Introduction à la pensée chinoise

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Un ouvrage très pédagogique sur les divers courants de la pensée chinoise
L’ouvrage, très accessible au grand public, passe en revue tous les courants de la pensée : Confucianisme, taoïsme, bouddhisme, les Cent Écoles… Il donne des bases et des repères et permet d’établir des liens avec les questions contemporaines que sont les droits de l’homme ou les valeurs asiatiques.

Publié le : mercredi 6 février 2008
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EAN13 : 9782501069052
Nombre de pages : 288
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Introduction
Comprendre la Chine d'aujourd'hui grâce à la Chine d'hier
Présenter un domaine aussi riche que la pensée chinoise constitue un enjeu de taille et un défi passionnant : c'est susciter l'intérêt du lecteur occidental en lui dévoilant la profondeur et la complexité d'une tradition souvent méconnue et encore victime de clichés, c'est lui donner des repères pour explorer un univers autre et lui fournir des clés pour approcher ce qui paraît inaccessible, c'est enfin trouver un juste milieu entre une vision moderne, qui parfois fausse les perspectives, et une vision traditionnelle, qui néglige l'importance de cette philosophie pour le monde d'aujourd'hui. Car connaître la pensée chinoise ancienne, c'est aussi mieux comprendre la Chine du xxie siècle.
Une influence réciproque
La pensée chinoise a proposé une conception du monde à la fois cohérente et convaincante, qui a contribué à la formation et au dynamisme de l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire de l'humanité et de la culture la plus ancienne de toutes celles qui subsistent de nos jours.
Contrairement à un préjugé répandu, loin d'avoir été immuable l'histoire chinoise a connu des évolutions et des révolutions, des changements et des ruptures. Cette histoire politique a exercé une influence considérable sur l'histoire intellectuelle. Réciproquement, la pensée chinoise a joué un rôle décisif dans le développement de la culture en général et de la culture politique en particulier ; comment comprendre par exemple les institutions de l'Empire chinois sans connaître les débats philosophiques contemporains de leur mise en place ?
Peut-être plus qu'ailleurs, en Chine ancienne comme dans la Chine contemporaine, l'histoire de la société et l'histoire des idées sont inséparables. On ne peut saisir l'une sans s'intéresser à l'autre.
Le dialogue avec l'Occident
Si la Chine et l'Occident ont parfois été opposés d'une manière simpliste – oubliant au passage l'Inde, le reste de l'Asie et les autres continents –, il est vrai que le monde sinisé possède pour l'Europe un statut particulier : pendant des millénaires, il a été la seule civilisation majeure à se développer presque indépendamment de la culture européenne. S. Leys souligne par exemple : « du point de vue occidental, la Chine est tout simplement
l'autre pôle de l'expérience humaine » (1991, p. 60).
Dans de nombreux domaines, la Chine a créé des concepts, des représentations et des formes qui tranchent d'une manière radicale avec ce que l'Europe a considéré pendant des siècles comme étant la seule norme. Ainsi, les caractéristiques du théâtre ou du roman chinois permettent d'ébranler certains présupposés occidentaux et d'offrir de ces genres littéraires des définitions plus universelles – c'est-à-dire moins eurocentriques… De même, les conceptions artistiques chinoises commencent à transformer en profondeur notre vision de l'esthétique.
Il en va de même pour la philosophie. L'absence, dans la pensée chinoise, de notions qui semblaient indispensables à la philosophie occidentale – à commencer par celle de Dieu – a longtemps été considérée comme une faiblesse. N'était-ce pas la preuve irréfutable de l'infériorité de cette pensée par rapport à la réflexion menée par l'Occident ? Aujourd'hui, nous tendons plutôt à envisager les choses sous un angle comparatif et à nous interroger sur ces différences afin de remettre éventuellement en cause la validité de certaines catégories occidentales.
De nos jours, divers sinologues cherchent à favoriser le dialogue entre la philosophie chinoise et la philosophie occidentale, leur idéal étant de faire avancer la connaissance des deux systèmes de pensée. Bien entendu, une telle entreprise comporte des risques : celui de favoriser, dans la pensée chinoise, les seuls concepts intéressant la comparaison au détriment d'aspects plus fondamentaux ; celui de simplifier, de généraliser et d'échafauder des rapprochements hâtifs pour faire comprendre une pensée complexe à un public pressé. Mais, avec quelques précautions, le dialogue entre la Chine et l'Occident est souhaitable ; mieux, il est indispensable. Il se révèle très efficace pour repérer les présupposés de chaque tradition.
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