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155 histoires inspirantes

De
392 pages
155 histoires inspirantes est une bible d'histoires métaphoriques recueillies par Nathalie Maffei-Stievenard afin d'illustrer un très grand nombre de thèmes comme l'estime de soi, la confiance en soi, les valeurs, les croyances, le changement, les paradoxes, le bonheur, l'éclairage, être positif, les objectifs, la peur, l'écoute, prendre le temps, le choix, la visualisation, la persévérance, et bien d'autres encore. Vous pourrez vous promener dans ce livre en fonction des besoins que vous éprouvez sur l'instant.
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Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-86363-8

 

© Edilivre, 2014

Introduction

Parce qu’illustrer quelque chose en racontant une histoire :

– Ça fait gagner du temps

– Ça résonne en nous

– on s’en rappelle

– ça nous charge en énergie positive

– ça nourrit notre enfant intérieur

J’ai recueilli petit à petit toutes ses histoires inspirantes d’auteurs différents (souvent nommés, parfois malheureusement non trouvés) et je les ai rassemblées dans ce livre afin que les professionnels de la thérapie, du coaching, de l’hypnose, du développement personnel ainsi que tous les professionnels des métiers transverses aient toujours sous la main ce livre pour appuyer leur propos auprès de leurs clients et/ ou patients.

Ce livre s’adresse également à tous les particuliers qui aiment les histoires métaphoriques.

Ce livre est pour moi un outil précieux dans l’exercice de mon métier mais aussi dans ma vie personnelle.

Bonne lecture.

Nathalie MAFFEI-STIEVENARD

Dédicace

 

A :

mon époux : Pascal

mes deux enfants : Cloé et Nathan
pour leurs soutiens inconditionnels

1
La parabole du fermier

J’ai entendu une ancienne parabole. Elle doit être très ancienne, car en ce temps-là Dieu habitait encore sur terre.

Un jour un homme, un vieux fermier vint le voir et lui dit : « Écoute, il se peut que tu sois Dieu et que tu aies créé le monde, mais une chose est certaine, tu n’es pas fermier. Tu ne connais même pas le b.a.BA de l’agriculture. Tu as quelque chose à apprendre ! »

« Soit » répondit Dieu « quel est ton conseil ? »

Le fermier poursuivit : « Accorde-moi un an et pendant cette année permets que les choses se passent comme je l’entends, puis vois ce qui arrive ; la pauvreté disparaîtra ! »

Dieu y consentit et une année fut accordée au fermier. Naturellement celui-ci demanda ce qu’il y avait de mieux ; pas de tonnerre, pas de vent violent, pas de danger pour la moisson. Tout se déroulait le mieux du monde et il était heureux. Le blé poussait si bien ! Lorsqu’il voulait du soleil, il y avait du soleil ; lorsqu’il désirait de la pluie, il y avait de la pluie ; et autant qu’il en voulait. Cette année-là tout était parfait, mathématiquement parfait.

Mais lorsque la récolte fut moissonnée, il n’y avait pas de grains dans les épis. Le fermier en fut surpris. Il demanda à Dieu : « Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ? »

Dieu répondit : « Parce qu’il n’y a pas eu de défi, parce qu’il n’y a eu aucun conflit, aucune friction, parce que tu as évité tout ce qui était mauvais, le blé est resté impuissant. Un peu de lutte est nécessaire, les orages sont nécessaires, le tonnerre, les éclairs sont nécessaires. Ils secouent et éveillent l’âme à l’intérieur du blé ».

Cette parabole est d’une immense valeur. Si vous n’êtes qu’heureux, encore heureux et toujours heureux, le bonheur perdra tout son sens. C’est comme si quelqu’un écrivait avec de la craie blanche sur un mur blanc ; jamais personne ne pourra le lire, vous devez écrire sur un tableau noir alors tout devient clair. La nuit est aussi nécessaire que le jour et les jours de tristesse sont aussi essentiels que les jours de bonheur.

