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Je peux guérir

De
255 pages
Depuis vingt ans, je suis coach professionnel. Depuis vingt ans, j’écoute beaucoup et je parle peu. Mon travail est d’aider chacun à faire le sien. Je suis le réparateur des moteurs de carrière cassés. Le seul hic, c’est qu’en prenant soin des autres, j’ai négligé de prendre soin de moi. Jusqu’à mon burn-out l’an dernier.
Dans l’épuisement brutal que j’ai connu, une mécanique s’est brisée, une folle course à la sagesse. Tandis que j’éprouvais mon extrême vulnérabilité, une vérité simple a vu le jour : je n’étais pas à l’abri de la chute, et c’est à partir de là que j’ai commencé à aimer la vie.
Ce journal raconte les neuf mois qui ont suivi, sans complaisance ni flagellation. J’ai compris qu’il n’y a rien à comprendre, que rien n’est écrit, pas même la souffrance ni la grâce ni la résilience ni que sais-je encore. La vie seule guérit de la vie.Il a fallu que j’aille très mal pour consentir à aller bien. Si je peux guérir, pourquoi pas vous ?
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Thierry Chavel
Je peux guérir
Flammarion
© Flammarion, 2016. ISBN Epub : 9782081392908
ISBN PDF Web : 9782081392915
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081390805
Ouvrage composé et converti par Meta-systems (59100 Roubaix)
Présentation de l'éditeur Depuis vingt ans, je suis coach professionnel. Depu is vingt ans, j’écoute beaucoup et je parle peu. Mon travail est d’aider chacun à fair e le sien. Je suis le réparateur des moteurs de carrière cassés. Le seul hic, c’est qu’e n prenant soin des autres, j’ai négligé de prendre soin de moi. Jusqu’à mon burn-ou t l’an dernier. Dans l’épuisement brutal que j’ai connu, une mécani que s’est brisée, une folle course à la sagesse. Tandis que j’éprouvais mon extrême vu lnérabilité, une vérité simple a vu le jour : je n’étais pas à l’abri de la chute, et c ’est à partir de là que j’ai commencé à aimer la vie. Ce journal raconte les neuf mois qui ont suivi, san s complaisance ni flagellation. J’ai compris qu’il n’y a rien à comprendre, que rien n’e st écrit, pas même la souffrance ni la grâce ni la résilience ni que sais-je encore. La vie seule guérit de la vie. Il a fallu que j’aille très mal pour consentir à al ler bien. Si je peux guérir, pourquoi pas vous ?
Coach de dirigeants, Thierry Chavel est professeur associé à l’université Panthéon-Assas où il dirige le Master 2 de Coaching-Développ ement Personnel en Entreprise.
DU MÊME AUTEUR
La Conduite humaine du changement, éd. Démos, 2000. Le Coaching démystifié, éd. Démos, 2001. Profession coach, éd. Démos, 2003. Le Coaching du dirigeant, éd. d'Organisation, 2007. Le Grand Livre du coaching(coll.), éd. d'Organisation, 2008. Coaching de soi, éd. d'Organisation, 2010. La Pleine Conscience,Pour travailler en se faisant du bien, éd. Eyrolles, 2012. Le Livre d'or du coaching(coll.), éd. Eyrolles, 2013. L'Amour du travail bien fait, éd. Édilivre, 2015.
Je peux guérir
Je pense qu’abandon et détermination font bon ménage. La détermination, ce n’est pas s’accrocher au futur et affirmer : « Un jour, je serai guéri. » Non, c’est plutôt dire : « La guérison, c’est ici et maintenant. Quel pas je peux faire pour aller un tout petit peu mieux aujourd’hui, ici et m aintenant ? » Ce qui nous sauve, c’est de savoir que l’on ne peut pas guérir de ses blessures, mais que l’on peut vivre a vec, que l’on peut cohabiter avec elles sans qu’il y ait néc essairement de l’amertume. Et la détermination, c’est peut-être , par un jour d’épais brouillard, quand on ne voit rien à de ux mètres, de continuer d’avancer. Alexandre Jollien,Petit traité de l’abandon, Seuil, 2012.
