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Les dangers du sexe sur Internet

De
278 pages
Orroz est un psy qui tient à garder l'anonymat. Ancien sexolique et créateur d'un site web sur les dépendances sexuelles, l'auteur a réuni dans ce livre les témoignages les plus révélateurs de ces drogués du sexe virtuel et de la souffrance de leurs compagnes. Ce sont des hommes en majorité qui deviennent progressivement dépendants du cybersexe, au point de passer des dizaines d'heures devant leur écran d'ordinateur à la recherche de leurs fantasmes. Les analyses du phénomène de l'addiction à la pornographie et les conseils de l'auteur pour décrocher de cette nouvelle drogue font de cet ouvrage un outil précieux, tant pour les professionnels de la santé psychique que pour tous les internautes.
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2
Les dangers du sexe
sur Internet

3Orroz
Les dangers du sexe
sur Internet
Quand surfer devient une drogue
Témoignage
Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-9966-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748199666 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-9967-7 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748199673 (livre numérique)

6





À mon épouse, avec toute ma gratitude
pour sa patience, son écoute et son amour.
Éditions Le Manuscrit
8







À l’heure où Internet entre définitivement
dans les foyers et où la connexion au haut débit
s’accélère, de nouveaux dangers apparaissent, et
plus particulièrement celui des dépendances.
Les formes les plus connues en sont
l’addiction aux jeux en réseau, aux salons de
rencontres et de discussions (forums) et aux
dialogues en direct (chat ou webcam). Mais il en
est une qui fait de plus en plus de ravages parmi
les accros du Net : la dépendance sexuelle ou
sexolisme.
Ce sont les hommes qui sont le plus
concernés par cette nouvelle drogue car les
marchands du porno savent toucher leurs
points faibles : des vidéos à télécharger
rapidement et gratuitement, des photos
représentant les fantasmes les plus divers
jusqu’aux plus pervers (sado-masochisme,
scatophilie, zoophilie, pédophilie), et depuis peu
des films X dans leur intégralité. Ces hommes
(plus de dix millions selon de récentes
estimations, ce qui est énorme) deviennent
progressivement dépendants du cybersexe, au
9 Les dangers du sexe sur Internet
point de passer des dizaines d’heures devant
leur écran, de perdre petit à petit toute
conscience avec la réalité, voire même de perdre
leur partenaire ou/et leur boulot.
Orroz est un psy qui tient à garder
l’anonymat. Ancien sexolique et créateur d’un
site Web sur les dépendances sexuelles, l’auteur
a réuni dans ce livre les témoignages les plus
révélateurs de ces drogués du sexe virtuel et de
leurs compagnes, afin que les internautes
(surtout les jeunes) prennent conscience des
réels dangers qui les guettent. Car,
malheureusement, il n’existe pas (encore) de
moyens efficaces pour éviter ces pages de
racolages sexuels ou d’interdire aux
pornographes de faire de la publicité sur
Internet. En revanche, les dépendants peuvent
se sortir de cet enfer du cybersexe, le
témoignage de l’auteur et des internautes qui
ont suivi ses conseils en sont les preuves
concrètes.

10
LE SEXOLISME ET LES PSYS
Ce mot n’est pas très connu par les
professionnels de la santé psychique, tout
comme celui de « dépendant sexuel » ou
« sexuel compulsif ». Pour quelles raisons ?
Essentiellement à cause des lacunes dont font
preuve la majorité des spécialistes en ce qui
concerne la dépendance sexuelle. Combien de
fois des dépendants pleins d’espoir d’en sortir
ont été déçus en entendant leur psy ou leur
sexologue déclarer :
– Ne vous inquiétez pas, la pornographie
n’est pas un péché, vous n’avez pas à
culpabiliser pour ça !
