Chaudes recherches (érotique gay)

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Chaudes recherches

AbiGaël

Gay pulp de 277 000 caractères.

Ce texte comporte deux nouvelles suivies Les Archives et Le Spitz’Jules.

Un jeune étudiant hésitant dans sa sexualité fréquente les archives départementales pour des recherches généalogiques. Le lieu est peu propice à la drague. Pourtant il y découvrira les amours masculines et sa vraie nature. On peut en faire des choses, sur les tables de velours réservées à la manipulation des précieux manuscrits… Sa quête se poursuit jusqu’au-delà du cercle polaire où, après des incidents quelque peu dramatiques, ce seront deux couples parfaitement unis et heureux qui reviendront du froid.
Du même auteur : Fouilles et spéléologie, Les trouffions jouent aux pompiers et Une saveur entêtante


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Publié le : mardi 5 juin 2012
Lecture(s) : 71
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782363073389
Nombre de pages : non-communiqué
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Chaudes recherches

Entre archives historiques et recherches polaires

 

 

Les Archives et Le Spitz’Jules sont deux textes suivis des aventures de Gaël

 

(277 000 caractères)

 

 

AbiGaël

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Archives

 

Chaude première aux Archives

 

Je rentrais comme d’habitude dans la salle de lecture des Archives Départementales. J’avais déposé ma serviette de document dans le petit casier destiné à cet effet, à l’entrée du hall et, comme à chaque fois, je pestais contre cette obligation d’entrer sans rien en salle de lecture. Avec juste un crayon et un bloc de papier en main, seuls accessoires autorisés, je poussais la porte vitrée en pensant déjà à ce mariage du XVIIIe siècle que je recherchais dans les registres, depuis plusieurs séances. Je me dirigeais vers ma place favorite : Au fond, devant la fenêtre ; celle qui était la plus éclairée. Cela me permettait de temps à autre de photographier des documents avec mon petit appareil et mes films N&B ultra-sensible [c’était bien sûr interdit et à l’époque le numérique n’existait pas]. Il me fallait pour cela essayer de me planquer du mieux que je pouvais de la responsable de salle. Avant d’aller chercher mon premier document, je la cherchais donc du regard, comme d’hab.

Tiens ! Un mec… D’habitude, il y a toujours une vieille birbe, parfaitement revêche. Cette harpie présente l’art consommé de dissuader les chercheurs de toute demande dépassant un tant soit peu son champ très limité de compétence. Dans ces conditions, je restreins toujours les contacts au strict minimum, à savoir tendre mon papier soigneusement rempli avec les cotes du document, pour commander mes ouvrages… Ouaaahouu ! bien balancé le mec dans son tee-shirt blanc ! Celui-là, faudra que je lui parle…

C’était il y a longtemps, à l’époque où j’étais encore célibataire. Ma sexualité était tout, sauf bien définie et j’étais, disons-le, encore puceau, que ce soit côté fille ou garçon. J’occupais une partie de mes loisirs par des recherches historiques dans les centres d’archives départementaux, car j’étais passionné de généalogie. Au moins, avec les ancêtres on ne se pose pas de question sur leur sexualité. Quoique, à bien y réfléchir, on peut se demander parfois pourquoi il y a autant de vieux célibataires ou de vieilles filles dans certaines fratries…

Plantons le décor technique : Cette recherche, un peu ardue, consistait principalement à feuilleter des tonnes de registres ou de documents notariés, à la recherche des baptêmes, mariages et décès des générations précédentes ou d’actes concernant mes aïeux. Sous l’Ancien Régime, avant la Révolution, on les nomme Registres Paroissiaux. Les actes notariés des anciennes études de notaires sont plus difficiles à exploiter. Mais ils permettent aussi de remonter plus en arrière dans le temps, quand on arrive à les déchiffrer.

Retrouver la trace d’un ou d’une ancêtre est toujours pour un généalogiste la source d’une grande joie, surtout quand on le cherche depuis longtemps. On le croyait originaire de X et on le découvre né à Y. Il ne s’est pas marié dans le village d’à côté, comme on le supposait, mais à quatre cents kilomètres de là… C’est donc un vrai jeu de piste, assez amusant quand on en a compris le mécanisme, et qui devint très à la mode, ces trente dernières années. Les membres de nombreux clubs de généalogistes ont souvent entrepris des travaux colossaux de relevés systématiques, ce qui autorise maintenant aux néophytes des débuts assez rapides dans leurs recherches, au moins pour toutes les premières branches de leur arbre généalogique.

