La retraite de l'esprit - Trouver le calme dans un monde agité

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Pour une méditation bouddhiste moderne et ressourçante. La modernité nous impose sa pression permanente, et notre esprit n'est jamais en repos. L'esprit serein tel que l'enseigne la sagesse bouddhiste, à l'opposé, est paisible, créatif, attentif, détendu et confiant. Après avoir décrit ce foisonnement des pensées et des émotions, le jeune maître bouddhiste propose un programme de « retraite de l'esprit », pour un retour au calme. Avec clarté et souplesse, il détaille les trois méditations, celle de concentration, de contemplation et du calme durable. Dans une troisième partie, on passe à la pleine conscience de chaque jour, avec les gestes quotidiens : lire, se déplacer, manger, dormir, travailler, être connecté. L'auteur s'arrête sur la pleine conscience face aux coups de stress : l'embouteillage, au travail, la question de la procrastination. Et il finit joliment sur l'amour et ses variations : la question de l'engagement, la famille, le désir...

Publié le : mercredi 2 avril 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782501097185
Nombre de pages : 288
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couverture

Son Éminence Gyalwa Dokhampa

La retraite
de l’esprit

Trouver le calme dans un monde agité

M A R A B O U T

Traduction: Louise Henri

Première édition au Royaume Uni en 2013 par Hodder & Stoughton, une filiale de la Hachette UK company

Copyright © Gyalwa Dokhampa Jigme Pema Nyinjadh et Kate Adams 2013.

La British Library a établi pour cet ouvrage une cote CIP.

Tous droits réservés.

© Hachette Livre (Marabout), 2014 pour l’édition et la traduction françaises.

Toute reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par quelque procédé que ce soit, et notamment par photocopie ou microfilm, est interdite sans autorisation de l’éditeur.

Page 116 – Why Kindness is Good For You, David R. Hamilton PhD (Hay House, 2010). Copyright © David R. Hamilton, 2010.

Page 142 – Thoughts Without a Thinker, Mark Epstein, M.D. (Basic Books, 1995). Copyright © Mark Epstein M.D., 1995.

ISBN : 978-2-501-09718-5

Table
des matières

Je dédie ce livre à Sa Sainteté, l’actuel Gyalwang Drukpa,
grâce à qui j’ai pu acquérir la confiance nécessaire
pour comprendre que la source de tout bonheur
et de toute souffrance n’est autre que son propre esprit.

Introduction

C’est dans notre esprit que toutes les expériences que nous vivons – que ce soit de bonheur, de tristesse, de souffrance, de beauté, toutes – reçoivent un sens et prennent vie. Pour moi, comprendre le fonctionnement de l’esprit est donc la clef de la liberté, du bonheur, de la capacité à relever les défis.

Aucun d’entre nous ne peut arrêter le cours de la vie ; quand bien même nous le voudrions, nous ne pouvons arrêter le temps. Nous finissons tous par vieillir, nous n’y pouvons rien ; personne ne sait quand il mourra, nous savons seulement que c’est inévitable. Peut-être me trouvez-vous pessimiste, mais je ne fais que souligner ici que, bien souvent, notre esprit s’appesantit sur ce que nous ne pouvons pas changer, comme le temps qui passe, au lieu de se préoccuper de ce que nous pouvons changer, notre façon de vivre, par exemple. Dans la mesure où, dans ce domaine, nous sommes libres de choisir, pourquoi ne pas exercer un peu notre esprit afin de mieux nous concentrer sur l’occasion qui nous est offerte ? Pourquoi ne pas apprendre à notre esprit à saisir la vie à bras-le-corps et aller droit à l’essentiel ? Pourquoi ne pas nous autoriser, nous engager à renoncer aux attentes et aux peurs innombrables qui finissent par régir nos pensées et, au bout du compte, nos actes ?

C’est en nous efforçant de rendre service aux autres, de quelque façon que ce soit, jour après jour, que nous donnons un sens à notre vie. Cependant, de nos jours, il est si facile de se laisser entraîner par ce qui nous préoccupe l’esprit : nos inquiétudes pour l’avenir, notre manie de regarder ce que possède le voisin, nos listes de choses à faire qui ne cesse de s’allonger. Ce mode de pensée dresse un mur entre nous et notre nature profonde – cette partie enfouie de nous-mêmes qui connaît notre chemin, qui sait qui nous sommes et quelle est notre place dans le monde. Nous devons abattre cet obstacle pour renouer avec l’esprit paisible qui demeure en nous depuis toujours, car c’est notre véritable essence. Alors seulement nous pourrons aller de l’avant et décider de mener notre vie librement et en toute confiance.

