Dictionnaire égoïste des cosmétiques

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Ce dictionnaire égoïste se propose de concentrer l’univers des cosmétiques en un peu plus de 200 définitions. De Abrasif à Zéolithe, en passant par Homéo beauté végétale, Poudre de soleil ou bien encore Sérum, les lettres de l’alphabet s’égrènent apportant des précisions sur des grands personnages du domaine, des ingrédients mythiques, des points de réglementation. Avec humour et légèreté, les auteurs font la part des choses entre réalité scientifique et argumentaire marketing. Certaines définitions (Teint, Bronzage, Produits de protection solaire) se font plus longues marquant l’intérêt tout particulier des auteurs pour le sujet. Qui était Albert Kligman ? Qui fut la première esthéticienne ? Pourquoi emploie-t-on le terme de caucasien en cosmétologie ? Un cosmétique peut-il pénétrer profondément dans la peau ? Quels sont les rapports entretenus par Simone Veil avec les cosmétiques ? Qu’est-ce que le manteau acide de Marchionini ? Quand a-t-on commencé à prôner le bronzage ? Autant de questions qui trouveront des réponses précises dans cet ouvrage clair et didactique fourmillant de détails amusants...


Publié le : vendredi 27 mai 2016
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EAN13 : 9782334112284
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-11226-0

 

© Edilivre, 2016

Citation

 

 

« Les universitaires sont tous les mêmes ! Tous des idéalistes. »

(Jean-Paul Sartre – L’âge de raison)

ou comment faire tenir tout l’univers cosmétique dans un seul et unique dictionnaire

Des mêmes auteurs

 

Des mêmes auteurs :

La formulation cosmétique à l’usage des professionnels et des amateurs. Moniteur des Pharmacie Ed., 2014

Beauté mon beau souci, une histoire de la beauté et des cosmétiques. Edilivre Ed., 2015

Nous remercions affectueusement le poète et peintre Jean-Claude Albert Coiffard pour la conception des belles lettrines qui illustrent l’ouvrage.

Introduction

C’est en lisant le dictionnaire amoureux de Venise de Philippe Sollers que l’envie nous est venue de réaliser un dictionnaire « à notre façon » des cosmétiques. Chaque lettre de ce dictionnaire est une invitation à découvrir et redécouvrir cette ville unique, hors du temps qui saisit tout voyageur y séjournant quelque temps. Il n’a fallu que quelques secondes pour nous mettre à la tâche et quelques milliers d’heures pour atteindre notre but. La rédaction d’un dictionnaire stricto sensu nous avait déjà traversé l’esprit mais nous n’avions guère d’entrain pour la mise en œuvre de notre projet. Le caractère académique de ce travail nous rebutait quelque peu. Passionnées de cosmétologie, nous trouvons, en permanence, dans notre travail une source de plaisir qui ne se tarit pas avec le temps. Le travail à réaliser devait donc rimer avec plaisir… Chaque jour nous offre l’occasion d’une nouvelle trouvaille qu’elle soit puisée dans le passé ou dans le présent. L’inventivité est de mise dans le domaine qui nous intéresse. Cette cosmétologie ou science de la beauté, de la parure dont les bases datent des temps les plus reculés ne cesse de nous étonner. Littéraires par goût, scientifiques par force, nous sommes en effet toutes deux pharmaciennes, cette discipline nous permet d’allier avec bonheur ces deux aspects de notre métier. Initiées toutes deux à la cosmétologie par une femme de caractère dont la mémoire est encore vive 15 ans après son décès, Yannick de Roeck-Holtzhauer, nous nous sommes très rapidement prises de passion pour cette discipline qui ne peut pas laisser indifférent. Tout homme est utilisateur de cosmétiques. Les savons, dentifrices et shampooings constituent les bases incontournables retrouvées dans toute salle de bain qui se respecte. Connaître l’origine de ces produits permet de comprendre l’évolution de leur composition. Se plonger dans les vieux formulaires de cosmétiques est toujours synonyme de bonheur. Si les termes employés sont gentiment désuets, les ingrédients maniés manquent pour le moins de légèreté. Cinabre (sel de mercure), céruse (sel de plomb) utilisés dans l’Antiquité pour le maquillage du visage font frémir d’un point de vue toxicologique.

