DORMIR AVEC SON BÉBÉ

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Le sommeil de l'enfant est un sujet qui préoccupe parents et professionnels de santé et constitue un motif fréquent de consultation. En tous temps, en tous lieux, les bébés ont dormi la nuit contre leur mère. Pourtant les pays occidentaux ont depuis des centaines d'années valorisé le sommeil solitaire. Pour la première fois en France, la question du sommeil partagé, qui implique une proximité entre parent et enfant, est enfin traitée avec une approche interdisciplinaire.
Publié le : mercredi 1 janvier 2003
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EAN13 : 9782296308602
Nombre de pages : 154
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Dormir avec son bébé

Collection Biologie et Écologie dirigée par Richard Moreau

Professeur honoraire à l'Université de Paris XII, correspondant national de l'Académie d'Agriculture de France.

Cette collection, où l'écologie et l'agronomie sont comprises comme des sciences et non comme de simples discours dans l'air du temps, ne se limite à aucune aire préméditée. Elle rassemblera deux types d'ouvrages:

- des

synthèses

qui feront

le point

des connaissances

sur des situations

ou

des problèmes précis; - des études approfondies qui exposeront des hypothèses et des enjeux autour de questions nouvelles ou cruciales pour l'avenir des milieux naturels et de leurs relations avec l'homme. Déjà parus

LET OLLE René, BENDJOUDI Rocine. Histoire d'une mer au Sahara. Utopies et politique, 1997. TOUCRART Laurent, LETOLLE René, Grands lacs d'Asie, 1998. DE FELICE Pierre, La pluie au Sahel, 1999. RÉNIN Stéphane, De la méthode en agronomie, 2001. DE FELICE Pierre, L'effet de serre, 2001. MOREAU Richard et BOULAINE Jean, De Olivier de Serres à
l'agriculture moderne, 2002.

GUERIN Jean-Louis, Un jardin d'alliances pour le XXlè siècle, 2002.

Nathalie ROQUES

Dormir avec son bébé

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L 'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRŒ

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALŒ

(Ç)L'Harmattan, 2002 ISBN: 2-7475-3631-9

Préface

Le sommeil de l'enfant est un sujet qui préoccupe parents et professionnels de santé. Ses troubles constituent, du moins dans les pays développés, un motif fréquent de consultation,voire de prescription médicamenteuse. Le temps de sommeil représente une période de vulnérabilité pour l'homme. Cela est encore plus vrai pour le petit enfant comme en témoigne le problème de la mort subite du nourrisson. Dans ce syndrome, on a vu au cours des dernières années l'importance de la position de sommeil proposée aux nourrissons: la position ventrale préconisée à partir de la fin des années 60 s'est montrée délétère et a entraîné une augmentation de l'incidence de ce syndrome; à partir du moment où au début des années 90 la position dorsale a été proposée, on a assisté à une chute spectaculaire de l'incidence de la mort subite du nourrisson. Il est hautement probable que l'environnement du sommeil a également son importance. On peut ainsi distinguer le sommeil solitaire préconisé dans les pays occidentaux développés et le sommeil partagé qui en fait, implique une proximité entre parents et enfant, que celui-ci soit simplement dans la même chambre que ses parents ou qu'il soit dans le même lit. Aux Etats-Unis la controverse est vive entre les partisans de l'un ou de l'autre mode de sommeil. Les publications se suivent qui développent des arguments en faveur de l'un ou de l'autre. Curieusement, en Europe, les professionnels s'expriment peu mais sont plutôt réticents sur le sommeil partagé, générateur selon eux d'une dépendance réciproque parents-enfant; et même si le partage de la chambre est de plus en plus admis, dormir dans le même lit est franchement déconseillé. Il est clair, cependant, qu'il existe une discordance importante entre ce discours officiel et la réalité, le sommeil partagé étant probablement beaucoup plus fréquent qu'il n'est avoué. Dans ce livre, Nathalie ROQUES, en utilisant une approche de psychologie anthropologique, à l'instar d'Hélène STORK, fait l'apologie -5-