Si l’on me demande donc quel est mon message personnel, je dirais qu’il y en a deux ; le premier est d’ordre bouddhiste, le second, d’ordre psychologique. Seul le langage diffère.

Ce que je souhaite, à travers ce message, c’est rappeler aux gens qu’ils peuvent changer leur vie en veillant à maintenir l’équilibre entre deux choses : ce qui se passe dans leur esprit et la manière dont ils agissent sur leurs pensées. Il s’agit donc d’une alliance de l’être et du faire, chacun exerçant tour à tour sur l’autre une influence positive. C’est grâce à notre esprit que nous donnons du sens à ce que nous faisons chaque jour, et c’est au travers de nos actions conscientes que nous pouvons contribuer à notre bonheur et à celui des autres. Par conséquent, si jamais nous nous apercevons que nous ne sommes pas heureux dans notre vie quotidienne, au lieu d’en rechercher la cause en dehors de nous, nous devons apprendre à regarder en nous-mêmes pour mieux comprendre, à nous efforcer d’apprécier ce que nous avons plutôt que de passer notre temps à chercher ce qui nous manque. Il est essentiel de comprendre qu’il ne dépend que de nous d’avoir l’esprit en paix et, lorsque nous commencerons à entrevoir que nous sommes notre propre maître – notre propre bouddha, comme nous le disons dans la philosophie bouddhiste –, nous pourrons nous occuper de notre esprit, répandre dans notre vie davantage de joie, davantage d’action positive, davantage de paix. Et, si nous avons encore un long chemin à parcourir avant de parvenir à la lumière, nous serons certainement moins déboussolés.

Parfois, dans la vie, nous nous sentons fébriles, incapables de savoir ce que nous voulons. Nos pensées semblent animées d’une vie qui leur est propre, fonçant tête la première d’une expérience, d’une émotion à l’autre, constamment en quête d’autre chose, sans même que nous sachions au juste quoi. Même l’idée de ralentir nous angoisse – qu’accomplirions-nous en ce cas ? Nous nous posons tant de questions et nous ne sommes plus certains de connaître les réponses. Nous avons quelque chose ou quelqu’un en vue et, au fil du temps, nous oublions qu’au départ, nous étions partis pour être heureux, mais que le bonheur est venu de manière fugace avant de nous échapper. Dès lors, nous sommes de plus en plus agités, nous éprouvons le besoin de passer à autre chose, de saisir une autre miette de bonheur ou de succès, ou simplement de nous y prendre autrement, de crainte de ne jamais pouvoir nous contenter de ce que nous avons.

Dans notre vie quotidienne, notre esprit est constamment stimulé par la communication, la connexion virtuelle. La pléthore d’informations. La pléthore de choix. Autour de nous, les occasions d’apprendre, de créer, d’être inspirés sont multiples, mais elles ne laissent que peu ou pas de place pour que notre esprit puisse s’épanouir librement. Nous posons tant de questions, et cependant nous n’avons ni le temps ni la patience d’écouter ou de comprendre les réponses. Et nous passons tellement de temps à courir partout pour chercher des solutions que nous oublions de nous plonger au cœur du problème. Parfois, la plupart du temps même, notre esprit nous fait un peu l’effet d’un flipper qui tire dans tous les sens. Si seulement nous pouvions être sereins, heureux d’être là où nous sommes, de la voie qui s’ouvre devant nous. Si seulement notre esprit pouvait cesser de trop compliquer, trop analyser, trop réfléchir.

1

La nature de l’esprit

Quand un homme ne marche pas du même pas que ses compagnons, c’est peut-être parce qu’il entend battre un autre tambour. Qu’il accorde donc ses pas à la musique qu’il entend, quelle qu’en soit la mesure et l’éloignement.

Henry David Thoreau

 

Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons, et qu’est-ce qui nous empêche de suivre nos rêves ? Cette question est au cœur de ce livre et au cœur de ce qui agite l’esprit. Et en nous penchant sur les réponses à y apporter, nous nous apercevons qu’elle est également au cœur de l’esprit paisible.

Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ? La question paraît si simple, et pourtant, quand la frénésie de la vie prend le dessus, une multitude de facteurs extérieurs viennent la compliquer.

