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ÉDITIONS JOUVENCE
Avenue Adrien-Jeandin 1 1226 Thonex — Suisse Site internet :www.editions-jouvence.com E-mail :info@editions-jouvence.com
© Éditions Jouvence, 2015 © Édition numérique Jouvence, 2016 ISBN : 978-2-88905-342-1
Composition : ZOL Graphique (17) Couverture : Éditions Jouvence Illustration spirale p. 181 : © Fotoschlick - Fotolia
Tous droits de traduction, reproduction et adaptation réservés pour tous pays.
Béatrice Thomas
Devenez un acteur de changements
Plaidoyer pour un engagement citoyen !
Avec les témoignages inspirants de plusieurs acteurs de changements dontJacques Languirand, Guy Corneau etThomas d’Ansembourg
Introduction
1. En quête de sens
SOMMAIRE
Première partie : Acteur de changements : pour… quoi ?
2. Acteurs de changements : QUI sommes-nous ?
Entrevue avec Jacques Languirand
3. Nos aspirations profondes, nos espoirs
Seconde partie : Choisir de révéler et d’exprimer sa raison d’être
Éclairage et réflexions de Guy Corneau sur les acteurs de changements de notre époque
4. Être un acteur de changements engagé à titre personnel
Le témoignage inspirant de Thomas d’Ansembourg 5. Être un acteur de changements en tant que parent 6. Être un acteur de changements au niveau collectif 7. Être un acteur de changements dans sa vie professionnelle 8. Devenir un acteur de changements
Conclusion Remerciements À propos de l’auteur Notes Bibliographie
À Camille, ma fille, avec tout mon amour.
INTRODUCTION
En tant qu’être humain et citoyenne, je me questionne comme bon nombre de personnes que je rencontre lors d’interventions en Europe et au Québec. Je constate que nous partageons légitimement les mêmes préoccupations : Dans quel monde vivons-nous ? Qu’est-il devenu ? Est-ce celui que nous voulons transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants ? Ces questions sont douloureuses et vertigineuses à la fois. Elles nous renvoient à nos peurs, à notre culpabilité d’avoir « laissé faire », à un sentiment de honte, à une soif d’autre chose… autrement. Tout semble nous échapper… et nous confronter à notre propre impuissance. Serons-nous contraints (nous et les générations à venir) de subir… sans dire un mot ? Serons-nous contraints de SURvivre ? Est-ce une fatalité ? Avons-nous la possibilité de choisir et d’in0uencer le cours des choses ? Pouvons-nous encore y croire ? Avons-nous à ce point renoncé que nous nous sentons si impuissants ? Sommes-nous prisonniers d’un monde que nous avons contribué à façonner ? Le moment ne serait-il pas venu de faire le bilan ? De regarder la situation en face et deprendre acte? Le moment ne serait-il pas venu d’agir? Agirattendre des autres, d’un pouvoir ou d’une autorité en place, en espérant sans qu’ils le fassent à notre place et potentiellement… à nos dépens. Agirnos valeurs, nos convictions, nos désirs, nos aspirations, nos envies pour selon donner plus de sens à notre vie. Et ainsi, vivre pleinement et de manière plus engagée. Nous pressentons, nous ressentons et nous savons tous au fond de nous que nous sommes à la croisée des chemins, de nos façons de vivre, de penser et d’agir. Ce croisement est aussi bien global que local, qu’il s’agisse des individus, de nos sociétés, de nos entreprises ou de notre planète. • Et si nous décidions de nous remettre en cause et d’accepter la réalité pour mieux la transformer ? • Et si nous créions, nous bâtissionsensemblenotre avenir et celui de nos enfants ? • Et si nous étions à l’aube d’une nouvelle ère qui nous o9re de nouvelles perspectives, de nouvelles opportunités, des réalisations dont nous serons dignes et fiers ? Tout cela dépend de chacun d’entre nous. C’est à notre portée. Aujourd’hui. Ce choix repose sur notre responsabilité morale individuelle, citoyenne et humaniste. L’avenir de notrehumanitéen dépend. La nôtre, celle des générations à venir et sans doute, celle de notre espèce.
Pour celles et ceux d’entre nous qui ont choisi d’acter et d’agir en prenant part au dessein du monde dans lequel nous vivons :devenons des acteurs de changements !
Première partie
Acteur de changements :
pour… quoi ?
« L’espérance, c’est croire que la vie a un sens. » ABBÉ PIERRE
1. En quête de sens
Comment rester impassibles, insensibles, inconscients devant les constats qui sont les nôtres aujourd’hui ? Les médias, quels qu’ils soient, nous les donnent en pâture à longueur de journée, sous forme d’images, d’écrits, d’analyses, d’études ou de faits irréversibles. Comment pouvons-nous être aveugles, sourds ou même… indifférents ?
