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Les enfants abusés

De
113 pages
Une jolie maison bleue. Une famille, le père, la mère et les trois enfants. Ceci pourrait être le début d'une belle histoire mais c'est le récit d'un enfer. Le père maltraite les enfants. Violence, souffrance et silence. L'histoire aurait pu continuer ainsi, les enfants auraient grandi et se seraient tus et les voisins aussi. Mais l'un des enfants s'oppose, sa rébellion va lui coûter la vie. Après, pour ceux qui restent, c'est une autre souffrance qui s'installe et qui dure mais sans le silence. Frédéric est mort mais il a brisé le silence
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Avertissement de l’éditeur
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contact@manuscrit.comLes enfants abusés© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0391-2(pourlefichiernumérique)
ISBN: 2-7481-0390-4 (pour le livre imprimé)Ben Epou
Les enfants abusés
DOCUMENT/REPORTAGE/INVESTIGATIONJe dédiecelivreaux gens qui ontsouffertdans leurenfanceouqui
simplement,ontétéabandonnés. Danslavie,deschosesvousarrivent
etvousparalysent. Parfois,vousarrivezàlessurmonter. L’expérience
douloureuse,envérité,faitdevousunepersonneplusforte,maisparfois
vousneparvenezàsurmonterlesépreuvesquejusqu’àuncertainpoint.
D’autresfoisaussi,certainespersonnesn’arriventpasdutoutàlaisserle
passéderrièreellesetàcontinueràvivreleurvie. Enécrivantcelivre,je
voulaisfairepasserunmessage. Celivre,écritàpartirdetémoignages,
montrelavraiedouleurquelesenfantsmaltraitéssubissent.
Je remercieChristine Rouviere pour son aidepour les corrections
grammaticales etses encouragmentsKELLY
Kellyadescheveuxtrèsnoirsetlongsquibrillent.
Elleaseizeans. Elleestpleined’énergieetaimebeau-
coupparler. Samèreetellenes’entendentpastoujours
très bien.
François est son frère. Ils se disputent quelques
fois, mais ils sont très proches. Ils se disent tout. Ils
se racontent des choses. Elle travaille bien. Elle ne
fume pas, ne boit pas. Elle ne se drogue pas non plus.
C’est une fille normale, c’est-à-dire que des choses
normaleslui arrivent. Ellea beaucoup souffertdanssa
vie, François aussi a souffert à cause de leur père. Ils
ont goûté la souffrance, l’ont mangée, l’ont bue, ils y
ontnagédedanscommedansunepiscinedesangsaléet
amerbrûlantlapeau. Françoisaimebeaucoupsasœur
et ferait n’importe quoi pour elle. D’où vient cette
amitié fraternelle intime ? On dirait que c’est leurs
souffrances qui les a réunis. Notamment l’incident
qui l’avait clouée dans un lit d’hôpital quand elle était
petite.
« Sorslapoubelle,mafille.
- Oui, dans cinq minutes, je finis de regarder
quelque chose.
-Non,faisle maintenant.
- S’il te plaît, père !»
Elle était restée là, bien installée dans le fauteuil
à regarder la télévision. Le père la regardait d’un air
9Les enfants abusés
mauvais, mais comme toute son attention était captée
parlefilmellen’apasvu quesonbeau-pèren’étaitpas
content. Ils’estlevéetacommencéàmarcherverselle.
En attendant ses pas, elle s’est levée pour exécuter ses
ordres. Trop tard !
«Tufaiscequejetedis! Ilfautsavoirobéiràses
parents ! »
Il la gifla et puis dit :
« Tu m’écoutes !
-Biensurpapa. Jesuisdésolée. Jeneleferaiplus.
Laissemoisortir lespoubelles !»
Lesmotsdésespérés!
« Tu es désolée ! On est toujours désolé ! Vous
êtestoustoujoursdésolés! Jevaistemontrercequece
mot veut dire. »
Il l’a gifla de nouveau et commença à lui donner
descoupsdepiedsplusviolents. Ilgrinçaitdesdents. Il
la jeta par terre. Elle pleurait. Elle le suppliait d’arrê-
teravecunetoutepetitevoixdouloureuse:
«Jesuisvraimentdésoléepapa,jeneleferaiplus.
Jet’enprie,jet’enprie, jet’enprie.»
Ces mots étaient vains. Le beau-père la battait
seulementdeplusenplusfortendisant:
«Tais-toi,jetedis! Jetedisdetetaire!»
Pendant qu’il était en train de lui donner des
coups pieds la mère est entrée dans la pièce et vit sa
petite fille complètement ensanglantée sur le sol. Elle
avait des traces de coups partout. En fait, il l’avait si
brutalement battue qu’elle ne bougeait plus. La mère
semit àcrier, repoussa l’homme avecviolence et a prit
safille. Ensuite,elleappelalapolice.
Combiendefoisdetelleschosesétaientdéjàarri-
vées à ses enfants et elle n’avait rien fait ? Combien de
foissesenfantsavaientsouffertcarellen’avaitrienfait?
Mais est ce que c’était de sa faute ? Elle aussi souffrait
elle aussi et souffre toujours. Ce n’était pas une souf-
france physique infligée par son mari, mais plutôt une
10Ben Epou
souffrance mentale à cause du comportement de son
épouxetlafaçondontiltraitaitsesenfants.
LesblessuresétaientsigravequeKellyestrestéeà
l’hôpitalpendantdeuxsemaines. Sonfrèrevenaitsou-
ventluirendrevisite. Souvent,illuilisaitdesbouquins.
Ilrestapendantdeux week-ends entiers. Ilsemettaità
côtéd’elleetfaisaitsesdevoirs. Onlevoyantlà,sasœur
se sentait mieux.
Quandelleestsortiedel’hôpitalsonpèreluiavait
dit :
«J’aiétéenprisonàcausedetoi. Tuvoisceque
tu as fait ! »
Sa fille avait reculé.
« Je suisdésolée papa. Papa je voulais seulement
voir la fin du film.
- Tu vas recommencer ? Tais-toi, et vas dans ta
chambre etne faisaucun bruit!
-D’accord,papa. Jesuisdésoléepourcequis’est
passé. Tu me pardonnes? »
Lamanièredontelleavaitditcettephraseavectant
de sentiment, de tendresse, et
d’amour avait rendu son père triste pendant une
seconde,justeunetoutepetiteseconde.
Maispendantcetinstant,iln’osaitrienluidire,ni
la regarderen face. Quepouvaitéprouver cet homme,
qu’est ce que ce misérable éprouvait à ce moment pré-
cis? Delapitié,duregretd’avoirbattusafillejusqu’au
sang pour une raison tout à fait idiote ? Mais comme
c’était un mec qui avait le cœur dur, il avait chassé ce
sentiment pour ne pas se sentir mal. Il n’aimait pas
avoir tort, il ne pouvait pas se dire que c’était lui qui
avait tort. Donc, il se mentait, et ce qui est pire en-
core et surtout triste, c’est qu’il arrivait toujours à se
convaincre. Enfait,cettecapacitéàsementir grandis-
saitenluichaquefoisqu’illesbattait. C’étaitunhomme
quipossédaituneterriblecapacitéàfairelemal. Ilétait
sidouéqu’aprèsquelquesannéesilavaittoutàfaitamé-
lioré cette aptitude. Il ne battait plus ses enfants parce
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