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Chirurgie et société

De
176 pages
L'auteur de cet ouvrage a, durant quarante années, diffusé régulièrement son avis dans la presse médicale généraliste sur les questions touchant à l'organisation, l'apprentissage, les risques de ce métier, et l'idée qu'il faisait de sa pratique. Plusieurs années après il épprouve le besoin d'actualiser, voire d'enrichir sa pensée. Cette analyse « auto-épistémologique », est susceptible d'alimenter les débats actuels sur la politique hospitalière et les effets de la « révolution » numérique sur la démarche médicale et, parant, l'avenir de la Médecine.
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JeanYves de la Caffinière
CHIRURGIE ET SOCIÉTÉ
Retour sur 13 articles publiés dans la presse médicale généraliste (19762016)
Préface de Gérard Vincent
Chirurgie et société
Éthique et pratique médicale fondée par Richard Moreau Collection dirigée par Roger Teyssou La collectionLes Acteurs de la Science, prévue pour recevoir des études sur l’épopée scientifique moderne, se dédouble pour accueillir des ouvrages consacrés spécifiquement aux questions fondamentales que la santé pose actuellement. Cette nouvelle série cherche à faire le point objectivement et en dehors des modes sur des connaissances, des hypothèses et des enjeux souvent essentiels pour la vie de l’homme. Elle reprend certains titres publiés auparavant dansActeurs de la science. Dernières parutions Bahram MATINE et François RÉGNIER,Des maux en paroles. Médecine et malades venus d’ailleurs, seconde édition revue et augmentée, 2016. Pierre de PUYTORAC et Auriane ARTUSSE,La mort en 60 questions, La mort observée, expliquée, repoussée, 2016. Dominique PERSOONS,Santé riche et Médecine pauvre, 2016. Daniel BIRNBAUM,C’est la lutte finale, 2015. Jacques ROBERT,Mal de mère et maux d’enfants, 2014. France BERETERBIDE,Essais cliniques dans les pays du Sud : entre impérialisme éthique et relativisme moral ?, 2014. Lucien KARHAUSEN,Mythologies médicales, 2014. Nausica ZABALLOS,Vie et mort d’un hôpital psychiatrique : le Camarillo Hospital (1936-1996), 2014. Monica GINNAIO,La pellagre : histoire du Mal de la Misère en Italie, 2013. Pr Jean-Luc WAUTIER (avec la collaboration de Marie-Paule Wautier),Le sens de la médecine ou la révolution culturelle dans le système de santé, 2013. François VACHON,Mon corps m’a dit, Vite et mieux comprendre quand une urgence médicale menace vraiment sa vie, 2013. Philippe GARNIER,Infections nosocomiales et trou de la sécu, maux croisés de santé, 2013.
Jean-Yves de la Caffinière
Chirurgie et société
Retour sur 13 articles publiés dans la presse médicale généraliste (1976-2016)Préface de Gérard Vincent
DU MÊME AUTEUR Chirurgie du Rachis Cervical C1-C2, avec R. Roy-Camille et G. Saillant, Masson – 1974 Prothèse Totale d’épaule, Bases expérimentales et premiers résultats cliniques,INSERM, 1975 Chirurgie Réparatrice du Pouce, avec R. Malek, Masson, 1981 Le Fixateur Externe Circulaire en traumatologie. Utilisation dans les fractures récentes de l’adulte, Springer, 1990 L’Ostéosynthèse Centromédullaire Flexible Verrouillée, Sauramps Médical, 1992 Chirurgie l’Envers du Décor, essai, L’Harmattan, 2002 Dialogues Fictifs, Théâtre, Le Panthéon, 2013 Chirurgie l’Envers du Décor, essai, 2ème édition, L’Harmattan, 2014 Un Patronyme Français, essai, Bergame, 2014 Le Glossaire d’un Observateur des temps présents, essai fragmenté, L’Harmattan, collection « Les Impliqués », 2014 Une Journée de plus, récit, L’Harmattan, collection « Les Impliqués », 2015 © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-11227-5 EAN : 9782343112275
PRÉFACE Gérard VINCENT Jeune directeur adjoint de l’hôpital Antoine Béclère, au dé-but des années 1970, peu après son ouverture, j’avais été surpris de voir un brillant chef de clinique assistant d’orthopédie traumatologie se lancer dans une étude médico-économique sur les accidentés de la route. Rares à l’époque étaient les médecins qui se préoccupaient des aspects éco-nomiques de leur métier lorsqu’ils exerçaient à l’hôpital. Précurseur et de ce fait un peu atypique, Jean-Yves de la Caffinière a écrit, au fil de sa carrière de chirurgien, un cer-tain nombre d’ouvrages et d’articles qui abordent autant le champ de la santé publique, de la sociologie et de l’économie que celui de la chirurgie. Et quand il parle de chirurgie, c’est plus le métier de chirurgien qui l’intéresse que la technique chirurgicale, même s’il est par ailleurs l’auteur de nombreuses publications scientifiques sur la chirurgie orthopédique et traumatologique. Mais c’est aussi le citoyen qui s’exprime en prenant parti de manière engagée sur des sujets qui lui tien-nent à cœur. L’originalité de cet ouvrage réside dans la revue critique des articles commis quelques années, voire quelques décennies plus tôt. Il n’hésite pas, sinon à renier, du moins à modérer ses affirmations antérieures. Force est de constater que Jean-Yves de la Caffinière ne s’est pas souvent trompé, et que ses premiers écrits gardent toute leur fraîcheur et toute leur ac-tualité, même si le lecteur est autorisé à ne pas partager l’ensemble de ses idées et opinions, le plus souvent tran-chées. Tel est d’ailleurs l’intérêt d’un tel essai. Il aime fustiger, non sans raison, la bureaucratie et la réunio-nite, mais oublie de souligner que ceux qui critiquent le sys-tème sont aussi ceux qui réclament une participation accrue