C’était l’époque où l’on pouvait encore consulter directement les documents originaux, mais où commençaient déjà des campagnes systématiques de micro-filmage. Et pourtant, cette odeur de vieux papier ! Les nuances de couleur des encres passées avec le temps, ce crissement du papier fragile obligeant à tourner les pages religieusement… C’était tout à fait sensuel ! Mais la consultation trop intensive de ces documents uniques dégradait papiers anciens et parchemins. Le micro-filmage devint systématique. [De nos jours, les départements les ont tous scannés et ils sont sur internet, ce qui va encore plus vite].

Mais revenons à cette époque héroïque, ou le plaisir de la recherche était bien différent. Je me dirigeais donc vers les casiers de distribution de la salle de lecture et j’attrapais le document commandé à la fin de ma dernière visite. Le beau mec avait disparu. À sa place, une autre employée vacataire, déjà rencontrée à plusieurs reprises. Elle est un peu plus aimable que la tôlière habituelle et j’arrive parfois à lui arracher un sourire. Donc aujourd’hui ils sont deux. Si je veux voir le beau gosse, faudra viser !

J’attaquais donc la consultation de mon registre de mariage en focalisant sur les signatures, pour aller plus vite. Comme d’habitude, je peste contre cette aïeule introuvable. Bon, il faut que je demande à consulter la suite… Je remplis la fiche de commande et m’approche du garçon de salle. Je ne suis pas arrivé au comptoir qu’il a déjà tourné les talons. Par contre, sa collègue déboule avec une lourde pile très instable, en équilibre sur les bras. Je l’entends maugréer. À mi-mots, je comprends qu’aujourd’hui le chariot roulant qui porte habituellement les bouquins est hors service… ça ne va pas faciliter leur bienveillance. Le nombre de documents consultables est limité, mais il arrive parfois qu’un sourire les aide à oublier de compter.

— Vous avez un nouveau collègue ?

— Oui. Arrivé au début du mois. Encore en formation. Connaît rien !

Bon. Je n’insiste pas et lui tends mon bout de carton. Elle maugrée encore. Les registres paroissiaux de cette grande ville que je consulte sont les plus lourds du lot ! Dix minutes à attendre… J’en profite pour détailler la salle. Presque personne aujourd’hui. Je reste au comptoir et balaie du regard les revues et travaux de chercheurs locaux qui sont exposés sous vitrine.

C’est lui qui remonte avec mon bouquin. Il me le tend avec un sourire. Bon Dieu ce sourire ! Il me transperce ! Il porte deux autres registres identiques qu’il pose sur les rayons derrière lui. J’ai compris. Il a deviné ce que je fais, et il a pris les devants. Il sait que je vais demander la suite… Pas si con, ce gars là !

J’attaque donc la suite. Puis la suite de la suite. Que dire de ces séances interminables, quand on feuillette inlassablement des générations de naissances ou de mariages sans résultats ! Lassant ! Décourageant ! Mais si c’était si simple, il y aurait moins de mérite et le succès ne donnerait pas tant de plaisir. Ah le choc que procure soudain la rencontre du nom recherché ! Remonter l’histoire, Faire naître, puis marier, puis mourir l’ancêtre Untel, c’est à chaque fois une grande joie. Mais aujourd’hui, non… rien !

La tranche de dix ans qui peut correspondre à son mariage sur la paroisse de T est vide. Puisqu’elle ne s’est pas mariée ici, c’est donc qu’elle a convolé ailleurs dirait monsieur de la Palice. Mais ailleurs où ? Je change de paroisse, et passe à la voisine. Dans une grande ville, c’est toujours plus difficile que pour un village…

Au comptoir, il me regarde d’un air triste, cette fois, et refuse ma fiche de demande.

— Non ! Vous avez épuisé vos cinq demandes de document. Je ne peux plus rien pour vous ce matin.

Mon air accablé l’interpelle…

— Mais si ça peut vous aider, je peux vous prêter le microfilm. On vient de les mettre en service ; et ceux-là, on ne les compte pas encore.

