Votre Afrique nous intéresse

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Cette galerie de portraits tente de faire connaître cette nouvelle génération de managers africains dynamiques qui veulent faire avancer les choses. Dix pionniers, dont deux femmes, ont accepté de parler de leurs projets, parfois aussi de leurs inquiétudes, pour l'Afrique. Ils sont tous représentatifs d'une certaine Afrique restée proche de la France et en ce sens, ce sont des "passeurs". En outre, ils ont tous un point commun: leur volonté inébranlable de faire progresser l'Afrique.
Publié le : mardi 1 avril 2003
Lecture(s) : 307
EAN13 : 9782296304536
Nombre de pages : 203
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Votre Mrique

nous intéresse...

Rencontres avec des entrepreneurs d'Afrique de l'Ouest et autres responsables du développement économique

@ L'Harmattan,

2002

ISBN:

2-7475-3359-X

Sophie D' AMBRIÈRES
Christel DUBROCA

Votre Mrique

nous

intéresse...

Rencontres avec des entrepreneurs d'Afrique de l'Ouest et autres responsables du développement économique

avec la participation

de

Malicia BECK, Gabrielle NAUDÉ et Samba SIDIBÉ

L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique

75005 Paris

-

France

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest - Hongrie

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino - Italie

"NIT NITAYE GARABAM" (L'homme est le remède de l'homme)
Proverbe wolof

Remerciements
David Abiker (Dagris) et la Fondation Alexandre et Marguerite de Varenne sans lesquels ce projet n'auraient pu voir le jour. Didier Acouetey (AfricSearch), Boukounta Kebe et Valérie Schlumberger (ASAD et CSAD), nos partenaires, Patrice Blacque-Belair pour son soutien,

Elsie Assogba pour son efficacité. Elsie Assogba a été notre "relais" au centre Songhai qu'elle a quitté en mai 2002. Alexander Hobinka, pour sa participation à certains entretiens.

Et enfin, tous nos interlocuteurs, qui en acceptant de nous consacrer un peu de leur temps, ont permis à ce projet de voir le jour.

Remerciements Avant-propos

7 Il

A la tête d'entreprises d'ampleur nationale 15
Loin de l'Afrique des chefs rebelles, des gestionnaires discrets et efficaces 17 Bachir
DIOP,

Directeur Général de la Sodefitex : bousculer
19

le « Mammouth»

Tedji MBAÏNESSEM Ibrahim MALLOUM: La Cotontchad, et un pilier pour le développement du Tchad 39

Makha

SY

: appliquer les règles de gestion internationale
65

tout en respectant les valeurs sénégalaises

Intermède 1 : promouvoir n'importe lequel!

le tourisme, oui, mais pas 73

Initiatives

d'entrepreneurs

87
89
saint-simonien », 91

Aller au bout de ses idées
Claude d'ALMEIDA: « un libéral pionnier du crédit-bail au Bénin

Cécile

AHOUNAN KOUASSI

: une femme dans la tourmente
107

(Côte-d'Ivoire)

Intermède 2: les centre Songhai, une initiative née d'une vision 119

Solutions institutionnelles
Les gouvernants font-ils « la pluie et le beau temps» ?

123 125
à

Marc LAPODINIATOUGA: l'UEMOA, « solution institutionnelle

nos problèmes»
Dany HOUNGBEDJI-RAUCH:unir par le droit

127 149 159

Intermède 3 : le retour au pays, témoignages

Servir }'Afrique depuis Paris ou Genève 163
Deux passeurs 165

Ablassé OUEDRAOGO : depuis Genève, l' OMC, « une boîte à développement» 167 Didier ACOUETEY,Directeur du cabinet de recrutement
AfticSearch : depuis Paris, recruter les élites de l' Aftique 183

Au lecteur

201

AVANT-PROPOS

VOTRE AFRIQUE NOUS INTERESSE... ...
"La situation actuelle de l'Afrique est la preuve de l'échec de la logique de crédit et de l'aide", rappelait récemment le Président sénégalais Abdoulaye Wade. Laisser les Africains dire ce qu'ils veulent faire de l'Afrique, car en dernier ressort, c'est bien à eux d'en décider, tel a été le premier objectif de ce recueil. Les Africains d'aujourd'hui demandent qu'on leur fasse confiance: eux savent où ils en sont, ce qu'ils veulent, et comment y parvenIr. Nourrissant tous, pour des motifs variés, un intérêt particulier pour l'Afrique et les problématiques du développement, nous avons souhaité rencontrer ceux qui ne veulent plus que l'on considère leurs pays uniquement comme les «heureux bénéficiaires» de l'aide au développement consentie par les Occidentaux et se proposent d'être les acteurs du renouveau de l'Afiique. Optimistes sans être aveugles: "le "développement" prendra deux cents ans, on n'en est encore qu'au début", nous a confiés, un peu provocateur, Makha Sy, Associé responsable du bureau Ernst & Young de Dakar (3ème entretien), ils sont parfois sans concession: "si la création d'une entreprise doit dépasser quarante-huit heures, ce n'est pas performant du tout" (Claude d'Almeida, 4èmeentretien).

