Le Kasàlà: une école de l'émerveillement

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Art oratoire d’inspiration africaine, le kasàlà est un poème cérémoniel, une manière élogieuse, publique et solennelle de nommer la personne. Le poète célèbre l’autre, se célèbre lui-même et célèbre l’humanité ainsi que le mystère de la vie.

Le kasàlà s’énonce toujours devant une communauté et incarne des valeurs humaines fondamentales telles que la solidarité, la générosité, la gratitude, le courage... En lien avec la pleine conscience, il est une invitation à la présence attentive aux êtres et au monde. Il crée du lien, déploie la capacité à s’émerveiller et à percevoir la beauté singulière de chacun. Il révèle la personne à elle-même et à autrui, la renforce et augmente son pouvoir d’agir.

Cet ouvrage donne un généreux et inspirant aperçu de poèmes d’origines diverses. Il partage également une méthode pour créer et diffuser cette précieuse démarche humaine.

Apprenez à louer la vie en louant les autres !

Congolais d’origine et belge d’adoption, Jean Kabuta a été un professeur passionné de néerlandais et d’anglais au secondaire. Il a ensuite enseigné la linguistique et la littérature africaines à l’Université de Gand en Belgique. Aujourd’hui retraité, il s’occupe de l’association Kasàlà et est très actif en Europe, en Afrique et en Amérique.


