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Manuel d'hygiène

De
660 pages

L’atmosphère, ou air atmosphérique, est le milieu, l’espace dans lequel nous vivons ; c’est un fluide qui enveloppe la terre de toutes parts, jusqu’à une hauteur de 50 à 60,000 mètres. L’air atmosphérique n’est plus un élément, comme le croyaient les anciens ; c’est, au contraire, un corps assez composé. Voir plus bas sa composition. Il est élastique, invisible en petite masse, pondérable. Nous disons invisible, car la couleur bleue que présente l’espace désigné sous le nom de ciel paraît due à des phénomènes de réflexion éprouvée par la lumière.

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François Foy
Manuel d'hygiène
Histoire des moyens propres à conserver la santé et à perfectionner le physique et le moral de l'homme
PRÉFACE
L’origine de l’hygiène, comme celle de la médecine, remonte, sans aucun doute, aux premiers âges du monde. Laquelle de ces deux scienc es est apparue la première ? La médecine sans aucun doute encore. En effet, observé dans les actes ordinaires de la vie, dans ses habitudes, l’homme, vivant en société, va rarement à côté de ce qui peut lui être nuisible, funeste même. Esclave de ses passion s, poussé par le désir insatiable d’acquérir, afin de satisfaire plus amplement des p enchants et des goûts sans cesse renaissants, il étouffe très souvent le cri de cet instinct conservateur que lui a donné l’auteur de la nature. C’est alors qu’il devient in férieur à l’homme isolé, à l’homme sauvage, à la brute même, qui n’ont que les besoins de la vie animale à apaiser, et chez lesquels, par conséquent, l’instinct de conservation ne perd jamais ses droits. C’est alors aussi que des maux physiques et moraux l’atteignent, que la douleur le déchire, que la réflexion naît dans son esprit, que la sagesse, fille de l’expérience, germe et grandit dans son âme. C’est alors enfin qu’il met tous ses soins, tout son génie à combattre, à détruire d’abord, à éviter ensuite, les peines qu’il prévoit destructibles, évitables. De là, évidemment, la naissance de la médecine, celle de l ’hygiène, sciences qui doivent s’occuper tour à tour et de l’âme et du corps ; car , on le comprend aisément, les impressions morales ont une influence tellement man ifeste, tellement profonde sur les maladies physiques, qu’il est difficile souvent, im possible quelquefois, d’obtenir la curabilité des dernières sans avoir préalablement détruit les premières. Pour nous donc, l’hygiène est sœur puînée de l’art de guérir. Pour nous encore, comme pour tous les auteurs de médecine pratique, c es deux sciences sont inséparables, quoique s’occupant de choses bien opposées, lasanté,lamaladie. L’hygiène est l’art de conserver la santé, de préve nir les maladies ; c’est l’étude appliquée de tout ce qui, dans la nature, peut contribuer au bien-être de l’homme. Cette définition, donnée par tous les auteurs, est claire ; il n’y a, pour la rendre complète, qu’à y ajouter ces paroles de Cabanis : L’hygiène aspire à perfectionner la nature humaine générale(Rapports du physique et du moral). L’hygiène est ditepublique etprivée. La première traite des lois, des mœurs et de la police des peuples ; la seconde, plus spéciale, s’o ccupe de la naissance, de l’âge, du tempérament, des habitudes, des professions, etc., de l’homme. Ainsi que la physique, la chimie et l’histoire naturelle, auxquelles elle est aussi étroitement unie que la médecine, l’hygiène marche et progresse sans cesse. Les auteu rs nouveaux ont écrit sur cette science, lui ont consacré leurs veilles et leurs méditations ; leurs noms ne sauraient être oubliés. Des améliorations importantes, des perfect ionnements nombreux ont été apportés à l’ensemble, à l’application de cette bra nche précieuse et utile des connaissances humaines ; ces améliorations, ces perfectionnements doivent également être rappelés et signalés. Des erreurs, dès préjugé s contraires à l’entretien, à la conservation de la santé, existent encore ; il faut les combattre, les détruire. Remplir cette noble et triple tâche a été le but que nous n ous sommes proposé en composant notreManuel d’hygiène. Déjà, dans un ouvrage récemment publié (voir notre TRAITÉ DE MATIÈRE MÉDICALE ET DE THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE), nous avons indiqué, d’une manière incomplète sans doute, le traitement propre à chacu ne des nombreuses maladies qui 1 atteignent l’espèce humaine ; aujourd’hui nous allons nous efforcer de mériter de nouveau la bienveillance du public médical en résum ant en un volume les découvertes récentes, les documents utiles répandus dans la science, touchant la santé générale et la