Un parfait non-sens !
Au-delà des constats… qu’il s’agisse des crises ou déboires économiques et &nanciers évidents depuis 2008, que ce soit au niveau mondial, en Europe ou au cas par cas, pays par pays, nous vivons de plein fouet des crises sans précédents. Est-il encore utile de les nommer :
Crises financièreset leur coût sur les États et les particuliers, Crises économiques et socialesconcernant les systèmes de retraite, l’augmentation du prix des matières premières, dont le pétrole, l’accroissement du chômage, les baisses signi&catives du pouvoir d’achat, le gel des salaires, l’augmentation des taxes et impôts en tout genre, la diminution des avantages sociaux, un niveau d’endettement record des ménages, pour ne citer que cela, Faillitedes États ou pays dits « riches ou développés », Crises des peuples qui explosent dans les pays à régime autoritaire mais aussi démocratiques, ce qui est encore plus révélateur d’un mal d’être quasi généralisé, Crises politiques, du scandale au soulèvement des peuples… La dé&ance est de plus en plus présente et engendre un désintérêt croissant de la politique, et des politiques, tout en suscitant des votes de rejet non sans conséquence, Crise écologique avec la destruction programmée et progressive de notre planète : écosystèmes menacés, dérèglements climatiques, inondations, cyclones, ravages chimiques, pétroliers ou nucléaires… pour ne citer que ceux-là.
Les limites de nos ressources sont annoncées, nos inconsciences écologiques détériorent notre qualité de vie et la survie de nombreuses espèces. J’ajouterai, car nous n’en parlons jamais assez, que je suis toujours e5arée devant le nombre grandissant des souffrances psychologiquesau quotidien. Qui d’entre nous n’a jamais été exposé à un stress soutenu et quasi permanent, à la pression des résultats, celle de garder son emploi ou celle de maintenir son expertise, son niveau de compétences, son niveau de revenus ? Qui d’entre nous n’a jamais ressenti un mal-être qui se manifeste par des symptômes physiques en tout genre : mal de dos, problèmes digestifs, troubles du sommeil, troubles alimentaires… lesquels, à la longue, peuvent déboucher sur un épuisement, des dicultés d’adaptation, de la démotivation ou une plus ou moins grande déprime ? Il existe aussi des comportements « toxiques » au sein des organisations, tels que les di5érents types de harcèlements et de jeux psychologiques malsains dans les relations humaines, le manque de respect ainsi que certaines incompétences dommageables de personnes en responsabilité managériale. Est-il utile d’en énumérer davantage ? Chacun d’entre nous vit, ou plutôtsurvit, avec. Stéphane Hessel et Edgar Morin, dans leur livreLe Chemin de l’espérance, livrent ainsi ce constat mitigé : «La conjonction de l’aggravation de la crise de civilisation, de la crise de société et de la crise économique aggrave les périls. Les lézardes sociales deviennent cassures, l’exclusion s’accroît, nous allons comme des somnambules vers des désastres que l’on pressent mais qui demeurent encore imperceptibles.»
Sommes-nous réellement voués à vivre ainsi ? François de Closets, dans son livreL’Échéance, nous donne une analyse complète et détaillée, chi5res et études à l’appui, de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, et plus particulièrement de celle de la France. Impossible de contester ces faits troublants et même dérangeants. Il conclut son ouvrage ainsi : «Nous sommes à l’échéance, les Français le savent. La con$ance ne peut plus naître que de la vérité. Car la France n’est menacée que par son incapacité à regarder la réalité en face. Un peuple averti en vaut deux et, au bout des épreuves, retrouve l’espoir.» Dans quel sens allons-nous ? Ne serions-nous pas à contresens ?
« Connais-toi toi-même » Non seulement nos vies ont perdu leur sens profond, mais le plus alarmant est que nous vivons dans un parfait NON-SENS. Chaque jour, nous allons à l’encontre de ce pourquoi nous sommes faits, ce pourquoi nous sommes destinés en tant qu’êtres humains. Ce sens dont nous parlent les intellectuels, les sages ou les philosophes antiques et bien d’autres.