Ils n’ont tout simplement rien compris à la
demande du patient. Ils n’ont pas suffisamment
écouté l’histoire personnelle, souvent difficile à
exprimer, du dépendant à la pornographie. Ils
n’ont pas su trouver les mots qui dédramatisent
tout en prenant au sérieux le sevrage à
effectuer. Car il s’agit réellement d’un sevrage,
tout comme pour le dépendant au tabac ou à
l’alcool. Et ce sevrage prend du temps, tant du
11 Les dangers du sexe sur Internet
point de vue physiologique que psychologique.
Dans certains cas, l’accro au porno voit sa vie
chavirer complètement : il ne dort presque plus,
ne se nourrit pratiquement pas, perd sa femme
ou sa petite amie, s’éloigne de ses collègues et
perd même son emploi. C’est pourquoi le
dépendant doit être vraiment pris au sérieux par
son psy.
Voici le témoignage d’une femme :
– Mon époux avait dans le passé fait la
difficile démarche de parler de son problème à
une psychologue. À aucun moment, elle ne lui a
parlé de porno-dépendance. Elle a au contraire
banalisé le problème et conforté mon mari dans
sa situation en lui affirmant que tous les
hommes aimaient la pornographie et que cela
ne devait pas être culpabilisant. À lui de gérer sa
consommation. Autant demander à un
alcoolique de gérer sa consommation d’alcool !
Le témoignage d’un homme :
– J’ai essayé de consulter un psychiatre (6 ou
7 séances). Cela m’a déçu, par son approche
peu pragmatique et cette façon caricaturale
d’écouter et de ne pas répondre aux questions, à
la Coluche (« potentiels » de la pornographie,
incapable de simplement me parler de
l’existence de compulsion sexuelle (ce que j’ai
découvert en consultant votre site), ni de me
guider vers des ouvrages écrits (ou ressources)
traitant de mon problème, malgré mes efforts
12 Le Sexolisme et les psys
pour formuler des questions ciblées et
demander une approche pratique, qui ne se
voulait pas synonyme de longue introspection.
Et le témoignage d’un autre :
– Dans l’espoir de comprendre, j’ai consulté
un psy mais il n’a pu m’apporter la parole dont
j’avais besoin, il m’a juste permis de pouvoir
trouver les mots pour en parler. Le vrai
éclairage m’est venu en visitant votre site, il m’a
permis de remplacer le mot « pervers » par
« dépendant », chose dont je ne me rendais
même pas compte !

Dans mon propre cas, la première
psychothérapeute que j’avais consultée m’avait
conseillé de transformer mes fantasmes en
réalité dans mon couple ! Si elle avait pu voir à
quoi ressemblaient mes fantasmes de porno
dépendant, elle ne m’aurait sûrement pas
conseillé de le faire ! Quant au second psy, il
m’a déculpabilisé en me disant que je pouvais
gérer ça en me le permettant de temps en
temps. Ce qu’il n’avait pas réalisé c’est que
j’avais justement du mal à « doser ». Je lui ai
répondu :
– Je me connais, c’est tout ou rien ! Pour le
tabac, j’avais essayé de rester à un rythme de
quatre ou cinq cigarettes par jour mais je me
sentais en manque toute la journée. Je me suis
13 Les dangers du sexe sur Internet
senti vraiment libéré lorsque j’ai arrêté
définitivement.
Comme vous pourrez le constater, au fil de
ces témoignages de drogués du sexe, la
pornographie c’est toujours plus ; c’est sans
doute la raison pour laquelle celui qui veut
décrocher n’a pas d’autre choix que tout ou
rien ! Ma propre expérience et celles de
nombreux internautes m’ont persuadé que
« tout » menait à une impasse (à « l’enfer »,
comme le dit si bien un internaute). Celle de
« rien » même si la route est longue, mène à la
liberté. À chacun de choisir, en toute
conscience, ce qu’il veut faire de sa vie. À la
pratique, celle du sexolique passe par le
nécessaire sevrage.
