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Fragments pour une histoire de la gérontologie

221 pages
Ce livre raconte avec force d'anecdotes la naissance de l'action gérontologique : les errements, les oppositions, et les luttes des acteurs qui ont ouvert cette voie nouvelle. Ce tome rassemble les entretiens individuels de ces femmes et hommes, pionniers chacun dans leur domaine. Ils narrent leur parcours, leurs rencontres, la manière dont ils s'y sont pris pour construire pas à pas des actions, des services, des organisations sur des terrains en friche.
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Fragments pour une histoire
de la gérontologie
Volume 1 OAREIL
L’histoire de la gérontologie en France n’est pas seulement le résultat
de décisions gouvernementales, pas plus d’ailleurs que l’aboutissement
d’idées, de notions et de concepts portés par des théoriciens dessinant
les contours d’un secteur en devenir.
L’envers de ce décor est constitué par des acteurs dont certains Fragments pour une histoire ont trouvé de l’intérêt à agir pour une population émergeant à la
conscience collective, alors que d’autres y sont venus indignés par
la situation faite aux personnes âgées ou ont souhaité prolonger leur de la gérontologie
action vers un public ouvert à de nouvelles possibilités.
Ces militants de la première heure étaient des artisans qui ont mis
Volume 1toute leur habileté au service d’un secteur où tout était à inventer.
Habitat, hébergement, prévention, soin, sport, bénévolat, information,
culture, accompagnement, bref, tout ce que nous connaissons sous
ces formes cristallisées, normalisées, instituées, ils l’ont imaginé,
travaillé, expérimenté, développé…
La naissance de l’action gérontologique vous est racontée ici avec
force d’anecdotes par les acteurs eux-mêmes, et l’on peut y lire leurs
errements, leurs oppositions, leurs luttes pour ouvrir de nouvelles voies.
Ce premier tome rassemble les entretiens individuels de ces
femmes et ces hommes qui ont constitué la génération des pionniers,
chacun dans un domaine particulier. Ils nous racontent leurs
parcours, leurs rencontres, la manière dont ils s’y sont pris pour
construire pas à pas des actions, des services, des organisations sur
des terrains en friche.
Il est possible d’ailleurs d’en tirer une leçon alors que certains
attendent, ici quelque penseur éclairé qui nous offrirait une méthode
révolutionnaire ou une notion qui changera tout, là, des moyens accrus
à l’initiative des pouvoirs publics. La force de ces acteurs, malgré les
résistances, l’ignorance, la faiblesse des moyens et les embûches, était
Vol. 1de croire qu’ils pouvaient sans attendre changer les choses. Et c’est ce
qu’ils ont fait.
ISBN : 978-2-343-06908-1
La gérontologie
23,50 e
en actes
La gérontologie en actes
Fragments pour une histoire de la gérontologie
OAREILFragments pour une histoire
de la gérontologie
Volume 1 La Gérontologie en Actes
Collection dirigée par Jean-Jacques Amyot
L’évolution des connaissances sur le vieillissement et les constantes
mutations de l’action gérontologique requièrent une large diffusion des
études, des recherches et des actes de colloques, véritables brassages d’idées,
de concepts, de pratiques professionnelles et de politiques publiques qui
participent à l’innovation.
La collection La gérontologie en actes a vocation d’éditer ces contributions
qui accompagnent le développement de l’action auprès des personnes âgées.
Déjà parus
Jean-Jacques Amyot, Michel Billé (sous la dir.), Vieillesses interdites, 2004
Michel Billé, La chance de vieillir, 2004
Colette Eynard, Didier Salon, Architecture et gérontologie, 2006
OAREIL, Le vieillissement des immigrés en Aquitaine, 2006
Jean-Jacques Amyot, La naissance de la gérontologie. Jean Bassaler, témoin
et acteur, 2006
UNIORPA, Le traitement social de la vieillesse, 2006
Blandine Orellana-Gélain, Communiquer avec les personnes âgées. Guide
Pratique, 2007
Gaëtan Macaluso, Le stress chez les personnes âgées, 2008
Sophia Belhadjin-Gongon, Regards d’un médecin sur la fin de vie en
gériatrie. Et si c’était moi ? 2009
UNIORPA, Choisit-on d’entrer en établissement pour personnes âgées ?
Enjeux éthiques et pratiques, 2010
Christophe Trivalle, Vieux et malade : la double peine !, 2010
Pierre Pfizenmeyer, Prendre soin du grand âge vulnérable : un défi pour une
société juste, 2010
Sandra Queille, Mémoire du quartier Grand Parc : hier, aujourd’hui et
demain, à Bordeaux, 2011
Catherine Gucher (Dir), Gérontologie sociale. Héritages et réflexions
contemporaines, 2012
Henri Mialocq, Maltraitance en EHPAD. Chroniques de ces petits riens qui
nuisent au quotidien, 2012
Gérald Quitaud, La mort dans l’âme. Le travail du Tré-Pas en soins
palliatifs, 2014
Micheline Tassart-Lainey, Partir à la retraite, 2015
UNIORPA, Société, individu, vieillissement. S’adapter ou changer de
modèle, 2015OAREIL
Fragments pour une histoire
de la gérontologie
Volume 1 © L'HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06908-1
EAN : 9782343069081