Si la formulation des produits cosmétiques relève de la pure chimie, que les produits soient biologiques ou conventionnels, le marketing en revanche nécessite un réel talent littéraire. Un dictionnaire amoureux convient tout particulièrement au domaine cosmétique. Nous allons nous efforcer de retracer avec amour la vie des cosmétiques en épelant l’alphabet. Chaque lettre appelée successivement nous permettra de mettre à l’honneur tel ou tel cosmétique (produit d’hygiène, de soin, de maquillage…), tel ou tel ingrédient ou catégorie d’ingrédient, telle ou telle technique de fabrication, tel ou tel grand nom de la cosmétologie… Ce dictionnaire n’est, bien sûr, pas exhaustif. Nous nous sommes laissées guider par un seul impératif, nous faire plaisir et faire plaisir, nous l’espérons, au lecteur qui voudra bien nous suivre au fil des pages. Il s’agit donc d’un dictionnaire égoïste – petit clin d’œil en passant à Colette qui s’est, un jour, piquée de cosmétologie ! Libre à nous de faire l’impasse sur ce qui ne nous tient pas à cœur.

 

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Abrasif – Cet ingrédient représente une part importante des pâtes dentifrices. Comme son nom l’indique, il réalise une abrasion de la dent. Ce nettoyage mécanique permet l’élimination de la plaque dentaire, du tartre, des taches…

Les principaux abrasifs entrant dans la composition des pâtes dentifrices sont le carbonate de calcium (CaCO3), la silice (SiO2), l’alumine (Al2O3). On notera que les gels, plus doux pour les dents que les pâtes, ne contiennent pas ce type d’ingrédients.

Acide hyaluronique – Polymère majoritairement présent dans le derme et participant à la tonicité et à l’hydratation de celui-ci. Actif cosmétique très présent sur le marché des cosmétiques anti-âge.

L’acide hyaluronique a été découvert en 1934 dans l’humeur vitrée de l’œil de bœuf par Karl Meyer et John Palmer. Son nom est lié à son lieu de découverte et à sa structure chimique (hyaloïde pour vitrée et uronique par analogie avec l’acide qui le compose). Il s’agit, en effet, d’un polymère formé par la répétition de 2 entités de base : l’acide glucuronique et la N-acétylglucosamine. Il faut compter environ 30 000 unités pour former une molécule. Le poids moléculaire en résultant est élevé. Il se situe entre 5 et 10 millions de grammes par mole, selon le nombre d’unités de base comptabilisé. L’acide hyaluronique est présent dans de nombreux organes et liquides biologiques (peau, cartilage, liquide synovial…). On considère que 12 g d’acide hyaluronique sont présents dans l’organisme d’un adulte pesant 60 kg. Cette molécule est facilement soluble dans l’eau ; elle est gélifiante et possède des propriétés lubrifiantes et hémostatiques. Dans les années 1980, l’effet cicatrisant de l’acide hyaluronique a été très étudié. Il a été montré que cette macromolécule favorise la ré-épithélialisation des brûlures. Son caractère hygroscopique lui confère une grande capacité de rétention d’eau ; on parle de propriétés volumatrices mises à profit dans le traitement des pertes de volume des lèvres et du visage. Il active, en outre, la synthèse de collagène, protéine responsable de la tonicité dermique et inhibe les métalloprotéinases impliquées dans la dégradation des fibres de collagène. Cela lui confère des propriétés anti-âge intéressantes. L’acide hyaluronique est utilisé à ces fins à partir des années 1990, lorsqu’il est injecté localement, en chirurgie esthétique. La spécialité Restylane® constitue l’une des premières à avoir été utilisée. L’acide hyaluronique présente l’avantage par rapport au collagène d’être constant d’un point de vue structural quelle que soit la source concernée ce qui lui confère un caractère non allergisant très appréciable. On utilise pour le désigner le nom de filler qui peut se traduire en français par matériel de comblement. La riposte de l’industrie cosmétique ne se fait pas attendre. A peine les injections de collagène et d’acide hyaluronique sont-elles popularisées que l’on voit déferler sur le marché des cosmétiques à base de ces biopolymères. Jeanne Gatineau est l’une des pionnières dans le domaine avec un sérum sur-concentré (bien sûr !) associant vitamine A et acide hyaluronique. Le traitement de la peau à l’aide du dernier-né de la gamme Electelle® est plébiscité par les douillettes qui souhaitent obtenir les résultats d’une injection sans avoir à souffrir. Il faut noter, cependant, que les résultats escomptés ne peuvent être atteints, l’acide hyaluronique restant à la surface de la peau du fait de son poids moléculaire élevé. En 2015, l’acide hyaluronique est encore très présent dans les formules à visée anti-rides. Citons par exemple la gamme Rexaline® dont le nom n’est pas sans rappeler celui du dispositif médical Restylane®. A défaut de repulper la peau, comme certains argumentaires le laissent supposer, ces produits de soin constituent, sans nul doute, d’excellents agents hydratants.