du sommeil partagé. Ses avantages paraissent réels: adapté à la période de dépendance initiale du nourrisson, générateur de sécurité affective, favorisant les liens d'attachement, facilitant considérablement l'allaitement. Cependant, s'il paraît logique que la proximité d'un adulte maternant constitue un facteur de protection pour l'enfant et si la notion de « chambre partagée» gagne du terrain en France, la réserve des professionnels concerne avant tout le "lit partagé" et le danger d'étouffement de l'enfant par l'adulte qui s'endort. Il s'agit d'un point d'extrême importance pour le professionnel dont les conseils vont avoir un effet sur les pratiques et qui ne doit donc pas se tromper: ce sont bien les médecins qui, en son temps, ont proposé la position ventrale de sommeil! Il est impossible, d'après les données de la littérature disponibles à l'heure actuelle, de savoir si le partage du lit est plus ou moins dangereux que le sommeil solitaire. Mais si la pratique du « lit partagé» existe en France (elle concernerait 10 % des enfants selon Nathalie ROQUES) il convient d'aider les parents qui y recourent en proposant les modalités qui permettent de le réaliser avec le maximum de sécurité: information sur les risques d'étouffement, matelas ferme, proche du sol, pas de literie supplémentaire, conseils d'hygiène de vie, tant il est vrai que dans la littérature le danger d'étouffement a été régulièrement corrélé à la prise de drogues: alcool, tabac, drogues dures. Les recherches sur ce thème doivent se développer, les conséquences du sommeil partagé ou solitaire ne se posant pas qu'en termes de sécurité mais aussi d'effets plus lointains sur le développement de l'enfant. Le débat sur le sommeil partagé fait partie de celui plus large du style de maternage, proximal ou distal, et de l'autonomisation plus ou moins précoce de l'enfant. Trop prolonger la dépendance initiale de l'enfant, tout comme forcer trop tôt son autonomie, sont des écueils à éviter. Ce livre sur le sommeil partagé remplit un vide et va sans doute stimuler réflexions et recherches complémentaires, pour le plus grand bénéfice des enfants et de leurs parents. Jean MESSER Professeur de Pédiatrie Hôpital de Hautepierre Hôpitaux Universitaires de Strasbourg

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Avant-propos

Quand mes premiers enfants sont nés, je ne me suis posée aucune question concernant leur sommeil. Il me paraissait aller de soi que les bébés devaient dormir dans leur chambre et dans leur lit. Je me suis vite rendue compte que tout n'était pas aussi simple. En particulier, mes enfants ont toujours eu du mal à s'endormir seuls. Je n'ai pas allaité très longtemps les deux premiers et pour les endormir, je n'avais pas d'autres solutions que de rester à leurs côtés un long moment. Pour les deux suivants, allaités un an et deux ans respectivement, les tétées du soir étaient devenues le moyen le plus facile de les plonger rapidement dans le sommeil. Cependant ils se réveillaient souvent la nuit, et les rendormir me fatiguait. Pour mes deux derniers enfants, j'ai résolu ce problème en dormant à leurs côtés, d'abord épisodiquement et enfin de façon habituelle. Notre vie familiale nocturne s'en est trouvée réellement transformée. J'ai réalisé alors combien un jeune enfant avait besoin de la proximité de sa mère ou de son père pour s'endormir. J'ai compris aussi que les réveils nocturnes pouvaient être fréquents, et que les enfants cherchaient toujours à retrouver la proximité de leurs parents pour se rassurer et se rendormir. J'ai enfin admis que le plus simple pour la famille était que les jeunes enfants ne dorment pas seuls, mais bien contre un adulte chaleureux. Cette prise de conscience progressive s'est faite de part mon expérience personnelle mais aussi grâce aux nombreuses mères que j'ai pu côtoyer dans les associations de soutien à l'allaitement. C'est à La Leche League 1 que j'ai pu trouver les premiers éléments de réflexion sur le sommeil partagé, et je suis vraiment reconnaissante à cette association de donner aux familles qui le souhaitent le soutien nécessaire pour vivre ce qui est chez nous une véritable aventure extraordinaire: dormir avec son bébé.

