De profond l'amour (pulp gay)

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De profond l'amour

Bowen Moon
Nathaniel fait un retour sur sa vie, de son adolescence jusqu'à ses vingt-neuf ans.

Il revient sur ses liens avec les quatre hommes qui ont le plus compté dans sa vie :

• son grand frère qui l'élève depuis la mort prématurée de leurs parents ;

• son premier amour et amant du temps du lycée, le sérieux et croyant Binders ;

• le deuxième, Dervin, un homme solitaire et fragile ;

• et Varkaus, qu'il recontrera lors de ses études en Allemagne, avec lequel il passera d'une relation tarifée à une relation plus amoureuse.

La vie lui fera quitter ou retrouver ces hommes, au gré des drames et des joies qu'elle peut apporter.

Le récit de Bowen Moon est écrit dans un style contemporain et poétique.
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Publié le : mardi 17 juin 2014
Lecture(s) : 20
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EAN13 : 9782363079817
Nombre de pages : non-communiqué
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De profond l’amour

 

 

Bowen Moon

 

 

 

J'ai voulu écrire une histoire d'amour.

Ne cherchez pas ici d’analyse de toutes ces situations. Pourtant, vous pourriez m’interroger, j’en connais un paquet là-dessus.

Dans ces pages, vous trouverez la pure histoire d’amour, le fictif du romantisme, le résultat de l’abus de visionnage des téléfilms sentimentaux et de toutes ces séries made in usa.

La vérité. J’écris mon esprit qui vagabonde. J’écris mon esprit qui se focalise sur une obsession. J’écris par le principe fondamental de l’évasion.

 

 

 

 

 

 

J’ai 12 ans

 

 

Je pose mon front contre cette vitre et ma vie s’y inscrit. Right now.

J’ai douze ans. Nous emménageons dans cet appartement duplex qui correspond à ton envie de changer d’environnement, de quartier. Des arbres verdissent la résidence et ombragent notre terrasse. Où ? Dans une ville des États unis certainement, là où flâne mon imaginaire. Laquelle ? Pas besoin de nom, il peut y faire chaud toute l’année, ou on peut y subir des hivers rigoureux, il y a l’océan. Le lieu peut changer selon mes besoins dans l’histoire, ou se révéler négligeable. Nous ? Moi. Mon frère. Mon frère qui s’occupe de moi depuis mes cinq ans. Il en avait vingt-deux.

Ouais mes parents m’avaient eu sur le tard. Ouais mes parents sont morts. Accident ? Sans aucun doute. Entrouvre ce qui compte, c’est ce qui en a résulté : notre vie à deux. Avant nous étions trois. Avec notre sœur. Elle est partie. Elle l’attendait tant ce départ. Avoir le bon âge, se dégoter un petit boulot de serveuse, partager un logement avec une copine. Nous quitter. Elle doit les regretter énormément, les parents. La pauvre. Elle n’a jamais trouvé sa place avec nous. La relation ne lie que nous, mon frère et moi. Notre relation colle.

Les pensées inconvenantes me racolent.

Dire que si mes parents n’étaient pas morts, nous n’aurions jamais existé de cette façon-là. Tu étais un frère, pas un père. Tu devais gérer notre vie et accepter ta jeunesse compromise. Tu ne voulais pas montrer tes failles pour que la justice ne te sépare pas des deux jeunes orphelins. En particulier de moi, celui qu’ils venaient encore border le soir et pour qui ils devaient encore vérifier que des monstres ne se cachaient pas sous son lit. Toi qui avais cédé ta chambre au petit dernier surprise, et vivais comme un grand ailleurs ou dormais sur le canapé. Tu ne m’en voulais pas alors ? Est-ce mon regard apeuré de petit chat perdu qui t’avait fait craquer, et abattre chaque difficulté pour me garder auprès de toi ?

Sans entité supérieure, ton éducation fut décomplexée. Personne ne t’apprenait les limites à poser. Et tu n’avais pas envie d’y réfléchir. Tu as ouvert grand tes bras pour réconforter le malheureux orphelin, et je m’y suis enfoncé. Accroché comme à une bouée. Même si tu es loin de ressembler à une bouée mon frère de fer. Insinue toi accroché à moi.

