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Esthétique & psychiatrie

De
215 pages
Cet ouvrage établit l'hypothèse selon laquelle l'esthétique et son conflit primaire, considérés comme un choc fondateur de l'appareil psychique, pouvaient jouer un rôle dans la psychopathologie des troubles mentaux. Après une première partie établissant les bases de l'hypothèse, celle-ci voit son illustration dans la seconde partie qui étudie les principaux syndromes de la clinique psychiatrique. Une nouvelle approche de l'esthétique et de la psychiatrie est alors ouverte.
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Eidos RETINA
Michel Godefroy
Esthétique&psychiatrie
Série Collection
Esthétique & psychiatrie
ème Ce livre est le 108 livre de la
dirigée par François Soulages & Michel Costantini Comité scientifique international de lecture Argentine(Silvia Solas, Univ. de La Plata),Brésil(Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia),Bulgarie(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid),Chili(Rodrigo Zuniga, Univ. du Chile, Santiago), Corée du Sud(Jin-Eun Seo, Daegu Arts University, Séoul),Espagne(Pilar Garcia, Univ. Sevilla),France(Michel Costantini & François Soulages, Univ. Paris 8),Géorgie(Marine Vekua, Univ. de Tbilissi),Grèce(Panayotis Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina),Japon(Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo),Hongrie(Anikó Ádam, Univ. Pázmány Péter, Egyetem),Russie(Tamara Gella, Univ. d’Orel),Slovaquie(Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica),Taïwan(Stéphanie Tsai, Unv. Centrale de Taiwan, Taipei) Série RETINA3 François Soulages (dir.),La ville & les arts11 Michel Gironde (dir.),Les mémoires de la violence 12 Michel Gironde (dir.),Méditerranée & exil. Aujourd’hui13 Eric Bonnet (dir.),Le Voyage créateur 14 Eric Bonnet (dir.),Esthétiques de l’écran. Lieux de l’image 17 Manuela de Barros,Duchamp & Malevitch. Art & Théories du langage 18 Bernard Lamizet,L'œil qui lit. Introduction à la sémiotique de l'image 30 François Soulages & Pascal Bonafoux (dir.),Portrait anonyme 31 Julien Verhaeghe,Art & flux. Une esthétique du contemporain 35 Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou36 Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou au cinéma37 Gezim Qendro,Le surréalisme socialiste. L’autopsie de l’utopie38 Nathalie ReymondÀ propos de quelques peintures et d’une sculpture39 Guy Lecerf,Le coloris comme expérience poétique40 Marie-Luce Liberge,Images & violences de l'histoire41 Pascal Bonafoux, Autoportrait. Or tout paraît42 Kenji Kitayama,L'art, excès & frontières43 Françoise Py (dir.),nreso-tomedàemsiréptralnimauD 44 Bertrand Naivin,Roy Lichtenstein, De la tête moderne au profil Facebook 48 Marc Veyrat,La Société i Matériel. De l’information comme matériau artistique, 1 49 Dominique Chateau,Théorie de la fiction. Mondes possibles et logique narrative 51 Patrick Nardin,Effacer, Défaire, Dérégler... entre peinture, vidéo, cinéma e 55 Françoise Py (dir.),Métamorphoses allemandes & avant-gardes au XX siècle 56 François Soulages & Sandrine Le Corre (dir.),Les frontières des écrans 58 F. Soulages & A. Erbetta (dir.),Frontières & migrations. Allers-retours géoartistiques & géopolitiques60 François Soulages & Aniko Adam (dir.),Les frontières des rêves 61 M. Rinn & N. Narváez Bruneau (dir.),L’Afrique en images.62 Michel Godefroy,Chirurgie esthétique & frontières de l’identité 63 Thierry Tremblay,Frontières du sujet. Une esthétique du déclin Suite des livres publiés dans la CollectionEidosà la fin du livre Publié avec le concours de
Michel Godefroy
Esthétique & psychiatrie
Du même auteur Chirurgie esthétique & frontières de l’identité, Paris, L’Harmattan, coll.Eidos, série RETINA, 2015. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-12739-2 EAN : 9782343127392
Introduction
Dans un précédent ouvrage surChirurgie esthétique & frontières de l’identité, la question de la motivation d’un sujet candidat à cette chirurgie avait fait apparaître, à la suite d’une longue expérience dans un service de chirurgie esthétique, que cette démarche correspondait à une tentative de restauration plus psychologique que physique, mobilisant des forces inconscientes impliquant l’individu dans sa dimension d’identité, celle-ci dérivant d’un processus actif de formation de la personne. Parallèlement, et en empruntant à un psychanalyste américain, le Dr. Donald Meltzer, la notion qu’il avait développée de « conflit esthétique », nous avions tenté un rapprochement avec cette expérience en matière de chirurgie esthétique, posant la double hypothèse que celle-ci aidait le sujet à renforcer sa personnation, c’est-à-dire la formation du Soi, en même temps qu’elle procédait à une réconciliation avec l’idée de la beauté dont la définition n’est pas à retrouver dans de quelconques normes de séduction ou de mode, mais qui renvoie à une expérience esthétique première comme choc fondateur de la vie et de l’appareil psychique.  Chemin faisant, en intégrant cette réflexion dans le cadre plus large de la psychiatrie générale pour laquelle l’abord clinique est indissociable des processus fondamentaux qui en sont responsables, l’idée est apparue que ces processus pouvaient, par leurs perturbations, être à