Que proposent-ils de faire, qu'ont-ils déjà fait? Ces hommes et femmes de terrain tirent avec nous le bilan de leurs carrières, riches d'enseignements. A travers ce recueil, nous avons surtout voulu esquisser le portrait d'une nouvelle génération de dirigeants, dynamiques et résolus à faire avancer les choses. Sauront-ils inventer le "modèle africain", à côté des "modèles" Il

américain, européen et asiatique? Nous n'esquisserons pas ici de "modèle" africain, mais nous nous contenterons de présenter à nos lecteurs un certain nombre de "success stories" qui donnent envie de faire confiance à l'Afrique. Les personnalités que nous avons interrogées ont un point commun, leur volonté inébranlable de faire progresser l'Afrique: "je n'ai jamais eu d'autre ambition que de servir l'Afrique", nous confiait Dany Houngbedji au cours du septième entretien. Si les thèmes abordés varient en fonction des préoccupations de chacun, on retrouve partout en filigrane l'envie de réussir et de nourrir des ambitions pour l'Afrique. Chacun, suivant la voie qu'il a choisie, défend son point de vue, et la confrontation de leurs réponses à des questions similaires n'est pas des moins instructives, notamment sur des sujets "sensibles" comme les privatisations, la libéralisation des économies ou encore la régionalisation. Pour certains acteurs, le développement est d'abord une question politique. Pour M. Ablassé Ouédraogo (OMC), comme pour M. Marc Lapodini Atouga (UEMOA), il s'agit de favoriser une meilleure intégration, commerciale notamment, des États d'Afrique, au niveau mondial comme régional, pour lui permettre d'occuper une place plus importante sur la scène mondiale et de défendre au mieux ses intérêts, face aux pays industrialisés mais aussi aux pays émergents, notamment asiatiques, dont la concurrence se fait fortement sentir en Afrique. Parallèlement, en marge de "l'Afrique officielle", des acteurs du secteur privé, convaincus que le développement passera d'abord par le dynamisme des entreprises, nous font part de leur vision de l'entreprise africaine. Ces managers de la nouvelle génération doivent évoluer dans un contexte d'ajustements macroéconomiques dans lequel privatisation et efficience de

12

l'entreprise sont les mots d'ordre. Comment réagissent-ils, comment perçoivent-ils les particularités socioculturelles africaines dans le cadre entreprenarial ? S'agit-il simplement de transposer le modèle occidental de gestion moderne de l'entreprise, vu comme le seul mode efficace de management ou bien la culture africaine de l'entreprise et ses modalités actuelles, souvent informelles, ont-elles également leur rôle à jouer? C'est à toutes ces questions que nous avons essayé de répondre avec eux. En tant que managers, ils évoquent aussi les difficultés auxquelles ils sont confrontés quotidiennement: pressions, réorganisations internes, besoins de formation. . .Opérationnels, ces «dg» sont aussi les produits de systèmes de pouvoir marqués par un turnover souvent élevé1, des relations complexes avec l'État-actionnaire et de responsabilités conséquentes dans des pays où l'État est souvent déficient ou «en panne ». Mais ce tableau serait incomplet s'il omettait les acteurs d'un tiers secteur montant et porteur de micro-projets sans lesquels il ne saurait y avoir de «développement local». L'Ivoirienne Cécile Kouassi, le Sénégalais Boukounta Kebe et le frère Godfrey Nzamujo nous en donnent des exemples tout en jetant un regard différent et parfois rafraîchissant sur les problèmes évoqués par nos autres interlocuteurs.

Au moment où nous rédigeons ces lignes, Claude d'Almeida n'est pl us le Directeur général de la Sonapra. Il a quitté ses fonctions en juin 2001. La Sonapra est actuellement dirigée par Monsieur Abdoulaye Toko (mai 2002).

