Le journal d'une sage-femme

De
Publié par

À pieds, en carriole à ânes, en carriole à chevaux, en vélo, en moto, en auto ouverte, en voiture fermée, Louise Gaultier, dite "Guette au trou" a sillonné sa région de France pour accoucher plus de 8 000 femmes en 50 ans de service.

Les Américains lui ont consacré un article !

À ses débuts, en 1912, il faut s’imaginer cette gamine à l’œuvre dans une France d’un autre siècle, empreinte de rudesse et de difficultés en tous genres.

Louise devient vite connue comme le loup blanc et ce sont ses "aventures" et celles de toutes ses femmes qu’elle a accouchées, de leurs maris, de leurs enfants, de leurs familles, des voisins, des gens de la ville et des villages... qu’elle raconte dans un livre qu’elle a elle-même fait paraître et diffusé en 1971.

Les écrits de son livre de l'époque sont intégralement repris dans ce présent ouvrage, augmentés d’un commentaire, d’articles de presse, de témoignages et de photos.


Publié le : jeudi 19 mai 2016
Lecture(s) : 8
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791094391082
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
img

LE JOURNAL D’UNE SAGE-FEMME

1912 – 1962

 

Louise Gaultier

dite ”Guette-au-trou”

 

 

Couverture : Cédric Daly

 

 

 

Parution : mai 2016

ISBN : 979-10-94391-08-2

Auteurs : Louise Gaultier † (droits réservés),  JF Pissard

ÉDITIONS JERKBOOK Jean-François Pissard

 

Louise Gaultier a fait paraître ce livre, en auto-édition, en 1971

sous le titre :

 

”J’ai présidé à la vie 

Mémoires, Réflexions de Louise Gaultier

Sage-femme honoraire de la Maternité de l’Hôpital d’Issoudun.

Un sujet jamais traité, Des souvenirs comparés.

Avertissement

 

Ce présent livre comprend :

  • - Le texte intégral de l’ouvrage qu’a fait paraître Louise Gaultier en 1971

    - Un commentaire de l’éditeur de ce présent livre

    - Des articles de journaux de l’époque

    - Des photos

    - Des témoignages

     

  •  

LOUISE GAULTIER : J’AI PRÉSIDÉ À LA VIE…

MÉMOIRE RÉFLEXIONS

Texte intégral

 

PRÉFACE

 

Cinquante-six années d’exercice professionnel continu, passées au service du prochain, combien peuvent s’honorer d’une plus belle carrière ?

 

Que de veilles, de courses dans la nuit, dans la boue des chemins, sous la pluie et le vent !… afin que, au sein des difficultés, des souffrances et du sang, de l’angoisse parfois, montent dans I’aube naissante, grêles mais triomphants, les vagissements d’un nouveau-né.

 

Voici la toile de fond des souvenirs de Madame Gaultier, sage-femme honoraire à l’Hôpital d’lssoudun, qu’elle nous confie aujourd’hui et dont nous la remercions.

 

C.L.

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

Tout d’abord, pourquoi suis-je sage-femme ?

Mon grand désir était d’être institutrice. À la suite d’un échec au concours de l’École Normale, ma mère me proposa d’envisager d’être sage-femme.

J’habitais un village, je n’avais jamais entendu parler de cette profession et j’avoue avoir été surprise par cette proposition. Mais n’avait-elle pas des raisons que j’ignorais ? J’ai appris par la suite qu’elle avait gardé un excellent souvenir d’une sage-femme qui lui avait procuré une bonne nourrice pour mon jeune frère et lui avait fait des confidences. Elle lui avait confié qu’elle regrettait d’avoir eu un garçon à la place d’une fille qui aurait pu prendre la suite de sa clientèle. Elle vanta sa profession, la trouvant rentable parce que, en plus de ses accouchements, elle avait la possibilité de vendre des dragées a l’occasion des baptêmes et de refaire les mauvais couvre-pieds de ses clientes. Cela se passait en 1909.

Lors de mes 18 ans, ma mère, enthousiasmée par tous ces avantages, m’emmena lui rendre visite et je fus renseignée sur les études que j’aurais a entreprendre à la Maternité de Paris.

Il y avait un renseignement qui me tenait à cœur, à savoir si, dans cette école, on mangeait de la soupe à l’oignon ?

Vous devinez pourquoi ? Je ne l’aimais pas !

Quand je pense que mon départ à la Maternité ne dépendait que de ce potage !

Heureusement, la brave sage-femme sut bien me répondre. Sa mémoire lui faisait peut-être défaut, mais elle n’a pas hésité à me convaincre qu’elle ne se souvenait pas en avoir mangé et si, toutefois, la coutume était venue d’en servir, je laisserais ce potage dans mon assiette.

