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Retour sur les États généraux du Canada français

De
432 pages
Entre histoire et mémoire, entre passé et présent,les États généraux du Canada français représentent plus que ce qui a été dit et fait lors des assises tenues de 1966 à 1969 à Montréal : ils informent sur ce que sont devenues les relations entre communautés francophones, jusqu’à fournir la mesure de leur identité contemporaine et celle de leur avenir partagé.
Au-delà de leur place tristement célèbre dans l’historiographie et la con­s­cience collective comme symbole de l’éclatement du Canada français, que retient-on des États généraux du Canada français, près de cin­quante ans après leur tenue ? Qu’inspirent-ils aux regards contemporains comme constats, enjeux, stra­tégies, voire projets collectifs ? Que disent-ils de ce qu’a été le Canada fran­çais, de l’évolution de ses collectivités, des relations qu’elles nouent entre elles ? Que leur doivent le Québec et les francophonies canadiennes minoritaires ?
Après une mise en perspective historique et sociologique des États géné­raux du Canada français, l’ouvrage revient sur leur réception dans la francophonie canadienne, plus variée selon les milieux sociaux qu’il est coutume de le penser. Il explore les configurations des rapports entre les communautés francophones au Québec et hors Québec, sous le signe de la francophonie canadienne et de la francophonie internationale, et dans le cadre de la nouvelle Constitution canadienne et des politiques de bilinguisme et de multiculturalisme. Il propose enfin une réflexion plus large sur le mode d’institutionnalisation propre aux nations minoritaires, sans État souverain.
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RETOUR SUR LES ÉTATS GÉNÉRAUX DU CANADA FRANÇAIS
Directeur de collection Alain-G. Gagnon
Les recherches portant sur le Québec et le Canada ont pris un nouvel élan ces dernières années grâce au gain en popularité des études comparées et au rayonnement qu’elles ont connu sur la scène internationale. Le Québec est devenu une véritable inspiration pour les nations en quête de reconnaissance alors que, de son côté, le Canada est fréquemment présenté comme un modèle pour les sociétés traversées par la diversité nationale et le pluralisme identitaire.
La collectionPoliteiase concentre sur l’analyse des phénomènes politiques et sociaux, et cherche plus particulièrement à mieux comprendre les transformations de la vie politique au Québec et au Canada. Ses auteurs jettent un regard affûté sur l’évolution du régime politique, des systèmes partisans et de l’économie politique au pays, en plus de s’intéresser aux mutations économiques, idéologiques et politiques ayant marqué le Québec et le Canada.
La collectionPoliteiales travaux de pointe portant sur les nations sans État et accueille celles en voie d’habilitation, dans la mesure où ils feront avancer la réflexion sur le fédéralisme et le phénomène national et permettront de mettre en valeur la production scientifique des québécistes et des canadianistes.
Comité scientifique
James P. Bickerton
St. Francis-Xavier University
Gérard Bouchard
Université du Québec à Chicoutimi
Stephen Brooks
University of Windsor
Eugénie Brouillet
Université Laval
Claude Corbo
Université du Québec à Montréal
Bernard Gagnon
Université du Québec à Rimouski
Nicolas Houde Université du Québec à Montréal Jane Jenson Université de Montréal Michael Keating University of Aberdeen Guy Laforest Université Laval Ramon Maiz Université Saint-Jacques de Compostelle Alain Noël Université de Montréal
Johanne Poirier
Université Libre de Bruxelles
Daniel Salée
Université Concordia A. Brian Tanguay Wilfrid Laurier University Luc Turgeon Université d’Ottawa Jean-Philippe Warren Université Concordia José Woehrling
Université de Montréal
Presses de l’Université du Québec Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2 Téléphone:418 657-4399Télécopieur:418 657-2096 Courriel:puq@puq.caInternet:www.puq.ca
Diffusion/Distribution:
CANADA
FRANCE
BELGIQUE
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Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand, Boisbriand (Québec) J7H 1N7 Tél.: 450 434-0306 / 1 800 363-2864
AFPU-D – Association française des Presses d’université Sodis, 128, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny, 77403 Lagny, France – Tél.: 01 60 07 82 99
Patrimoine SPRL, avenue Milcamps 119, 1030 Bruxelles, Belgique – Tél.: 02 7366847
Servidis SA, Chemin des Chalets 7, 1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse – Tél.: 022 960.95.32
La Loi sur le droit d’auteur interdit la reproduction des œuvres sans autorisation des titulaires de droits. Or, la photocopie non autorisée – le «photocopillage» – s’est généralisée, provoquant une baisse des ventes de livres et compromettant la rédaction et la production de nouveaux ouvrages par des professionnels. L’objet du logo apparaissant ci-contre est d’alerter le lecteur sur la menace que représente pour l’avenir de l’écrit le développement massif du «photocopillage».
