Ma pratique du bilan d'orientation approfondi

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Pourquoi faire un bilan d’orientation approfondi ?

Qui est concerné ?

Comment faut-il faire cette démarche et comment cela se passe-t-il ?


Nathalie Saglier, psychologue clinicienne dans la région de Bordeaux, nous apporte un éclairage sur sa pratique des bilans d’orientation approfondis en s’appuyant sur des exemples concrets.

Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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EAN13 : 9782954106410
Nombre de pages : non-communiqué
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Chapitre 1
Le bilan d’orientation : une parenthèse
aujourd’hui indispensable pour mieux se connaître et faire les choix qui conviennent à chacun.
I. Qu’est-ce qu’un bilan d’orientation ? Une projection possible dans l’avenir
Si pour certains adolescents, l’école, la faculté, l’institution enseignante… sont vécues comme une chance, un moyen de s’enrichir et se faire des amis, pour d’autres, elles repré-sentent un lieu où l’on s’ennuie, où l’on perd son temps, un lieu de rivalités. Elle peut renvoyer au quotidien, à sa solitude, à sa propre incapacité à franchir les étapes et à réussir, un lieu de dévalorisation affective et sociale. Les causes peuvent être multiples, un contexte familial compliqué ou conflictuel, un retard ou une avance scolaire, des difficultés d’intégration sociale à l’intérieur de l’insti-tution, des difficultés relationnelles… De ruptures affectives en ruptures sociales, le jeune se fragilise, parfois se braque et se durcit, ce qui renvoie des réactions analogues en boome-rang à son égard. Une des causes majeures est la mauvaise orientation qui peut engendrer une démobilisation scolaire, un comportement conflictuel au sein de l’école et à l’égard des parents et des enseignants, une baisse de l’estime de soi pouvant conduire à la dépression, la phobie scolaire, la mise à la rue du jeune ȋexclu de l’écoleȌ, voire pour certains à la délinquance, consi-dérant qu’ils n’ont pas leur place dans cette école là, ils vont chercher leur chemin ailleurs, en dehors des règles de la société. Une bonne orientation contribue à redonner du sens à l’ap-prentissage, à se l’approprier. Si au début, le petit enfant souhaite offrir de bonnes notes, presque comme un cadeau, pour faire plaisir à ses parents, en grandissant, ce genre de motivation tend à s’émousser. )l est important que l’adolescent ait envie de s’approprier son ap-prentissage et sa réussite, de relever des défis et de faire des efforts pour lui-même.
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Cela ne peut être possible que s’il arrive à se projeter dans l’avenir en se fixant des objectifs. La plupart des adolescents ne savent cependant pas ce qu’ils veulent faire plus tard. Une recherche identitaire
Faire un bilan d’orientation, consiste à faire un arrêt sur notre propre image à un instant T, pour prendre le temps d’analyser qui nous sommes, compte tenu des caractéristiques qui nous ont été transmises et de notre propre histoire. Nous partageons de nombreuses spécificités communes avec d’autres individus : être grand, petit, savoir parler… et nous avons des champs que nous avons plus développés que d’autres : le dessin, les mathématiques, l’anglais, le volley ball… Nous avons aussi des potentiels, soit que nous connaissons et que nous n’avons pas creusés ȋpar peur, par flemme, par manque de courage, par manque de temps ou d’argent…Ȍ, soit que nous ignorons. Faire un bilan, c’est se mettre en quête de tous ces potentiels. Je vois beaucoup d’adolescents à partir de ͳͶ ans. )ls sont en période de grands changements physiques, parfois de fragilité psychique. )ls commencent à se détacher de leurs parents et essaient de trouver leur place par le biais d’une nouvelle recherche identitaire, qui peut être plus ou moins conflictuelle et douloureuse. Une démarche commune et rassurante pour le jeune consiste à s’intégrer au sein d’un groupe de pairs. Essayer de s’habiller et de se coiffer comme les personnes du groupe, utiliser le même vocabulaire avec les intonations qui vont avec. )l va essayer de penser comme le groupe. L’idée est souvent de se créer une identité en se fondant de manière inaperçue dans une masse. Certains plus aventureux arboreront quand même un signe distinctif pour se donner l’impression de sortir du lot avec originalité.
