Non à l'euthanasie

De
Publié par

Le débat sur l'euthanasie comporte une forte charge irrationnelle parce qu'il nous renvoie à notre propre mort, parce qu'il suscite des images où chacun projette ses peurs et ses fantasmes, parce qu'il fait appel pour un certain nombre d'entre nous à des observations ou des expériences vécues, parfois douloureuses. Cela pose deux questions fondamentales: A partir de quels critères peut-on juger qu'une vie vaut ou ne vaut pas d'être vécue? Qui peut se donner le droit d'en décider?
Publié le : dimanche 1 avril 2007
Lecture(s) : 213
Tags :
EAN13 : 9782336266008
Nombre de pages : 176
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

NON A L'EUTHANASIE

En couverture: Etude pour la mort de Caton dJUtique Jean-Baptiste Greuze ( Tournus 1725 - Paris 1805 ) Dessin à la sanguine
Musée Bonnat - Bayonne

1e édition :<9 AXIS, 1987

@ L'Harmattan, 2007 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-03025-1 BAN: 9782296030251

Professeur Julien GUELFI

NON A L'EUTHANASIE
2èmeédition revue et actualisée par le Pre Alain Milhaud

Préface du Pre Georges Mathé

Suivi de
L'introduction au livre de Kathleen Foley MD. et Herbert Hendin MD.

et de la Postface du ProBernard Debré

L'Harmattan

Questions Contemporaines Collection dirigée par J.P. Chagnollaud, B. Péquignot et D. Rolland
Chômage, exclusion, globalisation... Jamais les « questions contemporaines» n'ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines» est d'offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.

Dernières parutions
Sébastien ROFFAT, Disney et la France. Les vingt ans d'Euro Disneyland, 2007. Francis JAUREGUYBERRY, Question nationale et mouvements sociaux en pays basque, 2007. Sébastien BRUNET: Société du risque: quelles réponses politiques, 2007. Jacques MERAUD, Réinventer la croissance, 2007. Nils ANDERSSON, Daniel IAGNOLITZER, Vincent RIV AS SEAU (dir.), Justice internationale et in1punité, le cas des États-Unis, 2007. Dan FERRAND-BECHMANN (dir.), L'engagement bénévole des étudiants, 2007. Philippe HERBAUX, Intelligence territoriale: repères théoriques, 2007. Henri GUNSBERG, Une démocratie en trompe-l'œil, 2007.

Olivier PINOT de VILLECHENON, Pourquoi changer la

vme

République?, 2007. Delphine FRANÇOIS-PHILIP BOISSEROLLES DE ST JULIEN, Cadre juridique et conséquences hun1aines d'un plan social, 2007. Clément DESBOS, La gauche plurielle à l'épreuve de la mondialisation, 2007. Eric SOMMIER, Essai sur la mode dans les sociétés modernes, 2007.

Guy CARO, De l'alcoolisme au savoir - boire, 2007.

Le Professeur Julien Guelfi a été Président de l'ADEM ( Association pour le Développement de l'Expérimentation en Médecine) de 1995 à 2001 succédant au Professeur Paul Milliez

Remerciements

Nous remercions très vivement Cécile Clairval-Milhaud qui a réactualisé entièrement le chapitre 10 consacré à l'évolution du concept d'euthanasie dans différents pays industrialisés. Nous avons pu apprécier sa patience, son courage et son excellente assistance technique et informatique. Nous remercions également Grégoire Milhaud, qui a relu le manuscrit avec une intelligence et un soin remarquables.

Nous remercions enfin très chaleureusement: - The Johns Hopkins University Press - Baltimore et - Les Editions Le Cherche Midi - Paris

Le Professeur Julien GUELFI, né à Mantes-la-Jolie le 26 février 1913, est décédé à Paris le 2 juin 2001. Il a été élève du lycée Louis-le-Grand, puis de l'Ecole Normale Supérieure en 1936, agrégé de lettres, certifié ès sciences mathématiques et physiques, licencié en droit, médecin enfin. La seconde partie de sa carrière professionnelle a entièrement été consacrée à la médecine, aux patients cancéreux et à l'enseignement de la physique aux étudiants en médecine. Il a été assistant à la Faculté de Médecine de Paris et à l'Institut Gustave Roussy, Professeur de Physique Médicale à la Faculté de Médecine de Rennes de 1955 à 1982 et directeur du Centre Anticancéreux de Rennes (Pontachaillou) de 1956 à 1978. L'idée de la retraite lui étant insupportable, il a poursuivi quelques années encore son exercice médical en tant que médecin généraliste à Paris et attaché cancérologue à l'hôpital Paul Brousse. De 1950 à 1988, de très nombreux patients ont pu apprécier son dévouement, sa compétence, sa passion de guérir; sa famille, sa femme et ses trois garçons, ont pu profiter de son intelligence, de la diversité de ses intérêts et de son affection. Julien GUELFI a laissé une oeuvre constituée principalement de plusieurs ouvrages scientifiques, dont une Initiation à la Physique Médicale et à la Biologie (Masson et Cie, 1958), un Abrégé de Mathématique à l'usage des étudiants en médecine (Masson et Cie, 3ème édition, 1966 ) qui a été une aide considérable pour plusieurs générations d'étudiants en médecine et Comment vaincre le cancer aujourd'hui (L'Hermès, 1984).