Alors, bien entendu, il y aura toujours des
psys pour prétendre que la radicalité de la
méthode ne peut pas convenir à tout le monde,
que l’on peut amener le dépendant à aménager
des périodes « homéopathiques » de
consommation, et même pire, comme dans le
cas ci-dessous :
– Cela fait trois mois que j’ai entamé mon
sevrage. La découverte de ce site y est pour
beaucoup dans le déclic qui m’a amené à
prendre cette décision. J’étais alors habité d’une
véritable détermination, mes motivations
étaient claires, je me sentais fort. J’ai bien sûr
rechuté, comme tout le monde, ou quasi, et
14 Le Sexolisme et les psys
c’est dur. J’ai entamé une psychothérapie et là,
mon bilan est trés mitigé : j’ai appris à m’ouvrir,
à parler de moi à une personne n’exerçant pas
de jugement. J’ai fouillé mon passé pour
entrevoir quels avaient pu être les déclencheurs
qui m’ont fait adopter de tels mécanismes.
Aujourd’hui, j’ai pris la décision de changer de
psy. On ne partage pas le même objectif. Lui
voulait que je me débarrasse de ma culpabilité
afin que l’attrait pour le porno ne devienne plus
un problème, et donc perde son caractère
attractif. Dernièrement, il m’a fait parvenir une
dizaine d’adresses de sites hard, voire
sadomaso, afin que je puisse en extraire des
images qui allaient du dégoût à l’excitation. Non
pas à seul but d’illustration de mes possibles
fantasmes, mais plutôt pour en revenir à leur
genèse. Cela ma évidemment effrayé dans un
premier temps, puis m’a fait poser maintes
questions. Je me suis aperçu que le travail avec
lui m’éloignait de plus en plus de mes premières
visions de la vie sans porno. Que mon capital
force s’épuisait, bref que l’aspect dépressif qui
va de pair avec ce comportement n’avançait
d’aucune manière, bien au contraire. Cette voie
n’est pas la mienne…
À mon avis, soit ce psy est dépendant lui-
même, soit il est complètement inconscient et
donc dangereux. Depuis que cet homme est
venu discuter sur le forum du site, il a ouvert de
15 Les dangers du sexe sur Internet
plus en plus les yeux et a recommencé son
sevrage.
Pour terminer, voici le message d’un
internaute qui rend les honneurs aux psys :
– Je tiens à rectifier l’intentionnalité de mon
témoignage sur mon psy. Je ne crois pas qu’il
soit mauvais, mais son aide par rapport à mon
problème avec le porno s’est essentiellement
centrée sur un souci pour lui de m’aider à me
déculpabiliser. Car c’est avec un sentiment de
honte que j’abordais ce sujet en thérapie,
jusqu’à présent. Mais maintenant, grâce à votre
site, j’aborde mon problème sous l’angle de
mon addiction au porno. J’ai pu constater alors,
lors de la dernière séance, que mon psy était à la
hauteur pour m’aider à avancer sur cette
question. C’est moi qui ai influé sur l’orientation
de ma thérapie, en quelque sorte. Cela me
permet de rappeler qu’un patient a une part de
responsabilité dans sa relation à son psy. Il peut
certes en changer, mais il peut également
l’interpeller, le solliciter, et assumer sa volonté
de changement. Il est parfois facile d’imputer sa
passivité à une défaillance du psy. La remise en
question personnelle est souvent un merveilleux
moteur d’évolution. Mais entendons-nous bien,
j’ai employé le terme « parfois » …
Ce dépendant fait bien de le rappeler. En
effet, le psy ne travaille bien que si nous lui
donnons des « pistes » à explorer. Mais je pense
16 Le Sexolisme et les psys
que plus les années passeront, plus les psys
seront au courant du problème du sexolisme et
sauront le traiter au mieux.
Il appartient donc à vous, professionnels de
la santé psychique, de responsabiliser celui qui
vient vous consulter pour ce genre de
dépendance, en travaillant bien entendu sur la
honte et la culpabilité, mais sans complaisance
pour cet accro malheureux qui sommeille en lui
et qui a du mal à retrouver le chemin vers la
liberté. Car vous aurez à l’accompagner aussi
bien dans les méandres de ses contradictions
profondes qu’au bord du gouffre des possibles
rechutes. Et là, il vous faudra beaucoup de
patience et énormément de compassion…

Orroz

17
LA DÉPENDANCE SEXUELLE
Comment cela débute souvent
J’ai environ douze ans et je suis seul dans la
maison familiale. Comme d’habitude dès que
mes parents sont partis, j’en profite pour jouer
à l’un de mes jeux préférés : les courses de
voitures miniatures à travers toutes les pièces de
la maison familiale.