RETOUR SUR LES ÉTATS GÉNÉRAUX DU CANADA FRANÇAIS CONTINUITÉS ET RUPTURES D’UN PROJET NATIONAL
Sous la direction de Jean-Françoiŝ LanieetJoŝeph Yvon Thériaut
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Vedette principale au titre:
Retour sur les États généraux du Canada français: continuités et ruptures d’un projet national
(Collection Politeia)
Textes présentés lors d’un colloque tenu à l’Université du Québec à Montréal le 12 octobre 2012.
Comprend des références bibliographiques.
ISBN 978-2-7605-4381-2
ISBN Epub: 978-2-7605-4383-6
1. États généraux du Canada français. 2. Canadiens français – Congrès. 3. Canadiens français – Politique et gouvernement – Congrès. 4. Canada – Relations entre francophones hors Québec et Québécois – Congrès. I. Laniel, Jean-François, 1985- . II. Thériault, J. Yvon (Joseph Yvon), 1949- . III. Collection: Collection Politeia.
FC131.5.R47 2012
Conception graphique
Vincent Hanrion
Mise en pages
Info 1000 Mots
971’.004114
C2015-941772-4
er Dépôt légal: 1 trimestre 2016 › Bibliothèque et Archives nationales du Québec › Bibliothèque et Archives Canada
© 2016 – Presses de l’Université du Québec Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
Imprimé au Canada
REMERCIEMENTS
Ce livre n’aurait pu se réaliser sans la participation d’Alain-G. Gagnon, directeur du Centre de recherche sur la diversité québécoise (CRIDAQ), qui a aimablement accueilli notre ouvrage au sein de la collection «Politeia», qu’il dirige aux Presses de l’Université du Québec. Son appui fut aussi généreux que constant, et ce, dès le colloque à l’origine du présent livre,Les États généraux du Canada, quarante-cinq ans plus tard, qui s’est tenu le 12 octobre 2012 à l’Université du Québec à Montréal.
La diligence et le professionnalisme de Sophie Grenier, coordonnatrice des activités de la Chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie, ont assuré le succès du colloque et, par là, du présent livre.
Le travail méticuleux et patient du personnel des Presses de l’Université du Québec, qui nous a accompagnés tout au long de l’édition de ce livre, notamment lors de sa révision, a assuré la qualité de cet ouvrage.
Le soutien du Centre de recherche sur la diversité québécoise (CRIDAQ), de la Chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie (Chaire MCD), du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC) et du Conseil de recherche en sciences sociales du Canada (CRSH) a été essentiel à différentes étapes du projet.
Un grand merci à tous ces collaborateurs et aux auteurs du présent ouvrage.
INTRODUCTION
LES FIGURES DU POSSIBLE DE LA FRANCOPHONIE CANADIENNE
Vers une seconde mémoire des États généraux du Canada français?
Jean-François Laniel et Joseph Yvon Thériault
Que retient-on des États généraux du Canada français, cinquante ans plus tard? Quelles traces les assises préliminaires de 1966 et les assises nationales de 1967 et de 1969 ont-elles laissées dans l’espace post-canadien-français, elles qui ont rassemblé par centaines à Montréal les délégués de la nation canadienne-française dans l’espoir de lui imprimer une direction d’avenir? Qu’inspirent les États généraux du Canada français aux regards contemporains comme constats, enjeux, stratégies, voire projets collectifs? Que disent-ils de ce qu’a été le Canada français, de l’évolution historique et contemporaine de ses collectivités, des relations qu’elles nouent entre elles? Bref, que leur doivent le Québec et les francophonies canadiennes minoritaires, et que révèlent-ils du Canada français historique?
Poser ces questions, et penser que les États généraux puissent leur offrir des réponses, témoigne de l’importance heuristique que leur prête le présent ouvrage. S’ils occupent une place tristement célèbre dans l’historiographie et la conscience collective jusqu’à porter le fardeau symbolique de l’éclatement du Canada français, n’est-ce pas qu’ils logent au cœur même des «cadres sociaux de la mémoire» (Halbwachs, 1925, 1950) francophone contemporaine, où le «Maître chez nous» de Jean Lesage côtoie les «dead ducks» de René Lévesque (Bédard et Gélinas, 2003)? La provincialisation des identités canadiennes-françaises, les dissensions politico-juridiques entre francophones minoritaires (hors Québec) et majoritaires (au Québec), l’apparente indifférence québécoise quant au sort des francophones hors Québec, qui n’a d’égale que la rancœur de ces derniers, ne se font-elles pas autant de relais d’une mémoire agissante, alimentée aux souvenirs exemplaires des États généraux du Canada français?