Remerciements


Nous remercions les acteurs qui ont accepté de témoigner et ceux qui, plus
de dix ans après, ont accepté de relire et d’ajuster leurs interviews ;

Nous remercions Béatrix Blain qui a repris tous les textes transcrits pour
qu’ils soient lisibles, publiables, en prenant la précaution de ne pas trahir la
pensée et en restant au plus près du style oral propre à l’interview ;

Nous remercions Olivier Létang qui, en sa qualité d’ancien documentaliste
de la Fondation nationale de gérontologie et précédemment du Cleirppa, a
accepté de relire les entretiens afin de s’assurer, autant que faire se peut, de
la cohérence historique des propos et des références nominatives.


SOMMAIRE
VOLUME 1
Préface
Jean-Jacques AMYOT ................................................................... 9
Matière Grise
Une contribution à l’histoire du champ de la gérontologie ................. 11
Interview de Madame Denise Belot ................................................. 17
Interview de Monsieur François Blanchard ...................................... 35
Interview de Madame Suzanne Corréard ......................................... 47 onsieur Jean-Pierre Ernoult 61
Interview de Monsieur Jacques Gauthier 81 onsieur Roger Grossi ............................................... 95
Interview de Madame Hélène Reboul .............................................. 113 adame Claudie Paugam ............................................ 127
Interview de Monsieur Jean-François Tessier ................................... 135 onsieur Jean Vincendeau .......................................... 157
Interview de Monsieur André Weers ............................................... 169
Interview de Madame Claude Mollard, épouse Weers ...................... 193 SOMMAIRE
VOLUME 2
Préface
Jean-Jacques Amyot ...................................................................... 9
Matière Grise
Une contribution à l’histoire du champ de la gérontologie ................. 11
Première Journée de Travail Matière Grise
Paris, 28 mars 2002 ........................................................................ 17
Deuxième Journée de Travail Matière Grise
Bordeaux, 28 novembre 2002 ......................................................... 49
Troisième Journée de Travail Matière Grise
Metz, 11 avril 2003 91
Quatrième Journée de Travail Matière Grise
Mulhouse, 7 novembre 2003 ........................................................... 123 Préface
À la fin des années 90, naît l’association Matière Grise à l’initiative d’un
petit noyau de professionnels et d’anciens qui s’intéresse à l’histoire de la
gérontologie en France, soucieux de ne pas perdre le contenu d’une
formidable aventure et surtout d’en comprendre le sens. S’organise alors,
autour de son président, Maurice Bonnet, par ailleurs vice-président du
CNRPÀ, le Comité nationale des retraités et personnes âgées, une réflexion
pour recueillir des témoignages et collecter des archives.
La période semblait propice, peut-être en raison du changement de
millénaire, puisque l’on voit alors fleurir des initiatives diverses comme en
novembre 1998 la parution d’un guide des Comités d’histoire et des services
historiques à l’initiative du service d’information du gouvernement ou, en
janvier 2001, l’adoption à l’unanimité d’un avis du Conseil économique et
social sur « Archives orales : rôle et statuts » présenté au nom de la section
du cadre de vie. Le document publié au Journal Officiel montre tout l’intérêt
qu’il y a, pour bien connaître l’histoire contemporaine, de recueillir les
témoignages oraux des acteurs ayant vécu ou participé à ces évènements.
Dans le Bulletin N° 1 de Matière Grise (2001), il était fait état de la nouvelle
histoire proposée par certains chercheurs. Henri Rousso, historien et
directeur de l’Institut du Temps Présent (CNRS) soutient le projet d’une
« certaine conception de l’histoire, une conception qui se détourne de
l’histoire des élites et qui propose une nouvelle approche ». Il s’agit en effet
de contribuer à l’histoire de certains groupes particuliers, en intégrant les
témoignages recueillis auprès des acteurs les plus ordinaires et souvent les
moins connus. On retrouve là sans peine, le projet de Matière Grise qui
s’adresse spécifiquement aux acteurs de la gérontologie sociale.
Matière Grise a tenté de développer son activité dans trois directions :
• Participer à divers regroupements, convaincre les acteurs et témoins
de la nécessité de faire œuvre collective de mémoire et d’histoire,
inscrire Matière Grise dans le champ universitaire.
• Soutenir la création d’un fonds d’archives spécialisés à la Fondation
nationale de gérontologie et contribuer à l’alimenter par la
sollicitation directe d’anciens acteurs, dépositaires d’archives
privées aussi bien que publiques, acceptant de les confier à une
institution légitime et pérenne.
• Rassembler les récits d’anciens acteurs de la gérontologie sociale,
soit par des interviews collectives croisées sur la base des souvenirs
des participants, soit en interviews individuelles.
Sa participation au « Premier sommet gérontologique. De l’aide aux
vieillards au senior marketing » organisé par l’Union nationale des instances
9 de coordination, offices de retraités et personnes âgées (UNIORPA) à
Grenoble les 2 et 3 décembre 1999 a rendu ses missions plus visibles. Le
document d’orientation de Matière Grise de janvier 2000 qui précède dans
cet ouvrage les entretiens individuels montre clairement les enjeux pratiques
et théoriques que l’association avait identifiés.
Après quelques années de fonctionnement et, il faut bien le dire, d’une
difficulté majeure à trouver un consensus sur les méthodes et les objectifs
assignés à l’action de l’association, Maurice Bonnet a décidé de dissoudre
l’association. Outre le fonds documentaire en cours de constitution à la
Fondation nationale de gérontologie - elle-même aujourd’hui dissoute et son
fonds documentaire en péril -, Matière Grise avait organisé quatre journées
d’interviews croisées d’acteurs entre 2002 et 2003, et avait également
recueilli en 2003, 12 témoignages liés à la période-clef d’émergence de
l’action gérontologique moderne.
1Dans la mesure où l’Oareil avait, dès 1978, développé des actions de
mémoire collective, puis publié des ouvrages sur l’histoire de la
2gérontologie , Matière Grise a légué à l’Oareil les enregistrements réalisés et
le reliquat financier. Ce dernier a servi à faire transcrire les enregistrements,
à reprendre les textes, notamment avec les témoins toujours présents, puis à
préparer les ouvrages mis à disposition de ceux qui voudront s’emparer de
ces données brutes pour aller plus loin dans la connaissance de cette histoire
faite de femmes, d’hommes et d’institutions qui ont tissé à tâtons un
domaine d’activité et de réflexion devenu essentiel au fonctionnement de
notre organisation sociale.
Deux ouvrages constituent ces fragments. Le premier est constitué par la
restitution des entretiens individuels et le second par les comptes rendus des
quatre journées régionales qui avaient pour ambition de mettre en évidence
les particularités territoriales de cette naissance d’une action gérontologique
moderne.
J’avais promis à Maurice Bonnet que je ferais bon usage de cet héritage et je
suis heureux qu’aujourd’hui paraissent tous ces témoignages, plus de dix ans
après les avoir recueillis. Ce décalage n’a qu’une importance relative :
l’histoire qui se dit n’est de toute façon jamais la voisine immédiate de
l’histoire qui se fait.
Jean-Jacques Amyot, Directeur de l’Oareil
1 Office aquitain de recherches, d’études, d’information et de liaison sur les problèmes des
personnes âgées. Bordeaux. Oareil.org.
2 Amyot J.J., Dr Hugues Destrem, témoin et acteur de la naissance de la gérontologie,
OAREIL, Talence, octobre 1997 ; Amyot J.J., La naissance de la gérontologie. Jean
Bassaler, témoin et acteur, Paris, L’harmattan, « La gérontologie en actes », 2006.
10 Matière Grise
Une contribution à l’histoire du champ de la
gérontologie