Soudain, mon petit bolide s’engouffre sous le
lit de mes parents et disparaît à ma vue. Je me
penche et je me réjouis de le voir, coincé entre
un pied du lit et un magazine. J’avance ma main
et le ramène à moi, le magazine avec. Ébahi, je
constate avec stupeur qu’il ne s’agit pas d’un
magazine comme les autres : sur la couverture,
un couple complètement nu fait l’amour dans
une pose très suggestive. À mon grand émoi, je
découvre le système pileux de chacun, chose
que je n’avais pas encore imaginé chez les
adultes, mes parents étant de nature très prude.
Et comme je n’avais à l’époque qu’un duvet
naissant au-dessus de mon pénis, cela me
19 Les dangers du sexe sur Internet
surpris, me dégoûta un peu même. J’ouvris
alors le magazine et découvris des scènes à me
couper le souffle !
Ainsi débuta pour moi la dépendance à la
pornographie…
Jusqu’à ce jour de ma cinquantième année
où, prenant conscience de mon état d’accro du
cybersexe, je décidai d’agir concrètement : tout
d’abord en supprimant tous les fichiers X de
mon ordinateur, puis en créant un site Web
dédié à la dépendance sexuelle.
Mais entre temps, combien d’années de
souffrances, de culpabilité, de frustrations,
d’occasions ratées de réussir, tant dans ma vie
professionnelle que familiale, affective surtout !
Tout cela pour ce plaisir égoïste, ce plaisir caché
qui ne dure que quelques minutes. Oui mais…
L’époque dont je parle, celle de ma jeunesse,
était une époque charnière où les mœurs en
pleine mutation avaient fait passer ma
génération d’une pudeur excessive à une
libération sexuelle débridée. Dans les années 60,
le sexe était tabou, tout simplement. Il ne fallait
pas en parler, ou bien on plaisantait lourdement
sur des situations comiques pour faire croire
que l’on était « au courant ». Mais bien peu de
gens étaient au courant de ces choses-là. Si bien
que, dans les années 70, lorsque le cinéma
« érotique » fit ses premières apparitions, il fit
l’effet d’une bombe. C’est à cette époque que je
20 La dépendance sexuelle
vis mes premiers films à caractère sexuel. J’avais
une fascination pour tout ce qui était caché,
surtout pour le sexe qu’on ne voulait pas
montrer.
Et pourtant, les premiers films de ce genre
n’était pas bien méchants… tout au plus voyait-
on des seins nus et des paires de fesses tous les
quarts d’heure, mais jamais de scènes trop osées
ni même de sexes en gros plans. Certains de ces
films pourraient même passer de nos jours sur
une chaîne de télévision nationale à une heure
de grande écoute sans que cela choque
vraiment. En comparaison avec certaines pubs
de la télévision actuelle, les scènes érotiques de
ces films n’étaient pas tellement excitantes.
Cependant, devant l’engouement de ce nouveau
public - des hommes surtout – les producteurs
de films commencèrent à pousser un peu plus
loin les audaces et, d’années en années, le
cinéma érotique devint un cinéma
pornographique. Je me souviens de ce film
américain où, pour la première fois (en 1975, si
je me souviens bien) une scène de fellation était
filmée en gros plans. Cela fit scandale et, très
hypocritement, l’État classa ce genre de film
« X » le taxant très fortement, soi-disant pour
décourager ce genre de productions. Cela
produit exactement l’effet inverse, et très vite, le
cinéma « porno » devint populaire et… très
rentable pour l’État ! Bien entendu, les hommes
21 Les dangers du sexe sur Internet
allaient toujours voir ces films en rasant les
murs, mais ils s’y rendaient de plus en plus
souvent. C’était mon cas, et c’est comme cela
que je pris un jour conscience de ma
dépendance.