Julien GUELFI a aussi écrit plusieurs essais: Quatre essais (Pensée Universelle), Madame de Maintenon L'Hermès, 1986), Jeanne d'Arc ou le patriotisme français (AXIS,1991).

NON A L'EUTHANASIE, livre de combat enfin, délibérément hostile à toute légalisation de l'euthanasie, a été publié en 1987 (AXIS).

Julien-Daniel Guelfi juillet 2006

10

Préface de la deuxième édition

Il vaut mieux bien mourir que vivre mal, a-t-on dit. Le sens général de ce proverbe signifie que les amis de l'humain ou de l'animal qui vient de mourir doivent se consoler de son départ parce qu'il s'est éteint dans une mort sans souffrance ou « euthanasie». Certains terroristes intellectuels ont la manie de vouloir imposer aux autres, c'est-à-dire à la majorité, leur idéologie, même si elle est contraire au sens commun et à l'éthique traditionnelle, mais à laquelle ils tiennent d'autant plus qu'ils sont, eux, minoritaires. Ils ont, ces créateurs d'idéologies, converti le sens étymologique du terme d'euthanasie en celui d'une théorie selon laquelle il serait licite d'abréger la vie d'un malade incurable pour mettre fin à ses souffrances. Or les douleurs incalmables n'existent plus aujourd'hui grâce aux progrès de l'analgésie médicale et chirurgicale. Le professeur Julien Guelfi réagit contre ces dissertations sur l'euthanasie que ni le Droit, ni l'Éthique ne reconnaissent comme

acceptables. Certes, « on tue bien les chevaux ». On tue aussi les
chiens quand ils sont très vieux, malades et souffrant physiquement. Certains les tuent d'ailleurs avant de déménager ou de partir en vacances, voire en week -end. L'homme peut-il être assimilé aux chevaux et aux chiens?

Pas encore tant que survivra une civilisation gréco-judéochrétienne et un minimum de jugeote: ne risque-t-on pas de passer des malades incurables et souffrants aux personnes âgées que notre société a déjà enfermées dans ses hospices, parfois par milliers, sans qu'elles aient l'espoir de guérir de cette maladie qu'est, disait le général de Gaulle, la vie? Hitler a aussi recouru à l'euthanasie dans les chambres à gaz pour ceux qui n'obéissaient pas à la normalité teutonne, des milliers de grands handicapés et malades mentaux, puis plus spécialement 6 millions de Juifs et 260 000 Tziganes, hommes, femmes et enfants. De très nombreux résistants, ainsi que des homosexuels ont été également assassinés par différents procédés. Julien Guelfi est contre toute euthanasie, y compris l'assistance au suicide. Il donne de son refus une analyse argumentée par une base biologique et juridique. Il confirme ainsi la règle du Code de déontologie. Il consacre un long développement à l'euthanasie très particulière pratiquée par des médecins nazis. Si la défunte proposition de loi de l'ancien ministre Henri Caillavet (7,8) l'amène à une analyse du droit à la mort, c'est parce qu'il entend montrer qu'il n'est pratiquement pas possible d'ouvrir une brèche et d'autoriser la mise à mort d'un malade, même condamné. Elargissant le débat dans un esprit d'ouverture maximale, Julien Guelfi examine la position des principaux Etats du monde sur ce problème en 1987. Pour cette deuxième édition, les informations différents pays ont été actualisées. sur ces