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du corps médical à la vie hospitalière institutionnelle. Or participer implique discussions, échanges et réunions. Diffi-cile d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Son opinion sur le tiers payant généralisé est tranchée. Jean-Yves de la Caffinière y voit une socialisation de l’acte médi-cal et une incitation à des « consultations injustifiées et répé-tées et un encouragement aux arrêts de travail ». C’est ou-blier que la surconsommation d’actes médicaux ne date pas d’aujourd’hui et renvoie plutôt à la question de l’évaluation de leur pertinence. Tiers payant ne signifie pas forcément gratuité totale. Peut-être sera-t-il amené dans quelques an-nées à réviser son jugement si le tiers payant, comme c’est le cas dans nombre de pays voisins, arrive à démontrer qu’il ne déresponsabilise pas plus les patients et représente une sim-plification appréciable des procédures de remboursement. Le rejet actuel du tiers payant par le corps médical, repris par une partie de la classe politique pour des raisons électora-listes, cache à l’évidence d’autres arrière-pensées. On peut s’étonner que Jean-Yves de la Caffinière ne fasse qu’une place limitée à la question centrale de la pertinence des actes. Au moment où est posé plus que jamais le pro-blème de l’avenir de notre système de protection sociale et de sa capacité à financer les innovations médicales, il serait temps de prendre à bras-le-corps ce sujet qui n’intéresse que très peu de monde, même si quelques timides progrès ont été réalisés par le Ministère, la HAS et la CNAM depuis quelque temps. Un esprit malicieux ferait sans doute remar-quer que l’explication de ce silence réside peut-être dans le fait que les actes inutiles font partie du revenu des profes-sionnels de santé. Au-delà des questions éthiques que soulè-vent ces pratiques, on imagine aisément le potentiel d’économies qui pourrait résulter de la « chasse au gaspi » et éviterait sans doute de se poser la question de l’accès de tous, demain, sans discrimination, au progrès médical. La tarification à l’acte qui prévaut en médecine de ville et dans les cliniques est naturellement inflationniste dans la
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mesure où les revenus des professionnels sont directement corrélés au volume d’actes réalisés. Il en va de même à l’hôpital public, financé désormais au séjour, même s’il faut sans doute nuancer les effets pervers de la tarification à l’acte (T2A) car les professionnels y sont salariés et, a priori, moins incités à réaliser des actes inutiles, bien que le corps médical s’estime harcelé par l’administration soucieuse de réaliser des recettes pour financer les dépenses. Il est curieux que les assurances complémentaires en santé n’aient pas compris l’intérêt d’investir le champ stratégique de l’évaluation de la pertinence des actes, elles qui revendi-quent une part plus grande dans la régulation des dépenses d’assurance maladie. Là réside sans doute la principale op-portunité d’asseoir leur légitimité en défendant l’intérêt géné-ral. Sans jamais tomber dans le défaitisme, Jean-Yves de la Caf-finière dresse un tableau sombre de l’hôpital public. Trans-paraît sous sa plume la nostalgie d’une époque révolue, d’un temps qui n’est plus, où les professionnels ne comptaient ni leur temps, ni leur peine. Sévère à l’égard de l’administration hospitalière et des gens qui nous gouvernent, il n’excuse pas pour autant ses col-lègues médecins qu’il considère toutefois comme des vic-times d’un statut protecteur où une petite minorité perturbe le fonctionnement normal de l’institution. Jean-Yves de la Caffinière aurait sans doute pu creuser un peu plus les rai-sons du manque d’autorité qui constitue une des plaies de notre système public parce qu’il pénalise la grande majorité de ceux qui travaillent et protège ceux qui traînent les pieds. Car contrairement à ce qui a été dit et écrit à l’excès à l’occasion des débats sur la gouvernance hospitalière ces dernières années, l’hôpital ne souffre pas d’un excès, mais d’un manque d’autorité. L’auteur jette un regard sans complaisance sur notre système de santé, et notamment sur les dérives que constitue le re-
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