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Rexaline®, un soin à base d’acide hyaluronique

Actif – C’est l’ingrédient-phare de toute formule cosmétique, celui que l’on vous annonce à grand renfort de trompettes.

On ne doit pas le confondre avec le principe actif qui est l’ingrédient actif, cette fois, du médicament. Son champ d’action est limité. Il ne pourra en aucun cas ni prévenir ni guérir une quelconque maladie. Sur ce point, les exemples abondent de manquements à la réglementation. Certains cosmétiques affichent ainsi une action calmante des douleurs articulaires, préventive du psoriasis… Il y a erreur sur le statut. Un cosmétique peut tout sauf prévenir ou guérir d’une pathologie. Il peut en revanche, illuminer le teint, gommer les défauts, stopper la marche du temps, faire des yeux de biche ou de superstar, masquer les odeurs corporelles pendant des temps records (des déodorants 72 h ont fait récemment leur apparition sur le marché), blanchir les dents en quelques secondes… Tout est permis, même les allégations les plus audacieuses, tout sauf verser dans le domaine médical. Il reste donc de quoi s’amuser à qui sait respecter les limites imposées.

On peut noter toutefois que ce pas de danse hésitant entre cosmétique et médicament, l’industrie le pratique depuis bien longtemps. En 1890, le chimiste Piesse, dans son Histoire des parfums et hygiène de la toilette, s’interroge sur les compositions présentes sur le marché : « Nous aurons à examiner […] s’il ne conviendrait pas d’assimiler certains cosmétiques à des médicaments, et d’exiger que ceux qui renferment des principes actifs soient exclusivement délivrés par les pharmaciens, ou si l’autorité administrative à laquelle est confiée la tutelle de la santé publique peut poursuivre les débitants de produits nuisibles et en particulier les cosmétiques. »

L’entreprise Thalgo jongle à merveille avec les mots mêlant astucieusement pouvoirs thérapeutiques et cosmétiques, sur leur magnifique site :

A. Bouclet a sélectionné 3 algues aux richesses minérales inédites leur conférant des pouvoirs thérapeutiques et cosmétiques extraordinaires.

Les algues brunes Laminaria digitata et Fucus versiculosus ont été sélectionnées pour leur forte teneur en Zinc, Cuivre et Manganèse indispensables à la vie et à la beauté, à la jeunesse et à la santé de notre peau.

L’algue rouge Lithothamnium calcareum est très riche en Calcium, Magnésium, Manganèse, Fer et Iode déstressant, relaxant, apaisant et restructurant.

Thalgo, une cosmétique marine active créatrice de beauté

(http://www.thalgo.fr/cmspages/procede-et-brevet-de-micro-eclatage-des-algues.12.html)

Les actifs se comptent par milliers. Leur usage relève de modes, comme dans tous les domaines. Tel actif tombera ainsi dans l’oubli et sera réveillé, telle la Belle au bois dormant, au bout d’un plus ou moins grand nombre d’années passées au purgatoire. Les incontournables (glycérine, acide hyaluronique, élastine, collagène, urée, acides de fruits) sont comme leur nom l’indique la base des formules qui durent.

La célébrissime crème Nivea qui a vu le jour en 1911 possède une formule très simple. On ne compte que 14 ingrédients. Paraffine liquide, cire minérale et glycérine viennent en tête de liste, après l’eau ingrédient majoritaire, comme dans la plupart des émulsions cosmétiques.

Ingrédients

Rôle

Aqua

Excipient de base

Paraffinum liquidum

Excipient à caractère occlusif permettant de lutter contre le phénomène de déshydratation cutanée

Cera Microcristallina

Excipient à caractère occlusif – Facteur de consistance

Glycerin

Actif hydratant

Lanolin Alcohol (Eucerit®)

Actif émollient

Paraffin

Excipient à caractère occlusif – Facteur de consistance

Panthenol

Vitamine B cicatrisant

Decyl Oleate

Actif émollient

Octyldodecanol

Actif émollient

Aluminum Stearates

Tensioactif permettant d’assurer la stabilité de la formule

Citric Acid

Adaptateur de pH

Magnesium Sulfate

Agent de contrôle de la viscosité

Magnesium Stearate

Tensioactif permettant d’assurer la stabilité de la formule

Parfum

Ingrédient permettant de masquer les odeurs des différentes matières premières utilisées