C’est ce que j’appelle la compréhension. Dès que vous comprenez, vous vous laissez aller et dans ce laisser-aller se trouve l’abandon. Vous dites : « Que ta volonté soit faite » et aussi « Fais ce que tu penses être juste. Si aujourd’hui il faut des nuages, donne-moi des nuages. Ne m’écoute pas, ma compréhension est minuscule. Qu’est-ce que je connais de la vie et de ses secrets ? Ne m’écoute pas ! Continue à faire ce que tu dois faire ! » Et peu à peu, au fur et à mesure que vous percevez le rythme de la vie, le rythme de la dualité, le rythme de la polarité, vous cessez de demander, vous cessez de choisir.

Voilà le secret ! Vivez avec ce secret et voyez-en la beauté. Vivez avec ce secret et vous serez soudain surpris de l’immensité de la bénédiction de la vie, quelle abondance vous est offerte à chaque instant !

2
Histoire du billet de 50 dollars

Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 50 Euros.

Il demande aux gens : « Qui aimerait avoir ce billet ? »

Les mains commencent à se lever, alors il dit :

« Je vais donner ce billet de 50 Euros à l’un d’entre vous mais avant laissez-moi faire quelque chose avec. »

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande : « Est-ce que vous voulez toujours ce billet ? » Les mains continuent à se lever.

« Bon, d’accord, mais que se passera-t-il si je fais cela. » Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l’écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher.

Ensuite il demande : « Qui veut encore avoir ce billet ? » Évidemment, les mains continuent de se lever ! « Mes amis, vous venez d’apprendre une leçon… Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n’a pas changé, il vaut toujours 50 Euros. Alors pensez à vous, à votre vie. Plusieurs fois dans votre vie, vous serez froissé, rejeté, souillé par les gens ou par les événements. Vous aurez l’impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n’aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment ! La valeur d’une personne ne tient pas à ce que l’on a fait ou pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte. »

3
Histoire d’une prof !

Un jour, une prof demande à ses élèves de noter le nom de tous les élèves de la classe sur une copie et de laisser un peu de place à côté de chaque nom. Puis, elle leur dit de penser à ce qu’ils pouvaient dire de plus gentil au sujet de chaque camarade et de le noter à côté du nom. Cela pris toute une heure jusqu’à ce que tous aient fini et avant de quitter la salle de classe, les élèves remirent leur copie à la prof. Le week-end, la prof écrivit le nom de chaque élève sur une feuille et à côté toutes les remarques gentilles que les autres avaient écrit à son sujet. Le lundi, elle donna à chaque élève sa liste. Peu de temps après, tous souriaient. « Vraiment ? » entendait-on chuchoter… « Je ne savais pas que j’avais de l’importance pour quelqu’un ! » et « Je ne savais pas que les autres m’aiment tant » étaient les commentaires que l’on entendait dans la salle de classe… Personne ne parla plus jamais des listes. La prof ne savait pas si les élèves en avaient parlé entre eux ou avec leurs parents, mais cela n’avait pas d’importance. L’exercice avait rempli sa fonction. Les élèves étaient satisfaits d’eux-mêmes et des autres. Quelques années plus tard, un élève était mort en Afghanistan et la prof alla à l’enterrement de cet élève. L’église était comble. Beaucoup d’amis étaient là. L’un après l’autre s’approcha du cercueil pour lui adresser un dernier adieu. La prof alla en dernier et elle trembla devant le cercueil. Un des amis présents lui demanda « Est-ce que vous étiez la prof de maths de Mark ? » Elle hocha la tête : « Oui ». Alors il lui dit : « Mark a souvent parlé de vous ». Après l’enterrement, la plupart des amis de Mark s’étaient réunis. Les parents de Mark étaient aussi là et ils attendaient impatiemment de pouvoir parler à la prof. « Nous voulions vous montrer quelque chose » dit le père de Mark et il sortit son portefeuille de sa poche. « On a trouvé cela quand Mark est tombé. Nous pensions que vous le reconnaîtriez. » Il sortit du portefeuille un papier très usé qui avait dû être recollé, déplié et replié très souvent. Sans le regarder, la prof savait que c’était l’une des feuilles contenant beaucoup de gentilles remarques écrites à l’époque par les camarades de classe au sujet de Mark. « Nous aimerions vous remercier pour ce que vous avez fait. » dit la mère de Mark. « Comme vous pouvez le constater, Mark a beaucoup apprécié ce geste. Tous les anciens élèves se réunirent autour de la prof. Charlie sourit et dit : « J’ai encore ma liste. Elle se trouve dans le premier tiroir de mon bureau. » La femme de Chuck dit : « Chuck m’a prié de la coller dans notre album de mariage. » « Moi aussi, j’ai encore la mienne », dit Marilyn « Elle est dans mon journal intime » Puis, Vicky, une autre élève, prit son agenda et montra sa liste toute usée aux autres personnes présentes ». Je l’ai toujours avec moi, dit Vicky et elle ajouta : « Nous l’avons tous gardée. » La prof était si émue qu’elle dut s’asseoir et elle pleura. Elle pleurait pour Mark et pour tous ses amis qui ne le reverraient plus jamais.