Conscience est un grand mot, car je n’avais
aucune idée de ce qui se passait en moi. Mais
j’avais remarqué deux choses : lorsque l’idée
d’aller voir un film porno me venait à l’esprit,
un désir impérieux naissait en moi et me prenait
toute la tête ; et lorsque j’avais assouvi ce désir,
je me sentais honteux, coupable et triste à la
fois.
Cela dura quelques années encore, puis un
jour je découvris l’existence des premiers sex
shops. Devant l’étalage de tous ces fantasmes,
que l’on découvrait en écartant l’épais rideau de
l’entrée (pour ajouter encore au mystère et à la
culpabilité) on sentait confusément que l’on
franchissait des limites à ne pas dépasser. Mais
l’excitation prenant le dessus, les hommes se
laissaient entraîner vers les petites cabines
exiguës où chacun pouvait visionner à sa guise
ses fantasmes préférés. Plus vive était
l’excitation, plus dure la chute également ! Le
fait d’être enfermé dans le noir, avec tous ces
miasmes et ces odeurs fétides, était encore plus
sordide que la salle de cinéma porno. Quand
j’en sortais, je me sentais plus pitoyable et plus
honteux que jamais. Mais j’y retournais ! Pas
22 La dépendance sexuelle
très souvent, une fois tous les trois mois
environ, et à chaque fois je me disais
intérieurement :
– Allez, encore une fois et après j’arrête.
Je vous laisse deviner la suite…
J’ai même essayé un jour le « peep show »
privé. C’était une cabine, un peu plus grande
que celle évoquée plus haut, qui donnait sur une
autre cabine dont elle était séparée par une vitre
épaisse. Dans celle-ci évoluait une femme nue,
qui était censée exciter le « gogo » qui payait très
cher une demi-heure ce genre de strip tease.
Mais cela ne m’excitait pas car… elle me
voyait ! Si bien que j’ai passé la demi-heure à
parler avec elle à travers la vitre. À l’époque, je
vivais avec une petite amie mais, passés les
premiers mois de la passion, je n’étais plus attiré
par elle sexuellement. Cette « peep show girl »
me fit prendre encore plus conscience de ma
dépendance à la pornographie, mais surtout de
mon incapacité à aller plus loin que la période
flirt/passion dans une relation amoureuse. Je
n’ai jamais plus renouvelé ce genre
d’expérience.
Puis les années ont passé et… Internet est
arrivé dans mon bureau.
Le premier mot que j’ai tapé dans le moteur
de recherche a été, vous vous en doutez, le mot
« sexe » (d’ailleurs, c’est encore de nos jours le
mot le plus utilisé dans les moteurs de
23 Les dangers du sexe sur Internet
recherche). Rapidement, je m’aperçus que je
pénétrais dans un univers où tout était
possible : tous les fantasmes étaient là, à portée
de clic, et je réalisais également que je
franchissais, encore une fois, des limites à ne
pas dépasser. Mais l’excitation était trop forte et
je pris la pente avec un certain fatalisme et une
sorte de résignation…
Comme vous le lirez dans les différents
témoignages, Internet est une drogue terrible
pour le dépendant sexuel : on ne compte pas les
heures à surfer à la recherche d’images
excitantes, on est envahi par des images
obsédantes tout au long de la journée, on
n’arrive plus à se concentrer, ni sur le travail ni
sur ce que nous dit notre entourage. On se lève
tôt le matin et l’on se couche tard le soir pour
« avoir sa dose ». Et puis surtout, on glisse
progressivement vers des choses de plus en plus
sordides, de plus en plus malsaines, on plonge
de plus en plus vers l’interdit aussi. Et c’est là
que j’ai soudainement pris conscience que j’étais
allé trop loin. Une idée traversa mon esprit : si
tu ne peux pas t’arrêter, c’est que tu es drogué
du sexe, un accro au porno. Donc si tu tapes