santé privée. Nous nous estimerons heureux si ce no uveau travail, fruit de nos études favorites, le bien-être de nos semblables, contribu e en quelque chose à éclairer les masses sur ce qui leur est utile, indispensable mêm e, pour jouir longtemps du plus précieux de tous les biens, lasanté. Éclairer les masses ! venons-nous de dire. Mais ce but n’est-il pas prétentieux, et pouvons-nous espérer plus de succès que nos devanci ers ? Ignorons-nous le peu de bien qui a été fait jusqu’alors, les préjugés qui s emblent plus forts que tous les enseignements de la science ? Non, nous n’ignorons ni l’un ni les autres. Nous savons seulement avec quelle lenteur la vérité se répand, avec quelle difficulté elle acquiert droit de domicile, avec quelle persévérance, par conséquent, il faut sans cesse et toujours la présenter. Nous savons encore qu’il en est de cette même vérité comme de la calomnie, qu’à force d’être répétée il en reste quelque chose . C’est à ces convictions que nous devons le courage de ne pas avoir reculé devant l’i dée de répéter aussi ce que tant d’autres ont dit, et si souvent et si bien. Nous avons emprunté à l’histoire, à l’observation d irecte, à l’expérimentation, aux voyages. Dans l’histoire, nous avons appris les con ditions apportées aux lois hygiéniques, selon les temps, les lieux, les constitutions atmosphériques, épidémiques, endémiques, etc. L’observation nous a enseigné ce qui convient à tel individu, ce qui nuit à tel autre ; l’expérimentation a confirmé les faits dus à l’observation ; enfin les voyages nous ont mis à même de bien étudier les climats, le s races, les mœurs, les passions, etc., des différents peuples. Relativement à l’histoire, nous nous sommes montré sévère dans l’admission des faits rapportés par elle ; nous avons scrupuleusement pes é la valeur de chacun de ces derniers ; en un mot, nous avons mis toute notre attention pour distinguer le vrai du faux. Nous nous sommes surtout mis en garde contre les an ecdotes, les historiettes répandues ça et là, et dans les écrits des anciens, et dans les écrits des modernes. Nous avons eu constamment présente à l’esprit cette vérité : que l’histoire de nos jours étant écrite avec nos vertus, nos vices, nos passions, notre partialité ; de même nos pères ont eu leurs temps d’erreur, leurs jours de mauvaise foi. Ainsi qu’on le verra par la suite, le plan que nous avons adopté est une légère modification apportée aux plans divers des anciens et des modernes ; mais ce plan n’est pas assez neuf, assez différent, pour que nous le d isionsnôtre.nous le Toutefois croyons plus naturel que tous ceux de nos devanciers, plus conforme au but que nous nous sommes proposé. Les lecteurs en jugeront. La santé et la maladie, ces deux états particuliers de notre faible et courte existence, ayant été définies aussi exactement que la science le permet, nous avons tracé brièvement l’historique de l’hygiène. Nous sommes e nsuite entré en matière, et nous avons divisé notreManuel,plus en trois parties : non sujet de l’hygiène, matières de l’hygiène, règles de l’hygiène, mais en deux parties seulement :matières de l’hygiène, sujets de l’hygiène.la première partie ont été étudiées les Dans choses célestesles et choses terrestres.espace, nouschoses célestes, ou choses répandues dans l’  Comme avons fait connaître l’influence de l’air, des astr es, des météores, etc., sur notre économie. Comme choses terrestres, subdivisées en c elles qui sont dues à la nature seulement, et en celles qui sont dues à la nature et à l’industrie des hommes, nous avons étudié les localités, les climats, les saisons, les habitations, les vêtements, etc. Cet ordre, comme on peut le voir déjà, qui embrasse lescircumfusa,ou ce qu’Hippocrate a nommé lesairs, leseaux et leslieux,nous a mis à même de ne passer sous silence aucun des conseils relatifs aux matières de l’hygiène préexis tant à l’homme : nous parlons de l’homme naissant au sein d’une société civilisée.
