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À L'AUBE DU HUITIÈME JOUR...CAPUCINE

De
128 pages
En mai 1994, Capucine, atteinte de leucémie, meurt suite à une faute dans l'exécution d'une prescription médicale. Elle venait d'avoir 14 ans. Ce livre est un carnet de route. Il dit sobrement les difficultés du parcours, l'espoir, le doute, le choc, l'incompréhension. Il parle d'une bataille pour recommencer à penser, pour comprendre et pour survivre. Mettre des mots sur l'impensable. Énoncer, car il ne s'agit pas de dénoncer. Refuser le silence. Lancer un pont vers les autres. Les paroles sont mesurées, mais l'impact est violent, à la mesure de l'événement.
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À ['aube du huitième jour. . .

Capucine

Collection Écritures dirigée par Maguy Albet et Alain Mabanckou

Dernières parutions

KELLER Henri, Boubou, 1997 BARAKAT Najwa, La Locataire du pot defer, 1997. GIRIER Christian, Qalame, 1997. SARVA Mani, Le cœur de la différence, 1997. SAINT-LOUP Gérard, Phnon Penh, la douceur assassine, 1997. KOVAKS Laurand, La rose noire, 1997. REBONDY Michel, La Percheaude, 1997. LAFONT Suzanne, Passions mineures, 1997. BREUKER Henk, Quatre gousses d'ail, 1997. AUMEYRAS Danne, L'îLet pendiLLé, 1997. LUCCIONI Jean-Pierre, La croix écarteLée, 1997. BADUEL Andrée-France, Des oiseaux pour Antigone, 1997. LABBÉ Michelle, Exit indéfiniment, 1997. TÉODOSIJÉVIC Michel, Tout dépend de Dieu, 1997. RAMOND Michèle, Les nuits philosophiques du Doctore Pastore, 1997. BADUEL Andrée-France, Des oiseaux pour Antigone, 1997. MONTERO Andrée, «Le refus, une vie defemme», 1997. REGNIER Michel, Kamala, 1997.

cg L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5736-3

Dominique Davous

A l~ube du huitième jour. . .

Capucine
Récit-témoignage

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 7500S Paris

L 'Harmattan Inc. 5S, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Couverture: Piero della Francesca, détail de La mort d:Adam

Au nom des serments de tendresse, dont rien ne peut nous de1ier.

Baudelaire

A Iasmina
A Isabelle

A Elie A ceux qui ont aimé Capucine

Témoigner
18 mai 1994

J'écris ce qui me semble intime et confidentiel. Capucine, septembre 1993

TÉMOIGNER

18 mai 1994! Ce coup de poignard! La mort d'un de mes enfants. ~atorze ans, elle vient d'avoir quatorze ans; elle vient de quitter le cours normal d'une leucémie qui l'avait conduite 195 jours plus tôt à l'hôpital, en immuno-hématologie. Pendant 195 jours, j'ai vu sa lutte, superbe, courageuse. Pendant 195 jours, j'ai été le témoin impuissant d'une condition à laquelle j'échappais complètement. Je ne compte plus en jours, bientôt, je compterai en années. Le 18 mai, j'ai tout de suite su que je n'étais pas la seule, que ça arrive aussi à d'autres. Alors a commencé une quête éperdue. ~e faire? Qye lire? Qyi voir? Où aller? Comment survivre? Et... sur ce chemin, j'ai croisé une bien belle personne qui m'a fait un bien joli cadeau. Elle qui n'avait jamais vu mon enfant, de façon simple, réelle, un soir, après que nous avons parlé, m'a remerciée de lui avoir fait faire connaissance avec mon enfant. Et cela m'a ouvert un possible: faire connaître un être parce qu'il continue de . . vivre en mol. Je parlerai donc de toi, Capucine, mon enfant, ma benjamine. Je te parlerai à toi, ma Capucine, je te parlerai de ce que tu as déposé en moi, de ce que tu as fait de moi, des signes peu à peu reconnus et auxquels j'ai voulu donner sens. Je parlerai aussi de ceux avec qui la parole ne peut plus être partagée. Mais de ceux avec qui la parole circule, de vous, mes deux autres filles, et de vous autres, proches, vivants, là, chauds, disponibles, vous que j'aime et qui m'avez aidée, accompagnée, je ne parlerai pas, ou à peine, au détour d'une phrase, d'un souvenir. Le symbolique ne s'effectue pas sans le réel. L'interprétation a besoin de fait pour s'incarner. Aucun des faits n'est dénaturé; il Ya toujours le risque d'inventer, à tout le moins de donner sa lecture des événements. Mais, dans ces pages, je suis sincère.

Il

A L'AUBE DU HUITIÈME

JOUR...

CAPUCINE

Ce livre est un travail, comme le travail d'enfantement, comme le travail de deuil. Fait-on jamais le deuil de son enfant? À ton départ, ma Capucine, je me suis lancée dans un travail de titan, retraverser, revisiter certains des grands thèmes de la Bible, des grands mythes fondateurs de l'humanité, et chercher comment ils éclairent l'événement de ta mort. Tous ceux avec qui je lis ces textes maintenant m'accompagnent sur le chemin. Ce travail ne fait que commencer. Ce livre fait écho à cette démarche. Il y est relié. Il en donne des reflets. Ma vie devient de plus en plus simple, tranquille. Je me tiens à l'écart des torrents et ouragans, en tout cas, je ne les recherche pas. Je vis, confiante, authentique et la Bible m'est à nouveau un livrecompagnon, ce livre si près de la thérapie et si loin de la morale, comme le nomme Marie Balmary. J'ai ainsi pu me libérer, m'autoriser à interpréter ces textes, de même que j'interprète ma vie, ta vie et ta mort, Capucine, dans mon histo ire. J'ai choisi de partir à la recherche du sens. En ce sens, ma vie devient une aventure.
J'ai mis longtemps à imaginer qu'on pouvait parler sans impudeur des chers disparus, à des lecteurs. Mais je crois au témoignage et c'est en lisant des témoignages que j'ai pu croire réelle cette terrible épreuve. C'est ce qui m'a décidée à témoigner à mon tour de l'amour que je te porte, ma Capucine.

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