Comme j’aime me lover contre toi quand tu te reposes sur le canapé le soir. Il fait chaud, ta chemise est ouverte. Je m’étale sur toi. Je pose ma tête contre ta poitrine et tu me caresses les cheveux. Je me perds dans la douce toison de ton torse. Je contemple les perles de sueur qui s’y forment. Je m’enivre de ton odeur. Tu es si d'homme et de force. Sans doute tu as un métier qui entretient ton hyper man style. La police ? Le bâtiment ? Je n'arrive pas à me décider, mais ton nom est Comen.

Ma sœur nous retrouvait ainsi, jour après jour. Elle me voyait, le matin, courir dans tes bras et être capable d’y rester tout le petit déjeuner. Elle voyait comment je t’accaparais. Elle se prenait dans les lattes un petit frère qui lui faisait bien comprendre que toi seul comptais. Elle nous voyait toujours collés. Tu l’interpellais : viens t’asseoir avec nous. Comment en aurait-elle eu envie ? Comment aurait-elle pu trouver son chemin dans toute cette poisse ? Vous êtes des malades, répondait-elle de son effronterie d’orpheline, et elle s’en allait furieuse dans sa chambre. Vivement que je me barre d’ici, criait-elle en claquant sa porte. Les crises ingrates de l’adolescence. Bientôt mon tour ? Heureusement que je suis ton petit frère tout sage et dévoué. Et que tu es mon frère de plomb.

Mon frère qui n’a jamais vécu la relation qui dure. Pour m’épargner. Parce qu’il pense que je ne le supporterais pas. Est-ce vrai ? C’est sûr que j’aurais du mal, ce n’est pas encore le moment. Je veux que nous restions à deux, dans ce tendre cocon. Je sais qu’il a une copine. Dégage elle ne viendra jamais chez nous. Je crois que c’est une personne à problèmes, comme on dit. Oui, pour sûr, il recherche toujours ce qui ne pourra pas fonctionner. Est-ce que cela durera toujours ainsi ? Est-ce qu’il n’y aura pas un jour une personne, la personne qu’il voudra me présenter, invitée ici ? Je me dis en réconfort que tu l’aimes bien aussi cette vie - - à deux.

En attendant, je l’ai à domicile. Rien que pour moi. Le corps. Sur ton visage, ton nez cassé comme celui d’un boxeur, ta peau presque rousse, tes yeux marron presque bridés, un marquage des peuples slaves sur ton faciès, j’ai le droit de m’amuser à des séances de gommage ou de rasage. Je réajuste la longueur de tes cheveux à la tondeuse. Tu approuves en passant la main sur ton crâne. Ensuite, tu essayes des nouveaux vêtements devant moi et tu demandes mon avis. J’admire tous les détails de toi. Je te pare des attributs d’un guerrier de l’ancien. Je suis un enfant perdu dans la forêt des loups. Et tu es mon frère de bronze.

Le corps. La puissance. Tes bras immenses qui s’ouvrent pour m’accueillir. Je suis un enfant perdu et je respire l’odeur de la protection.

Tu me colles, tous ces baisers, et je me sens englouti. Qu’est-ce qui n’est pas normal ? Dois-je crier au secours ? Dois-je toujours tout exagérer, aller plus loin que la réalité ? De toute façon, je sais que je le suis. Dans mes jeunes souvenirs, pour autant que je m’en souvienne, là où mes rêves d’amour m’entraînent, je l’ai toujours été. Mon frère, tu ne me l’as pas fait devenir. Et admettons, si c’était le cas, jamais je ne te le reprocherais. Pourquoi le ferais-je ? Combien l’être me convient. Combien c’est moi. De toutes mes fibres. Oui, gayomo/tapettouze. Tous ces mots-là. Je les connais déjà. Disons que notre intimité si forte a accéléré et aiguisé la compréhension de mes préférences amoureuses.

Il y a longtemps qu’il était en moi. Il y a longtemps qu’il s’appelait.

J’ai douze ans et je m’appelle Nathaniel Lekno.

Je m’en réfère à Toi. Je m’y abandonne.

De profond l’amour se réveille.