Document d’orientation – janvier 2000

Comme bien d’autres activités, l’histoire est aussi affaire de conviction. Le
désir d’histoire n’est en effet pas du tout naturel, qu’on soit actif d’hier ou
d’aujourd’hui, du moins est-il très inégalement réparti. Les uns aiment le
passé, en ce qu’il éclaire l’action présente, mais d’autres se refusent à
réévaluer les actions achevées, pour mieux se concentrer, disent-ils, sur
l’action présente.

Pour sortir de ces difficultés, il n’y a pas de très nombreuses solutions. Soit
un ancien se fait lui-même, par goût ; le mémorialiste du groupe, aux risques
d’une interprétation trop personnelle des faits. Soit un étudiant, un chercheur
s’y consacre, à distance des acteurs, avec le danger que s’installe une sorte
de méfiance réciproque. La thèse est indispensable, souvent intéressante,
surtout si elle dérange, mais les acteurs peuvent quelquefois légitimement
s’estimer volés de leurs souvenirs.

Soit, autre solution, un collectif mixte prend la responsabilité de lancer et de
soutenir une entreprise indépendante de mémoire et d’histoire. En associant
contractuellement des acteurs et des chercheurs, le projet se donne les
moyens d’aller éventuellement contre les intérêts immédiats de certaines
organisations ou de certains acteurs. Pour cela, il faut une conviction
partagée. Il faut aussi une méthode as hoc. « Matière Grise » appartient à ce
troisième type de recherche.