Limonene, Geraniol, Hydroxycitronellal, Linalool, Citronellol, Benzyl Benzoate, Cinnamyl Alcohol

Molécules présentes dans le parfum

L’utilisation de noms d’actifs brevetés confère une part de mystère à des produits qui en manquent totalement. Rappelons que depuis la Directive 93/35/CEE, la liste intégrale des ingrédients doit figurer sur l’emballage. Il s’agit de la liste des matières premières qui s’égrènent sous l’appellation : ingrédients (INCI). L’acronyme INCI fait référence à une classification internationale permettant de se comprendre quel que soit le pays d’origine. L’eau y porte le nom d’Aqua, par exemple. Les ingrédients d’une formule sont présentés par ordre décroissant de quantité introduite à concurrence de 1 %. En deçà de ce pourcentage, une présentation aléatoire est autorisée, préservant à minima le secret de la formule. Tout est donc très clair puisque tous les ingrédients incorporés doivent obligatoirement être cités. Un déshabillage de la formule ou contre-typage (formule élégante pour décrire le copiage industriel) peut donc être réalisé plus ou moins facilement en se procurant tout simplement le produit en question dans le commerce.

Mais revenons à ces actifs brevetés, sources de mystère. Leurs noms (Viniférine® pour Caudalie, Stemoxydine® pour L’Oréal, L’eau cellulaire de plancton de vie® pour Biotherm, le Perséose d’avocat® pour Mustela…) est plus ou moins équivoque voire totalement opaque. Le but est atteint, avec de tels ingrédients, le résultat ne peut être que concluant.

Adolescent – No man’s land situé entre l’enfance et l’état adulte. Reste à préciser les limites des deux bornes.

L’adolescent est une cible de choix pour les cosmétiques qui viennent à son secours en traitant peau grasse, boutons et pellicules.

L’adolescent décrit dans Le fleuve de feu n’a certainement recours à aucun artifice visant à améliorer son esthétisme. Il est « d’une maigreur d’affamé » et agite « sur un long cou où la pomme d’Adam semblait une maladie, son osseuse figure masquée de boutons […]. » (Mauriac F. – Le fleuve de feu – 1923)

Adoucissant – Terme employé en cosmétologie pour désigner une substance apaisante.

Un actif adoucissant en cosmétologie est synonyme d’un actif anti-inflammatoire dans le domaine pharmaceutique. Le terme anti-inflammatoire est, bien sûr, proscrit dans la mesure où il fait clairement référence à une action thérapeutique (prévention ou traitement d’une inflammation). Un actif adoucissant n’est pas utilisé pour rendre la peau douce contrairement à ce que l’on peut penser, mais plutôt pour venir à bout de rougeurs diffuses. Il est donc, on ne peut plus logique, de retrouver cette catégorie d’ingrédients dans des cosmétiques apaisants ciblant les peaux dites réactives. Il est, en revanche, beaucoup plus étonnant d’en retrouver dans des produits de protection solaire. Empêcher l’apparition d’un érythème grâce des filtres protecteurs est dans l’ordre des choses. C’est ce que l’on peut faire de mieux en matière de photo-protection externe. Empêcher l’apparition d’un érythème grâce à des actifs apaisants est, en revanche, dangereux dans la mesure où cette fonction de masquage n’est pas assortie d’une fonction protectrice. L’érythème qui caractérise le coup de soleil est évité mais la peau n’est pas protégée. Ces actifs considérés par certains comme des « boosters de SPF » sont à bannir des produits de protection solaire. Ces actifs augmentent artificiellement le SPF déterminé par méthode in vivo (ils retardent en effet l’apparition de l’érythème). Ils sont, à l’heure actuelle, beaucoup trop employés. Un grand nombre de formules comportent, dans leurs listes d’ingrédients, un ou plusieurs actifs à caractère anti-inflammatoire. Cela permet dans certains cas de pallier à un manque d’efficacité, comme nous pouvons le constater au regard des résultats obtenus in vitro.