1

www.111france.org

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A mon tour je voudrais soutenir la réflexion sur ce thème pour que les professionnels de la petite enfance et les familles qu'ils accompagnent se libèrent de contraintes inutiles, le plus souvent imposées par des malentendus.

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Introduction

Les problèmes que rencontrent les parents concernant le sommeil de leurs enfants sont fréquents dans notre société moderne. Ils font l'objet de nombreuses visites chez le pédiatre, de nombreux articles dans la presse dite de puériculture, et des Iivres entiers leur sont consacrés. En général il est répondu aux parents que le bébé doit apprendre à dormir seul. Il n'y a aucune alternative. Dans ce livre, j'envisage une autre façon d'organiser le sommeil du jeune enfant et de sa famille. Il ne s'agit pas d'apporter une solution miracle prête à l'emploi, ni une nouvelle façon de promouvoir des relations familiales harmonieuses. Mais bien d'élargir le choix des parents à qui aujourd'hui n'est proposée qu'une seule solution, le sommeil solitaire, et qui rencontrent des difficultés avec leur enfant ou qui n'en sont pas satisfaits. Il est courant dans notre société de valoriser la liberté individuelle, et nous entendons souvent les jeunes parents revendiquer des choix qu'ils présentent comme le résultat de leur propre réflexion. Les règles extérieures ne sont alors souvent évoquées que sous un jour négatif, car elles feraient obstacle au libre arbitre. C'est oublier que les êtres humains vivent dans des sociétés qui développent et perpétuent des règles et des coutumes auxquelles il n'est pas possible de se soustraire totalement. Des valeurs partagées charpentent alors les réflexions individuelles: si le libre arbitre existe, il est encadré par un contexte social solide et ce d'autant plus qu'il est peu visible. En ce qui concerne les soins à apporter aux enfants, les parents se trouvent entourés de ce que l'on pourrait nommer un système de références. La complexité de ce dernier naît de la superposition de plusieurs cercles qui coexistent autour des parents et qui chacun développent des points de vue spécifiques, mouvants, interactifs: familles, amis, spécialistes de la petite enfance, médias. Cette multipli-

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cité des regards complique la tâche des parents qui effectivement sont amenés à faire certains choix. Chez nous, les spécialistes de la petite enfance sont en général des médecins, et leur formation n'est pas étrangère aux discours qu'ils diffusent: leur démarche va en effet d'une connaissance de la physiologie vers la compréhension du comportement observé. Les psychologues jouent également un rôle de plus en plus important et sont également très souvent interrogés de nos jours. Leurs recommandations s'appuient quant à elles sur des bases théoriques de la psychologie des individus (par exemple la psychanalyse ou la psychologie comportementale) et des observations cliniques. Médecins et psychologues ont une double fonction: délivrer un discours général sur le fonctionnement de l'être humain d'une part, et en guérir les dysfonctionnements d'autre part. D'une certaine façon, ils définissent en grande partie ces derniers, par leur discours général; puis ils les traitent, à la demande des familles. Nous ne devrions jamais oublier que le malade fait vivre le médecin (et la personne souffrant psychologiquement fait vivre son psychologue) et que cette dimension économique est un élément des relations entre spécialistes et patients. Une autre approche, l'observation directe du comportement à plus large échelle, soit dans le temps (avec les historiens), soit dans l'espace (avec les ethnologues), apporte un point de vue complémentaire indispensable pour valider ou non théories et méthodes pratiques recommandées. Dans chacun de ces domaines, médecine, psychologie, ethnologie, histoire, plusieurs écoles coexistent qui se font parfois des guerres féroces. Trouver une unité parmi ces discours multiples tient parfois de la gageure. Comme nous allons le voir, entre la réalité quotidienne des familles et les prescriptions des spécialistes, il y a bien souvent des divergences. Sont-elles l'expression de l'incompétence des parents, comme cela est souvent implicitement proposé? Ou bien le reflet de l'inadéquation des conclusions pratiques des professionnels? Habituellement, nous trouvons chez nous deux types de documents s'intéressant au comportement: ceux des spécialistes s'adressant à leurs pairs; ceux des spécialistes s'adressant au grand public. Les premiers tentent de garder une certaine distance entre les propos scientifiques (basés sur des études bibliographiques, des réflexions argumentées, des résultats d'études) et les considérations pratiques quotidiennes. Les seconds mettent par contre en valeur ces dernières en s'appuyant sur des conclusions scientifiques. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples: les propos théoriques sont