Il est important de dire aux personnes, que l’on aime et qui nous sont importantes, qu’elles sont particulières et importantes.

4
Gardez vos buts bien en vue !

Quand elle regarde droit devant, Florence Chadwick ne voit rien d’autre qu’un épais mur de brouillard. Son corps est tout engourdi. Elle a nagé pendant presque seize heures.

Elle était déjà la première femme à traverser la Manche dans les deux sens. Aujourd’hui, à 34 ans, son but est de devenir la première femme à nager de l’île de Catalina à la côte californienne.

Ce matin du 4 juillet 1952, la mer est comme un bain de glace et le brouillard est si dense qu’elle a du mal à distinguer les bateaux de soutien qui l’accompagnent. Des requins foncent vers sa silhouette solitaire avant d’être chassés à coup de carabine.

Pendant des heures, elle lutte contre le froid glacial de l’océan qui l’emprisonne tandis que des millions de téléspectateurs l’observent en direct sur une chaîne de télévision nationale.

Dans un des bateaux qui l’accompagnent se trouvent sa mère et son entraîneur qui lui envoient des encouragements. Ils lui disent que ce n’est plus très loin. Mais tout ce qu’elle put voir est le brouillard. Ils l’exhortent à ne pas abandonner. Florence n’a jamais abandonné… jusqu’à cet instant.

Alors qu’il ne lui reste plus qu’un demi-Miles à parcourir, elle demande qu’on la sorte de l’eau.

Quelques heures plus tard, encore toute transie de froid, elle confiait à un journaliste : « Ecoutez, je ne cherche pas à me justifier, mais si j’avais pu voir la terre, je serais allée jusqu’au bout ». Ce n’est ni la fatigue ni l’eau glaciale qui ont eu raison d’elle. C’est le brouillard. Elle était dans l’impossibilité de voir son but.

Deux mois plus tard, elle essaya de nouveau. Cette fois-ci, malgré le même brouillard épais, elle nagea avec une foi intacte et son but clairement visualisé dans son esprit. Elle savait que quelque part derrière le brouillard se trouve la terre ferme. Et cette fois-ci elle réussit ! Florence Chadwick devint la première femme à traverser la mer de Catalina, pulvérisant ainsi le record masculin de deux bonnes heures !

Même si vous ne pouvez pas voir votre but avec vos yeux, vous pouvez toujours le voir avec votre esprit.

Que ceci soit la force qui vous amène là où vous désirez aller !

