de lorganisation dans une économie de marché, la relation dagence, lévolution des organisations...) ; la sociologie (questions du pouvoir, du changement, de lidentité...) ; ;du leadership, dynamique des groupes...) la psychologie (théories de la motivation et lanthropologie (problématique de la culture, dimensions symboliques de lorganisation...) ; ;les sciences cognitives (théorie de la rationalité limitée, modèles de décision...) la gestion (travaux des praticiens sur lamélioration de la performance, influence de lenvironnement et dautres facteurs de contingence sur la structure des organisations...) ; la biologie (approche systémique, écologie des populations...) ; les sciences politiques (problématique du pouvoir...). La théorie des organisations subit aussi dautres influences. Ainsi, les sciences de lingé nieur et lergonomie ont fortement marquées les débuts de la théorie des organisations. Plus récemment, les approches postmodernes de lorganisation sappuient sur la sémio tique, la linguistique, les théories poststructuralistes, ou encore la critique littéraire... Ces différentes disciplines ne répondent pas aux mêmes questions. Lobjet organisation soulève en effet de multiples interrogations : pourquoi existetil des organisations, quels sont les différents types dorganisation, quel est lagencement organisationnel le plus efficace, qui détient le pouvoir dans lorganisation, comment motiver les membres dune organisation...Les théories sont le plus souvent partielleset focalisées sur une problématique spécifique. Il est donc utile pour mieux comprendre les organisa tions de combiner les théories qui sont plus souvent complémentaires que contradic toires. Cette pluralité dapproche est essentielle et permet à lobservateur de choisir le cadre théorique le plus adapté à son interrogation et à son objet dobservation, voire dadopter plusieurs cadres théoriques pour appréhender un même objet si nécessaire.
3) Les différentes écoles de pensée de la théorie des organisations Comment résumer l? Deévolution des théories des organisations (voir tableau) e nombreuses écoles de pensée se sont succédé depuis le début duXXsiècle. Il est notable que lapparition dun nouveau courant nannule pas lintérêt du précédent, ce qui est propre aux sciences sociales. Aucun paradigme nest dominant en théorie des organisations.y a une coexistence de paradigmes ou, mieux, d« Il approches qui rentrent plus ou moins en concurrence et qui sont portés par des écoles différentes » (Saussois, 2007). Sans prétendre à lexhaustivité, il est possible de distinguer le schéma dévolution suivant : e au début duXXsiècle se développe« l»école classique qui regroupe les apports de praticiens comme Taylor et Fayol cherchant à organiser de façon optimale la production et lentreprise, ainsi que ceux du sociologue Weber qui ouvre la voie aux travaux sur la bureaucratie dans les années 1940 ;
16
MÉMENTOS LMDTHÉORIE DES ORGANISATIONS
à partir des années 1930,le courant des relations humainesdébute avec les fameuses expériences dHawthorne et introduit une approche sociale de lentre prise qui aura et continue à avoir une influence sur de nombreux travaux de recherche (théories de la motivation, du leadership, dynamique de groupe, communication) ; dans les années 1940, les travaux surla prise de décisiondébutent en sappuyant sur le postulat de rationalité limitée de Simon ; à partir des années 1960,les théories de la contingenceamorcent un change ment radical en remettant en cause lidée dune structure idéale en toutes circons tances. Certains travaux sont centrés sur linfluence de lenvironnement, amenant à considérer lorganisation comme un système ouvert (Scott, 2004) ; les années 1970sont très riches et voient se développer simultanément la théorie des coûts de transaction, la théorie de lagence, la théorie de la dépendance en ressources, lécologie des populations, ou encore la théorie néoinstitutionnelle, toutes théories dont linfluence ira grandissant dans les années 1980 et jusquà nos jours. Il en va de même de lanalyse stratégique de Crozier ; à partir de lafin des années 1990, de nouvelles approches voient le jour. Ces théories postmodernes(voir tableau) sinterrogent sur la nature de la science et de la réalité, ainsi que les conditions de la production de connaissances en matière de théorie des organisations. Malgré lintérêt de ces théories qui renouvellent lapproche des organisations, elles ne sont pas présentées dans cet ouvrage, car 1 encore peu intégrées aux enseignements de management .