Et merde ! Non seulement je n’aurais plus le contact avec le papier, mais encore c’est tout un bazar, leur truc… Très compliqué à utiliser, à ce que j’en ai vu la dernière fois… Je me résigne néanmoins et le remercie d’un hochement de tête. Après quelques tâtonnements dans leur nouvelle armoire à microfilms, il me tend la bobine indiquée. Je le remercie d’un sourire et fait « celui qui sait ». Là-bas, dans le coin le plus noir de la salle, deux alcôves renferment des lecteurs de microfilms. Tous fraîchement installés, mais pas neufs… Le Conseil Général a peu de moyens.

Je commence à m’exciter sur le premier engin. Clic, clic, clic ! S’allume pas ! Bon, j’en essaie un autre. Semble marcher. Je déroule prudemment un bout du film et cherche à le glisser sous la vitre du passe-film, devant l’objectif. Ah, c’est vraiment bordélique leur engin. Faut pas avoir de gros doigts. Ça y est. Il est engagé. Maintenant, tourner doucement le bouton de défilement… Ziiiiiiiiiiiiip !… Flute ! J’étais à l’envers. Rembobinée. À refaire, deuxième essai. Ah, il y a un bouton lent et un bouton rapide… Ziiiiiiiiiiiiiiiiirrrrrrrllllllllll. Zut, je suis déjà en 1726 ! M’intéresse pas, je cherche vers 1764. Marche arrière. C’est l’autre bouton. Ziiiiiiiiiirrrrrrrrrrrrrrllllllll clac clac clac clac clac ! Le bout du film bat bêtement. Je suis revenu au début, bien trop vite ! Là, je crois que je vais m’énerver… Bon. Calmos ! Troisième tour…

— Je vais vous montrer.

Je ne l’ai pas entendu arriver dans mon dos. Il se marre.

— Pas l’habitude, hein ?

— Ben non ! j’ai déjà vu faire, mais c’est plus piégeant que je ne pensais. En fait, c’est la première fois que j’utilise cet engin.

Derrière moi, tendant ses bras de chaque côté de ma tête, il a replacé le film entre les deux guides en un tour de main. Il commence à tourner doucement le bouton. Il me montre comment stabiliser chaque vue avec le bouton lent, en faisant défiler plus vite le film entre-deux. J’ai ses deux avants-bras nus, quasiment contre mes joues. C’est la première fois de ma vie que je suis en contact avec un autre homme que mon père. Le trouble m’envahit. Je m’efforce de n’en rien laisser paraître.

Il s’éloigne, non sans m’avoir décoché un sourire d’ange, et je reprends ma recherche avec hésitation. L’avantage du film, c’est qu’on va plus vite. Quand ça marche. Et quand c’est lisible ! Tient justement ça ne l’est plus… Normal ! Les vues sont maintenant dans l’autre sens. Pas facile, pour lire. Je me tords le cou pour essayer de lire en travers.

— Arrête ça, tu vas prendre un torticolis !

Il est à nouveau dans mon dos. Le tutoiement m’interpelle. Comment dois-je le prendre.

Est-ce dû à notre proximité générationnelle ? Ou est-ce une marque spécifique d’attention ?

— Suffit que tu tournes la platine du passe-film d’un quart de tour dans le bon sens.

Son accent toulousain est vraiment délicieux. Il reprend la position dans mon dos, et me montre comment on fait. Évident quand on sait ! Bien plus pratique en tout cas…

Il reste derrière moi, et me regarde faire, les deux mains sur mes épaules. Ce contact m’électrise et confirme ce que je pressens à demi. Je n’ai encore jamais eu de relations avec un garçon, mais a contrario je n’ai que des déboires avec les filles. Et j’ai toujours regardé les beaux mecs en bandant, me demandant si j’étais pédé, comme on disait à l’époque. La notion même de bi-sexualité m’était encore parfaitement inconnue.

Je tourne la tête et lui décoche mon regard le plus neutre. Ce que je lis dans ses yeux me fait peur. Ses mains se font plus lourdes sur mes clavicules. Il me montre aussi que sous l’engin, un dispositif spécial me permettra de faire des photocopies… si j’amène mon propre papier. Je le saurais pour la prochaine fois. En attendant, pour aujourd’hui, il me place gratuitement quelques feuilles. En sortant, sa main gauche quitte la cassette de papier et s’arrête sur mon genou. La main droite s’attarde sans raison apparente sur ma hanche. Cette fois, c’est clair ; il me drague et je semble lui plaire. Lui aussi me plaît bien. Mais mon inexpérience est totale. Que dois-je faire ? La panique me gagne…