 

Nouveau domicile. Nouvelle école. Nouvelle classe. Dans le couloir, j’attends avec elle d’entrer en salle. Toi aussi avec la tienne. Une au-dessus. Je te remarque. Je ne sais pas. Je vois la blondeur de tes cheveux ébouriffés, tes yeux bleu vert. Je vois que tu es incroyablement beau. Cogne tu traînes avec ce genre de sales gosses qui éclatent leur jeunesse en emmerdant les plus petits et plus faibles qu’eux, les pas comme eux. C’est étonnant. Tes yeux sont si doux. Tu ressembles au petit ami idéal auquel les parents n’auraient aucune crainte de confier leur fille pour une sortie. Alors, ça ne manque pas. Avec ta bande, tu viens narguer les bleus qui ont juste un an de moins, un intervalle suffisant pour être les cibles de vos moqueries. Ajoute une couche dans ma classe, l’ont-ils fait exprès de rassembler tous ceux dont les abrutis dans votre genre se repaissent de tabasser ? Les furonclés de la peau, les geeks à lunettes, les appareillés des dents,les asociaux, les spéciaux. Et dire qu’ils ne savent même pas que j'en suis. Mais moi je les aime bien ces êtres hors normalité ou répondant à d‘autres normes. Je me sens à l’aise avec eux. Je suis un des leurs. Je suis différent. Pas seulement par mon orientation d’amour. Avant tout par mon âme.

Assène toi, tu t'agglutines à eux, eux qui nous menacent, qui nous prédisent une année de misère. Que vous allez bien vous amuser à nous chercher des crasses. Répercute je ne peux pas m’empêcher de prendre la défense de mes chers camarades fragiles. Laissez-nous tranquilles. Vous êtes tellement cons que vos vies seront minables. Je vous fais rire, le minus qui gueule. Vous venez sur moi déterminés à me démontrer comment vous savez bien pousser et donner des coups. Toi aussi. Tu es près de moi. Le professeur nous fait rentrer mettant fin à ce puéril combat. Mais je l’ai vu. Je sais. Tu étais si près de moi. Tu m’as regardé. Tes yeux doux se sont interrogés. M’ont-ils trouvé plus intéressant à connaître que tu ne l’aurais voulu ?

De profond l’amour surgit.

 

Tout ce que je peux faire, c’est te regarder à la dérobée. Avec ta bande débile, tu traînes. Des filles traînent avec vous aussi, tu les embrasses. C’est sûr, elles doivent être contentes. Tu es si joli, si blond, si en grandes dents bien alignées, si parfait. Ton côté suédois. Ouais le parfait petit wasp à qui la vie sourit. Je te déteste. Binders Cuxhaven. Je rêve de toi. Nous sommes des garçons-fleurs vêtus des tuniques antiques et jouant dans un jardin d’éden. Reposant sur une balançoire, nonchalamment je me balance. Debout, à mes côtés, tu accompagnes ma rêverie de ta lyre et de ta mélopée. Je rêve de toi. Sale con.

Il faut poursuivre sa route. J’ai hâte de devenir plus grand. Libre. Du moins libéré du collège et de ses médiocrités. Il faut se concentrer. À quoi peut me servir le collège ? Je ne veux pas passer mon temps à y végéter. Rebondis je m’inscris à ce club de musique. Je sais jouer du piano et de la guitare. J’avais pris des cours durant mon enfance et j’ai appris par moi-même. La guitare, c’est mon frère qui m’a appris aussi. Lorsqu’il se met à en jouer en chantant le folk de sa voix profonde, c’est comme si la lumière divine se penchait sur lui, comme si une autre porte du paradis s’ouvrait devant moi. Autant dire que je suis son fan absolu. Allongé dans le canapé, je l’écoute, l’admire et laisse les délicieux fourmillements s’éparpiller dans mon ventre. Mes rêves vagabondent. Je le vois jouer dans la prairie printanière. Des papillons multicolores viennent se poser sur lui. Imperturbable, il se concentre sur sa guitare, beau, tranquille et enchanteur.

Je crois avoir un certain don pour la musique. Et le chant. On chante aussi dans ce club. Nous préparons des spectacles pour la fin de l’année. Les animateurs sont cools et nous encouragent. Les participants motivés. L’ambiance détendue. Et toi, tu y participes. Bien sûr. Espèce de caïd à la noix. Qu’est-ce que tu fous ici ? C’est parce que tu chantes à l’église le dimanche ? So what! Tu n’es pas le seul dans ce cas espèce de choriste à la noix. Moi aussi je chanterai bientôt dans la maison des louanges. Le pire, c’est que tu te débrouilles bien au chant. Tu sais émouvoir en chantant. Tu t’introduis dans mon âme. Sale blondinet. Esquive tu m’évites. Tu as raison. Je suis peut-être une contagion, une contagion d’amour.