Vision synoptique de lévolution des théories des organisations
Théories Approches classiques eThéories néomodernes postmodernes (fin duXIX (années 19801990) (fin des années 1990 aux années 1970) 2000) Ensemble de relations Construit social, (institutionnelles, Organisationmicrodispositifs de pouvoirStructure formelle contractuelles, politiques, et de résistances, texte symboliques) Rationalité limitée + Atomisé (créateur de mythes (être économique ou être rationalisés ou Agent réflexif, sujet centré Individu affectif ou rationalité opportuniste ou ou décentré limitée) stratégique ou porteur de sens) Économique Sociohistorique (société et EnvironnementÉconomique et social (autres organisations) culture) À la recherche Comprendre les processus ProblèmeDémontrer le nondit defficacité internes                                                    
—— 1. Pour une introduction à ces théories, voir ROULEAU(L.),Théorie des organisations, Presses de lUniver sité du Québec, 2007.
I NTRODUCTION
17
                                                   Produire des But du savoirLibérer lconnaissances Fournir des explications individu normatives Analyse de discours et MéthodesÉtudes de casModélisation, enquêtes dinteractions Producteur deAnalyste et partie Expert Analyste savoirprenante (interprète)
Source : daprès Rouleau (2007, p. 224)
B  Lobjet de la théorie des organisations
La rigueur scientifique suppose de définir lobjet à étudier. Or il est difficile de donner une définition unique de ce quest une organisation. Différentes raisons peuvent expli quer cette absence de consensus : la complexité du champde la théorie des organisations et la multiplicité des disci plines qui sy intéressent. Selon le cadre théorique, les auteurs définissent lorgani sation en fonction des problématiques qu;ils étudient lambiguïté du termequi semploie pour désigner aussi bien un objet (une orga nisation, en tant quentité), quun acte (lorganisation de quelque chose, ce qui pose la question de laction collective et du rapport ente organisation et action) ou une méthodologie (des procédés dorganisation, ce qui renvoie au concept defficience, de la « organisation) ;bonne » la diversité des organisations.Pour reprendre lexpression de Mintzberg (1990), « il y a beaucoup plus despèces dans le monde des organisations que dans le monde de la biologie ».Une entreprise, une association, une école, un parti poli tique, larmée sont, par exemple, des organisations. Fautil renoncer à définir ce quest une organisation, à linstar de Rojot (2005) qui, dans son dernier manuel, sy refuse volontairement ? March et Simon (1993), dans lintroduction à la nouvelle édition de leur manuel de réfé rence, définissent les organisations comme« des systèmes daction coordonnée entre des individus et groupes dont les préférences, linformation, les intérêts et le savoir différent ». Quant à Scott (1998), il estime que la plupart des théoriciens qui sinscrivent dans une perspective de système rationnel conçoivent les organisations commestructures« des sociales créées par les individus pour les aider à poursuivre en commun des buts précis ». Il existe de très nombreuses autres définitions (voir encadré pour dautres exemples). Entrer dans une théorie permet de découvrir le sens que ce mot revêt pour son auteur.