D’abord, vaincre ma timidité naturelle. Beaucoup plus facile à dire qu’à faire. L’idée même de commettre une action que la morale puisse réprouver me gêne terriblement. D’ailleurs, je ne connais même pas le contour de ladite possible action. Qu’est-ce qu’on fait entre mecs ? À l’époque, pas de vidéos gay, des revues, oui, mais tellement confidentielles qu’un jeune bourgeois comme moi ne pouvait pas les connaître. Qui plus est, mon milieu familial conventionnel et étriqué m’interdit toute idée de coming-out, comme on dit de nos jours.

Cette « aventure », si je décide d’aller plus loin, sera donc très probablement sans suite possible. Mais je ne veux pas le rembarrer. Non ! Ne pas gâcher ma chance, après tout… J’essaie de gagner du temps, et j’embraye sur le tutoiement.

— T’es nouveau ici ? Je ne t’es jamais vu !

— Oui. Muté par l’administration. Je suis là depuis un mois.

— Muté ? Pourquoi ?

— Mutation administrative. Me suis fait grillé à Perpignan.

— Grillé ? Comment ça ?

Pour toute réponse, il me met vivement la main au paquet.

— À cause de ça ! Tu comprends ?

— Oui… euh, non… En quoi ça les regarde ?

— Pas le genre de la maison. Tu vois ? Les pédés, on n’aime pas dans le public. Et si la vieille vache qui me servait de chef ne le savait pas, on lui a dit. Trop contente de se venger de ce que j’avais pas donné suite à ses avances… Elle m’a trouvé un poste à l’autre bout de la France, pour cause de « gestes déplacés envers des usagers du service public ». Et pourtant, aucun d’eux n’en a jamais rien su !

— C’est dégueulasse ! Et ici, t’es bien ?

— Pour le boulot, pas mal. Mais pour le reste… je suis seul, tu sais. Encore à l’hôtel, le soir, et finalement, ici, pour la drague, c’est pas ça… Et dans la journée, je ne vois jamais de gars de ton âge. Ce sont surtout les vieux qui font des recherches… Alors, quand je t’ai vu…

Bon. Je me lance, en essayant furtivement, mais infructueusement de détacher sa main qui me malaxe l’entrejambe du jean :

— Tu sais, je n’ai pas l’habitude…

— Des archives ? Mais je vais tout te montrer !

— Mais non, les archives ça fait plusieurs années que j’y viens. Je sais très bien comment ça marche. Non c’est de…

— De quoi ?

— Ben… avec les garçons.

— Ah… et bien ça aussi je vais tout te montrer !

— Mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ici ! Il y a du monde qui regarde. Tiens, le vioc, là-bas, il nous zieute bizarrement depuis un moment ! Et puis, je ne sais même pas comment tu t’appelles…

— Moi c’est Raoul. Et toi ?

— Je m’appelle Gaël.

— Tiens, ça fait deux prénoms peu fréquents. Au moins, cela qu’on a en commun, dis donc ! C’est vrai qu’il nous mate, le vieux ! Il se doute peut-être de quelque chose. Viens ! Regarde, il est midi. C’est ma coupure. Je vais te faire visiter les rayons, au sous-sol. Suis-moi discrètement.

Je le laisse s’éloigner, puis reviens vers le comptoir, l’air de rien. Il en soulève un pan pour me laisser passer, puis me pousse derrière dans le couloir, vers l’un des deux ascenseurs.

— Si on se fait piquer, je ferais le naïf ; je dirais que t’as insisté pour voir les rayonnages des archives. Et que je ne savais pas que c’était interdit. Me grille pas !

— D’acc ! Pas de problème. Mais alors, il n’y aura plus personne pour surveiller la salle, à midi, aujourd’hui ?

— Si, elle va remonter avec son sandwich d’un instant à l’autre. Moi, d’habitude je sors manger à l’extérieur et je finis plus tard pour ranger la salle.

L’ascenseur est vieux et poussif. Il descend lentement. Premier, deuxième, troisième sous-sol.

— Tu m’emmènes où ?

— Série A. Quatrième sous-sol. Ce sont les archives de l’administration royale de l’Ancien Régime. Personne ne les demande jamais. On y sera tranquille.