Ce faisant, il ne faut pas minimiser deux risques importants. D’une part, le
risque d’une histoire plaidoyer ou d’une histoire règlement de compte ; en
d’autres termes, c’est le risque d’une histoire malgré tout instrumentalisée
par certaines organisations ou certaines professions qui y auraient pris
conscience avant d’autres de son intérêt stratégique.

D’autres part, le risque d’une histoire témoignage, qui ne serait que la
mémoire de ceux des anciens qui veulent bien encore s’exprimer, par oral ou
par écrit, ou bien de ceux qui pour des raisons diverses ont le désir que
l’histoire soit écrite de telle ou telle manière. Souvent les témoignages ne
sont que ceux de l’élite. On a du mal à savoir ce que faisaient les
sansgrades, à la base, dans l’anonymat. Souvent aussi les témoignages sont plus
ou moins anachroniques, quand ils évoquent les faits d’hier avec les
catégories et les enjeux d’aujourd’hui.
11 Entre ces deux écueils, quelques règles méthodologiques partagées
s’imposent. Il s’agit de s’assurer des moins mauvaises conditions pour créer
des connaissances tout à la fois fiables (c’est-à-dire dont on sait d’où elles
viennent et comment elles ont été construites) et discutables (quant à la
signification des faits évoqués). La discussion, la controverse sont toujours
indispensables à la recherche, a fortiori quand on a la chance de travailler
avec des acteurs encore vivants. Elles la fortifient et servent à la valider.
Dans cette perspective, voici comment nous avons bâti collectivement
« Matière Grise ». L’association « Matière Grise », Groupement pour la
Recherche (et non de Recherche) sur l’histoire du champ de la gérontologie,
a été constituée en 1998, après quelques mois de contacts et de réflexion. La
formule de l’association indépendante nous a semblé la plus adéquate.
« Matière Grise » a pour objectif principal de contribuer à une histoire du
champ de la gérontologie en France, en veillant à rééquilibrer la part des
acteurs médicaux, celle des autres acteurs non médecins et la part, encore
plus souvent oubliée, des cadres administratifs (notamment après le rapport
Laroque). Comme telle la gérontologie croise évidemment les diverses
formes de protection sociale dans notre pays (mutualité, assurance, caisses
de retraite et surtout sécurité sociale).
Le collectif est constitué d’animateurs actuels dans le domaine de la
gérontologie, tous volontaires, en liaison avec plusieurs associations qui
soutiennent explicitement le programme, en liaison aussi avec un puis de
chercheurs, pour la méthodologie, et, espérons-le, avec bientôt l’appui de
quelques doctorants, notamment pour le travail de terrain. Plusieurs
personnes qualifiées ont également apporté leur soutien, qui représentent
diverses compétences et sensibilités fort utiles.
Enfin, « Matière Grise » s’appuie également sur des personnes morales, tant
pour sa gestion administrative (en l’espèce, il s’agit de l’UNIORPA), pour la
constitution du fonds d’archives (en l’espèce, jusqu’à ce jour, il s’agit du
CLEIRPPA), que pour l’organisation ou l’utilisation de manifestations
pouvant servir de support et de relais. Mais il y a encore d’autres
coopérations à construire, notamment avec les institutions universitaires et
de recherche sociale, avec des historiens du temps présent notamment.
N’étant pas dans le cadre d’une thèse universitaire, la recherche de
l’objectivité passe dans un montage de ce type par l’intégration d’une
pluralité des points de vue et par la mise en place d’une interaction
suffisante. Pour aller dans ce sens, il nous a donc fallu construire un
partenariat d’objectifs entre les différents membres, qu’ils soient héritiers de
la gérontologie pionnière, acteurs professionnels passionnés d’histoire ou
chercheurs. Ce n’est pas simple, cela ne peut pas être simple. L’étape initiale
12 de la constitution du groupement est aujourd’hui franchie et nous sommes
maintenant au début de la phase suivante, d’analyse, de confrontation et
d’écriture.

Avec ses moyens propres, « Matière Grise » a d’abord entrepris de
reconstituer les grandes caractéristiques de la politique du troisième âge, au
plan national, sur les 30-40 dernières années, en remontant aux premières
manifestations proprement gérontologiques, sachant que la toute première
n’est jamais bien facile à fixer. Qui a commencé ? C’est là un bon sujet de
débat. Quoi qu’il en soit, il s’agit pour nous de repérer et de hiérarchiser les
principaux évènements ayant marqué le développement récent de ce secteur,
en combinant l’activité gouvernementale, l’activité médicale et hospitalière,
l’activité associative et l’état de la recherche. C’est une tâche beaucoup plus
complexe qu’il n’y paraît, qui doit s’appuyer sur de très nombreuses sources.
Ce travail de recherche aura en particulier à faire la lumière sur ce qui
distingue et rapproche l’histoire du champ de la gérontologie et l’histoire de
la protection sociale sous ses différentes formes.