18
MÉMENTOS LMDTHÉORIE DES ORGANISATIONS
Quelques définitions de lorganisation Une organisation peut se définir comme : coordination rationnelle des activités d« la un certain nombre de personnes en vue de poursuivre des buts et des objectifs implicites communs »(Schein, 1970) ; « des »unités sociales essentiellement destinées à atteindre certains buts (Parsons, 1964) ; systèmes d« des activités dirigées vers un but et maintenant leurs frontières »(Aldrich, 1979) ; «»un système de relations interpersonnelles structurelles (Presthus, 1958) ; réponse au problème de l« une action collective »(Crozier, Friedberg, 1977) ; organisations n« les existent pas. Elles sont un mythe, seuls existent des événements liés ensemble par des cercles de causalité »(Weick, 1979). Source : daprès Rojot (2005, pp. 1921)
La théorie des organisations sintéresse aux processus communs inhérents à toute action organisée, ce qui suppose la nécessaire coopération entre plusieurs individus qui vont réaliser ensemble quelque chose et se répartir les tâches à effectuer (question de la division). Laction organisée requiert la coopération entre individus (même sils peuvent différer et quil peut exister des conflits entre eux), ainsi quun certain degré de structure (ce qui pose la question de savoir à partir de quel moment commence lorganisation). Barnard (1938) estime que trois conditions sont nécessaires à lappari tion dune organisation : un but, un ou des créateurs (qui créent lorganisation car une action individuelle nest pas suffisante pour résoudre leur problème) et enfin des parti cipants, ce qui suppose que les dirigeants arrivent à les satisfaire pour sassurer de leur contribution à lorganisation (les membres nont pas nécessairement le même but que les créateurs et leur appartenance à lorganisation doit leur permettre de répondre à leurs propres besoins ou buts). Pour Argyris et Schön (1996),« les organisations ne sont pas simplement des regroupe ments dindividus, mais aucune organisation nexiste sans ces regroupements ».Il existe, selon eux, trois conditions à remplir pour quune foule, un regroupement dindi vidus, devienne une organisation. « Les membres de la foule doivent : 1. concevoir et convenir de procédures concernant la prise de décisions au nom de la collectivité ; 2. déléguer à des individus lautorité dagir au nom de la collectivité ; 3. délimiter des frontières entre cette collectivité et le reste du monde » (Ibid.). À partir de ces différentes définitions et conditions, il est possible desquisser une liste descaractéristiques des organisations: l;existence de membres la division des tâches entre les membres ; la création de règles officielles et procédures ; lexistence dune hiérarchie ou dun contrôle social de certains membres (leaders) qui peuvent prendre des décisions et engager la collectivité ; ;une certaine stabilité dans le temps des buts. La notion de but est souvent présente dans les définitions des organisa tions. Mais cependant, les buts sont évolutifs, les membres de lorganisation
I NTRODUCTION
19
peuvent avoir une vision différente des buts et avoir des objectifs personnels, le but réel dune organisation peut être différent de celui qui est affiché... ; des frontières. Là encore, cette vision est parfois remise en cause dans la mesure où les relations entre agents économiques prennent des formes plus variées : réseau dentreprises, accords de soustraitance, de coopération... De nombreuses définitions et caractéristiques des organisations conduisent à penser lorganisation commeun système. La théorie générale des systèmes a été proposée à lorigine par Ludwig von Bertalanffy (1968). Les principes de la méthode systémique viennent de plainpied heurter la logique cartésienne française, fondée sur une approche analytique (voir tableau).
Caractérisation des approches analytique et systémique
Approche analytique Isole, se concentre sur les éléments. Considère la nature des interactions. Sappuie sur la précision des détails. Modifie une variable à la fois. Indépendante de la durée : les phénomènes sont considérés comme réversibles. La validation des faits se réalise par la preuve expérimentale dans le cadre dune théorie. Modèles précis et détaillés, mais difficilement utilisables dans laction. Approche efficace lorsque les interactions sont linéaires et faibles. Conduit à une action programmée dans son détail. Connaissance des détails, buts mal définis.
Source : daprès J. de Rosnay (1975, p. 119).
Approche systémique Relie, se concentre sur les interactions entre les éléments. Considère les effets des interactions. Sappuie sur la perception globale. Modifie des groupes de variables simultanément. Intègre la durée et lirréversibilité. La validation des faits se réalise par comparaison du fonctionnement du modèle avec la réalité. Modèles utilisables dans la décision et laction. Approche efficace lorsque les interactions sont fortes et non linéaires. Conduit à une action par objectifs. Connaissances des buts, détails flous.