Socrate : « Connais-toi toi-même et tu découvriras le monde. »
Sénèque : « Qui êtes-vous mortels pour vous croire immortels… »
Lao Tseu : « La seule façon de s’accomplir est d’Être. »
Où est ce sens dans nos vies actuelles ? Chacun et chacune d’entre nous peut sans doute se sentir interpellé(e) par ces citations qui, au fond, nous livrent toutes le même message : vivez votre vie. Pleinement. En conscience. En toute liberté. Il s’agit ainsi de vivre une vie accomplie dans laquelle chacun, chacune d’entre nous exprime sa liberté d’être, ses rêves, ses aspirations, ses valeurs, ses talents, ses dons a&n de contribuer avec ses propres couleurs au monde qui l’entoure et de se sentir utile. Il s’agit d’avoir, à la &n de son existence, le sentiment de s’être accompli, d’avoir pleinement vécu, d’en avoir pro&té pour pouvoir la quitter sereinement, de n’avoir aucun regret. Bien entendu, la plupart d’entre nous ne se reconnaissent pas dans ces mots, nous réalisons souvent que nous passons (voire perdons) notre vie à la gagner. Dans une routine bien huilée. À une vitesse folle, ce qui ne nous laisse même pas le temps et le recul d’y songer ou d’en être conscient. En revanche, nous ressentons un vide. Un vide de sens, d’intérêt, d’amour, de partage, de joie et de liberté qui nous plonge souvent et de manière récurrente dans un mal-être. Une sensation de malaise plus ou moins profonde. Nous préférons alors nous couper de ce ressenti désagréable, inconfortable et dérangeant. C’est ainsi que la vie perd de sa saveur, de sa couleur et de son aura. Elle n’est qu’une éternelle répétition, un éternel recommencement. Un chemin tout tracé que nous suivons par conformisme, par mimétisme, impuissants et aveugles. Réussir sa vie, la gagner, atteindre ses objectifs de carrière, obtenir un statut social, une reconnaissance sociale, professionnelle ou familiale, avoir toujours plus, épargner pour la retraite, les études, etc.
Notre vie est dès lors aux mains des autres et soumise à leur jugement. Nous perdons le sens de notre existence, tout pouvoir sur notre vie, nos choix, nos sentiments, nos 1 ressentis ainsi qu’une forme de liberté. Nous devenons de « gentilles personnes mortes », 2 des « adaptés-soumis » de la société, de ses lois, de ses « diktats » inconscients et de ses règles tacites. Comment avons-nous pu nous perdre à ce point ? Comment avons-nous pu perdre la quête que nous portons en nous, perdre le sens même de la vie, perdre ce que nous sommes, perdre le sens des valeurs, du sacré, de l’honneur, perdre notre humanité, notre sensibilité, notre intuition, notre créativité et notre sagesse profonde. Aujourd’hui, ne sommes-nous pas davantage dans le non-sens que dans le sens profond de l’existence ? 3 Nos crises actuelles ne sont-elles pas un révélateur profond du mal-être et de cette perte de sens ? C’est en cela qu’elles sont essentielles car… existentielles.
La quête de sens
Qu’est devenu le sens profond de notre existence ? Où est notre quête ? Quel sens donner à notre existence pour que nous ayons chacun le sentiment de nous accomplir, de nous réaliser et de laisser, de transmettre une trace aux générations futures ?
Le mal d’être de nos sociétés n’est-il pas le reet de cette perte essentielle de sens ? Un mal d’être observable et mesurable : déprime, résistances aux changements, épuisement, dépression, suicide, frustration, violence, rejet, haine, etc. Il sut de constater l’évolution de la prise des anxiolytiques, antidépresseurs et autres calmants pour se l’avouer.
Déboussolés et perdus Où va nous conduire cette fuite en avant que nous faisons tous en nous réfugiant dans notre travail, nos moyens de communication toujours plus sophistiqués, une course du toujours plus, plus, plus… : plus d’argent, plus belle voiture, plus grande maison, etc. Sommes-nous conscients de nos fonctionnements et des impacts de ceux-ci sur la dégradation du monde actuel ? Oui, nous prenons part, consciemment ou non, à faire perdurer le problème, à l’encourager, à le susciter plutôt que de consacrer cet enthousiasme, ces e5orts, ces sacri&ces, cette énergie à se mettre en mouvement pour penser aux solutions qui s’offrent à nous et agir différemment.
Nous devons réintroduire un sens plus profond du but de l’existence. La tristesse qui règne dans tant de vies devrait nous apprendre que la réussite seule ne suffit pas. La 4 réussite matérielle nous a apporté une étrange banqueroute spirituelle et morale .
Car nous sommes destinés à bien plus que cela…
La pyramide des besoins de Maslow reste un éclairage intéressant sur nos besoins en tant qu’êtres humains. Au-delà des besoins dits « de base » nécessaires à notre survie physique et matérielle, que sont devenus nos besoins supérieurs d’estime, de réalisation, d’accomplissement et de transcendance ?
Les peurs qui nous assaillent et nous paralysent au quotidien dans nos élans de vie et de réalisation personnelle nous éloignent de cette quête essentielle à chaque vie pour ressentir la satisfaction personnelle d’avoir vécu pleinement. Pour quitter ce monde en paix, en ayant la satisfaction d’y avoir contribué et d’en avoir profité.