Mais l’histoire de la gérontologie sociale ne saurait être exclusivement
nationale. Pour restituer la part prise des acteurs locaux dans l’émergence du
problème et dans l’invention d’un certain nombre de réponses collectives
organisées, « Matière Grise » développe aussi son action dans deux autres
directions :

- D’une part, nous avons entrepris de solliciter la mémoire du plus grand
nombre de ces initiateurs de la gérontologie sociale, par questionnaire,
entretiens, déplacements et tous autres moyens à imaginer, pour
reconstituer les actions dans lesquelles ils se sont engagés et leurs enjeux.
Un premier répertoire de ces acteurs a été créé, qui sera complété au fur
et à mesure.
- D’autre part, nous avons constitué un fonds d’archives privées – un tel
fonds est aujourd’hui inexistant et, pour d’évidentes raisons, il y a
urgence –, en s’offrant à accueillir en un lieu central et visible soit des
dons d’archives soit des signalements de gisements d’archives,
personnelles ou liées à des actions collectives. Il s’agit bien d’archives
pour la recherche, qui seront répertoriées et exploitées, dans la plus
grande transparence et, comme il se doit, avec l’accord des intéressés.

Ces résultats, mêmes provisoires, doivent être soumis aux acteurs concernés.
Par principe d’abord car, si le groupement est responsable des analyses, il
n’est pas propriétaire des données qu’il recueille, mais aussi pour pouvoir
solliciter de nouveau leurs souvenirs et leurs points de vue.

13 C’est le croisement des souvenirs des acteurs avec les archives rassemblées
et dépouillées qui est principalement recherché. Ce premier type de
confrontation a commencé avec la phase exploratoire actuellement engagée
et elle se poursuivra au-delà. C’est la base même de la méthode.
Une phase de travail plus systématique est à prévoir à partir de l’année 2000,
en liaison avec plusieurs jeunes chercheurs (de niveau doctorat). Elle
donnera lieu, si tout va bien, à l’établissement d’une sorte de carte des
initiatives dans le champ de la gérontologie en France, à la rédaction de
plusieurs monographies, ainsi qu’à des travaux comparatifs interrégionaux.
Dans l’idéal, le groupement voudrait également aider à l’organisation de
journées d’étude locales, à partir de groupes locaux, où se mêleraient, de la
même manière, militants, professionnels d’hier, chercheurs, doctorants et
animateurs d’aujourd’hui.
Des modalités de diffusion de nos résultats seront également à créer. Un
bulletin de « Matière Grise » pourrait être envisagé, s’il a des lecteurs,
c’està-dire si nous réussissons à mobiliser des adhérents et au-delà un réseau de
correspondants et personnes intéressées.
Dans tous les cas, il s’agit de créer des évènements qui puissent faire
partager ce désir d’histoire, pour aller plus loin.
En résumé, ce que nous cherchons à retrouver et à rassembler peut se
ramener à trois grands ensembles :
1- Des données factuelles brutes
Des dates, des lieux, des évènements, des situations locales etc. La précision
est à cet égard une règle absolue. Chacun sait combien la mémoire fait
facilement des siennes, quand elle n’est pas simplement à éclipses.
2- Des éléments de stratégie, s’agissant des objectifs, des moyens, des
résultats
Comment les acteurs s’y sont-ils pris pour faire reconnaître et progresser la
cause de la gérontologie, au plan individuel, au plan de l’action
institutionnelle et au plan de l’action politique ?
Pour répondre, nous recherchons des éléments significatifs dans l’histoire
personnelle de chacun, les influences déterminantes, les études ou
formations sur le tas, etc...
14 Nous voudrions reconstituer aussi les contextes de l’action collective, locale
ou nationale, les phénomènes de réseaux, les relais d’opinion (journaux,
médias, portes ouvertes, etc...), les partenariats ou coopérations, notamment
entre le champ médical et le champ social, à l’extérieur de l’hôpital.

Bien évidemment, il nous faudra aussi identifier et analyser les principales
innovations (problèmes à résoudre, publics visés, spécificités techniques,
financements, etc...) et comprendre les modes de valorisation des différentes
actions.

3- Dans l’absolu, mais c’est plus difficile, nous voudrions également
apprécier la part des connaissances médicales et sociales du
vieillissement et la part des valeurs collectives dans tout ce
développement.

Quel rôle ont joué les connaissances médicales et sociales dans la
compréhension des problèmes liés à l’allongement de l’espérance de vie ?
Comment, avec quels mots a été décrite ou analysée la situation des
personnes âgées ? Comment sont apparues des valeurs collectives nouvelles,
comme l’idée de solidarité intergénérationnelle ou l’idée de droits de la
personne âgée ? Qui porte quoi ? Comment se formalisent et s’imposent de
telles références ? Qui s’y refuse ou résiste ?