Après cette étude, première partie de notre ouvrage, est venue celle de l’homme, celle de la femme, apparaissant au monde avec leur nudité , leurs faiblesses, leurs vagissements, leurs besoins, et devant rester avec leurs douleurs, leurs infirmités, leurs passions, leurs travaux, etc. Ici, nos deux sujets, l’homme et la femme, ont été pris à leur naissance et examinés, jusqu’à leur mort, dans tout es les conditions matérielles et morales qu’ils doivent ou qu’ils peuvent parcourir. Cet examen a été la seconde partie de notre livre. Dans cette dernière partie, peut-être avons-nous rêvé ; peut-être avons-nous fait de l’utopie ? Mais voir le bien en désir, jouir du bonheur par l’espérance, n’est-ce pas oublier le mal, n’est-ce pas annihiler les influences fâcheuses de celui-ci, et n’est-ce pas, en définitive, protéger la santé, faire de l’hygiène ? D’après ce qui précède, on voit que nous avons fait marcher de front l’hygiène publique et l’hygiène privée. Cette tâche a été grande, hérissée de bien nombreuses difficultés ; mais notre désir de bien faire était là, et nous ap ercevions de loin, comme encouragement, l’indulgence bienveillante du lecteur et la certitude qu’il lui resterait de notre bonne intention. Nous avons donc poursuivi no tre œuvre en empruntant un peu aux anciens, beaucoup aux modernes. Aux uns et aux autres, tels que : Arbuthnot, Lorry, Monro, Ramazzini, Wuislow, Tissot, Willich, Hufelan d, John-Sainclair, Hallé, Leroy, Tenon, Desgenettes, Barbier, Rostan, Londe, Desland es, Andral, Buchez, Trélat, H. Royer-Collard, Michel Lévy, Ed. Auber, Motard, Fois sac, Briand, etc., etc., à ces médecins hygiénistes, tout le bien qui se trouvera dans notreManuel. Aux travaux de Parent -Duchâtelet, de Villermé, de Montferrand, et c. ; auxAnnales d’hygiène et de médecine légale,auxthèsesdu dernier concours pour la chaire d’hygiène près la Faculté de médecine de Paris, toutes les citations importan tes que nous avons faites. A nous seul le mal qui se trouvera dans l’œuvre de patience, de recherches, de coordination que nous livrons au public. Puisse lemalne pas étouffer lebien!
1Deux vol. in-8. 1843.
ERRATA
ARTICLE PREMIER
De la Santé
Dire que la santé, cet exercice libre et parfait de s organes qui composent le corps humain, cette harmonie facile et agréable des fonctions de l’économie, est le plus grand et le plus beau de tous les biens ; qu’elle est à e lle seule le don le plus précieux que le divin maître ait pu nous faire ; ajouter que ce bie n, ce don, est des plus fragiles, des moins durables, c’est constater une vérité de tous les temps et de tous les lieux, c’est rappeler à tous les esprits les soins que cet état de bien-être exige pour son entretien, sa prolongation. De là les nombreux et sages préceptes donnés à l’homme par tous les législateurs, les philosophes et les médecins pour protéger la santé ; de là encore la personnification, la déification même de cette partie de la médecine par les anciens, qui personnifiaient, qui déifiaient tout ce qui était beau, tout ce qui était utile. Chez les Grecs,l’Hygie, ou la Santé, était une jeune nymphe à l’œil vif et riant, au visage frais et vermeil, à la taille légère, à l’em bonpoint gracieux et rosé. Chez les Romains, c’était une femme assise sur un trône, dép osant sur un autel entouré d’un serpent, symbole de la prudence, une coupe, emblème du remède, ou plutôt du préservatif de la maladie. Chez les Romains encore, des fêtes furent instituées en l’honneur de la Santé, un temple lui fut élevé et d édié par G. Junius Bubuleus, près du mont Quirinal. La porte de Rome voisine de ce templ e avait reçu le nom dePorte Salutaire.Aujourd’hui, les poëtes seuls chantent et célèbrent la Santé ; mais, en général, ils en suivent peu les sages et utiles ordonnances : aussi nous n’avons plus de fêtes, plus de temples consacrés à la déesse Hygie ; nous adorons d’autres idoles, et celles-là, nous le dirons par la suite, sont loin de nous donn er une grande longévité. Comme les anciens, nous faisons bien, il est vrai, quelques sacrifices à la Santé ; mais les victimes ne sont autres que nous-mêmes, qui sans cesse abrégeons nos jours dans des travaux excessifs imposés par notre ambition, dans des priv ations suscitées par notre cupidité, notre avarice, dans des excès dus à notre intempérance. Et pourtant, sans la santéquelle misère, quel fardeau que la vie ! quelle futilité q ue la richesse ! quelles inutilités que le mérite, la gloire, les titres, les honneurs ! La santé, avons-nous dit, est un don, un bien fragile et peu durable. A cette proposition claire, précise et facile à comprendre pour tout le