Sa réponse m’a décidée à accepter et je suis partie pendant deux ans faire mes études Boulevard de Port-Royal, à Paris.

Les études consistaient à suivre des cours faits par des professeurs et, en même temps, à aider à la pratique des accouchements.

Les élèves débutantes portaient un ruban bleu au cou et les “2e année” un ruban rouge.

La sage-femme en chef désignait a chaque élève “bleue” sa “rouge” qui était un peu sa protectrice, elle devait l’accompagner dans les grandes salles communes de la Maternité pour aider aux soins des accouchées et des enfants.

Le nombre des élèves était réparti par division de six à huit élèves qui devaient assurer différents services.

I1 existait : le service des “couveux”, les consultations à l’entrée de la Maternité, 1e service des infectées, la salle d’accouchements. Tout cela se faisait par roulement.

Chaque division avait un chef de service responsable qui était forcément une élève de 2e année désignée par la sage-femme en chef. Je fus chef de service au cours de ma 2e année.

Le service des accouchements était dur par sa durée : 36 heures debout sans dormir. Lever à 7 heures. On suivait les cours, puis on prenait la garde à 19 heures jusqu’au lendemain soir 19 heures. On recommençait tous les dix jours. Il ‘y avait des cours tous les jours faits par des professeurs.

Les accouchements étaient pratiqués par une élève de 2e année, sous la surveillance d’une sage-femme diplômée appelée “Aide sage-femme”, vêtue d’une blouse rose et d’un voile rose, ce qui la distinguait des élèves qui étaient en blanc.

La “bleue” regardait travailler sa “rouge”, mais elle avait les corvées de vider les bassins, refaire les lits, etc.

Il y avait un tas de renseignements à écrire : longueur du cordon, longueur du nouveau-né, heure de la rupture de la poche des eaux, durée du travail, etc.

Heureusement que ce n’était pas l’époque des Assurances Sociales en supplément.

En 1912, je sortais de la Maternité de Port-Royal avec un diplôme de Faculté de Médecine et lauréate avec un 2e accessit de pathologie.

J’étais bien heureuse d’être reçue, à la pensée que j’allais pouvoir exercer et ne plus être à la charge de mes parents.

Je ne me souviens guère des femmes que j’ai assistées, ni de leur souffrance. Nous ne les revoyions plus, ni leur famille.

Au cours de mon premier accouchement, ce qui m’a frappée, c’est de voir l’enfant relié à sa mère par un cordon, et cela m’expliquait pourquoi on avait un nombril.

Chers Lecteurs, ne riez pas de mon ignorance, n’oubliez pas que cela se passait de 1910 à 1912. À cette époque, les jeunes filles n’avaient pas à leur disposition des livres de médecine, ni la télévision pour les instruire sur l’accouchement sans crainte, dit “sans douleur”.

Avant mes études, Je n’avais jamais assisté à un accouchement, tout était nouveau et bien impressionnant.

INSTALLATION

 

Quoique jeune, fière d’exercer une profession libérale et indépendante, mes parents décidèrent de m’installer à Issoudun. Ils me louèrent une maison, me la meublèrent et je m’installais le 1er octobre 1912.

Quelques jours auparavant, je fis visite à mes trois collègues, dont deux âgées et sur le point de cesser d’exercer, au corps médical, aux pharmaciens, puis à Monsieur le Maire qui, au cours de cette visite, me proposa d’assurer le service de la Maternité à l’Hôpital.

Sans connaître les conditions, j’ai accepté, pensant que j’aurais toute facilité de cesser cette fonction, le cas échéant.

EXERCICE DE LA PROFESSION EN CLIENTÈLE PRIVÉE

 

Le 2 octobre, en pleine nuit, je suis appelée. J’avoue que je n’étais pas très rassurée, je ne connaissais pas du tout Issoudun, ni l’homme, un grand gaillard, qui venait me chercher pour sa femme.

J’ai assisté à un accouchement normal comme tant d’autres que je fis par la suite.

Il m’a laissé tout de même un souvenir.

Pour que ça porte bonheur dans l’avenir, il fallait, disait-on, commencer par un garçon ; j’avais eu satisfaction. Si le sexe répondait à mon désir, il n’en était pas de même du prénom.

Je trouvais que Jules, pour un nouveau-né, était vieux, sans doute parce que c’était le prénom de mon père.

À cet accouchement, je n’ai trouvé ni coton, ni alcool, rien de ce qui est nécessaire pour faire un accouchement dans de bonnes conditions.

Comme ce n’était pas la première grossesse, j’ai questionné ma parturiente pour savoir avec quoi mes collègues l’avaient lavée.

Elle avait préparé, comme c’était l’habitude, des petits morceaux de toile.

J’emportais avec moi, dans un sac appelé réticule, tout ce dont je pouvais avoir besoin, jusqu’au bock et même des allumettes.