Au total, c’est un programme qui demande du temps, des ressources et
surtout des collaborations multiples. Bien sûr, nous manquons de tout cela.
L’équipe est encore petite et c’est pourquoi toutes les bonnes volontés,
toutes les suggestions de financement, mais aussi toutes les curiosités actives
seront bien accueillies à « Matière Grise ».

15 Interview de Madame Denise Belot, ancienne élue
municipale et retraitée du Conseil Général


Interviewer : Georges Goma, sociologue

Georges Goma : Comment et dans quelles circonstances avez vous été
conduite à vous intéresser aux personnes âgées, et plus globalement au
champ de la vieillesse et du vieillissement.

Denise Belot : En 1965, j'ai été sollicitée pour être conseillère municipale et
adjointe aux affaires sociales. Auparavant j'avais beaucoup milité dans des
associations familiales. Concernant le domaine des personnes âgées, j'étais
complètement ignare. Ayant eu des parents qui avaient disparu, je n’avais
pas eu l'occasion dans ma vie de tous les jours de voir comment vivaient les
personnes âgées ni quels étaient leurs problèmes. Puis les circonstances ont
fait que, avec un autre élu, on s’est dit, on n'y connaît rien en matière de
vieillesse, si ce n'est nos propres voisins, mais on va aller contacter ceux qui
ont commencé à faire un travail un peu plus global. Monsieur Bonnet avait
fait une enquête auprès de ses ressortissants retraités, Monsieur Philibert
arrivait d'Amérique d’où il avait rapporté des expériences. On en avait tiré
des conclusions et on est allé les trouver en disant "On est des nouveaux
élus, on n'y connaît rien en matière de vieillesse mais on aimerait bien
constituer un groupe de travail." Personnellement j'avais été militante dans
d'autres secteurs et je pensais qu’on ne peut connaître et avancer que si on
travaille à plusieurs. Car on n'a pas la science infuse et ce qu'on peut
apporter est complémentaire par rapport à ce que les autres peuvent savoir
ou apprendre. J'ai donc proposé de faire un groupe de travail…

G. G. : Et là c'était dans les années 1965, m'avez-vous dit ?

D. B. : Oui, il me semble. Monsieur Hugonot qui arrivait à Grenoble
puisqu'il était médecin à l'armée et à qui on avait donné un poste à l'hôpital
qui ne l'enchantait pas du tout y a trouvé un centre d'intérêt et Monsieur
Philibert qu'on a contacté également.

On sait qu'il existe des tas de petites choses à Grenoble comme dans plein
d'autres villes, le secours catholique, de petites actions non négligeables
mais qui n’étaient pas des actions en profondeur. C'était superficiel, des
aides individuelles. Et, de ce fait, l'ensemble des personnes âgées n'en avait
pas connaissance. Alors, avec l'accord du maire, Hubert Dubedout, un grand
maire, qui a fait beaucoup de choses (il nous a laissé la possibilité, nous élus,
d’une liberté de faire et il s'intéressait à ce qu'on faisait), on a décidé de faire
17 un questionnaire qu'on a envoyé à cinquante associations, petites, grosses,
catholiques, protestantes, peu importe, et puis à la fin on leur a proposé de
faire une réunion. On a été très surpris car cinquante personnes sont venues.
Alors chacun a fait en fonction de ses connaissances, pas un exposé mais un
rapport expliquant que pour lui la vieillesse, dans sa ville, était un problème
important, et demandant à ses élus et aux associations de travailler ensemble
pour faire avancer les choses.

Àla suite de ça il y a eu des groupes de travail sur l'habitat, l'hébergement, le
quartier, les problèmes de santé et on a créé ainsi cinq groupes. Cinq
groupes, avec une personne responsable pour chaque groupe, déjà
familiarisée avec ces problèmes. On avait par exemple deux assistantes
sociales, qui, dans leur travail, avaient l'habitude de rencontrer des personnes
âgées, mais à titre individuel. Après elles ont participé à cette démarche. Les
groupes de travail se sont mis en route et dans chaque quartier, à Grenoble, il
y a eu ce qu'on appelait les unions de quartiers qui se sont étendues à d'autres
villes ensuite. Elles consistaient à voir tous les problèmes qu'il y avait dans
le quartier, les mettre en commun et demander aux élus ce qu'ils pouvaient
faire. En fait, je dois dire qu'ils nous ont beaucoup aidé au début parce qu'on
n'y connaissait rien. Quand on arrive, on a une idée globale de ce qu'on veut
faire mais on ne sait pas précisément. Donc les unions de quartier nous ont
beaucoup aidé dans cette démarche. Puis ces groupes de travail ont continué
à travailler. On a pu, grâce au bureau d'aide sociale de Grenoble, qui s'est
beaucoup investi, Monsieur Gauthier a pu vous en parler, il en était le
secrétaire général, il nous a beaucoup aidé, de par son savoir, de par ses
fonctions de magistrat. On a élargi, de par ce travail, les gens qui
s'intéressaient à ces problèmes de la vieillesse.