Un couloir étroit et peu éclairé longe des rangées interminables d’étagères disposées en râteau. Toutes croulent sous les liasses de documents ; chaque liasse, d’aspect identique, est encapuchonnée dans un emballage de papier kraft tenu par un croisé de ficelle. Seule indication du contenu : le numéro de la série archivistique, suivi d’un assemblage de chiffre, sur la tranche. Abscons, quand on ne sait pas !

Au bout du couloir, dans un élargissement, se trouve une grande table rectangulaire recouverte d’un épais velours moelleux, couleur rouille. Elle est bien mieux éclairée que le reste du couloir.

— C’est pour manipuler les incunables et les parchemins royaux, me dit mon guide avec un sourire gourmand, tu ne crois pas qu’on y sera bien dessus ?

— Si… Peut-être…

En fait, je regrette déjà d’être descendu avec lui. Je ne sais ni quoi dire, ni ce qui va suivre ! Il voit mon embarras, me plaque debout contre la table, et prend l’initiative en commençant à ouvrir ma chemise.

— T’es mignon, tu sais ?

Je n’ai pas le temps de répondre. Sa bouche est venue se plaquer contre la mienne et sa langue cherche à m’ouvrir les lèvres. Je me laisse faire ; c’est lui qui sait… Je desserre les dents et découvre la salade de langue, en même temps que ses mains courent sur mon torse, sous la chemise. Je frissonne. Non pas de froid, mais d’excitation. Dans mon slip ma verge gonfle sans que je m’en rende vraiment compte. Mais lui, si !

— Ah, mais il se met à bander très fort, mon petit puceau ! Montre-moi maintenant comment t’es dur !

Et il se remet à me malaxer le paquet comme tout à l’heure, mais sans plus aucune vergogne maintenant. De sa main droite, il me débarrasse ensuite complètement de ma chemise et commence à me faire des bisous partout sur le torse.

— Qu’est-ce que ça te fait ?

— C’est la première fois qu’un homme m’embrasse, ça m’excite… C’est bon ! Ça pique !

— À toi maintenant. Enlève-moi mon tee-shirt.

Je m’exécute, en tremblant un peu. Son torse est superbe. Des « plaquettes de chocolat » comme on en rêve ; et bronzé à rendre jaloux !

— Qu’est-ce que tu fais pour être bronzé comme ça ?

— Bah, tu sais, à Perpignan on n’est pas loin de la plage. Et j’allais souvent draguer du côté de V.

— Tu draguais… des mecs ?

Ma naïveté le stupéfie, et il part d’un énorme fou rire.

— Bien sûr, qu’est-ce que tu crois donc ?

— Je ne sais pas, je…

— T’inquiètes, j’ai toujours pas trouvé mon grand amour. C’est pour ça que j’ai accepté ma mutation sans broncher. Ici, ça me donne un nouveau champ d’investigations. Quoi que… !

Heureux temps où le sida n’existait pas encore. Bien sûr, il y avait les maladies que l’on disait « vénériennes », les IST comme on les appelle maintenant. Mais c’était moindre mal. Se faire traiter au permanganate était un sujet de plaisanterie assez courant. Se faire tringler l’urètre à l’antibiotique contre la « chaude » était plutôt vécu comme une épreuve de virilité assez racontable entre mecs, parce que tout le monde savait que c’était à hurler de douleur !

Sa poitrine s’écrase contre la mienne, et il m’enserre de ses biceps puissants. Je n’ai jamais connu une telle sensation d’excitation. J’envoie à mon tour mes mains en exploration sur son dos, sur ses puissantes épaules, puis je les laisse redescendre vers sa chute de reins. Je suis arrêté par la ceinture, et je tente maladroitement de les glisser dessous, plus bas, pour palper ses fesses que je devine superbes. Il rigole et me félicite :

— Eh bien oui ! Va-y ! Qu’est-ce que tu attends pour me l’enlever ?

— Ben… si tu me laisses y accéder…

Il se recule alors et se fige théâtralement, jambes légèrement écartées, bras sur les hanches, offert.

— À toi de jouer. Lance-toi !