C’était l’époque des injections à la Maternité de Paris et j’ai fait de même dans ma clientèle pendant longtemps.

Lorsque je préparais l’eau de l’injection, il fallait guetter les gestes de la famille. Combien de fois, il m’a fallu refaire bouillir l’eau et combien de fois j’ai entendu dire : « …Vous savez, Madame, mes mains ne sont pas sales ». La mère ou la grand-mère trempait son doigt en vitesse dans le bock pour constater que l’eau n’était pas trop chaude.

On ne sait jamais, si j’avais brûlé ma malade, elle se serait crue un peu responsable.

Le bassin était inexistant. Pour donner l’injection, on se servait d’une cuvette, la parturiente mettait son talon sur le bord et, hélas, que de fois le talon a glissé et l’eau s’est répandue dans le lit !

Les antiseptiques employés ont varié avec le temps. Tout d’abord, la vogue était le sublimé, puis le permanganate, le formol, 1a liqueur de labarraque et maintenant le dakin.

L’injection est périmée, tout comme le bain des nouveau-nés.

Par le progrès, les nouveau-nés sortent propres, sans doute la matière sébacée n’existe plus, etc.

Autrefois, il était donné une injection aux soins du matin et une aux soins du soir. Aussi, que de soucis à la pensée que mes accouchées n’étaient soignées qu’une fois par jour.

Aucune maison n’avait son thermomètre. À l’aide du mien, je me précipitais le matin pour prendre la température et le pouls avec un pulsomètre, car les montres à trotteuses n’existaient pas.

Les femmes enceintes ne consultaient pas pendant leur grossesse et, dans nul foyer, riche ou pauvre, il n’était rien préparé en vue de cet événement.

Peu à peu, mes accouchées m’ont aidée en prévenant leurs amies qu’il était préférable de me consulter pour savoir ce qu’il faut préparer, parce que, disaient-elles, cette sage-femme fait une ordonnance, puis, comme le chirurgien, elle flambe tout.

La clientèle est venue très vite, mais il a fallu bien des années pour arriver à obtenir l’analyse des urines, à faire comprendre qu’un accouchement devait être fait dans des conditions de propreté.

Des familles mettaient de côté les derniers draps sales sortis du lit pour les employer à l’accouchement, afin de ne pas en salir d’autres. Des habitudes semblables ne se perdent pas en un jour et bien des croyances ont été longues à disparaître ; il fallait éviter de changer souvent les garnitures qui servaient de serviettes hygiéniques, car cela provoquait des pertes plus abondantes.

On protégeait les lits avec du papier et, souvent, il m’était proposé des sacs sortis du grenier, soi-disant très propres, mais qui laissaient échapper un nuage de poussière lorsque je les remuais.

Heureusement, le linge ne manquait pas. Il n’y avait pas d’armoire à glace. L’armoire ancienne contenait de gros draps de toile qui avaient bien leur utilité pour garnir les lits, et des grandes chemises de femme en toile pour recevoir l’enfant.

Pour faire un certain accouchement, je n’avais comme assistant que le mari de la malade. C’était bien assez car, la plupart du temps, l’accouchée a autour d’elle trop de monde qui s’intéresse à son état.

J’avais sali un torchon. Mon accouchement était terminé, j’en désirais un deuxième pour m’essuyer les mains. Je crois qu’ils étaient tous suspendus sur une corde devant le feu de la cheminée et tous plus ou moins sales.

Mon client m’a paru bien embarrassé et gêné à la fois, il les touchait tous, les uns après les autres, et ne savait pas lequel m’offrir. Devant son embarras, je l’ai tranquillisé en lui disant : « Ne vous tracassez pas, je n’en ai pas besoin ».

Je me suis tournée vers le mur et je me suis essuyée les mains au volant de ma culotte.

Il faut savoir se tirer d’embarras avec peu de chose. En ce temps-là, les culottes étaient longues et se terminaient aux genoux par un haut volant festonné. Maintenant, si, à la naissance, les enfants ne peuvent plus être reçus dans une chemise de leur mère, les sages-femmes ne peuvent plus avoir recours à leur culotte pour servir d’essuie-mains.

Dans ce temps-là, il existait la cuisinière à bois ou la lampe à alcool pour faire bouillir l’eau. L’eau courante n’existait nulle part ; en ville, on allait la tirer à la borne-fontaine dans la rue, mais pas toujours à la porte de la maison, et à la campagne, on la recueillait aux puits.

Lorsqu’une cliente avait ressenti les premières douleurs à l’heure du dîner, elle se couchait la plupart du temps sans faire la vaisselle. J’étais alors obligée de laver les casseroles nécessaires pour avoir de l’eau bouillie chaude et froide. Il n’existait pas de produits d’entretien, il fallait prendre des cendres ou du sable fin pour nettoyer la vaisselle.