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souvent contaminés de façon inconsciente par des considérations très pratiques (par exemple par l'expérience propre de l'auteur). Et des concepts parfois très théoriques comme « fusion», « autonomie» ou « sexualité» ne prennent leur véritable signification qu'une fois concrètement explicités certains détails pratiques. Tout au long de ce livre, je tenterai de débusquer les sens cachés, les présupposés et les non-dits qui émaillent si souvent les textes scientifiques. Après avoir dans un premier chapitre évoqué le sommeil des bébés chez les animaux et plus particulièrement chez les primates, puis brossé les méthodes d'analyse utilisées ici, les troisième et quatrième chapitres feront le point sur les pratiques anciennes et actuelles concernant le sommeil des enfants, chez nous ou sous d'autres cieux. Il s'agira de répondre à cette question fondamentale: comment dorment les bébés humains? Puis c'est le discours et les recommandations des spécialistes qui seront analysés dans le chapitre cinq avant de conclure sur l'universalité de certains comportements des jeunes enfants durant leur sommeil. Une discussion pourra alors être menée dans les septième, huitième et neuvième chapitres sur le «sommeil partagé» et le « sommeil solitaire », où les arguments des uns et des autres seront repris dans une perspective humaine préalablement explicitée. La sécurité du bébé quand il dort avec un adulte fera l'objet d'un chapitre entier, tant elle semble déchaîner les passions chez nous.

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I

Le sommeil chez les bébés animaux

L'homme est un animal. Si certains de nos comportements s'éloignent des schémas dits naturels, il n'en reste pas moins vrai que nous partageons encore de nombreuses fonctions physiologiques au socle naturel indiscutable avec certains de nos cousins sauvages. Notre attention nous porte ici vers le nourrisson, qui est le stade de développement de l'être humain le moins marqué par la société humaine qui l'entoure. Le comportement du nouveau-né est très vraisemblablement bâti selon des schémas qui ne doivent presque rien à la culture humaine. Il y a fort à parier que le bébé du XXe siècle réagit de la même façon que le bébé de 1'homme préhistorique. Les conditions de vie de cette époque lointaine ont charpenté nos comportements les plus archaïques mais néanmoins toujours actifs: chercher de la nourriture, échapper aux prédateurs, souffrir, mourir, survivre parfois, ... tel était notre lot quotidien. C'est encore ce que vivent les primates de nos jours. Ainsi de nombreux réflexes du nouveau-né humain se retrouvent chez le nouveau-né gorille ou chimpanzé. L'intérêt d'une observation chez ces animaux est donc, dans le domaine qui nous intéresse, aussi pertinent que peut l'être une étude comparative entre des animaux et l'espèce humaine.

Comportement nocturne des animaux
D'une façon générale, le sommeil peut être envisagé comme un état, et ce sont alors les physiologistes qui le décrivent. Ou comme un comportement, et dans ce cas les éthologues ont la parole. Le plus souvent, le discours emprunte aux uns comme aux autres des bribes d'observations. Selon les zoologues (1), il n'existe pas de définition satisfaisante du sommeil. Certaines caractéristiques du comportement peuvent indiquer qu'un animal dort, mais elles trouvent le plus sou-