J'ai oublié de citer un problème important, le problème de santé. Monsieur
Hugonot a été l'arche de tous ces problèmes, car il avait la charge à l'hôpital
du pavillon des personnes âgées qui était dans des conditions épouvantables.
À domicile, c'était pareil, donc on a développé les services d'aide à domicile,
parce qu'on ne peut vivre à domicile que si on a une aide, par exemple si on
a des problèmes d'aménagement. On a utilisé tous les matériaux que nous
pouvions avoir sur la ville pour participer à cette action. Puis ça s'est bien sûr
étendu, parce que Monsieur Hugonot était un homme qui avait au moins
trois idées par jour, et on peut quelquefois en réaliser une mais pas plus. Il
avait des tas d'idées mais il fallait de l'argent. Voilà un petit peu comment ça
a démarré et comment on a fait notre éducation. On était très
complémentaires les uns des autres.

G. G. : Le caractère informel des relations que vous avez eu entre vous a-t-il
été vraiment déterminant ?

18 D. B. : Tout à fait. Moi je suis plus sensibilisée aux problèmes sociaux.
Monsieur Bonnet avait une vision un peu plus globale, du fait qu'il était
président d'une caisse de retraite et qu'il avait une responsabilité nationale. Il
connaissait les problèmes de ressources, ce qui est aussi important. On était
une palette qui, petit à petit, a travaillé avec les gens qui voulaient venir avec
nous.

On faisait ce qu'on devait faire, parce que c'était notre devoir d'élu de le
faire, et de ce fait-là, ça n’a pas eu un effet négatif. On a donc progressé. On
a construit des logements foyers. Grenoble était voulue la ville phare,
Monsieur Hugonot y avait organisé une fois par mois des visites venant de
toute la France. Les gens disaient "on va voir à Grenoble ce qui se fait".

G. G. : Les gens venaient de toute la France à Grenoble voir ce qui s'y
faisait ?

D. B. : Oui, c'était soit Monsieur Hugonot, soit Madame Weers qui était
disponible et qui avait une vision plus globale du problème... une fois par
mois. Puis on a été obligé d'arrêter car c'était trop lourd. Ce qu'on y racontait
était la réalité mais les gens savaient la plupart du temps déjà des choses et
ça leur permettait de compléter. Et après on a eu des villes qui ont fait plus
que nous.

G. G. : Quelle ville par exemple ?

D. B. : Il y a eu Rennes… Après, je suis parti. Au bout de deux mandats j'ai
dit : "j'ai tout donné ce que je savais, ou que je croyais savoir, et je suis
épuisé." Ce ne sont pas des journées de 35, ni de 40 heures. Alors on a fait
des équipements, des services, on a essayé de faire participer les gens, on a
fait beaucoup d'animations, de toutes sortes.

G. G. : Comment, à cette époque-là, étaient considérés les problèmes de la
vieillesse ? Certainement pas comme aujourd'hui ?

D. B. : Les problèmes de la vieillesse n'étaient pas considérés. Soit les
familles assuraient, d'abord les gens vivaient moins vieux, soit les gens se
débrouillaient tout seuls. Il n’y avait pas de prise en charge, alors qu'en fait
le rapport Laroque avait tout dit. En particulier sur le maintien à domicile,
dont on s’est beaucoup inspiré. Je dois dire que j'ai beaucoup investi dans ce
domaine-là car si les gens ne peuvent pas vivre chez eux, c'est
impardonnable.

G. G. : Par rapport aux moyens d'information, de sensibilisation et de
médiatisation, et par rapport à l'effervescence de Grenoble, quels étaient les
19 canaux d'information pour sensibiliser les gens? Est-ce que la télé en parlait,
ou bien y avait-il des brochures ?

D. B. : Au début on a fait quelques brochures, mais sur des problèmes très
pratiques. Pour donner, par exemple, des numéros de téléphone, là où il y
avait des services et où les gens pouvaient s'adresser. C'était très matériel.
Après c’est le bouche à oreille. Mais au début les gens ne savaient pas. Puis
Monsieur Hugonot a monté, avec Radio France Isère, une émission toutes
les semaines, écoutée, pas écoutée, c’était variable et difficile à dire. Il
prenait un sujet, quelquefois il y revenait car comme il voyageait beaucoup,
il rapportait aussi ce qu'il avait pu voir ailleurs, en France et à l'étranger.
Pour l'information, on avait fait quelques plaquettes, et puis, beaucoup le
bouche à oreille. La vieillesse fait partie d'un tout. Elle a ses problèmes
spécifiques, mais les vieux sont des citoyens à part entière aussi. Il y avait un
certain état d’esprit à faire passer car on avait tendance à mettre les vieux…