Un système se définit comme un ensemble déléments en interaction.Il est orienté vers la réalisation dun ou plusieurs objectifs et change détat en fonction de la variation des éléments qui en font partie.La frontièredu système sépare les éléments qui font partie du système des autres ; ces derniers représentent lenvironnement du système. La frontière peut êtrematérielle(les murs de lusine) ouimmatérielle (système juridique). Quand un système entretient des relations avec son environne ment, il est qualifié douvert. Caractériser les organisations comme des systèmes ouverts présente un grand intérêt. Lapproche systémique met en avant que lorganisation ne se réduit pas à la somme de ses composantes et que dautre part lorganisation peut être analysée dans sa globalité afin de tenir compte des interactions entre ses composantes. Ces interactions obligent à penser la causalité comme circulaire. Cette approche souligne donc la complexité de lorganisation. Enfin, la notion de système ouvert attire lattention sur le rôle de lenvi ronnement qui agit sur elle et sur lequel elle agit en retour. Lobjet de la théorie des organisations est passionnant et les approches multiples. Comment cet ouvrage tentetil de rendre compte de cette richesse ?
20
MÉMENTOS LMDTHÉORIE DES ORGANISATIONS
2 PRÉSENTATION DE LOUVRAGE
Cet ouvrage se veut à la foisaccessible et vivant, tout en sattachant à être le plus rigoureuxpossible dans lexposé des théories. Il met en avant les apports des théories, le contexte de leur production, leurs prolongements et leur actualité. Il évoque égale ment les critiques qui leur sont adressées. Ce livre ne prétend pas à lexhaustivité et est centré sur les théories les plus mobilisées en management afin daider les gestionnaires (et futurs gestionnaires) à mieux comprendre les organisations. Après ce chapitre introductif, le chapitre 1 présente lesprincipaux auteurs de lécole classiquequi constituent le fondement de la théorie des organisations. Ces auteurs sont liés par leur visée de rationalisation. Le chapitre 2 témoigne de lapréoccupation pour lhomme dans lorganisationet rend compte de lécoledes relations humaineset de ses prolongements. Le chapitre 3 sempare dune question centrale en théorie des organisations, celle de la structure. Il expose les apports delécole de la contingence, mais va audelà en inté grant desthéories plus récentes(théorie de la dépendance en ressources, écologie des populations, théorie néoinstitutionnelle), ainsi que lapproche typologique de Mintzberg. Le chapitre 4 introduit une évolution majeure, celle de larationalité limitéeau sens de Simon et en montre les implications dans la prise de décision. Le chapitre 5 se tourne versléconomie et les théories de la firmequi posent la ques tion de la place de lorganisation dans une économie de marché. Le chapitre 6 sappuie sur lasociologie organisationnelleinfluencée par Crozier pour montrer la place de lacteur et des jeux de pouvoir dans les organisations. Enfin, le chapitre 7 traite delapproche culturalistede lorganisation en sappuyant sur les travaux de comparaison internationale et ceux sur la culture dentreprise. Le tableau suivant donne une vision densemble de louvrage.