1

13

Il y a quelques mois, un magazine à fort tropisme africain regrettait le peu de cas que de prestigieux instituts comme Sciences Po et l'ENA faisaient de l'Afrique et l"'afro-pessimisme" qui y régnait. Jeunes diplômées issues de Sciences Po, nous aimerions a contrario terminer cette introduction en rappelant quelques signes forts de la renaissance de l'Afrique qui montrent que, comme Didier Acouetey ne cesse de le répéter, le moment est venu d'" injecter du sang neuf un peu d'intelligence dans l'économie africaine". En vrac: la nomination d'un Africain à un poste de direction de l'OMC, le sommet Afrique-OMC (Libreville), l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) qui commence à porter ses fruits, et surtout un certain nombre d'initiatives proprement africaines, comme le plan Omega d'Abdoulaye Wade, le Plan d'Action pour le Millenium dont Thabo Mbeki est à l'origine et, à un autre niveau, l'OHADA. Enfin, le Nouveau Partenariat pour le développement en Afrique (Nepad) signé le 23 octobre 2001 à Abuja (Nigeria), même si, loin de faire l'unanimité, il a souvent étouffé les voix des plus jeunes, s'inscrit dans cette lignée. Ces avancées sont une manière de dire que l'Afrique n'est peut être pas si mal partie (René Dumont, L'Afrique est mal partie, 1962) et suscitent un regain d'intérêt pour le continent africain, dont la voix porte de plus en plus fort, et ne peut plus être ignorée.

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A LA TETE D'ENTREPRISES

D'AMPLEUR

NATIONALE

Figure 1 En Afrique de l'Ouest, le coton fait vivre plus de dix millions de personnes

-

LOIN DE L'AFRIQUE DES CHEFS REBELLES, DES GESTIONNAIRES DISCRETS ET EFFICACES

Les activités cotonnières font vivre plus de dix millions de personnes en Afrique de l'Ouest, ce qui confère aux entreprises cotonnières, représentées ici par Bachir Diop (Sénégal), Tedji Mbaïnessem et Ibrahim Malloum (Tchad) une responsabilité économique et sociale d'ampleur nationale. Bachir Diop, bien qu'à la tête d'une entreprise d'ampleur nationale, a su rester proche de chacun de ses collaborateurs, des attentes des salariés. Fort de son expérience de coordonnateur d'un projet de développement, il a compris tout l'intérêt de ce qu'il est convenu d'appeler le "management participatif" . Conscients de l'ampleur des défis à relever, l'ancien et le nouveau directeur général de la Cotontchad, parlent d'une seule voix de la société qui représente le combat d'une grande partie de leur vie. Ils forment un tandem extrêmement persuasif et complémentaire, tant par leurs styles que par leurs parcours.
Pur produit de l'école publique, boursier et musulman, Makha Sy est un peu le symbole de cette nouvelle élite arrivée par l'école et qui ne doit plus rien aux anciennes élites coloniales. A mille lieux de l"Afrique des chefs rebelles", il fait partie de ces gestionnaires discrets mais efficaces qui œuvrent pour le développement économique tout en sachant bien que c'est un processus de longue haleine qui doit s'étaler sur plusieurs générations. Formé en France, il continue à faire le pont entre son pays et l'ancienne puissance coloniale. De client en client, Makha Sy est également confronté à des enjeux d'ampleur nationale.

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Bachir DIOP
Bousculer le "mammouth"...

Bachir DIOP est né le 3 août 1955 à Dakar. Diplômé de l'Institut Supérieur technique d'Outre-Mer du Havre (ISTOM), il a effectué l'essentiel de sa carrière à la Sodefitex, assurant successivement les fonctions de Chef de secteur, Responsable de la cellule de suivi-évaluation, Directeur technique adjoint, Directeur technique, Directeur du développement rural et enfin Directeur général, depuis le 3 juillet 2000. Bachir DIOP s'est provisoirement éloigné de la Sodefitex de mars 1997 à juillet 2000, pour prendre la direction du Projet de promotion des micro-entreprises Rurales (PROMER) financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA). Bachir Diop est marié et père de trois enfants. Grand amateur de football, Bachir Diop s'est efforcé de transposer l'esprit d'équipe des joueurs de football à son entreprise.

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" Au bord de la Seine, moi, Sénégalais wolof de culture urbaine originaire de Saint Louis et né à Dakar, j'ai pris pour la première fois contact avec le monde rural sénégalais. "

BACHIR DIOP ET LA SODEFITEX

ZONE

COTONNIERE

p.

SENEGALAISE

Système d'Information

SODE"FiTEX Géographique

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Figure 2 - La Sodefitex, une entreprise d'ampleur

nationale

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