Publié le : mercredi 29 juin 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782889053384
Nombre de pages : 176
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Le Kasàlà Une école de l’émerveillement
Célébrer la vie dans la personne par la louange
Jean N.S. Kabuta
«Croyez en vous-même Et sachez que vous êtes quelqu’un ! »
M.L. King
Catalogue gratuit sur simple demande.
Éditions Jouvence Avenue Adrien-Jeandin 1 1226 Thonex – Suisse Mail :info@editions-jouvence.com Site internet :www.editions-jouvence.com
© Éditions Jouvence, 2015 © Éditions numérique Jouvence, 2015 ISBN 978-2-88905-338-4
Couverture et mise en pages : Virginie Cauchy Tous droits de reproduction, traduction et adaptation réservés pour tous pays.
I
II
III
IV
V
VI
Préface
Table des matières
Introduction : qu’est-ce que lekasàlà?
Aux sources dukasàlàou la force du nom
Dukasàlàtraditionnel aukasàlàmoderne et universel
Au cœur dukasàlà
L’art de célébrer : créer et réciter unkasàlà
Comment animer un stage ou une séance dekasàlà?
Conclusion
Références bibliographiques
Notes
Préface
«Si vous avez de la chance, un lieu vous façonnera, vous sculptera, vous pliera, pour vous affermir et vous affaiblir en même temps. Vous échangerez votre vie pour avoir le privilège de cette expérience : la joie du lieu. »
Rick Bass
Hérité de son Afrique natale, lekasàlàqu’il est enseigné, appris, puis déployé et tel transmis par Ngo Semzara Kabuta, est une excellente école de l’émerveillement Bien plus qu’un concept ou une méthode, lekasàlàest un lieu, un espace jubilatoire qui est situé à la fois au-dedans et au-dehors des personnes
Il devient ainsi un espace à la fois philosophique et poétique collectivement habitable, au sein duquel il devient possible d’apprendre à célébrer la Vie par-delà les personnes Une attention vive, une écoute attentive orientée vers la vie dans la personne, dans soi-même comme dans l’autre, ainsi que dans les situations qui contiennent nos rencontres, sont au cœur de cet art de la célébration
La notion de célébration est ici soigneusement choisie Elle fait référence à cet extraordinaire pouvoir dukasàlà de créer des conditions pour que s’installe un espace sacré, bien que laïque Un espace qui accueille un ensemble de rites, de récits, de relations et de signes, qui rassemblent en un moment et en un lieu donnés, une communauté qui veut renforcer sa cohésion, honorer son passé et s’ouvrir à ce qui vient
L ekasàlà devient ainsi dans le monde moderne, un art communautaire, un art relationnel, un art du lien C’est une pratique qui promeut un lien radicalement authentique avec soi-même, indissociablement lié à une rencontre en soi avec l’Autre et à une facilitation de la rencontre d’autrui, deux conditions qui nous permettent d’advenir à notre devenir
L ekasàlà est une pratique poétique qui s’écrit, s’énonce, s’écoute et se goûte Dans ce contexte l’expérience esthétique cesse de nous apparaître comme quelque chose de foncièrement intime et individuel Nous sommes dans une expérience singulièrement éprouvée et pourtant collectivement partagée
Une telle expérience constitue une occasion de renaissance Ici, le récitant comme l’écoutant sont saisis par le même élan de célébration Ils ne sont pas là ni pour dire, ni pour comprendre, mais pour naître ensemble à la véritable relation
Dans un atelier dekasàlà, tous les participants ont l’occasion de s’approcher d’eux-mêmes et des autres, de la vérité qui habite chacun et nous transcende tous Ils peuvent ainsi être
dans la découverte de leur vrai visage, de leur juste parole, singulière, habitée de manière autonome et responsable
Ainsi, nous constatons que chaque participant est en train de cheminer dans une meilleure compréhension de lui-même, tout en constatant et en reconnaissant avec d’autres ses capacités d’être autrement, d’aller encore plus loin Lekasàlà devient ainsi une véritable et délicate école de la dignité et de la responsabilité humaines
À cette école de la dignité et de la résistance émerveillée, l’expérience est non seulement savoureuse, mais elle est aussi transformatrice Occasion de renaissance Comme dans un atelier d’artiste, plus je travaille, plus je vois autrement, moi, les autres et le monde Ainsi, tout en moi et autour de moi devient de plus en plus inconnu, inconcevable, de plus en plus beau
Je sais, de cette manière, que je suis dans cet instant-là en train de naître à la vie, d’entrer dans la vie Tout se présente comme si mon existence tout entière se gorgeait de vitalité – et que me dilatant, je remplissais de ma présence tout l’espace, enveloppant tous les objets que j’aperçois et tous les êtres que je rencontre Lekasàlàdevient ainsi une école de présence Un cadeau inestimable que l’Afrique o<re au monde à travers le précieux travail de Jean Kabuta, =ls de sa terre, de ses langues et de ses sagesses Qu’il en soit remercié
« Le plaisir que me fait un homme par son être même, par son timbre, son abord, son tour de parole, je lui en suis plus reconnaissant que d’un service rendu, d’un bienfait volontaire. Un tel homme communique la vie, augmente la mienne. »
Jeanne-Marie Rugira Rimouski, le 15 juillet 2014
Paul Valéry
Belle tendre Sensuelle et dévouée Je suis l’Oiseau-de-feu Dépravé Qui fait renaître à la vie Les plus endurcis Qui ouvre les cœurs Des noirs pécheurs Et délie les âmes À travers les cuirasses. ... Aurélie Thuy Nguyen (Kasàlà de la Geisha, 2013)
Introduction : qu’est-ce que  le kasàlà ?
I.
Belle tendre Sensuelle et dévouée Je suis l’Oiseau-de-feu Dépravé Qui fait renaître à la vie Les plus endurcis Qui ouvre les cœurs Des noirs pécheurs Et délie les âmes À travers les cuirasses.
... Aurélie Thuy Nguyen (Kasàlà de la Geisha, 2013)
Voilà unkasàlàLe mot ! kasàlàdésigne à l’origine un genre poétique et musical en qui 1 cilubà, recouvre aujourd’hui les notions reprises ci-dessous. Celles-ci sont reliées par les traits récurrents suivants : genre poétique, célébration de la vie à travers la personne, gures de style laudatives, noms propres, réels et ctifs, ampliés. Lekasàlà, c’est donc : u npoème-récit, cérémoniel, constitué de deux volets principaux qui peuvent se présenter simultanément ou séparément :kasàlà de l’autre et kasàlà de soiouauto-louange. Cependant, si la louange occupe une place importante dans lekasàlà, elle n’est qu’une gure de style et non un but, et lekasàlà est beaucoup plus que la louange. Lekasàlà traditionnel relève entièrement de l’oralité. Mon parcours est tel que l’écriture s’est imposée avec bonheur, en tant que support à la fois stable et able, qui permet de mieux conserver les textes, tout en en facilitant la composition. L’écriture a aussi ceci de fascinant qu’en la pratiquant pour réaliser unkasàlàqui suppose souvent de la (ce méditation) – et quand il s’agit dukasàlàde l’autre, une enquête et de la documentation –, on se sculpte soi-même, on se crée, on se rencontre soi-même et on se connaît mieux. Par ailleurs, l’écriture fait dukasàlàune matière visuelle, dimension qu’on peut accentuer par une disposition typographique particulière. Ainsi, on peut avec les mots, dessiner toutes sortes de gures, telles que des ronds, des rectangles ou des coupes. En bref, on peut jouer avec les signes comme on veut, le jeu étant une démarche qui allège l’esprit et lui permet de prendre du recul par rapport aux événements. Mais après avoir écrit le texte, on revient toujours à l’oralité pour le faire vivre, car on l’énonce devant un auditoire, que le texte soit récité, chanté ou lu.
L ekasàlàun récit parce qu’il se focalise sur la biographie ou un fragment de est biographie, en y ajoutant une dimension à la fois poétique et épique. Le bénéciaire apparaît ainsi comme un héros, perçu dans sa capacité de relever des dés. Le héros traditionnel luttait contre des guerriers, des monstres ou autres êtres surnaturels. Le héros moderne lutte contre des croyances, l’ignorance, la peur, la misère, etc. Il lutte pour acquérir la connaissance, la reconnaissance, la liberté. Il veut, légitimement, reconquérir sa place parmi les humains. La parole forte, révolutionnaire, qu’il utilise à cette n, c’est lekasàlà moderne. Elle lui révèle de nombreux ancêtres : savants, penseurs, activistes, qui ont peuplé l’Histoire et contribué au développement de l’humanité depuis l’Antiquité. 2 Lisons un extrait dukasàlàintituléJe me dresse:
Je suis Lubuta Bênyì Oiseau nocturne
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