5
Le principe des Jonquilles

Plusieurs fois ma fille me téléphonait pour dire : « Maman, il faut absolument que tu viennes voir les jonquilles avant la fin de la saison ». Je voulais y aller mais il y a 2 heures de route entre Laguna et le Lac Arrow Head. L’aller-retour prendra toute une journée et vraiment je n’ai pas un seul moment de libre avant la semaine prochaine. Mais à son troisième coup de fil, je lui promets à contrecœur : « Je viendrai mardi prochain ».

La journée du mardi qui suit commença dans le froid et la pluie. Mais j’ai fait une promesse ; alors j’ai pris la route sur la D91 puis l’N215 pour finalement tourner sur la D18 qui est une route grimpant la montagne. Les pics des sommets sont masqués par les nuages et j’ai parcouru cette route à peine quelques kilomètres quand la chaussée se retrouva complètement couverte d’un épais matelas de brume gris. Je ralentis, impressionnée, le cœur serré. La route se rétrécit et le vent commença à souffler en direction du sommet. Pendant que je prenais les dangereux virages à la vitesse d’une tortue, je priais pour atteindre rapidement la sortie de Blue Jay car cela signifierait que j’étais arrivée à bon port. Quand finalement j’ai mis les pieds chez ma fille Carolyn et embrassé mes petits-enfants, je dis « Laisse tomber les jonquilles, Carolyn ! La route est impraticable à cause des nuages et du brouillard, et à part toi et ces adorables enfants que j’ai voulu voir, rien au monde ne me fera parcourir un mètre de plus ! » Ma fille sourit calmement : « Nous roulons dans ces conditions régulièrement, maman » « Eh bien tu ne me feras pas reprendre la route avant que ça s’éclaircisse et ce sera pour rentrer directement chez moi ! » Assurai-je. Elle me répondit : « J’espérais que tu m’amènes au garage pour récupérer ma voiture. Le garagiste vient d’appeler, il a fini de la réparer » « La route est-elle longue pour y aller ? » demandai-je prudemment. « Juste quelques pâtés de maison ! » Répondit Carolyn avec enthousiasme. Alors nous nous rendons à ma voiture. « Je conduis si tu veux bien » proposa Carolyn « Je connais bien le chemin ». Nous nous installons dans la voiture et elle démarre.

A peine quelques minutes plus tard, je me suis rendu compte que nous sommes revenues sur la route qui mène au « bout du monde » en haut de la montagne. « Mais où allons-nous ? » m’exclamais-je, effrayée à l’idée de reprendre la route de montagne dans le brouillard. « Ceci n’est pas du tout le chemin vers le garage ! » « Nous faisons un détour par les Jonquilles pour rejoindre ensuite le garage » sourit Carolyn.

J’ai pris alors un ton sévère et grave pour signifier que je suis encore la mère qui est responsable de la situation « Fais demi-tour s’il te plaît. Il n’y a rien au monde que j’ai envie de voir suffisamment pour rouler sur cette route par un temps pareil » « Tout va bien se passer Maman » répondit-elle avec un large sourire « Je sais ce que je fais. Je t’assure que tu ne te pardonneras jamais de rater cette expérience ».

Ainsi ma fille chérie, si douce, qui ne m’a jamais causé un seul instant de souci de toute sa vie se met soudainement à contrôler la situation et à me prendre en otage ! Je n’en crus pas à mes yeux ! Quoi qu’il en soit, me voici sur la route pour aller voir quelques malheureuses jonquilles ridicules, roulant sur un sommet de montagne couvert d’un épais et silencieux brouillard, qui peut même être, à mon avis, menaçant pour nos propres vies. Je grogne pendant tout le trajet.

Après une vingtaine de minutes nous prenons un petit chemin de graviers qui descend sur le flanc de la montagne vers une petite dépression recouverte de chênes. Le brouillard s’est levé quelque peu mais le ciel reste chargé de lourds nuages sombres.

Nous garons la voiture sur le parvis d’une petite église de pierre. De notre position privilégiée en haut de la montagne nous pouvons admirer au lointain, noyées dans la brume, les crêtes de la chaîne de San Bernardino évoquant une troupe d’éléphants au dos noir et voûté. Sous nos pieds s’étendent à perte de vue des monts et vallées recouverts de brumes, qui s’étirent en plateaux jusqu’au désert. De l’autre côté de l’église je découvre un chemin tapissé d’aiguilles de pin bordé de grands conifères et de buissons de Manzanita et un modeste panneau écrit à la main « Jardin de Jonquilles ».

Nous prenons chacune un enfant par la main, et je me mis à suivre Carolyn le long du chemin qui s’engouffre dans les arbres. La montagne descend et forme des plissements et des vallons évoquant une jupe froissée. De robustes chênes, des lauriers de montagne, des arbustes et buissons regroupés dans des replis, et dans l’atmosphère grise et moite le feuillage vert semble sombre et monochrome. Je me mets à frissonner. Puis nous prenons un virage dans le chemin, je lève mon regard et j’ai le souffle coupé.

Devant moi s’étend la vision la plus glorieuse, la plus inattendue, la plus intense qui existe. On dirait que quelqu’un a déversé une énorme jarre d’or depuis le sommet pour recouvrir les moindres crevasses et monticules. Même dans l’air bruineux, la montagne rayonne de lumière, revêtue d’épais amas et de cascades de jonquilles. Les fleurs ont été plantées suivant des motifs tourbillonnants et majestueux, en forme de grands rubans d’un orange profond, blanc, jaune citron, rose saumon, et safran. Chaque variété de coloris différent (j’ai su plus tard qu’il y a dans cet endroit plus de 35 variétés de jonquilles) a été plantée en groupe afin qu’elles fleurissent en serpentin comme le cours d’une rivière, chacune dans sa propre teinte. Au centre de cet éblouissant spectacle d’orfèvre, une immense cascade d’hyacinthe violette en grappe s’écoule en serpentant au milieu des jonquilles étincelantes. Un charmant sentier traverse le jardin. Il y a plusieurs aires de repos pavées de pierre et meublées de banc en bois de style Victorien. Comme si cela ne suffisait pas, Dame Nature apporte une touche spéciale à cette splendeur avec une volée d’oiseaux bleus planant et bondissant, rayonnant de brillance. Ces adorables petits oiseaux sont de couleur saphir avec une gorge rouge magenta. Pendant qu’ils dansent suspendus en l’air, leurs coloris scintillent comme des joyaux au-dessus des jonquilles flamboyantes. L’effet est spectaculaire.

C’est sans importance que le soleil soit absent du rendez-vous. La brillance de jonquilles est comme le rayon du soleil le plus éclatant. Les mots, aussi évocateurs qu’ils soient, ne peuvent tout simplement pas décrire l’incroyable beauté de ce sommet de montagne orné de fleurs. Deux hectares de fleurs ! (Ca aussi, je l’ai appris plus tard quand j’ai obtenu les réponses à mes questions) « Mais qui donc a fait ça ? » demandai-je à Carolyn. Je fus remplie de gratitude qu’elle m’ait amenée ici même contre mon gré. Ceci est l’expérience d’une vie. « Qui, » demandai-je de nouveau, admirative et presque sans voix, « et comment, et pourquoi, et quand ? » « C’est juste une femme », me répondit Carolyn. « Elle vivait sur la propriété. Voilà où elle habitait » Carolyn me montra une maison bien entretenue qui semble petite et modeste au cœur de toute cette gloire. Nous nous dirigeons vers la maison, mon esprit étourdi de questions. Dans l’entrée, nous distinguons une affiche avec en gros caractères : « Réponses aux questions que je sais que vous vous posez ».

La première réponse est simple. « 50 000 bulbes »

Deuxième réponse : « un à la fois, par une femme seule, deux mains, deux pieds et un tout petit peu de cervelle » Troisième réponse : « Commencé en 1958 »

Le voilà. Le Principe des Jonquilles. Pour moi, ce fut une expérience qui a transformé ma vie. Je pense à cette femme que je n’ai jamais connue, qui avait, il y a plus de 35 ans, commencé bulbe par bulbe à apporter sa vision de beauté et de joie à cette montagne obscure. Bulbe par bulbe. Il n’y a pas d’autre moyen de faire. Bulbe par bulbe. Pas de raccourci, seulement aimer le lent processus de la croissance. Aimer l’ouvrage au fur à mesure qu’il évolue. Aimer un accomplissement qui vient à jour si lentement et qui ne fleurit que 3 semaines par an. Et pourtant, il suffit de planter bulbe après bulbe, année après année, et ça change la face du monde.

Cette femme anonyme a définitivement changé le monde dans lequel elle vivait. Elle a créé quelque chose d’une beauté et d’une inspiration indescriptibles. Le principe enseigné par son jardin de jonquilles est un des plus grand principes de célébration : apprendre à avancer vers nos buts et nos désirs pas par pas, souvent juste un tout petit pas à la fois, apprendre à aimer le travail, apprendre à utiliser l’accumulation du temps. Si nous décuplons d’infimes portions de temps par de petits efforts quotidiens, nous aussi nous découvrirons que nous sommes capables d’accomplir des choses merveilleuses. Nous pouvons changer le monde.

« Carolyn » disais-je ce matin-là sur le haut de la montagne alors que nous quittions ce havre de jonquilles, nos esprits et nos cœurs encore enivrés par les splendeurs que nous avions vues, « c’est incroyable comment cette femme remarquable a décoré cette contrée. Quand je pense qu’elle a planté chacun des bulbes pendant plus de 35 ans ! Bulbe après bulbe ! Et c’est le seul moyen de faire naître ce jardin. Chaque bulbe doit être planté individuellement. Pas de raccourci possible. Deux hectares de floraison. Et cette magnifique cascade d’hyacinthe !

Et tout ça bulbe par bulbe. Cette pensée remplissait mon esprit. Tout d’un coup, je me suis sentie accablée par les implications de ce que j’ai vu. « D’une certaine façon, ça m’attriste » avouai-je à Carolyn. « Qu’aurai-je pu accomplir si j’avais eu un merveilleux but 35 ans auparavant et que j’y ai travaillé « bulbe par bulbe » pendant toutes ces années ! Pense à ce que j’aurai pu réaliser ! » Ma fille gare sa voiture et avec grande sagesse fait la synthèse du message de la journée de sa manière directe. « Commence dès demain » dit-elle avec le sourire de contentement qu’elle avait arboré pendant une bonne partie de la matinée.

Oh, profonde sagesse ! Ça ne sert à rien de penser aux heures perdues d’hier. Pour transformer une nouvelle leçon en célébration et non en matière de regrets, il suffit de se dire, « Comment vais-je pouvoir mettre à profit ceci demain ? »

6
Une famille spéciale

Alors que j’attendais un ami à l’aéroport de Portland, Oregon, j’ai vécu une de ces expériences qui vous transforment la vie, que vous entendez raconter autour de vous, le genre d’expérience qui vous arrive dessus de façon inattendue. Celle-ci en l’occurrence s’est déroulée à moins de 2 mètres de moi.