ces mots clé dans le moteur de recherche, tu
trouveras peut-être de l’aide ? C’est ce que je fis,
mais sans succès pour ces mots-là. J’allais
abandonner quand je tentai un ultime essai :
« sexualité compulsive ». Et là Bingo ! Je tombai
24 La dépendance sexuelle
sur un site dans lequel figurait un test pour
évaluer sa dépendance à la pornographie. Je
m’en suis d’ailleurs ensuite inspiré pour mon
site Web. Voici ce test :
TEST pour évaluer si vous êtes porno dépendant
Vous feuilletez régulièrement des revues à
caractère pornographique (images ou textes)
Vous visionnez fréquemment des vidéos
porno chez vous ou dans des sex-shops
Vous êtes abonné à un forum ou à un chat
sur Internet orienté sexe
Quand vous sentez l’excitation venir, vous
avez du mal à résister
Lorsque vous résistez, vous devenez nerveux
ou irascible envers votre entourage
Juste avant de satisfaire à ce désir, vous
devenez fébrile et très excité
Vous passez des heures à surfer sur Internet
sur des sites pornos
Plus le temps passe, plus vous sombrez dans
le sordide et l’avilissant
Après avoir obtenu satisfaction, vous
éprouvez une sorte de lassitude
Parfois, vous éprouvez de la culpabilité ou de
la honte
Vous écourtez vos soirées entre amis pour
rentrer chez vous et satisfaire à vos désirs
25 Les dangers du sexe sur Internet
Vous vous levez quelquefois en pleine nuit
ou au petit matin pour surfer
Votre entourage n’est pas au courant, vous
n’osez pas en parler
Si vous êtes en couple, votre conjoint souffre
de votre manque de communication, de votre
caractère sombre ou irritable
Votre partenaire ne vous attire plus
sexuellement mais vous faites souvent semblant
que « ça marche »
Si vous êtes célibataire, cela fait longtemps
que vous l’êtes, ou vous avez du mal à débuter
une relation affective
Vous vous masturbez ainsi plusieurs fois par
semaine (et même par jour)
Vous avez plusieurs fois décidé de vous
arrêter mais en vain
Vous vous êtes déjà promis de cesser ces
pratiques pour ensuite trahir vos promesses
Vous ne savez plus comment vous y prendre
pour changer ces habitudes compulsives.
RÉSULTATS
Si vous avez répondu « oui » à moins de
3 points, vous n’êtes pas porno dépendant, sans
doute un curieux du sexe, mais restez vigilant
car on devient vite accro !
Si vous avez répondu « oui » à plus de
7 points, vous êtes en train de devenir porno
26 La dépendance sexuelle
dépendant. Prenez-en conscience dès
maintenant et parlez-en à votre conjoint, à un
proche ou à un psychothérapeute.
Si vous avez répondu « oui » à plus de
15 points, vous êtes très accro et il est temps
que vous preniez des dispositions pour en sortir
avant que votre conjoint ne vous quitte et que
tous vos amis fuient votre compagnie. Car
même si vous trichez en paraissant détaché et
en vous mentant à vous-même, cela deviendra
par devenir invivable. Pour vous comme pour
les autres.
Vous pouvez toujours vous cacher mais vous
ne pouvez pas vous fuir vous-même !
Je n’ai pas eu besoin de calculer pour
reconnaître – m’avouer – que j’étais très
dépendant. Cela fut à la fois une sorte
d’électrochoc et une prise de conscience
salvatrice. Non seulement j’avais mis le doigt
sur une évidence mais j’avais également une
envie urgente de m’en sortir, que dis-je : un
besoin énorme de décrocher. Après avoir lu
toutes les pages du site, je me dis qu’il était un
peu léger, qu’il faudrait ajouter ceci, cela… puis
soudain le flash : j’allais créer un site Web dédié
aux accros du sexe !
Je me mis immédiatement à l’œuvre, et le
résultat me donna le courage de mettre à
exécution ce que je n’osais pas faire
auparavant… tout en l’écrivant :
27