Avant de m’attaquer à la ceinture, je remarque également que son jean est particulièrement gonflé, du côté de la braguette… J’y mets la main. C’est tout dur… Je tire enfin sur la boucle de ceinture et commence à attaquer la fermeture éclair sur laquelle je fantasme depuis un moment. Ça y est. Le zip est en bas. Le pantalon est grand ouvert, mais comme il est moulant, il lui tient encore, surtout qu’il a les deux mains sur les passants de ceinture. J’introduis la main gauche par l’ouverture, entre jean et slip. J’en bande comme jamais. Mettre la main sur le paquet d’un autre gars, j’en ai tellement rêvé, la nuit… puis je me hasarde entre slip et peau. Pour la première fois, j’ai la main complètement dans le slip d’un autre garçon, contre son zob ; pour moi c’est fabuleux. C’est chaud ! C’est même humide me semble-t-il. Je reste un peu bête, hésitant, en dégustant la délicieuse sensation, mais hésitant à aller plus loin.

— Fais-les tomber !

L’ordre a claqué. J’exécute. Je ressors à regret ma main du pot de confiture et fais glisser d’abord le jean, qu’il envoie promener d’un coup de cheville en levant l’autre pied. Mon Dieu qu’il est beau, comme ça. Que c’est bandant un mec pas encore tout à fait à poil ! Son slip bleu pâle, tiré vers le bas par la tension du zob, le fait paraître encore plus bronzé. Mais la tache très foncée, en bas au bout de la pointe, me le confirme : il mouille, le salaud !

— Allez, vas-y, enlève-moi le slip maintenant !

Je tire sur l’élastique et re-glisse mes deux mains là-dessous. Sa verge inclinée et raide fait obstacle. Le contact avec ses poils m’électrise. Je caresse cette chose rigide, mais douce en prenant mon temps, en passant mes mains sous ses couilles bien rondes. En explorant l’entre cuisse… et pendant ce temps mon visage revient timidement vers sa bouche.

— Mon petit salaud, tu ne me diras pas que tu fais cela pour la première fois ?

— Ben, si… mais j’en ai tellement rêvé. Peut-être qu’on fait certaines choses d’instinct… ?

Son mât tend tellement le tissu que l’élastique du slip ne peut être plus tendu. Cette barre chaude entre mes mains, c’est à me donner le vertige. Sensation nouvelle. Mais est-elle vraiment nouvelle ? Là aussi, je l’ai imaginée tant de fois ! Enfin je me décide et le slip tombe également. Je n’ai jamais vu à poil d’autres mecs que moi-même, et occasionnellement mon père. Mais lui, jamais en érection, bien sûr. J’en tremble tellement il est beau le Raoul, avec sa verge dressée vers moi comme une épée. Choc… ! Vision obscène ! Si nouvelle pour moi…

— Et maintenant t’en fais quoi ?

Manifestement il s’impatiente, et ma lenteur passe pour de la maladresse… Ce qu’elle est, objectivement. Pour ne pas paraître trop bête, je commence à le décalotter doucement, comme je fais avec moi avant de me branler. J’attends que ce bout magnifique sèche et je pompe l’humidité en entourant alternativement de mes deux mains ce gland violet et ce mât palpitant zébré de grosses veines. Je m’essuie sur les fesses de mon jean puis, pour mieux la voir et achever l’opération, je me penche à sa hauteur, approche ma bouche et… souffle dessus. Il s’attendait manifestement à un autre traitement et a un vif mouvement de recul !

— Mais qu’est-ce que tu fais, mon con ?

— Je te prépare à ma meilleure branlette… c’est… mal ?

— Non, mais… fais gaffes. Si tu me fais mal… tu vas voir !

— Tu te branles jamais à sec ? Moi, toujours. C’est bien meilleur. Ça permet de faire durer le plaisir plus longtemps.

— Vas-y. Montre-moi comment tu fais. T’as l’air spécialiste, tu m’intéresses !

Alors, je m’applique. Retenant la peau du prépuce avec deux doigts contre son pubis, à la base de sa belle bite, je commence les caresses avec la « veuve poignet ». Lentement, en effleurant d’abord ce bel engin, pour l’habituer ; puis d’un doigt seulement, juste sous le renflement du gland, d’un côté, puis de l’autre. Il frémit. J’insiste plus vivement. Puis j’empoigne tout le manche et tire doucement, alternativement des deux mains, comme à la traite. Je serre un peu plus fort. Il grimace, mais je ne sais si c’est de plaisir ou de douleur.

— Arrête. T’es un vrai bon branleur, tu vas me faire juter !

— Et c’est pas ce que tu veux ?