Les sages-femmes ne connaissent pas actuellement les difficultés rencontrées par leurs anciennes. Aujourd’hui, chez les gens les plus pauvres, on trouve un confort qui n’existait pas il y a cinquante ans, même chez les gens aisés.

Il n’y avait pas de bol ; i1 m’est arrivé de manger le café au lait ou le chocolat dans des assiettes creuses ; les fermes où cela s’est produit se sont tant modernisées maintenant que leurs habitants hésiteraient à croire ce qui s’y passait autrefois.

L’éclairage était défectueux. J’ai connu le chandelier avec la bougie, la lampe pigeon, n’ayant pas toujours son verre et dégageant une affreuse fumée, s’éteignait lorsqu’on ouvrait la porte pour passer d’une pièce dans l’autre, puis la lampe à pétrole. Ces genres d’éclairage étaient l’unique qu’il fallait promener dans les pièces.

Les temps se sont modernisés, cet éclairage défectueux a été remplacé par 1e gaz de ville, puis par l’électricité… Quelle heureuse modernisation !

 

Chauffage ancien. Les anciennes choses ont parfois leur utilité ! Dans les chambres, il y avait bien une cheminée, mais elle n’avait jamais été allumée par le jeune ménage et lorsqu’il faisait vraiment trop froid, je demandais qu’il soit fait une flambée afin que ma malade ait le moins froid au moment où j’allais la découvrir à la période d’expulsion.

Le mari voulait bien, il se rappelait avoir entendu dire par ses grands-parents qu’elle « tirait bien ».

Qu’elle idée j’avais eue ?

Il se dégageait une fumée intense qui nécessitait d’ouvrir porte et fenêtre. Il fallait se résigner à faire le travail sans chauffage.

Dans les maisons même cossues, la cuisinière était la seule source de chaleur. Placée dans la cuisine, elle devait chauffer tout l’appartement. Par les temps nouveaux, la cheminée a été remplacée par les mirus à bois, puis par les poêles à mazout, la cuisinière à bois ou à charbon par les cuisinières à gaz et à l’électricité. Quelle commodité et quelle propreté ! Plus de cendres, plus de fumée ! Le chauffage central a commencé à fonctionner tout d’abord dans la classe aisée. Mais maintenant, on le trouve dans toutes les constructions neuves. Quel travail de moins pour les mères de famille et les couples qui travaillent en dehors de leur domicile ! Fini pour les sages-femmes d’être appelées à exercer dans les pièces non chauffées.

 

Les lits- entourés de doubles rideaux et rehaussés par des paillasses sont passés de mode. Ils compliquaient bien notre travail. Par contre, les sommiers ont facilité notre tâche ; ceux montés sur quatre pieds sont bien trop bas et forcent la sage-femme à se plier en deux pour conduire à bien un accouchement.

Avec la modernisation des grands lits, sommier et matelas ont remplacé les lits de plumes. Ont également disparu les corbeilles en osier placées dans la ruelle du lit qui servaient de berceau aux enfants. Placées sur une planche basculante, elles permettaient aux mamans de bercer l’enfant pour l’endormir.

Avec le confort, la profession n’était plus un travail pour moi, mais un plaisir. Progressivement, il y a eu le téléphone dans les communes et chez les sages-femmes.

En général, il n’y avait pas beaucoup de casseroles dans les ménages. Celle qui avait servi à faire bouillir la canule à injection, le caoutchouc et la seringue en cas de piqûre, aurait facilement été employée pour faire le café si je n’avais pas prévenu qu’il fallait qu’elle soit lavée : surtout, c’était une habitude de la famille, elle offrait très souvent, la nuit, le café et l’accouchée avait le sien.

Je n’étais pas difficile, mais il m’arrivait de décliner l’offre, prétextant que cela m’empêcherait de dormir.

 

La pratique des piqûres au cours d’accouchement qui s’avère long a permis de supprimer ou d’adoucir bien des souffrances aux femmes enceintes. C’était un progrès appréciable, également pour les praticiens. C’est pénible d’assister un malade qui souffre sans pouvoir lui faire quoi que ce soit, si ce n’est que dire des paroles d’encouragement à la patience.

La scène était bien plus pénible dans les applications de forceps sans anesthésie. Deux aides étaient nécessaires pour tenir les jambes, la parturiente étant mise en travers de son lit. Elle réussissait quelquefois à fuir du bord malgré la force déployée par ces aides ; une troisième éclairait le docteur avec une lampe. Si le travail était long et si la future maman criait : « Je vais mourir, il va me tuer, je le sens bien… », la personne qui tenait la lampe, trop sensible à l’entente de ces paroles, pâlissait, la lampe vacillait, il fallait prendre la lampe, étendre la personne, et j’ai vu également une mère se jeter sur le...

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant