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une petite fille des années 50

De
135 pages
Qui ne s'est jamais préoccupé de la fuite du temps et des changements du monde qui font que ce qui est aujourd'hui n'est plus ce qui était hier? Et qui n'a eu envie de laisser à ses enfants, petits enfants, neveux, nièces, le souvenir des toutes petites choses qui ont fait la vie d'autrefois? Pour que ne soit pas tout à fait perdue la mémoire de ce qui était le quotidien des personnes de son âge et la vie d'antan...Pour que ses enfants , petits-enfants, neveux, nièces, sachent comment vivaient leurs parents, grands-parents, oncles, tantes, dans un monde encore proche et pourtant souvent si différent du leur... Voici donc le récit des souvenirs d'une petite fille des années 50...
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2 Titre
Une petite fille
des années 50
3Titre
Michèle Latrille
Une petite fille
des années 50
Le temps d’avant - souvenirs d’une
enfance révolue
Mémoires
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01710-6 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304017106 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01711-3 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304017113 (livre numérique

6 . 8 Préambule

PREAMBULE
Qui ne s’est jamais préoccupé de la fuite du
temps et des changements du monde qui font
que ce qui est aujourd’hui n’est plus ce qui était
hier ; et qui n’a eu envie de laisser à ses enfants,
petits enfants, neveux, nièces, le souvenir des
toutes petites choses qui ont fait sa vie
d’autrefois ? Pour que ne soit pas tout à fait
perdu le souvenir de ce qui était le quotidien
des personnes de son âge et la vie d’antan ?
Pour que ses enfants, petits-enfants, neveux,
nièces, sachent comment vivaient leurs parents,
grands-parents, oncles et tantes, dans un monde
encore proche et pourtant souvent si différent
du leur…
Comme tant d’autres avant moi, j’ai donc dé-
cidé un jour, tout en restant consciente que ma
propre histoire offre un intérêt limité,
d’entreprendre pour les miens le récit de mes
souvenirs de petite fille. Une petite fille des an-
nées 50, en France. J’ai d’ailleurs le sentiment
que, en évoquant pour mes proches ce qui fut
mon propre parcours, c’est souvent celui de
9 Une petite fille des années 50
bien des gens de ma génération et le mode de
vie d’une époque que je tenterai de faire revivre.
Je me rends compte à cette occasion que
l’écart entre la façon de vivre au quotidien,
voire la manière de penser et les idéaux qui sé-
paraient notre génération de celle de nos pa-
rents et, plus avant, celle de leurs parents de la
leur, devait être presque moins grand à certains
égards que celui qui sépare la génération de nos
enfants de la nôtre. Les modes de vie, les
moyens et les aspirations ont tellement changé
en un demi-siècle, qu’il est sans doute difficile
pour des jeunes d’imaginer toujours pleinement
notre manière de fonctionner à nous les natifs
de l’après-guerre. Qui plus est, nous-mêmes
sommes parfois les premiers étonnés en repen-
sant à notre propre passé, à bien des égards si
différent de notre présent. Nous habitions un
peu un autre monde…
En fait, si mon parcours peut sembler per-
sonnel et l’est sûrement parfois, il est égale-
ment, je pense, le reflet de ce que beaucoup de
gens nés comme moi autour des années
d’après-guerre ont vécu et se veut en cela un
témoignage parmi d’autres. Témoignage d’une
époque où la France était autre que celle que
nous connaissons aujourd’hui. Et notamment
parce que, même si les industries y étaient déjà
prospères, le pays restait malgré tout encore en
grande partie rural et la majorité des habitants,
10 Préambule
des paysans ou assimilés même si beaucoup as-
piraient déjà à quitter la campagne, abandonner
les sabots et « monter à la ville » pour y réussir
et grimper grâce à « l’ascenseur social ». Mieux
que leurs aînés pensaient-ils, même s’ils ne
l’avouaient pas toujours, faire une brillante car-
rière et bâtir sur des valeurs qui allaient peu à
peu changer totalement la silhouette de notre
pays. Un pays qui, en quelques décennies passe-
rait ainsi du sarrau au bleu de travail des ou-
vriers, à la société industrielle et au col blanc
des employés du tertiaire.
Ainsi donc, ma petite vie d’enfant qui a vécu
à la fois à la campagne parfois et en ville le plus
souvent, au milieu de provinciaux d’origine
paysanne, comme la majorité des français dans
les années 50, et avec des personnes nées ou
devenues citadines pour celles qui ne l’étaient
pas d’emblée, ressemble certainement beaucoup
à celle d’une grande partie de mes congénères.
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MOI, PETITE FILLE DES ANNEES 50
Je suis donc née le 21 août 1946 à Paris
14 ème, un arrondissement où l’on naissait
beaucoup en ces années là, car bon nombre des
maternités parisiennes y étaient situées, et suis
Michèle, l’aînée des enfants de Paul et Jacque-
line et la sœur de Dominique (8 août 48), Fran-
çois (21 décembre 55) et Bernard (21 septembre
57). Nos prénoms étaient les prénoms de ce
temps tout simples, classiques, choisis dans un
catalogue de grands saints et témoignent en
eux-mêmes de nos années de naissance, à une
époque où l’on ne souciait pas de savoir qui
était la dernière vedette à la mode pour en don-
ner le prénom à son bébé.
Ma sœur et moi nous appartenons à la géné-
ration des baby-boomers, tous ces enfants nés
juste après la guerre, au moment où la paix et le
bonheur de vivre revenaient enfin en France.
Si je suis née à Paris tout comme mes frères
et sœur, c’est parce que notre père, bien des an-
nées plus tôt, avait quitté sa Normandie natale
pour aller conquérir la grande ville, d’autant
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