monde, nous ajouterons, comme définition plus étendue, plus complète, une autre proposition que voici : la santé peut être considérée tout à la fois comme un être matériel, e n ce sens qu’on ne peut nier son existence, et comme un être de raison. Elle sera un être matériel, et ce cas est le plus rare, quand elle résistera aux causes ordinaires de son ébranlement, de son altération. On sait, en effet, que les propriétés, les qualités de la santé ne sont pas toujours renfermées dans un cercle étroit et infranchissable ; que certaines modifications peuvent être imprimées inopinément à nos organes ; qu’il y a enfin des êtres privilégiés qui se portent constamment bien, tout en s’éloignant des règles hygiéniques les plus sacrées. Comment expliquer cet heureux privilége sans admett re un principe conservateur, inconnu dans son essence, veillant sur nous et écar tant de nos organes les désordres prêts à éclater ? La santé sera un être de raison, un état moyen ou relatif, et ce cas est le plus fréquent, toutes les fois que le jeu des organes, l’accord de s fonctions, seront suffisants pour empêcher la plus légère des maladies, la plus faibl e des indispositions. Enfin la santé existera encore, mais non absolue, non entière, qua nd les atteintes morbifiques ne porteront que sur des organes d’une utilité secondaire. Les attributs, les caractères de la santé, dépendan t, les uns de l’ensemble de
l’organisation, les autres des individualités ou id iosyncrasies, de l’état des grands appareils, peuvent être établis ainsi qu’il suit : l’homme qui se porte bien a le teint plus ou moins animé, la carnation fraîche, la peau souple, les traits calmes et heureux, le port droit, la stature aisée, la démarche sûre et hardie, le travail du corps et de l’esprit facile, le repos doux et réparateur, les fonctions régulières, l’appétit bon, la digestion prompte, les excrétions proportionnelles, la respiration grande, la circulation régulière, l’intelligence en rapport avec le genre des occupations ordinaires , le caractère bon, les passions calmes. Toutefois, le portrait que nous venons de donner de l’homme en santé n’est pas toujours aussi fidèle, aussi complet. On sait que tel individu dont le teint est pâle et en apparence languissant jouit d’une santé aussi bonne , et quelquefois meilleure que tel autre dont lefaciesest fleuri et vermeil. Mais ces observations ne sont que des variétés individuelles, et ces variétés ou exceptions, loin de détruire les caractères généraux que nous avons donnés de la santé, ne font que confirmer leur réalité. Comment conserve-t-on la santé ? en suivant avec sa gesse les préceptes que nous donnerons dans le cours de cet ouvrage. Ces précept es varieront selon les âges, les prédispositions morbides, les sexes, les climats, etc. ; car le corps humain varie selon les âges, les maladies qu’il a essuyées, les modificateurs qui l’entourent. Y a-t-il un principe qui puisse servir dans tous le s cas de base, de règle générale, de criteriumpour conserver la santé ? Notre savant confrère, le docteur Réveillé- infaillible Parise, dans sesConsidérations sur la santé (GAZ. MÉD., 1843, p. 392 et 540), assure que ce principe existe dans la science, dans les lo is physiologiques ; qu’il ne s’agit que de le connaître et de l’appliquer. Voyons quelques unes des propositions de cet auteur. « Tous les organes du corps humain sont aptes à êtr e excités, tous jouissent d’une propriété particulière, inhérente à leur nature, qu ’on appelleexcitabilité.propriété, Cette quelle que soit sa nature,une etindivisible, ou particulière à chaque organe, est elle-même susceptible d’abaissement et d’élévation, de diminution et d’accroissement, à des degrés difficiles à calculer avec précision. Toutefois, en la considérant dans sonminimum et dans sonmaximum,on trouve une latitude assez étendue, capable d’être déterminée jusqu’à un certain point. C’est dans cette propriét é que sont placées radicalement les forces inconnues de la vie, etc. Cette propriété (l’excitabilité) serait inerte et i mpuissante, si ses actes n’étaient provoqués par une autre force presque toujours exté rieure, qu’on appelle dans son ensemblel’excitation oul’excitement,qui elle-même varie dans des proportions force infinies. Ainsi, d’une part l’excitabilité, de l’autre l’excitement, toujours en jeu, toujours en activité, continuellement en rapport, déterminent l es phénomènes de la vie ; ils les manifestent, ils les règlent, ils les balancent et les expliquent. Quand ils cessent, la machine se dissout, et ses différentes parties pass ent à d’autres combinaisons dans l’immense laboratoire de la nature. Dans