— Si, mais pas trop tôt, pas tout de suite. Tiens, on change. À mon tour de m’occuper de toi.

C’est vrai que je porte encore mon futal, même si moi aussi, j’ai une énorme baguette de bois dans le kangourou. Il se marre d’ailleurs en voyant ce slip, déjà ringard à l’époque. Mais plus que le slip, ce qui l’intéresse c’est ce qu’il cache. Et lorsqu’il l’abaisse, il n’est pas déçu. Mon zob taille TBM, tendu comme un ressort, lui claque presque au nez !

— Mazette, mais il cache un vrai trésor, mon petit puceau ! Et personne n’a jamais sucé cette belle bite là ?

— Sucé ?… Mais c’est dégeu !...

— Ah tu crois cela ? Ben tu n’y connais vraiment rien. Je vais te monter comme c’est bon.

Alors, sans ménagement, il me pousse à l’horizontale, sur la table des manuscrits. Mon futal s’envole en un mouvement, suivi de l’affreux kangourou blanc qui le fait rire et dont je me promets bien de ne plus jamais me laisser affubler dorénavant. Il fait alors cette chose, considérée comme incroyable : il avale d’un coup l’objet de sa convoitise, ce qui me laisse pantois, même si, inconsciemment je n’attendais que cela. La sensation est inoubliable et m’arrache un cri. Ma bite disparaît complètement dans sa bouche ! Il la recrache, la reprend, la suce, l’entoure de sa langue… Il la lèche, joue de la langue avec le méat puis la frotte sous le gland, le serre avec ses lèvres, il le lèche comme une sucette, pompe et re-pompe... Bref, il me fait ce que je sais maintenant être une superbe fellation. Le plaisir ne tarde pas à monter. Je me raidis et me sens envahi par la honte, car je ne peux imaginer pouvoir lui éjaculer dans la bouche. Je me retiens autant que je peux. C’est un supplice… je n’ose pas jouir !

Ça lui plaît. Je suis sur le point de lâcher mon spasme quand il ouvre enfin la bouche et me libère, pour dire :

— Bravo. Belle résistance ! On va en faire des choses tous les deux !

Je ne comprends pas bien ce qu’il veut dire, mais ce que je comprends, c’est que je n’en suis qu’au début de mon initiation…

— À toi, maintenant, fais-moi la même chose !

Gloups ! Il faut que je le suce, moi aussi ?… Ça, c’était pas du tout à mon programme. J’en débande d’un coup et j’ai une boule dans la glotte. Angoisse et honte. Jamais fais ça, moi ! Bientôt, je vais avoir autre chose dans la glotte… Rien que de voir son énorme engin se rapprocher de mon museau, j’en frémis… Et pourtant ! Mélange de peur et d’envie. Ai-je le choix ? Je me lance et j’ouvre la bouche.

Ce con, il y va franchement et pousse jusqu’à la moitié ! Je tente désespérément de l’arrêter avec la langue, mais… trop tard, je m’étrangle complètement. Haut-le-cœur. Je manque de vomir… Il comprend son erreur ; se retire en riant, pendant que je suffoque.

— Ben mon poussin, c’est pas gagné ! Allez, on réessaie doucement.

Je reprends alors le gland en bouche, en contrôlant cette fois avec la langue. Humm ! Finalement, ça n’a pas du tout l’odeur ni le goût de pisse que je redoutais. Ça sent surtout l’homme et la sueur, mais c’est plutôt agréable, ce gros bonbon chaud et doux. Je m’enhardis et tente de reproduire sur lui ce qu’il m’a fait l’instant d’avant. Je le laisse entrer de plus en plus loin. J’apprends à réprimer les hauts le cœur.

— Arrête ! T’apprends vite ! Maintenant, on va jouir tous les deux en même temps.

— Mais comment ?

— 69, Tu connais pas ?

— Si… j’ai déjà entendu parler, avec les filles… Moi ça me dégoûte !

— Tu vas voir… entre mec… c’est beaucoup mieux ! Remonte-toi en haut de la table, reste sur le dos.

Je m’allonge entièrement sur le velours et il vient se mettre en opposition, en écartant un peu mes jambes, ses genoux autour de ma tête. Il reprend ma bite en bouche et me présente à nouveau la sienne au-dessus de ma tête. C’est marrant de le voir comme cela, accoudé et agenouillé, au dessus de moi, bite tendue vers mon visage. Je l’attrape...

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