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vent des contre-exemples: immobilité (mais chez les mammifères les bébés tètent en dormant), réactivité amoindrie (mais jamais annulée), recherche d'un lieu sûr pour le repos (mais parfois assoupissement brutal). De même la ou les fonctions du sommeil ne sont toujours pas très claires: réparation? Développement? D'une façon générale, un rythme circadien s'observe, et des schèmes se répètent régulièrement toutes les 24 heures. Certaines espèces sont dites nocturnes, l'homme lui fait partie des animaux à activité diurne. Il s'agit d'un caractère biologique puissant: si certains adultes peuvent supporter une activité nocturne, cela n'a jamais été observé chez les jeunes enfants. Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement ici est l'environnement du jeune durant son sommeil, et entre autres la présence à ses côtés, ou non, de congénères et les interactions que le jeune aura avec eux. Pour qui a côtoyé dans sa vie des animaux, une observation rapide révèle que pour une grande majorité des espèces animales, les petits dorment contre un adulte, le plus souvent leurs parents, et très souvent leur mère. Mais au-delà du simple constat d'une universalité dans ce comportement qu'est le sommeil partagé, il peut être utile de dégager les fonctions de ce comportement. Les fonctions d'un comportement, telles qu'elles sont envisagées dans le monde des espèces vivantes, sont bien souvent impérieuses, c'est à dire que leur activation est nécessaire pour le bon développement de l'individu et audelà, de l'espèce. Nous allons nous intéresser plus précisément à quatre caractères qui permettent chacun de classer les animaux en deux groupes (le groupe qui possède le caractère et son groupe complémentaire). Nous distinguerons ainsi les espèces à sang chaud et les espèces à sang froid; les espèces dites « à terrier» ou « à nid» (nidicoles) et celles sans refuge (nidifuges) ; les mammifères et les non-mammifères; les espèces où une portée compte un individu, rarement deux, et celles où le nombre est la loi. Dans les trois premiers groupes, la présence d'un partenaire durant le sommeil du petit aura (ou non) une fonction associée. Dans le quatrième groupe, le caractère observé sera en lien avec la nature du congénère présent. Prenons-les dans cet ordre.

Sang chaud/sang froid: la thermorégulation
Tous les animaux doivent maintenir leur température corporelle à un certain niveau. Pour se protéger du froid, ils ont trois types

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de stratégies: augmenter leur taux métabolique (en absorbant de la nourriture, en frissonnant, en remuant), empêcher la déperdition de chaleur (en hérissant le poil, par des dépôts de graisse sous-cutanée, en se pelotonnant contre des congénères), bénéficier d'une source de chaleur extérieure (soleil, chaleur dégagée par un congénère). Contrairement aux lézards, le corps des animaux à sang chaud est luimême une source calorifique de toute première utilité. Donc pour les animaux à sang chaud, se pelotonner contre un animal, c'est limiter leur déperdition de chaleur mais également bénéficier de la chaleur de l'acolyte: le contact corporel entre les individus est alors un moyen efficace de maintenir une température corporelle suffisante, en particulier la nuit quand la température baisse. Les petits sont d'une façon générale fragilisés par leur immaturité et leur capacité amoindrie de lutter seuls contre le froid. Dormir contre un adulte, un membre de la fratrie, ou tout autre partenaire, aura donc comme fonction de maintenir la température du corps des petits à un niveau satisfaisant.

Nidicolelnidifuge
D'une façon générale, la période du sommeil est un temps de danger: une réactivité amoindrie implique une réponse moins efficace au danger. Pour les animaux qui construisent un refuge (par exemple le renard, le lapin, de nombreux oiseaux), celui-ci pourra constituer un lieu relativement sûr. En particulier, les petits pourront y rester un moment en absence de surveillance des parents, et en relative sécurité. Les parents peuvent alors vaquer à certaines occupations sans leurs petits, comme chercher de la nourriture. Cette protection dépend de la technique dont sait faire preuve l'espèce. Les oiseaux ont développé des procédés très performants. D'autres sont plus sommaires: la femelle guépard cache ses petits dans les herbes hautes quand elle doit partir à la chasse, ce qui ne constitue qu'une faible protection. Les animaux sans refuge ou qui ne construisent pas de terriers ou de nids dignes de ce nom, ne peuvent pratiquement pas se séparer de leurs petits, de jour comme de nuit. C'est le cas de nombreux carnivores, comme certains félins, d'herbivores comme les gnous, les zèbres, et des singes. Cependant, y compris chez les animaux qui bénéficient d'une relative sécurité grâce à leur habilité à construire un refuge, la présence d'un adulte reste toujours un facteur de sécurité pour le petit. Tant que son développement ne lui permet

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