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La plupart du temps, cette étape qui engendre un sentiment d’appartenance est profitable aux jeunes ȋmême si elle agace les parents ou les fait rireȌ car elle les sécurise, elle leur permet de créer du lien social, de prendre le temps de mûrir tranquillement, sans être montré du doigt. Cela peut donner de l’élan et un enthousiasme de vie. Des groupes de chanteurs se mettent en place par exemple. Le jeune découvre l’amitié, l’amour… C’est souvent le lien avec une autre personne qui va donner envie au jeune, de sortir de la masse et de devenir « spécial » pour l’autre, de faire ressortir son originalité. Tout cela pour dire qu’à l’adolescence, quelque soit le contexte familial, faire cet arrêt sur image pour savoir qui nous sommes et vers quoi il serait le mieux de s’orienter est très complexe. Le regard extérieur pour aider le jeune à se recentrer sur lui-même est très souvent nécessaire. Les caractéristiques propres de la personne sont analysées, compte tenu de son histoire de vie. Les capacités de rêve de l’adolescent vont être étudiées pour comprendre ce vers quoi il pourrait tendre. Mais, au bout du compte, c’est un véritable projet concret, ancré dans la réalité et adapté à ses propres caractéristiques, qui va lui être proposé. L’objectif est de trouver le meilleur chemin de réussite pour chaque personne. Autre grande caractéristique des adolescents rencontrés : une estime de soi souvent déficiente qui les pousse à ne pas faire de choix ou à faire des choix qui ne leur conviennent pas. )ls évoluent dans un contexte extrêmement difficile et compé-titif. Leurs parents ont eux-mêmes parfois des difficultés professionnelles.
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Ce moment privilégié sert aussi à donner ou redonner confiance au jeune, en lui faisant découvrir grâce au bilan, tous les atouts et tout le potentiel qu’il a en lui. Évidemment, un bilan n’est pas tout rose, sinon, il ne serait pas crédible. Les difficultés rencontrées vont être pointées soit pour éviter les contextes de travail qui pourraient les faire ressortir, soit elles vont être travaillées pour aider le jeune à faire avec. Une source d’apaisement familial
L’origine du malaise de certains enfants peut être à mettre en lien à celui des parents. Certains parents souhaitant le meilleur chemin de réussite pour leur enfant, commencent à les stimuler à outrance dès leur plus jeune âge. Les peluches et les poupées sont parfois trop vite remplacées par de nombreux jeux éducatifs. )ls sont soumis à des agendas de ministres pour enchaîner la danse, l’éveil musical, le cheval, le théâtre et l’orthodontiste… )ls n’ont plus le temps ni de jouer, ni de s’ennuyer. Des moments pourtant importants pour développer sa propre créativité et son rapport à l’autre. Au printemps, le rituel de la course à l’excellence démarre. Les parents se renseignent à gauche et à droite. Les plus folles rumeurs circulent pour savoir quel sera le meilleur collège ou lycée pour leur enfant. )ls oublient parfois de se poser la question importante de savoir : quelle est l’école la plus adaptée à mon enfant, compte tenu de sa personnalité, de ses aptitudes, de ses aspira-tions… ? Avec les meilleures intentions du monde, il arrive que les pa-rents aient des aspirations très élevées pour leurs enfants et qu’ils fassent tout ce qu’ils peuvent pour donner à leur enfant le moyen de réussir.
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Un professeur de CMʹ m’a rapporté que le père d’un bon élève lui a demandé s’il était nécessaire que son fils prenne des cours particuliers pour renforcer son niveau en mathé-matiques, car plus tard il allait faire une école d’ingénieur. Quelquefois les parents souhaitent que leurs enfants suivent leur trace ou à l’inverse, ils veulent parfois tout faire pour que les enfants n’évoluent pas comme eux. D’autres craignent l’échec scolaire, une mauvaise orientation ou que leurs enfants ne trouvent pas d’emplois… Et c’est ainsi, que même inconsciemment, ils transmettent leur propre stress à leurs enfants. Également, lorsque s’est installé un climat conflictuel au sein de la famille, quelle qu’en soit la raison, et que la communi-cation est difficile, le bilan semble être un temps opportun pour apaiser, faire redescendre la tension. )l permet, grâce au regard extérieur, de calmer le jeu et d’établir une réflexion mesurée et ajustée.
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