Familles recomposées un défi à gagner

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Comment organiser une nouvelle vie de famille après une séparation. 
La recomposition familiale est un défi auquel vous êtes de plus en plus nombreux à être confrontés, Ce livre vous éclaire sur les obstacles inhérents à cette situation, mais également sur les atouts dont vous disposez. Anticiper, c'est le début de la réussite !

Reprise Marabout
Publié le : mercredi 11 mars 2009
Lecture(s) : 62
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782501069533
Nombre de pages : 186
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1. BEAUCOUP DE QUESTIONS,QUELQUES RÉPONSES
Il y a une trentaine d’années, personne ne parlait de familles recomposées. Pourtant, les remariages ont toujours existé. Autrefois, il s’agissait de remariages après veuvage. Les familles recomposées ne sont donc pas une nouveauté. Il y a plusieurs siècles, il y en avait au moins autant qu’aujourd’hui, car le veuvage précoce était courant. Toutefois, elles n’avaient pas bonne presse. La belle-mère et le beau-père traînaient de bien mauvaises réputations, et ces vieux préjugés ont la vie dure !
Qu’est-ce qu’une famille recomposée ?
Une famille recomposée est un foyer où vit au moins un enfant issu d’une union antérieure d’un des membres du couple. Cet enfant habite alors avec un parent et un beau-parent.
Autrefois, la marâtre
Depuis le plus lointain passé, dans les contes, les mythes, les romans, mais aussi dans les biographies que l’on a retrouvées, la mort d’un parent et le remariage de l’autre signifiaient toujours que les enfants allaient être malheureux. Autrefois, on appelait marâtre la nouvelle femme du père, et elle était systématiquement présentée comme jalouse, avare et cruelle. Cendrillon, par exemple, est la victime d’une belle-mère qui cherche à l’avilir pour favoriser ses propres filles.
« Il était une fois un gentilhomme qui épousa en secondes noces une femme, la plus hautaine et la plus fière qu’on eût jamais vue. Elle eut deux filles de son humeur et qui lui ressemblaient en toutes choses. Le mari avait de son côté une fille, mais, au contraire, d’une douceur et d’une bonté sans exemple. […] Les noces ne furent pas plus tôt faites que la belle-mère fit éclater sa mauvaise humeur ; elle ne put souffrir les qualités de cette jeune enfant qui rendait ses filles encore plus haïssables. Elle la chargea des plus viles occupations de la maison. La pauvre fille souffrait tout avec patience, et n’osait se plaindre à son père, qui l’aurait grondée parce que sa femme le gouvernait entièrement. »
Contes de Perrault
Nous trouvons des contes traditionnels qui racontent la même histoire que Cendrillon aussi bien en Chine qu’en Afrique de l’Ouest. Certains psychanalystes (tel Bruno Bettelheim dans la
Psychanalyse des contes de fées) expliquent que ce conte correspond bien au point de vue de l’enfant, qui a toujours plus ou moins tendance à se sentir mal aimé, voire maltraité comme Cendrillon parce qu’il est jaloux de sa belle-mère et de ses frères et sœurs. Blanche-Neige est elle aussi en butte aux manigances de sa belle-mère, la reine, horriblement jalouse parce qu’elle a été belle jadis et qu’elle ne supporte pas d’être désormais supplantée par sa trop jolie belle-fille.
Il en va de même dans les romans pour enfants de la comtesse de Ségur. Dans Les Petites Filles modèles, madame Fichini, la seconde femme du père décédé de Sophie, est une figure célèbre de la littérature enfantine. Elle ne connaît que le fouet comme mode d’éducation. Se débarrasser de Sophie est son obsession, et elle ne s’en cache pas. La petite orpheline trouve refuge chez madame de Fleurville, horrifiée par la méchanceté de la belle-mère. Par exemple, madame Fichini accuse sans preuve Sophie d’avoir bu le vin d’un carafon :
« Elle se précipita sur elle, la saisit par l’oreille, l’entraîna dans la chambre d’à côté et, malgré les protestations et les pleurs de Sophie, elle se mit à la fouetter, à la battre jusqu’à ce que ses bras fussent fatigués… Madame Fichini : Ce qui vient de se passer, mesdames, me donne plus que jamais le désir de me séparer de Sophie ; je crains seulement que vous ne vouliez pas recevoir chez vous une fille si méchante et si insupportable… Ainsi donc vous voulez bien consentir à m’en débarrasser ? »
La comtesse de Ségur,
Les Petites Filles modèles
Pourquoi cette mauvaise réputation des marâtres d’autrefois ? À cette époque les enfants étaient traités à la dure par tout le monde, et l’on pensait que donner une bonne éducation c’était d’abord corriger les enfants en les punissant de tous leurs défauts. Les parents étaient pourtant attachés à leur progéniture et pouvaient être affectueux, mais une belle-mère qui devait prendre en charge les enfants de son nouveau conjoint en plus des siens n’avait aucun scrupule à les punir pour le moindre écart. L’idée ne venait à personne que cela pût avoir des effets négatifs sur le psychisme des enfants. La psychologie n’existait pas. Aujourd’hui, le père de Cendrillon serait convoqué par le psychologue scolaire, et Cendrillon irait au CMPP (centre médico-psycho-pédagogique, où les enfants sont reçus par des psychologues) ! D’autres considérations entraient également en ligne de compte : il y avait des questions de concurrence pour l’héritage entre les enfants du premier lit, le second conjoint et ses enfants. Dans l’Europe rurale des siècles passés, il n’y avait pas de terre pour nourrir tout le monde. Savoir qui hériterait de la ferme ou du domaine était plus décisif qu’aujourd’hui où, sauf exception, les diplômes scolaires sont plus déterminants que l’héritage financier pour la réussite sociale.
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