Le désert des espoirs

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15 ans : ma vie s’arrête. Ma grand-mère est morte. Moi aussi. L’indifférence de mes parents : je la connais depuis toujours. Je deviens ainsi un fantôme sans amis, sans envie, sans avenir. Je sombre dans la dépression. Je passe la fin de mon adolescence en hôpital psychiatrique où je commence à écrire et décrire l’univers de mon esprit dans un monde hors du temps, hors des normes. Plongée dans un monde d’adulte, je suis obligée de grandir seule, ponctuant mes séjours de suicides ratés, d’amours écourtés. Ce récit n’a pas la prétention ni la volonté d’être philosophique. Il est simplement brutal, sans illusions. Juste la vérité. Ma vérité. Une année pour trouver le tremplin de la vie ou de la mort.
Publié le : mercredi 4 août 2004
Lecture(s) : 350
EAN13 : 9782748137804
Nombre de pages : 126
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LE DÉSERT DES ESPOIRS
Rachel Offen
LE DÉSERT DES ESPOIRS
ÉCRITSINTIMES
Le Manuscr it w w w . m anuscr it . com
© Éditions Le Manuscrit, 2004. 20 rue des PetitsChamps 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.comISBN : 2748137817 (fichier numérique) ISBN : 2748137809 (livre imprimé)
Chaque personne est une maison qui abrite notre âme, où résident la peur, la douleur, les joies, les peines, les désarrois, les pleurs, les sourires, les rires, les désirs. Tant d’autres choses qui ne viendront jamais à personne. Ma maison abrite la plus haute lumière de la lune. Dans ma maison réside un roi. Celui du désert des espoirs. Rachel OFFEN.
Rachel Offen
INTRODUCTION A 15 ans on rêve. De tout, surtout de vie. Moi, je ne rêvais plus, la fin de mon adolescence je l’ai passée dans des hôpitaux psychiatriques. A force de vouloir mourir, on meurt quelque part. « Ta grandmère est morte ». Une bombe explose en moi, mon cœur s’arrête de battre, seulement quelques secondes. S’il pouvait s’arrêter pour toujours… Mais non, je vis encore, j’écarquille mes yeux, oui, je suis encore là. Sur terre. Dans ma vie qui me parait tout à coup finie. Plus d’ambitions, plus d’espoirs, plus de lumière qui me guide. Ça y est, l’apocalypse a retentie. Je suis morte. Mon cœur est mort. Et pourtant, j’ai la force de marcher et de faire comme si de rien n’était, et cela pendant quelques années encore. Plus qu’à attendre l’heure du sommeil douillet, rempli désormais de cauchemars et de pleurs étouffés. Et la vie continue, demain le lycée encore et encore, jour après jour. Personne ne saura, personne ne comprendra le pourquoi de mon existence que je me forcerai à détruire. Les mois, les jours défilent et j’erre désormais à travers le monde qui se compose de la cour du lycée.
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LE DÉSERT DES ESPOIRS
Je suis invisible et solitaire à en crever. Je me morfonds, je m’enfonce et je reste des heures entières à réfléchir sur mon existence, cachée dans un coin d’escalier où personne ne vient. Je ne rêve plus, je calcule le jour de ma mort, les moyens pour y parvenir et stipule bien dans mes lettres qui n’ont pas de destinataires, de ne pas être bouffée par des bestioles sous terre. Et puis j’en ai marre de toute cette obscurité, alors… Je ne me souviens pas de ces trois jours que j’ai passé dans un très long sommeil. Mais seulement l’entrée en scène de ma mère hurlant de me lever car demain les vacances sont finies, alors de me remuer un peu… Donc, je ne suis pas la seule à ne me souvenir de rien, à n’avoir rien vu. Ma conviction est faite « ils » s’en foutent vraiment, n’ont rien vu, rien compris. Ils croyaient simplement que je dormais pour les ennuyer. Première étape, première certitude acquise, à jamais. C’est décidé, je pars. Mais où ? Avec quoi ? Plus j’y pense, plus je trouve cela absurde. On me retrouvera certainement. Alors je continue à errer à travers ma vie. Et toute l’année se déroule ainsi, jusqu’à l’année de mes dixhuit ans, qui deviendra la clef de ma vie.
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