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l’origine de modifications psychopathologiques, ce qui avait été pressenti par Meltzer et l’inventeur du terme de personnation, Paul-Claude Racamier. Notre propos est donc ici de suivre cette ligne de réflexion s’appuyant sur les travaux cités à la lumière de l’observation clinique des troubles psychiatriques pour en proposer la composante psychodynamique de ce qu’on pourrait appeler l’esthétique de la personnation. Si la personnation est la construction architecturale et historique du Soi, l’esthétique en donne le contenu qualitatif, sensible, conférant à l’identité son label affectif comme étant le garant du lien initial, l’amour maternel.  En mettant l’accent sur le rôle de la relation précoce mère-enfant dans les premiers mois, voire les premières semaines de la vie, nous n’avons pas l’ambition d’en conclure que ce rôle résume de manière exhaustive les questions posées par l’origine des troubles mentaux, surtout du fait des contributions de plus en plus généreuses que les neurosciences apportent à la psychiatrie. Les avancées neuro-développementales et neuro-biologiques, les hypothèses cognitives et leurs applications comportementales permettent des progrès considérables dans la compréhension et le traitement des maladies psychiatriques. Les psychiatres de la première et de la seconde génération ont eu le tort bien souvent, dans l’enthousiasme de leurs découvertes, de considérer que la psychanalyse seule apportait des réponses et des traitements efficaces pour les troubles psychiques. Mouvement d’autant plus puissant que les hypothèses neuro-anatomiques et neuro-physiologiques d’alors avaient volontiers un siècle de retard. Il n’en est plus de même depuis la seconde moitié ème du XX siècle, et l’avenir appartient probablement à l’enrichissement mutuel de la psychanalyse et des neurosciences, comme en témoignent les initiatives visant à la création de groupes de réflexion sur ces deux sujets. Nous ajouterions volontiers que les observations et les travaux portant sur les premiers moments de la vie infantile sont parfaitement cohérents avec les données neurobiologiques et neurocognitives, du fait de l’immaturité
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du système nerveux contemporaine de la plasticité de l’appareil psychique en devenir. Les observations de l’enfant dans la première année de sa vie, et surtout dans les six premiers mois, menées par des analystes comme René Spitz ou Mélanie Klein ont permis, en s’appuyant sur une solide expérience clinique, de poser les bases permettant de comprendre les interactions des premières relations d’objet dans l’archaïsme de leur immaturité pulsionnelle. Dans la vie courante, l’observateur ne peut être que frappé par la violence de réaction des bébés, aussi bien dans le plaisir que le déplaisir, la présence ou l’absence, le bercement ou les réactions motrices spontanées. Mettons à l’échelle adulte l’intensité des cris du nouveau-né, et nous aurons un vacarme et une agitation tous deux phénoménaux et non maîtrisables. Ce qui nous donne une idée de l’énergie développée dans ces réactions, surtout agressives, et ce qui donne plus de poids à la lecture des auteurs cités quand ils parlent de haine ou d’amour, d’angoisse ou de terreur, de pulsions destructrices ou de fantasmes sadiques, toutes expressions qui rencontrent chez le lecteur, dans un premier temps, du scepticisme par le contraste entre de tels affects et la vue de ces adorables nourrissons. Pourtant, c’est en comprenant ces mécanismes précoces que l’on pourra donner un éclairage sur les réactions psychopathologiques ultérieures. C’est l’ambition de l’auteur qui a passé son exercice professionnel au service de patients adultes, de tenter de faire ce lien ciblé sur la formation et l’esthétique de la personne.
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er 1 moment L’esthétique dans la formation de l’appareil psychique