l’économie animale, chaque organe a son stimul ant particulier ; mais tous les organes sont solidaires dans leur action, et cela e n vertu duconsensus; c’est général celte solidarité qui réduit tous les actes vitaux àl’unité harmonique de l’organisme ; et c’est précisément dans cetteunité que consiste le principe fondamental de la santé, autrement dit dans un rapport constant, unéquilibre normal entrel’excitabilité et l’excitementde chaque organe en particulier. Chaque organe doit être excité, stimulé convenablem ent, c’est-à-dire dans les proportions de son excitabilité.au-delà, c’est détruire les forces, amoindri  Aller r la vie, entraver le développement général. L’excitabilité,force inhérente aux organes, ne pouvant plus être régénérée quand elle a
été épuisée par des excès, il est important de se p lacer, de se tenir dans les conditions voulues pour l’exercice libre et facile des fonctions organiques. L’excitement,tre renouvelés,les moyens d’excitation, étant susceptibles d’ê  ou dépendant de notre volonté, il faut que la raison préside toujours à leur emploi. Tous les organes, avons-nous dit, subissent le joug de l’excitabilité, de l’excitément. Mais il en est trois surtout qui influent plus immédiatement sur la santé, le bien-être et le bonheur des hommes ; ce sont : lecerveauses dépendances, et l’estomac et ses annexes, et les organesgénérateurs. La plus grande attention doit donc être constamment portée sur les fonctions de ces princip aux organes, surtout aux trois périodes de la vie ditesenfance, virilité, vieillesse. » De tout ce qui précède, peut-on conclure que la san té est un bien constant, durable, permanent, dépendant de notre obéissance aux lois h ygiéniques ? Peut-on ajouter que nos excès, nos passions peuvent seuls l’altérer, la détruire ? Non, certainement. On sait, nous l’avons déjà dit, qu’il est des êtres privilég iés qui, quoi qu’ils fassent, jouissent constamment d’une bonne santé ; il en est d’autres, au contraire, dont la constitution mauvaise dès le principe, entretenue mauvaise par l es privations, la misère et les chagrins, traînent une vie languissante et maladive. Mais ce qui fait surtout que la santé parfaite, que l’idéal physiologique, sont choses impossibles, c’est que là où il y a vie, il y a fonctions ; que celles-ci s’exécutent à l’aide d’organes, d’instruments, et que ces derniers n’ont qu’une quantité déterminée de forces ou de pu issance à dépenser. De là une vie plus ou moins longue, une santé plus ou moins belle et heureuse ; de là aussi l’altérabilité de cette santé, la fin de cette vie, et cette altérabilité, cette fin, sont d’autant plus rapides, d’autant plus promptes, que l’excitabilité organique est plus souvent mise en jeu, que l’excitement est plus souvent employé.
ARTICLE II
De la Maladie
Si la santé est le plus doux et le plus grand des biens, la maladie, cet état dans lequel les organes de l’économie sont mal à l’aise, déplac és ou plus ou moins profondément altérés, dans lequel les fonctions sont irrégulière s, interrompues, suspendues ou douloureuses, la maladie, disons-nous, est, par contre, le plus grand et le plus cruel de tous les maux. Avec elle la vie est une amère décep tion, une longue et poignante douleur. La pauvreté, compensée par la force et le courage, lui est mille fois préférable. L’homme malade compte mille fois ses heures, ses jo urs, ses années. Tous ses vœux tendent vers une seule et même chose, la fin de ses souffrances. Chez lui, l’amitié n’est plus qu’un mot, les liens de famille se détruisent peu à peu, le cœur devient muet. La possession des richesses les plus belles, des titre s les plus élevés, des honneurs les plus grands, est nulle et superflue. Sans cesse tou rmenté par le mal et la douleur, le valétudinaire a le caractère chagrin et maussade ; ses passions sont tristes ; il recherche la solitude ; il est sourd aux conseils de la philo sophie, de la morale, de la religion. Heureux quand son humeur noire, sa mélancolie, ne l e portent pas au désespoir, à l’envie de mal faire, au meurtre, au suicide ! L’esprit est sain chez celui qui se porte bien, a dit Juvénal (mens sana in corpore sano) ; l’esprit est souvent malade, insensé, furieux, ajouterons-nous, chez celui-là qui est en proie aux souffrances physiques(mens œgrota in corpore dolenti).é souvent,malade devra donc être plaint toujours, pardonn  Le condamné rarement ; car, à part quelques caractères d’élite, quelques organisations supérieures, combien de sages compte-t-on parmi les hommes abandonnés par la santé, dévorés par la maladie ? L’histoire a enregistré, nous le savons, des traits de courage et