Au début de notre vie, nous faisons ce que nous faisons pour être nourris et aimés, pour être heureux et rendre également les autres heureux : nous rions et nous gazouillons, nos parents sont ravis et nous font des grands sourires, alors nous continuons à rire et à gazouiller. Nous jouons aux jeux qui nous intéressent, nous n’avons peur de rien et nous apprenons avec avidité. Nous n’avons aucun préjugé, nous nous contentons de vivre pleinement chaque jour, en nous réjouissant des merveilles qui nous attendent.

En grandissant, nous nous mettons à réfléchir à ce qui nous passionne dans nos études ou notre vie, ou ce pour quoi nous sommes visiblement doués. Nous peaufinons nos talents et nos compétences. Rien n’est impossible, au début. Et les raisons fondamentales pour lesquelles « nous faisons ce que nous faisons » sont très profondes :

  • être heureux et rendre heureux ;
  • subvenir à nos besoins et à ceux de nos proches ;
  • prendre soin des autres ;
  • protéger la planète ;
  • changer les choses.

La plupart d’entre nous, si ce n’est tous, aspirent à une belle vie. Et, en fonction de chaque individu, cela recouvre les aspects les plus divers – certains d’entre nous espèrent s’occuper des autres, les informer, les divertir, d’autres se laissent aller à croire qu’ils font ce qu’ils font pour les luxes de la vie, une belle voiture, une belle maison, mais à l’intérieur d’eux-mêmes, il existe une raison plus profonde. Nous ne sommes peut-être pas capables d’expliquer pourquoi nous sommes ici, mais nous savons que nous exerçons une part de contrôle plus ou moins importante sur ce que nous allons être dans cette vie.

En ce cas, comment se fait-il que nous ayons si souvent l’impression de ne pas mener la vie à laquelle nous aspirons, la vie qui nous importe ? Nous pourrions croire que c’est à cause des autres ou de circonstances qui sont indépendantes de notre volonté – nous n’y pouvons rien, ou nous avons des responsabilités personnelles qui nous interdisent de renoncer à ce travail stable où nous nous morfondons chaque jour pour réaliser nos rêves.

Pourquoi remettons-nous tant de choses au lendemain ? Quand nous arrivons à trouver quelque chose qui nous plaît et que nous aimerions faire, nous repoussons la décision à plus tard, ce qui a pour effet de semer plus encore l’agitation dans notre esprit, car à présent, nous culpabilisons de ne pas réussir à avancer. C’est à croire que nous nous sabordons. Nous savons que lorsque nous menons une tâche à bien, nous sommes heureux et comblés, vivifiés, réellement investis. Et pourtant, nous nous tournons aisément vers l’extérieur en nous focalisant précisément sur ce que nous ne pouvons pas changer, au lieu de regarder en nous ce qui peut l’être.

Nous devons nous rappeler pourquoi nous faisons ce que nous faisons, renouer avec notre nature profonde, puiser de la force, de l’inspiration, et savoir que si nous ne pouvons pas toujours changer ce qui est en dehors de nous, nous pouvons agir sur ce qui est en nous.

C’est là que nous commençons à réellement explorer la nature de notre esprit et de notre cœur, à comprendre les perceptions, les peurs et les inquiétudes qui se sont accumulées au fil du temps et nous enferment à présent dans un carcan. Peut-être croyons-nous appartenir à une certaine catégorie de gens, que nos défauts et nos faiblesses sont inscrits dans notre ADN. Nous oublions que ces faiblesses pourraient être une précieuse source de force (comme nous le verrons plus loin dans le livre). Nous laissons la peur s’insinuer en nous, et si nous ne veillons pas à la regarder constamment en face, nous nous apercevons un jour qu’elle nous a empêchés d’accomplir de grandes choses. Nous nous surprenons à nous comparer sans cesse aux autres, à regarder ceux qui ont plus que nous, en nous disant que le bonheur est réservé à ceux qui réussissent mieux que nous, ceux qui sont plus séduisants.