Les États généraux du Canada français semblent en effet servir de référence prismatique à l’espace post-canadien-français, dont ils contribuent à mettre en forme et en sens les figures du possible. Pour les regards contemporains, ils préfigurent les solitudes actuelles, ils déconstruisent les solidarités passées; ils redonnent sens à l’histoire canadienne-française à l’aune d’une inévitable rupture et d’une illusoire unité (Martel, 1998). Entre histoire et mémoire, passé et présent, les interprétations dont ils font l’objet en disent autant de leur histoire factuelle que ce que semblent être devenues les relations et les identités francophones, fournissant même la mesure à partir de laquelle leur avenir est envisagé. Revisiter les États généraux du Canada français, près de cinquante ans après les faits, c’est donc également juger de leur héritage, de leur postérité, et ainsi interroger les enjeux de l’heure. Si, pour toute une génération, les États généraux ont consacré la mort du Canada français, c’est dire qu’en accepter l’héritage, tel que l’écrivait Joseph Yvon Thériault (1998, p. 267), «c’est accepter que le destin culturel des francophones hors Québec soit en rupture avec celui du Québec français, qu’il s’y oppose même».
C’est peut-être en raison de cette actualité persistante des États généraux du Canada français, témoins privilégiés de l’aventure politique du fait français en Amérique du Nord, au carrefour du Canada français historique et de la francophonie canadienne contemporaine, que quinze intellectuels et chercheurs du Québec et de l’extérieur du Québec ont accepté
de se réunir dans le cadre du colloqueLes États généraux du Canada français, quarante-1 cinq ans plus tard. Le présent ouvrage, placé sous le signe des travaux récents sur la mémoire collective du Canada français – ne mentionnons que ceux de Meunier et Thériault (2007), Pâquet et Savard (2007), Gilbert, Bock et Thériault (2009), Gélinas et Ferretti (2010), Landry, Pâquet et Gilbert (2015), Bock et Charbonneau (2015) –, est le fruit de leur travail. Peut-être, également, n’est-il pas anodin que plusieurs des auteurs ici rassemblés appartiennent à deux cohortes, mais une même génération, qui n’a connu des États généraux que le récit de ses contemporains et que la francophonie canadienne instituée depuis.
lES MÉMOIRES CONCURRENTES DES ÉTATS GÉNÉRAUX DU CANADA FRANÇAIS
Ainsi l’interprétation consacrée des États généraux de 1967 fait-elle d’eux le symbole et le moment d’éclatement définitif de la nation canadienne-française. Pour le sociologue, l’événement évoque la difficile traduction du projet traditionaliste et catholique canadien-français en des façons de faire et selon des objectifs modernes, notamment son étatisation, révélant par là le processus de provincialisation et de québécisation des identités et des institutions francophones. Pour l’analyste politique, les États généraux dévoilent surtout les arguments et les camps qui structurent les luttes et stratégies politico-juridiques différenciées des Québécois et des francophones hors Québec, les premiers misant sur l’autonomie politique provinciale et les seconds sur l’interventionnisme de l’État fédéral en matière de droits des minorités de langues officielles: la célèbre déclaration préliminaire des États généraux sur le droit à l’autodétermination du Canada français est d’ailleurs significativement devenue, dans l’esprit de plusieurs, celle sur le droit à la souveraineté du Québec. La note de recherche d’Éric Bédardle rapport de René Lévesque aux sur Canadiens français hors Québec, dans la foulée de la Révolution tranquille, confirme ces parcours politiques opposés, où le constat des «dead ducks» n’est pas qu’anecdotique. En fait, l’État canadien lui-même a entraperçu cette évolution politique, comme le révèle pour sa partMarcel Martel, puisqu’il mobilise les services secrets canadiens pour enquêter sur les États généraux du Canada français, qu’il voit comme l’un des hauts lieux de la mobilisation politique subversive et indépendantiste…
Plus précisément, ces stratégies politico-juridiques opposent,a fortiori depuis l’avènement de laCharte canadienne des droits et libertésles majorités (1982), linguistiques territoriales aux minorités de langues officielles, et non plus le Canada français au Canada anglais: tel un jeu à somme nulle, l’accroissement des droits linguistiques francophones éroderait laCharte de la langue françaisedu Québec (loi 101) au profit de la minorité anglo-québécoise, en raison du traitement symétrique des droits des minorités linguistiques. Pourtant, et sans remettre en cause les voies politiques et juridiques différentes privilégiées par le Québec et les francophones hors Québec,Mark Power, Marc-André Roy etMathieu Stantonici une thèse inverse, selon laquelle ces défendent stratégies ne s’opposent pas nécessairement, car laCharte des droits et libertés de la personneQuébec (1975) contiendrait déjà, en amont, des protections pour les Anglo- du Québécois équivalentes à celles que leur garantit laCharte canadienne. Qui plus est, la jurisprudence canadienne accorderait au Québec le droit collectif de légiférer afin de protéger la langue française, sous-tendant ainsi un certain principe asymétrique dans le traitement des langues officielles, sans oublier la légalité de la clause dérogatoire.
Il n’empêche que l’échec des contemporains des États généraux du Canada français à trouver un consensus politique sur l’avenir de la nation canadienne-française a exigé un effort explicatif et historique rétrospectif: il a fallu, en quelque sorte, prendre acte de la rupture du Canada français, l’inscrire dans la durée et comprendre par là sa nécessité