Il y avait aussi le centre de prévention sur les problèmes de santé, qui était
un centre de dépistage, le seul je crois en France. On avait signé un accord
avec la Sécurité Sociale qui faisait que, tous les deux ans, les personnes
âgées pouvaient passer un examen complet sans avoir à débourser quoi que
ce soit. Mais c'était un centre de dépistage, pas un centre de soins. Par contre
il y avait des centres de soins dans les quartiers ouverts à tout le monde et
donc pas seulement aux personnes âgées.

G. G. : Madame Belot, quand vous parlez, vous dites toujours nous. Mais
vous, personnellement, quels ont été vos centres d'intérêt ? Quelles étaient
vos missions officielles, leur fréquence, et n’y avait-il pas aussi une action
personnelle ?

D. B. : Comme je vous l'ai déjà dit, l'action moins personnelle, a été de
favoriser le maintien à domicile. J’ai donc fait des quantités de réunions dans
tout le département pour sensibiliser les élus, les services sociaux, les
médecins, et pour expliquer que les personnes âgées n’attendaient pas du
médecin qu’il vienne seulement lorsqu’ils étaient mourants !

Les élus, dans les petites communes, souvent connaissent tout le monde.
Mais les gens n'osent pas aller les trouver. Mon travail, qui a l'air plus
personnel, a été surtout de faire cette démarche et pas seulement sur
Grenoble. À Grenoble, quand on est arrivé, 450 personnes âgées étaient
aidées, maintenant il y en a plus de mille. Et on est limité par des problèmes
financiers maintenant.

J'allais dans des communes, parfois plusieurs communes. On s'arrangeait,
pour que l'ensemble du département soit informé de ces problèmes de
20 maintien à domicile. Et ça nous permettait, à moi en particulier, d'alimenter
aussi les connaissances de vrais problèmes.

G. G. : À ce moment-là, quel était le degré d'ouverture de ces interlocuteurs
là ? Etaient-ils réceptifs par rapport à votre message ?

D. B. : On parle très peu des problèmes des personnes âgées. Alors on les a
incités à s'organiser entre elles, certaines ont monté des troupes de théâtre,
ont été dans des universités, à se regrouper entre elles, à se prendre en
charge, parce que moi je ne peux faire que de la formation, on ne peut pas
être partout à la fois, à se prendre en charge. Et ça c'était important. De ce
fait là, maintenant, je dirais qu'il reste des choses à remettre en cause. Les
choses évoluent, mais s'il n'y a pas une volonté politique derrière, ça ne se
fait pas. Enfin, c'est tout à fait personnel ce que je dis, mais je trouve qu'il
manque, maintenant, sur notre département, quelques personnes pour en
faire leur priorité d'action, et qui permettent d'avancer, ce que font par contre
d'autres villes. Parce qu’on n'a jamais fini quelque chose, jamais. Il y a
toujours des choses nouvelles à apprendre, d'autant plus qu’on vit de plus en
plus vieux. À cette époque-là, on vivait soixante-cinq, soixante-dix ans,
c'était le maximum, mais maintenant…

G. G. : Quel était, à cette époque-là, l'état de la recherche, de la réflexion ?
Est-ce qu'on organisait des colloques, et malgré tout voulait-on connaître
cette réalité de la vieillesse ?

D. B. : Il y a eu beaucoup de colloques à Grenoble, et ailleurs. Et ça a fait
avancer beaucoup les choses plus concrètement. Et intéresser des
personnalités qui avaient une vue complémentaire par rapport à ce qu'on
avait sur Grenoble, et qui ont apporté aussi d'autres éléments, ça c'est
important. Il y a quantité de personnes, d'ailleurs, qui sont autour de Matière
Grise, et qui on apporté énormément.

G. G. : Quelles sont les personnes et les organismes qui d'après vous se sont
distingués à cette époque, par rapport à leur réflexion, à leur travail, à leur
recherche, à leur capacité à animer les colloques, comme vous le dites, à
rassembler.

D. B. : Je vous dirai que moi j'ai décroché complètement, pour des raisons de
santé. Alors je m'intéresse beaucoup à tout ce qui peut être publié. Quand
c'est vraiment à Grenoble j'y vais, mais je ne vais pas par exemple à des
réunions qui se passent à Paris, Matière Grise ou autre. Même à Grenoble
quelquefois, quand j'y vais, je trouve que ça ne va pas assez loin. Parce qu'on
vit sur le passé. Mais dans la vie actuellement, on a déjà du mal à trouver de
l'argent, un emploi, on a en fait des quantités de problèmes et la vieillesse
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