Et puis il se passe quelque chose qui vient nous rappeler pourquoi nous faisons ce que nous faisons, et le monde s’arrête un instant. C’est la semence nourrie et choyée par l’esprit paisible, l’esprit où nous nous connaissons et nous acceptons plus volontiers, où nous connaissons et acceptons les autres, un esprit moins enclin à porter des jugements, plus ouvert, plus compatissant. Un moment passé avec notre enfant nous rappelle pourquoi nous sommes parents, pourquoi nous sommes si profondément attachés aux autres. Une heure passée immergés dans une tâche nous rappelle pourquoi nous acquérons des compétences ou pourquoi nous voulons développer notre créativité. Soudain, nous nous demandons ce qui nous pousse à remettre tant de choses au lendemain, à nous énerver pour des broutilles. Apprendre à connaître notre esprit nous permet de mieux comprendre d’où vient cette impression de précipitation ou de frénésie, de peur, de claustrophobie qui nous saisit parfois, et de nous rapprocher de la source du véritable sentiment de bonheur, de paix et de contentement sous la tempête et les vagues.

Lors de mes voyages, je m’aperçois que beaucoup de gens viennent m’écouter car ils cherchent des moyens de surmonter le stress qu’ils éprouvent dans leur vie, que ce soit dans leur travail, leurs relations ou dans leur esprit. Ils voudraient parvenir à apaiser leur esprit. Souvent, le premier pas consiste à voir comment la méditation ou la pleine conscience peuvent les aider dans la vie quotidienne. Et une fois que cela leur apparaît, nombreux sont ceux qui souhaitent aller un peu plus loin et se mettre réellement à explorer l’esprit, pour mieux se comprendre et comprendre les autres.

Au début de chaque enseignement, je souligne trois choses qui, me semble-t-il, sont essentielles pour comprendre le rôle bénéfique que cette philosophie de vie peut jouer dans votre existence.

La première, c’est qu’aucun être ni aucune chose ne peuvent effacer complètement votre souffrance. Vous seul pouvez le faire. Un ami ou un être cher pleins de compassion, ou même un généreux inconnu, peuvent contribuer à créer les conditions qui vous permettent de vous défaire de votre souffrance, mais au bout du compte, cela dépend de vous. En apparence, cela peut paraître négatif, mais en réalité, c’est très encourageant, car cela signifie que nous avons un rôle majeur à jouer dans les épreuves et les succès que nous rencontrons. Notre façon de penser, d’agir, le regard que nous portons sur telle ou telle situation influent sur le type d’expérience que nous vivons. Admettons par exemple que deux personnes traversent des difficultés similaires, la perte d’un emploi, par exemple, mais ne portent pas le même regard sur ce qu’elles vivent ; il se peut que l’une souffre beaucoup, alors que l’autre est un peu moins touchée et regarde même le bon côté des choses. La personne qui est très attachée à sa célébrité ou sa fortune souffrira beaucoup de les avoir perdues, alors que celle qui comprend que ces choses-là sont par essence éphémères, et y est par conséquent moins attachée, ne souffrira pas autant de cette perte. Vous voyez comment nos perceptions peuvent jouer un rôle dans notre bonheur ou notre souffrance.

La deuxième chose, c’est que tout est interdépendant. Les événements n’ont jamais une cause unique – ils sont le résultat de multiples facteurs cumulés, à la fois extérieurs et intérieurs. Mettons que la circonstance extérieure soit que notre partenaire nous a quittés ; notre degré de souffrance dépend également de notre réaction intérieure à ce contexte extérieur et du rôle que nous avons joué dans l’échec de cette relation, car il n’y a jamais un bon et un mauvais côté. Ainsi, il arrive que nous ayons parfois l’impression d’aimer quelqu’un tout en étant très malheureux avec cette personne ; nous ressentons envers elle un tourbillon d’émotions contradictoires, car il y a une multitude de facteurs en jeu. Curieusement, nous consacrons souvent un temps et des efforts considérables à essayer de maîtriser le contexte extérieur en laissant libre cours à nos réactions intérieures. Si nous comprenons ce concept d’interdépendance, nous voyons bien que nous ne sommes pas totalement impuissants. Il ne s’agit pas de nier la force de ces circonstances extérieures, mais seulement de montrer que nous pouvons toujours agir dans une certaine mesure sur nos pensées et nos réactions.

Pensez aux souffrances que nous nous infligeons à nous-mêmes et aux autres en raison de notre colère ou de notre jalousie. Mettons que quelqu’un nous lance des insultes à la figure : nous pouvons nous mettre en colère et être contrariés, ou bien rester calmes et faire face à la situation sans nous attacher à nos émotions. Il ne s’agit pas ici de dire qu’il ne faut jamais être contrarié ou se mettre en colère, mais de comprendre à quel point nous nous cramponnons à ces émotions tumultueuses.