Je me souviens de cette fois où ma classe et la tienne se sont retrouvées ensemble dans les vestiaires. Ça n’a pas loupé. Vous avez choisi un petit gros de ma classe pour passer vos nerfs sur lui, lui faire sentir l’inutilité de sa vie de laid, le faire chialer. Je ne me considère pas spécialement courageux, peut-être vaguement impulsif. Abrite je me suis interposé. Laissez-le couards. Partez. Sur cette terre, les inutiles, ce sont vous. Regardez-le celui-là. Il se croit fortiche. Mais c’est qu’il est mimi. Ta mère doit être folle de toi. Elle t’attend à la maison avec le goûter du mimi. Allez on va lui donner une bonne raison d’aller pleurnicher dans ses jupes. Mes parents sont morts. Les culpabiliser peut fonctionner. Oui, ça marche. Ils ne savent plus comment réagir. Dépite ils se tirent en soupirant d’exaspération. Sauf toi. Binders. Tu t’approches de moi. Je suis désolé. Bien. Et… Et ? C’est vrai que tu l'es. Quoi ? Mignon. L’as-tu réellement dit ? T’es vraiment débile.

 

Un jour le cours de ma vie de collégien changera. Glandouillant dans un parc proche du collège, mes amis et moi nous amusons à imiter des profs les tares, on se marre, je joue de la guitare. Puis, tu t’amènes avec tes grossiers amis, chahutant et ruinant la paisible joie de notre groupe. Vous vous installez un peu plus loin, pour une de vos activités favorites, rouler des pelles à sa girl friend. L’un de vous se lève et maintenant il se tient devant moi. L’avorton, viens avec ta guitare. Tu vas nous jouer des morceaux sympas, tu sais, comme des ballades. Pour faire plaisir à nos copines. Allez, viens. Hors de question. Comme si j’avais envie de jouer juste à côté de Binders, sa salive mêlée à celle d’une fille. Ce n’était pas une question. Mais un ordre. Ça ne va pas la tête. Un ordre ? Je n’ai pas de parents. Et mon frère ne m’a jamais ordonné quoi que ce soit. Tu pourrais en prendre de la graine de sa méthode de la fermeté sereine qui donne envie d’accomplir avec plaisir ce qu’il demande. Espèce de tocard. Ramène-toi. Dépêche-toi minus. Non. Agace tu t’énerves. Tu te mets à me tirer en empoignant mon t-shirt. Je résiste. Tu me traînes. Tu nous fais chier. Ce n’est pas la première fois. Cette fois-ci tu vas le payer. Tu te mets à me frapper au niveau des côtes et du ventre pour que je sois tétanisé. J’ai mal. Irrite je vais me défendre connard. Je te jette le pire des mauvais sorts. J’y crois. Et si je possédais ce don ? De toute façon, ta vie sera pourrie. J’en suis sûr. Binders ! Tu interviens. Arrête. Laisse-le. On se casse. Ce parc, c’est qu’un endroit pour les gosses. L’autre débile ajoute. Tu n’as pas intérêt à en parler. Sinon, attends-toi au pire. Dégage avec ta violence de minable. Je m’assois contre un arbre. J’ai mal. Mes copains. Ça va ? Les pauvres, ils ont eu peur de se faire tabasser aussi. Je ne leur en veux pas, mais il faudrait qu'on apprenne à se défendre. Ça va aller. Je préfère rester seul. Contre cet arbre. Il faudrait que j’arrive à me lever. Si mon frère l’apprenait, il serait capable de tous les dégommer, ces gros nases. Je délire. J’ai mal. Binders. Tu reviens. Punaise. Aurais-tu des remords ? Attention, je suis contagieux. Tu sais bien. Comment tu te sens ? Pas très fort. Je vais t’aider. On peut aller chez moi. Ce n’est pas très loin. Voir ce qu’on peut y faire. D’accord. Tu m’aides à me relever et à marcher jusque chez toi. Je ne dis rien. Je reste sur mes gardes. Pourquoi serais-tu gentil avec moi ?