En effet, de nouvelles dispositions ont été prises dans certains pays. Mais l'examen du cas de l'Oregon, le seul Etat des EtatsUnis à avoir autorisé l'euthanasie, comme ceux des Pays-Bas, de la Belgique ou de la Suisse, montre combien ces situations sont 12

contestables et heureusement contestées; le dernier chapitre de ce livre militant le montre bien, il est tiré, avec l'autorisation de son auteur, du livre de Bernard Debré Nous t'avons tant aimé L'euthanasie, l'impossible loi.* Julien Guelfi recherche aussi les raisons de l'orientation de certains intellectuels de luxe vers l'euthanasie, et il refuse de retenir les contraintes économiques et sociales que posent les états végétatifs chroniques. Il distingue le malade de son entourage, tant familial que politico- financier. Il arrive ( cela est hélas vrai! ) que les proches souhaitent en finir avec l'agonie, voire avec la maladie, «pour atténuer», osent-ils dire, «de vaines souffrances». Le médecin connaît le sens de ces allégations hypocrites. Julien Guelfi met en lumière le caractère très labile de la volonté humaine d'une manière générale et encore plus, bien entendu, de celle du malade épuisé, souffrant, déprimé, confus,

donc soumis au risque de la rencontre avec le premier
euthanatologue, professionnel ou amateur, lui-même soumis à ses cycles mentaux. A qui pourrait se fier le malade et où pourrait-il se réfugier si l'hôpital devenait un champ de mort pour les patients? Gloire à Julien Guelfi à qui cette réédition du livre de 1987 est dédiée. Il fut le premier (et à compte d'auteur) à pousser ce très remarquable cri d'alarme. (1)

Georges MA THÉ

*

Editions Le Cherche Midi. Paris. 2004.

13

Exergue

«

Qu'est-ce donc que ma substance, ô grand Dieu?

J'entre dans la vie pour en sortir bientôt: je viens me montrer comme les autres,. après, il me faudra disparaître.»

Nous savons que cette citation de Bossuet dans le Sermon sur la mort qu'il prononça le 22 mars 1662 ne correspond pas à l'opinion qu'il prétendait avoir sur l'ensemble du problème de la mort. Car le second point ne va pas tarder, en opposition au premier, à nous montrer quelle est la grandeur de l'homme, grâce à Dieu. Mais il n,ous a paru nécessaire, avant notre écrit sur la mort prétendue douce, d'élever le problème. La mort dont nous allons délibérer de savoir s'il faut l'accueillir et la décorer d'un préfixe favorable, comme si elle pouvait être bonne, cette mort, Bossuet lui-même reconnaît, dans son premier point, qu'elle peut n'être qu'une disparition radicale. Shakespeare a suggéré que notre monde n'est qu'un théâtre. Après que l'acteur est sorti, il n'y a plus aucune trace de son passage. Et c'est probablement la pensée fondamentale de ceux d'entre nous qui écrivent, qui signent leurs livres, qui paraissent dans les journaux, mieux encore, qui assiègent et occupent les images de la télévision. Ceux-là probablement pensent qu'il est très important de se montrer. Au contraire, celui qui meurt pense que son malheur est sans espoir et qu'il ne pourra plus paraître. A la lumière de cette phrase de Bossuet, on comprend mieux à la fois le problème de l'euthanasie et la fureur de celui à qui elle est proposée.

Il pourra dire en effet à son conseiller grimaçant: « Tu viens
te montrer comme les autres,. après, il me faudra disparaître ».

Avant-propos

On confond souvent les diverses euthanasies. Il est vrai qu'elles ont en commun de nombreux points; mais elles posent les unes et les autres des problèmes moraux très différents. (2) Il Y a les euthanasies pratiquées de force, dans les camps de concentration, jadis, pendant la guerre hitlérienne. Des Allemands ou des non Allemands ( aucune nation n'a le monopole du crime) les ont pratiquées. La justice internationale, après la guerre, ayant été saisie, nous connaissons bien ces faits. Il Y a également l'euthanasie active, revolver, s'adressant à un grand malade demande. Les tribunaux ont eu à connaître ont été accomplis par les proches, ou plus lui-même. le poison, le coup de qui l'ignore ou qui la ces sortes de gestes qui souvent par le médecin

Enfin, la dernière euthanasie est l'euthanasie passive: c'est l'arrêt des efforts thérapeutiques devant une situation médicale présumée sans espoir. Notre travail consiste ici à tenter d'abord de définir la mort et ses signes. En second lieu, nous rappellerons la loi française ainsi que les règles du Code de déontologie. Cette partie de notre étude est facile à exposer: elle est claire: les juristes, maîtres du jeu, peuvent être plus lumineux que les médecins qui ne connaissent pas bien la mort, il faut le dire. Les euthanasies criminelles nous retiendront très longuement. Les écrits du procès de Nuremberg et des autres procès qui ont suivi les réunions de ce tribunal ont abouti à des documents indiscutables. Par égard pour les victimes des camps, nous aurions voulu faire plus long, bien que l'idée puisse venir que ces euthanasies-là sont simplement des crimes et qu'ainsi elles devraient sortir des limites de notre étude critique.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.