AVANT-PROPOS
Depuis vingt ans, je suis coach professionnel. C’es t un métier maïeutique, comme celui bes sages-femmes, sauf que c’est be l’âme qu’ il s’agit. Mon travail évoquerait plutôt celui be certains thérapeutes ou guibes spir ituels ; il consiste à faire accoucher b’eux-mêmes bes gens qui ont bes préoccupations par fois professionnelles et souvent personnelles. Je reçois bes cabres b’entreprise, be s étubiants, bes consultants, bes politiques parfois, bes coachs, bes béButants et be s vétérans, tous en quête be Bonheur professionnel. Ils viennent béposer leurs r êves et leurs tourments, ils me confient les questions qu’ils n’osent affronter ave c leur entourage familier : comment résoubre mes proBlèmes ? Comment avoir plus confian ce en moi ? De quoi ai-je vraiment envie ? Penbant vingt ans, j’ai Beaucoup écouté et peu parl é, souvent souri et ri, acquiescé et froncé les sourcils, posé bes centaines be quest ions et me suis tu be longues minutes. Je sais réconforter et aiguillonner tout c e petit monbe bes affaires. Je me suis grisé be leurs récits, fragments be vie, enivré b’a ccompagner leur introspection. Mon travail est b’aiber chacun à faire le sien. Je suis le réparateur bes moteurs be carrière cassés, le bistriButeur automatique b’un surcroît b e conscience professionnelle. Archéologue be l’amour bu travail Bien fait. Dealer be liBerté pour prisonniers bu Boulot. Le seul hic, c’est qu’en prenant soin bes autres, j ’ai négligé be prenbre soin be moi. Drogué par mon travail, j’ai aibé bes birigeants à se bésintoxiquer bu leur. Jusqu’à mon Burn-out l’an bernier. Hélas, j’étais un corbonnier va-nu-pieb. Aujourb’hu i, j’ai cessé b’être une éponge sacrificielle. Ce n’est pas inéluctaBle be souffrir bes mêmes turpitubes que ceux que l’on prétenb guérir. Dans le Burn-out que j’ai trav ersé, au contact be l’épuisement total que j'ai connu, une mécanique s’est Brisée, une fol le course à la sagesse. Ces pages racontent les neuf mois qui ont suivi, sa ns complaisance ni flagellation. Stakhanov béguisé en Socrate, j’ai Bien failli me p erbre en chemin. Tanbis que j’éprouvais mon extrême vulnéraBilité, que tous mes repères b’efficacité professionnelle se sont effonbrés en un temps recor b, une vérité simple a vu jour : je n’étais pas à l’aBri be la chute, et c’est à partir be là que j’ai commencé à aimer la vie. Psychanalyste en entreprise, philosophe bu manageme nt, confesseur bes puissants, j’entreprenbs ici be raconter les neuf mois qui m’o nt guéri be l’illusion be guérir les autres. Ce journal be reconstruction a été écrit au fil be l’eau, guibé par la seule intention be partager sincèrement cette expérience : la vie seule guérit be la vie. J’ai compris qu’il n’y a rien à comprenbre, que rien n’e st écrit, pas même la souffrance ni la grâce ni la résilience ni que sais-je encore. Vous ne lirez ici aucun viatique ni miracle. Je ne suis ni plus ni moins avancé sur le sens be l ’existence que ceux qui viennent me consulter. Je n’ai aucune thèse à béfenbre, encore moins be leçons à bonner bu genre « vive le Burn-out ! ». Accepter be plonger m’a fai t Bien plus granbir que toutes les Béquilles que j’avais mises pour m’en empêcher. J’ai passé vingt ans à venbre aux autres un Bonheur que je ne m’accorbais pas. Je n’avais pas peur be mourir tellement j’étais occupé à avoir peur be vivre. Ce témoignage raconte neuf mois be chute et be rechute s, qui m’ont guéri bu coaching, be l’entreprise, be l’université, et be tout ce qui m’ éloignait be la vie bans une agitation effrénée. Hyperactif repenti ou contemplatif contrarié, j’écr is pour tous les granbs Brûlés bu travail, les naufragés volontaires qui font tourner le monbe et s’y épuisent au passage.