Dans ta chambre. Allongé sur ton lit. Je pense que c’est mon cœur sur le point d’exploser qui m’achèvera, pas les coups reçus. Je vais te passer cette pommade. Elle atténuera la douleur et l’aspect des bleus. Tu t’y connais ? Un peu. Je fais du vélo cross et j’ai une brute comme grand frère. Tu soulèves mon t-shirt et délicatement tu commences. Je songe. Mon cœur va lâcher. Aujourd’hui encore je suis fou de ce fantasme. Le blessé et celui qui le soigne. Je l’ai replacé dans chaque histoire d’amour que j’ai imaginée. Dans tous les temps. L’Antiquité. L’esclave fouetté, sauvé par un nouveau maître compatissant. L’indien et le cow-boy. Le paysan et le prince. L’être venu d’une autre planète et le scientifique. Il y a toujours un moment de blessures et de soins, rapprochant ainsi physiquement et sentimentalement les deux protagonistes. Sauf que c’est celui qui soigne qui tombe amoureux, pas le soigné, en fait, lui, il sait qu’il l’est déjà. Alors nous y sommes. La blessure et l’amour. Tu termines. Tu t’allonges contre moi. Qu’est-ce que tu fous ? Tes parents. Quoi ? Tes parents. Tu vis dans une famille d’accueil ? Non, mon frère a ma garde. Il est beaucoup plus âgé. D’ailleurs, il est fort. Pour de vrai. Il pourrait vous atomiser, toi et toute ta bande de crétins. Fort bien. Ce n’est pas le mien qui me défendrait. Lui, s’il pouvait m’enfoncer d’avantage. Nathaniel, quel joli prénom. Binders. Un peu rugueux. Passable. Tu ris. Mon prénom signifie chasseur dans la langue de mes ancêtres. Kiss my name. Tu es le chasseur de mon âme, tu m’as lancé une flèche en plein cœur. Chasseur de mes deux. Tes yeux, ils sont si grands et noirs ou plutôt bleu sombre comme les nuages d’un soir d’orage. Tu te sens l’âme d’un poète maintenant ? Pourquoi tu traînes avec ces méchants ? Tu es comme eux ou pas ? Je traîne avec eux. Voyons. Peut-être pour me protéger. Te protéger de quoi ? Me protéger. Parce que. Parce que j’ai envie de t’embrasser. Et tu le fais killing me softly. Espèce d’enfoiré. Mon premier baiser. Est-ce que tu te fous de ma gueule ? Shiny day. Je pars loin si loin. Vers cette douceur infinie.

De retour chez moi. Comen. La fin de la journée. Ce moment où j’aime bien venir m’asseoir sur tes genoux. Tu m’accueilles dans tes bras de tendresse et je te raconte ma journée. Mon frère. Je suis amoureux. De qui, mon trésor ? De ce garçon que tu as déjà évoqué ? Oui. Binders. Je te le raconte. Tu vois le truc. Si c’est que tu veux. Pas de problème. Tu passes une main sur mon ventre. Aïe. Tu surprends ma grimace. Tu sens que c’est un peu enflé. Tu vois les marques. Qu’est-ce qui s’est passé ? Juste un abruti du collège. Je dois en parler au directeur ou j’irai parler directement aux parents de ce lâche. Ça ira. Ce n’est pas la peine. Je dois faire quelque chose. Bien. Qu’importe. Car regarde mon frère comme je suis amoureux. Si cela te rend heureux. Mais la voie que tu es en train de prendre. Un garçon. Ce n’est pas un chemin facile. Non. Oublie ce que je viens de te dire. En fait, je n’en sais rien. Dans tous les cas, je serai toujours là pour toi. Surtout, ne fais rien dont tu n’as pas envie, personne ne doit te forcer à faire ce dont tu n’as pas envie. Oui, je comprends. Que ce que tu veux. Ce que je veux ? Je ne sais même pas ce que l’amour veut de moi.

De profond l’amour se tourne vers la lumière.

 

 

 

J’ai 13 ans

 

 

J’ai treize ans. Ce que l’amour veut de moi ? Je n’en sais pas plus. Pas grand-chose apparemment. Depuis ce baiser. Rien d’autre. Le temps n’est pas encore venu. J’ai le temps justement il paraît. Oh, Binders. On se voit maintenant. Tu viens chez moi. Il faut croire que tu aimes bien passer du temps avec moi. Dans ma chambre. Notre activité favorite consiste à nous entraîner au chant. En duo. Il faut croire que tu aimes bien tenir la...

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