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L'Enfant du Gué

De
109 pages
Histoire d'un garçon né dans un milieu pauvre et isolé, près du canal du centre, très tôt impressionné par le comportement toujours solidaire de ses grands parents envers les canalous, immigrés pour la plupart, et guère familiarisés avec notre langue. Appelé par la suite à gérer un gros pavillon à la Cité internationale universitaire de Paris au milieu d'étudiants d'une centaine de nations, qui avaient souvent besoin d'un réconfort moral et même matériel, il s'interrogera jusqu'à la fin de sa vie sur la nécessité pressante pour chaque individu d'accéder au "vrai savoir".
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l'Enfant du Gué





RÉCITS INTIMES











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© Éditions Le Manuscrit, 2005
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-6097-5 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-6096-7 (livre imprimé) ANDRÉ LAGOUTTE




CHAPITRE PREMIER



LE MAL D’ETRE

Par ce gué, berceau de mon existence, on traversait un
ruisseau, la Thalie, qui longeait le canal du centre pour se
rendre sur la grand-route, RN6 actuelle, en passant devant
l’écluse N°42 et la ferme auberge fondée et exploitée par mes
ancêtres maternels : L’ Auberge du Gué de Niffet ». Elle
s’était développée au moment où les écluses avaient dû être
allongées pour permettre aux grandes péniches d’utiliser
toutes les voies navigables, ce qui avait nécessité le
creusement à la pioche de rigoles de déversement. Aussi un
grand nombre d’ouvriers avaient besoin d’une nourriture
substantielle pour assurer tous ces travaux de force qui
devaient durer plusieurs mois.

La grand-mère qui l’exploitait était une maîtresse femme
qui vit tout de suite qu’une baraque en bois et un bon
« garlot » allaient être nécessaires pour réchauffer toutes ces
gamelles et au besoin procurer un petit surplus à tous ces
grands gaillards : voire des omelettes, du fromage blanc à l’ail
vert et bien sûr des « chopines de rouge », ce qu’elle entreprit
aussitôt et les résultats escomptés ne tardèrent pas. Mais tout
a une fin et les chantiers partis firent place à d’autres activités.


9 L'E N F A N T DU GUÉ



Les anciennes embarcations tirées par les femmes ou
même les très jeunes enfants, comme ces deux petites
orphelines de huit et dix ans à peine sur lesquelles on avait
adapté les harnais de leur pauvre et jeune maman emportée
trop vite par la misère et qu’on nommait la mère
Montchanin (lieu de son port d’attache) malgré son jeune
âge et que nul n’avait été capable jusque-là ou peut-être
simplement voulu retenir son nom étranger, pendant que le
marinier restait à son gouvernail en vociférant des ordres à
ces pauvres créatures, furent remplacées par de plus grandes,
hâlées maintenant par des mulets habillés de filets
multicolores, portant eux mêmes leur sac à grain, ce qui
amenait de nouveaux pensionnaires à l’auberge : Les
bourriques et les mulets.

Il fallut donc construire des écuries et prévoir
des stocks de paille, de foin et de grain pour tout ce
nouveau monde qui ne cessait d’affluer. Il faut dire qu’à
cette époque le passage de l’écluse se faisait avec le
concours de l’éclusier qui fermait son sas à partir du
coucher du soleil jusqu’à son lever et que les canalous
habiles doublaient les moins doués, profitant de la
longueur des biefs pour arriver devant l’écluse les premiers.
Le bief en amont du gué de Niffett n’était pas très long,
mais il n’était pas rare de voir quand même le soir, quatre
ou cinq péniches en attente de passage ; les attelages étaient
alors mis en pension pour la nuit chez la mère Pichard,
mon ancêtre. Les âniers y prenaient aussi leur nourriture de
base : lait,œufs, fromage etc…

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