La troisième chose que je tiens à souligner, c’est l’idée que rien n’est tel qu’il paraît. Ce n’est pas toujours un concept très facile, mais si nous conservons l’exemple du bonheur et de la souffrance, nous nous rendons compte que ce ne sont pas des choses « concrètes », mais plutôt un reflet de notre perception. Il en va de même des émotions comme la colère ou ce que nous considérons comme la beauté, comme le bien. Si vous demandez à dix personnes quelle idée ils se font du bonheur, ils apporteront des réponses différentes, de l’argent ou l’amour à la paix et la tranquillité. Quand on commence à comprendre à quel point le bonheur ou la souffrance peuvent être variables, on dépend moins du contexte extérieur. On peut apprécier d’avoir une belle situation et de bien gagner sa vie, mais faire en sorte que son bonheur intérieur n’en dépende pas autant. Vous savez qu’aujourd’hui ou demain, tout peut changer, mais vous l’acceptez, car vous êtes toujours vous-même. De la même façon, vous commencez à comprendre que vous n’êtes pas la colère, vous n’êtes pas la jalousie ou la tristesse ; ce ne sont que des états d’esprit qui vont et viennent et ne sont aucunement figés. Si tel est le cas, nous nous apercevons donc que nous pouvons faire évoluer notre esprit et même l’exercer, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Ainsi :

  1. Notre bonheur ou notre souffrance viennent de l’intérieur.
  2. Nous ne pouvons maîtriser les gens ou les choses qui sont extérieurs à nous, ce qui nous arrive, mais nous pouvons maîtriser nos réactions ou notre façon de voir les choses afin de ne plus jamais être totalement désemparés.
  3. Rien n’est immuable, et encore moins l’esprit.

Ces trois points sont une sorte de préambule : ils constituent l’essence des enseignements que nous pouvons appliquer à notre réflexion et notre vie de tous les jours.

Prenons un exemple pour illustrer mon propos. L’une des choses qui agitent souvent l’esprit, à l’heure actuelle, ce sont les déplacements – de la peur de prendre l’avion au fait d’attendre le bus tous les jours sans jamais savoir quand passera le prochain, ou encore d’être bousculé aux heures de pointe par des banlieusards déterminés, parfois même grossiers. Vous vous demandez pourquoi vous vous imposez une telle épreuve, vous vous sentez impuissant à l’idée de ne pas avoir le choix si vous voulez arriver à l’heure au travail ou passer ces vacances fabuleuses dont rêve votre partenaire ? Vous avez l’impression de perdre tellement de temps à rester ainsi debout dans un wagon, serré comme une sardine, sans même pouvoir lire quoi que ce soit ? Cet individu agressif ne pourrait-il pas être plus agréable ? Pourquoi faut-il que les gens soient si mal élevés et plongent le nez dans leur journal au lieu de se lever pour laisser la place à cette femme enceinte ?

Comment ces « trois choses » peuvent-elles vous aider dans des situations aussi contrariantes que les trajets dans les transports en commun aux heures de pointe ? Comment peuvent-elles, en pratique, nous apaiser l’esprit et nous soulager ?

Le sentiment d’impuissance donne parfois l’impression que vous ne contrôlez pas vos émotions et que votre esprit est gouverné par des facteurs extérieurs. Mais la réalité, c’est que quelle que soit la situation dans laquelle vous vous trouvez, c’est à vous de décider comment vous allez réagir. Vous pouvez prendre les choses en main de façon pragmatique afin de vous alléger l’esprit et décider de partir au travail un quart d’heure plus tôt, et atténuer ainsi le stress du trajet. Le seul fait de savoir que vous n’aurez pas à courir vous rendra plus serein et vous serez peut-être moins enclin à réagir vivement à tous ces gens qui vous poussent et vous bousculent.

Mais, quelle que soit la situation, il y a toujours de multiples facteurs en jeu. Ainsi, il se peut qu’il y ait plusieurs personnes qui restent plongées dans leur livre, au lieu de jeter un œil autour d’elles pour vérifier si quelqu’un a besoin de s’asseoir, mais il y en a tout autant qui sont prêtes à céder leur place avec le sourire et, dans ces cas-là, c’est réconfortant de voir des gens s’échanger des amabilités au milieu d’un métro ou d’un train bondé. Vous pouvez être de ceux-là et recevoir en retour un charmant sourire étonné.

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