En m’efforçant de repérer mon ami parmi les passagers sortant par le portail d’arrivée, j’ai remarqué un homme venant dans ma direction avec 2 bagages à main. Il ne s’arrêtait pas loin de moi pour saluer sa famille. Tout d’abord il fit signe à son plus jeune fils (qui a à peu près 6 ans) pendant qu’il déposait ses bagages. Puis ils s’embrassèrent longuement, tendrement. Pendant qu’ils se détachaient l’un de l’autre pour se regarder en face, j’ai entendu le père dire « Ça me fait vraiment beaucoup de bien de te revoir, mon fils ». Tu m’as tellement manqué ! « Celui-ci sourit quelque peu timidement, détournant son regard et répondit doucement, « Moi aussi, Papa ! »

Puis l’homme se releva, envisagea son autre fils (certainement 9-10 ans) et, tout en tenant les mains de son fils dans les siens, dit, « Tu fais vraiment jeune homme déjà. Je t’aime beaucoup, Zach ! » Et ils s’embrassèrent à leur tour longuement.

Pendant tout ce temps, une petite fille, d’un an ou un an-et-demi environ, se tortillait d’impatience dans les bras de sa maman sans jamais quitter son père du regard. L’homme s’écria, « héé, mon bébé ! » en enlevant délicatement l’enfant des bras de sa mère. Il ouvrit rapidement le visage de sa fille de baisers puis la serra sur sa poitrine tout en se balançant de droite à gauche. La petite fille se laissa aller instantanément et reposa sa tête sur les épaules de son père, immobile et comblée. Après un long moment, il mit sa fille dans les bras de son fils aîné et déclara, « Et le meilleur, c’est pour la fin ! » Et se mit à offrir à sa femme le baiser le plus long et le plus passionné que je n’ai jamais vu. Il la dévisagea ensuite pendant plusieurs secondes et murmura, « je t’aime tellement ! » Ils se regardèrent les yeux dans les yeux, s’éclairant de leurs plus beaux sourires tout en se tenant les mains. Pendant un moment ils me font penser à de nouveaux mariés, mais l’âge des enfants indique que ce n’est pas le cas. Je restais perplexe pendant quelques instants devant ce merveilleux tableau d’amour inconditionnel à deux pas de moi. Je me suis soudainement senti gêné, comme un intrus dans un lieu sacré, mais étonné d’entendre ma propre voix dire nerveusement, « Oôah ! Vous êtes mariés depuis combien de temps ? » « Ensemble depuis 14 ans, mariés depuis 12 ans », répondit-il, sans quitter sa charmante femme des yeux. « Et, depuis combien de temps vous ne vous êtes pas vus ? Demandai-je. L’homme se tourna enfin vers moi tout en continuant à répandre son sourire contagieux. « Deux jours entiers ! » Deux jours !! ? J’étais abasourdi. Par l’intensité des retrouvailles, j’avais cru qu’il s’était absenté pendant au moins plusieurs semaines, voire plusieurs mois. J’ai compris que l’expression de mon visage m’a trahi. J’ai répondu de façon désinvolte, espérant ainsi cesser mon intrusion avec élégance puis de retourner à la recherche de mon ami. « J’espère que mon mariage sera aussi passionné au bout de 12 ans ! ».

L’homme s’arrêta soudainement de sourire. Il me regarda droit dans les yeux, et, avec une intensité qui pénètre jusqu’au fin fond de votre âme, il me dit quelque chose qui a fait de moi une personne différente depuis. Il me dit, « N’espérez pas, mon ami, décidez. »

Puis il m’irradie de nouveau avec son merveilleux sourire, serra ma main, et dit « Soyez bénis ». Sur ce, avec sa famille, il se retourna et tous ensemble s’en allèrent au loin. J’étais encore en train de regarder cet homme exceptionnel avec sa spéciale famille disparaître de ma vue quand mon ami arriva et demanda, « Que regardes-tu ? ». Sans hésitation, avec un curieux sentiment de certitude, j’ai répondu, « Mon Avenir ! »

Michael D.Hargrove

7
La Foi

Les champs sont brûlés et jaunis par la sécheresse et les cultures sont assoiffées. La population est inquiète et irritable pendant qu’elle scrute les signes de délivrance venant du ciel. Les journées arides s’accumulent en semaines et toujours pas de pluie.