Nom du produit

SPF affiché

SPF déterminéin vitro

Présence d’extraits adoucissants

Biafine spray solaire

30

30

Chrysanthemum parthenium flower extract

Carrefour

Les cosmétiques

Sun ultimate lait hydratant protecteur

30

30

Laminaria ochroleuca extract

Eucerin

SUN spray transparent

50

30

Glycyrrhiza inflata root extract

Hawaiian tropic

Silk hydration protective sun lotion

50

20

Colocasia Antiquorum Root Extract, Mangifera Indica Fruit Extract, Passiflora Incarnata Fruit Extract, Plumeria Acutifolia Flower Extract

Nivea

Lait protecteur Protect & Bronze

50

80

Glycyrrhetinic acid

Quelques produits de protection solaire observés à la loupe et testés par nos soins
(Etude réalisée en mars 2015)

L’abondance d’extraits végétaux dans ce type de produits n’est pas le fruit du hasard. Elle constitue, pour un certain nombre de sociétés, un coup de pouce non négligeable permettant d’atteindre de hauts indices à moindre coût. Il est regrettable de voir que cette mode se répand comme une traînée de poudre et atteint des laboratoires dont les produits n’auraient pas besoin de ce type d’artifice pour être de qualité. Affaire à suivre…

Alibert Jean-Louis – Médecin du roi Louis Philippe, Alibert (1768 – 1837) est considéré comme le père de l’école française de dermatologie.

Son poste à l’hôpital Saint-Louis de Paris lui offre la possibilité d’observer les signes cliniques d’un grand nombre de dermatoses. Il met à profit l’étude de ces cas cliniques pour rédiger un atlas intitulé Description des maladies de la peau observées à l’hôpital Saint-Louis. Celui-ci est richement illustré. Chaque patient est représenté avec soin et talent. Les principales parasitoses (teignes, gale…) y occupent une place de choix de même que les lésions syphilitiques ou les différentes formes d’acné.

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Planche illustrant l’atlas de dermatologie du Docteur Alibert
(http://tudigit.ulb.tu-darmstadt.de/show/gr-Fol-3-1141)

Jean-Louis Alibert s’attache à dépeindre le plus minutieusement possible les différentes lésions cutanées rencontrées. Il est le premier à employer le terme de mycosis fungoides pour désigner un type de lymphome. Les signes cliniques évoquant l’aspect de champignons, il s’inspire du latin pour baptiser une pathologie qui n’a rien de fongique. En 1832, il réalise son chef-d’œuvre, l’arbre des dermatoses, en s’inspirant de la botanique. Son arbre comporte douze branches, chacune d’elles correspondant à une grande famille de dermatoses, eczémateuses, dartreuses, cancéreuses, lépreuses… Les rameaux et ramuscules apportent des précisions supplémentaires. Anobli sous Charles X, le célèbre dermatologue devenu baron est toujours reconnu par ses successeurs comme le père de la discipline, même si l’évolution de l’état de l’art montre des failles dans son système de classement des pathologies.

Allégation(s) – Revendication(s) apposée(s) sur les emballages cosmétiques.

Le dictionnaire Larousse propose une définition assez pessimiste du terme. On peut y lire qu’une allégation est une « affirmation, assertion le plus souvent considérée comme mal fondée ou mensongère. » Cela commence mal. Le germe du doute s’insinue sournoisement dans notre esprit nous soufflant que toute allégation n’est pas bonne à croire.

Au XXe siècle, le terme allégation se décline, en général, au singulier. La toute jeune industrie cosmétique n’en est qu’à ses balbutiements. Les formules sont simples et ciblent une action parfaitement définie. Chaque femme doit vivre entourée d’une multitude de petits flacons, tubes et pots lui permettant d’afficher un teint éclatant. C’est en multipliant les cosmétiques que l’on accroît ses chances de conserver jeunesse, fraîcheur, sveltesse, poitrine tonique, dents éclatantes… Il ne s’agit pas de tout concentrer en un produit miracle qui risquerait de mettre à mal une industrie prometteuse. Au tout début du XXe siècle, le programme Simon inclut 3 étapes : nettoyer la peau à l’aide du savon Simon®, nourrir la peau avec la crème Simon®, masquer les imperfections à l’aide de la poudre Simon®. Chaque heure de la journée est rythmée par ces 5 lettres : S I M O N ! Quelques décennies plus tard, on constate, avec les publicités Guerlain, que les services marketing obéissent à la même ligne directrice. Le crédo de la société Guerlain® peut se résumer en quatre actions : nettoyer, nourrir, tonifier, maquiller… La beauté s’acquiert au prix fort !

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Conjuguez les cosmétiques Simon® pour afficher un teint parfait
(L’art et la mode n°6 – 1929 – p. 4 et 5)

Trois gestes Guerlain® à réaliser avant le maquillage
(Lart et la mode n°3 – 1954 – p.90 et 91)

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