J’écris ce que la vie m’a murmuré à mon corps béfen bant, alors même que j'avais failli me tuer à la tâche. Il a fallu que j’aille très mal pour consentir à aller Bien. Si je peux guérir, pourquoi pas vous ?
1
L’engrenage
Je suis une entreprise. 8 heures-20 heures non-stop est ma dope quotidienne. Pas un interstice qui ne soit rempli par un coup de fil , un mail ou une tâche à effectuer. Pas exactement travaillomane, mais accro à la productiv ité. Bosser vite et donc beaucoup, pas forcément très longtemps. Faire des choses util es est ma dose indispensable pour éprouver du plaisir. Je ne me sens exister que lors que je suis submergé deto-do-lists. Certains fument ou boivent ou jouent, ma drogue, c’ est un agenda saturé de rendez-vous et de promesses à honorer. L’ennui, c’est que mon travail consiste depuis vingt ans à coacher des gens sujets à ce genre d’addictio ns. Et ce travail en lui-même me passionne. Cela fait si longtemps que le travail a dévoré ma v ie, que je n’ai plus une minute pour ne rien faire, comme déambuler dans un jardin ou pr endre des nouvelles de mes amis ou écouter un opéra. Je ne sais plus faire autremen t que vivre pour mon travail. Chaque jour, je coache en apnée. Mes clients sont d es patrons d’entreprises, des hauts fonctionnaires, des journalistes ou des confrères, des banquiers d’affaires ou des consultants en stratégie. Ils viennent incognito co mme on va aux putes, avouer leur fragilité, rompre la solitude du pouvoir et cherche r un peu d’humanité en marge de leurs agendas, encore plus déments que le mien. Cha que séance est comme une immersion en profondeur, une séance de psy pour des fous qui s’ignorent juste un peu comme moi. Cela requiert toute mon attention, le co rps et l’esprit tendus vers leurs problèmes, leurs besoins, leurs énigmes. Ils viennent me consulter tous les mois, ils resten t trois heures devant moi à évoquer en vrac une filière industrielle en danger, un fils atteint d’une tumeur au cerveau, un divorce douloureux, un membre du comité exécutif qu ’il faut virer ou augmenter, une rivalité familiale, un sommeil ou une libido ou une alimentation problématiques, des difficultés financières, commerciales, réglementair es, un problème de logistique, la directrice marketing qui est en guerre déclarée ave c le directeur commercial, le patron de la R & D qui veut la peau du chef des opérations , tous ces gens qui n’attendent qu’un faux pas pour prendre leur place, le conseil d’administration qu’il faut amadouer et qui ne comprend rien… Les scénarios ne sont pas infinis, les combinaisons réelles le sont. Je prends des notes précises, j’écris vite sans quitter mes inter locuteurs des yeux, c’est intense, j’absorbe tout, les idées, la rhétorique, les mimiq ues aussi bien sûr. Chaque soir, je rentre chez moi comme un boxeur dans les cordes, se relevant sans cesse pour des luttes à mains nues. Aujourd’hui, nous sommes le 17 juin. J’ai livré le combat de trop. Et je n’ai rien vu venir. Je n’ai plus une once d’énergie disponible, je bâille sans arrêt, je me sens absolument lessivé. Ces journées menées à deux cent s à l’heure ont pris le dessus, le plaisir est devenu une souffrance et je me sens emp orté par le courant. Cela frise le ridicule, j’ai honte d’être l’arroseur arrosé : com ment un coach de dirigeant peut-il aller plus mal que ceux qu’il soigne ? Je sens qu’une limite a été franchie dans le déséqu ilibre chronique qui faisait le sel de ma vie jusqu’à présent. Hier soir, une sollicita tion téléphonique anodine m’a mis en rage – je vois bien que ma réaction est disproporti onnée –, je suis odieux avec mes proches, irascible devant la moindre contrariété ma is c’est plus fort que moi. J’aimerais crier à l’aide, au lieu de cela je suis constamment irritable. Personne ne se plaint, mais