Organisation de louvrage et approches de lorganisation
Chapitre Approche Auteurs Thèmes centraux de llouvrage de organisation représentatifs Taylor Organisation scientifique du travail Organisation et Fayol Organisation administrative du Approche classique rationalisation travail (le management) Weber Bureaucratie, sources de lautorité Mayo Relations humaines Lewin Groupes et leadership Organisation et Approches psycho Maslow, Herzberg, Motivation et management relations humaines sociologiques McGregor Argyris Apprentissage organisationnel Woodward, Technologie et structure Thompson, Perrow Organisation Approches de la Chandler Stratégie et structure et structure contingence Burns, Stalker Environnement et structure Lawrence, Lorsch                                                    
I NTRODUCTION
21
                                                   Simon, March Rationalité limitée Organisation et Approche cognitive Cyert, Cohen, Prise de décision théorie de la décision March, Olsen Organisation et Approche Jensen, Meckling Relation dagence théorie de la firm e économique Coase, Williamson Coûts de transaction Crozier, Friedberg Acteur stratégique, pouvoir Organisation Approche Reynaud Régulation et sociologie sociologique Sainsaulieu Identité et culture Hofstede, Culture nationale Trompenaars, Organisation et Approche dIribarne culture anthropologique Schein, Peters et Culture dentreprise Waterman
Concluons cette introduction par une remarque sur les références. Cellesci sont essen tielles pour un ouvrage de théorie des organisations, afin de donner au lecteur la possi bilité de revenir aux textes dorigine. Létudiant peut parfois à juste titre avoir le senti ment quune théorie. En effet, les auteurs sont souventdater » il est difficile de « prolifiques, ils ont écrit plusieurs ouvrages et articles sur un même sujet, et leur pensée se développe parfois sur plusieurs dizaines dannées. Les ouvrages ont généralement connu plusieurs éditions et bien souvent des ajouts. De plus, certains dentre eux ont été traduits, conduisant alors à des dates de parution différentes selon la langue. Dans ce Mémentos LMD, la plus grande attention a été apportée aux références afin de permettre au lecteur daccéder aux travaux principaux des différents auteurs.
BIBLIOGRAPHIE
ARGYRIS(C.), SCHÖN(D.),: Theory, method and practice,Organizational learning II Reading, Mass : Addison Wesley, 1996. AUGIER(M.), MARCH(J. G.), SULLIVAN(B. N.),Notes on the evolution of a research commu nity : organization studies in Anglophone North America, 19452000,Organization science, vol. 16, nº 1, pp. 8595, 2005. BARNARD(C. I.),The functions of the executive, Cambridge, MA, Harvard University Press, 1938. BERTALANFFY VON(L.),General System Theory, New York, Braziller, 1968. BRUNSSON:(N.), « Cinquante ans après sa fondation, où en est la théorie des organisations un bilan pour un débat »,Le libellio dAEGIS2, Printemps 2007., vol. 3, nº DAVIS(G. F.),Mechanisms and the theory of organizations,Journal of Management Inquiry, vol. 15, nº 2, pp. 114118, 2006. MARCH(J. G.), SIMON(H. A.),Organizations, John Wiley & Sons (1958), 1993. MINTZBERG(H.),Le management, voyage au centre des organisations, éditions dOrganisation (1990), 1998.
ROJOT(J.),Théorie des organisations, Eska, 2005. ROSNAY DE(J.),Le macroscope, vers une vision globale, Le Seuil, 1975.                                                                                          
22
MÉMENTOS LMDTHÉORIE DES ORGANISATIONS
                                                                                         
ROULEAU(L.),Théories des organisations, Presses de lUniversité du Québec, 2007. SAUSSOIS(J.M.),Théories des organisations, Le Seuil, coll. Repères La découverte, 2007. SCOTT(W. R.),Rational, natural, and open systemsOrganizations : , Englewood Cliffs, N. J. : e PrenticeHall., 4 édition, 1998. SCOTT(W. R.),Reflections on a halfcentury of organizational sociology,Annual Review of Sociology, 2004, vol. 30, nº 1, pp. 121. SIBBET(D.),75 years of management ideas and practice 19221997,Harvard Business Review, supplément sept. /oct. 1997. STARBUCK(W. H.),Shouldnt organization theory emerge from adolescence ?,Organiza tion3, pp. 439452, 2003., vol. 10, nº WALSH(J. P.), MEYER(A. D.), SCHOONHOVEN(C. B.),A future for organization theory : living in and living with changing organizations,Organization science, vol. 17, nº 5, pp. 657671, 2006.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.