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Oui, vos reins sont bien malades !

De
164 pages
Parce que l'insuffisance rénale est une maladie fréquente, et considérant que près de trois millions de Français en seraient touchés, les auteurs de ce livre, "malades lambdas", souhaitent transmettre leurs connaissances acquises. Ce second livret aidera à la compréhension de ce problème majeur de santé qu'est l'insuffisance rénale chronique qui, si elle était associée à un dépistage précoce des populations à risque, entraînerait des économies de santé considérables pour l'assurance maladie.
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Ligue Rein et Santé – Rein échos
Oui, vos reins sont bien malades !
Livret 2 – Prévention et dépistage
Parce que l’insuffisance rénale est une maladie fréquente, et
considérant que près de trois millions de Français en seraient vos reinstouchés, certains sans le savoir, nous avons souhaité faire
et partager notre propre synthèse des écrits sur le sujet en
trois livrets et transmettre ainsi, nous, « malades lambda » sont bien
impliqués dans le monde associatif (LRS – Rein échos), nos
connaissances acquises via les médecins, notre expérience malades !OUI,
vécue, nos réflexions mûries sur le sujet…
Ce second livret aidera à la compréhension de ce problème
Livretmajeur de santé qu’est l’insuffisance rénale chronique qui, Prévention et dépistage
si elle était associée à un dépistage précoce des populations 2
à risque, entraînerait des économies de santé considérables
pour l’assurance maladie.
Michel Raoult
ISBN : 978-2-343-05278-6
16,50 €
OUI, VOS REINS SONT BIEN MALADES ! Livret 2 Ligue Rein et Santé – Rein échos










Oui, vos reins sont bien malades !
Livret 2 – Prévention et dépistage


Ligue Rein et Santé – Rein échos













OUI, VOS REINS SONT BIEN MALADES !
Livret 2 – Prévention et dépistage























































































*





















































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05278-6
EAN : 9782343052786


Sommaire



Préface ..................................................................................... 7
Introduction ........................................................................... 11
1. Comment prévenir l’insuffisance rénale (IR) .................. 13
2. Comment dépister l’insuffisance rénale ........................... 45
3. L’IR maladie chronique .................................................... 79
4. L’IRC déclarée ................................................................ 119
5. Annexe. Interview synthèse du Pr. Didelot .................... 141

5
Préface
Les maladies rénales sont tout à la fois banales et
ésotériques, sournoises, méconnues et longtemps négligées
depuis longtemps. Quand elles évoluent vers l’insuffisance
rénale terminale, elles sont dramatiques.
Ce constat est d’autant plus amer que la prévention est
souvent possible et que le dépistage permet de modifier
l’évolution de ces maladies. Hors ni l’une ni l’autre ne sont
organisés à ce jour.
La néphrologie est une science récente. Son domaine est
celui des maladies rénales alors que les affections
chirurgicales, tumeurs et calculs en tête, sont l’apanage de
l’urologie avec laquelle la néphrologie a de nombreux points
de rencontre. La greffe rénale en est la plus belle illustration :
transplantation effectuée par l’urologue, prévention du rejet
du rein greffé gérée par le néphrologue.
Spécialité médicale fascinante, la néphrologie est mal
appréhendée par les jeunes étudiants en médecine. Il n’est
donc pas surprenant qu’elle soit méconnue du grand public
(et jusqu’à très récemment des autorités de tutelle). Qui sait
ce que signifient « néphrologie », « néphrologue » ? Pas
grand monde ! Pire, le terme de rein est utilisé à mauvais
escient : « j’ai mal aux reins » entend-on souvent dire, alors
que ceux-ci ne sont pas concernés.
L’éducation sanitaire peut corriger ces croyances, aborder et
influencer les comportements dès le premier cycle
d’enseignement ; c’est la prévention primaire.
7 Les maladies rénales (néphropathies) sont d’origines
diverses :
- Héréditaires, dont l’âge d’expression est très variable,
elles doivent être dépistées dans la famille des personnes
atteintes
- secondaires à des maladies chroniques ; le diabète sucré et
l’hypertension artérielle en sont les causes les plus
fréquentes, mais de nombreuses autres pathologies sont
concernées ; la prévention et le dépistage sont alors
fondamentaux
- secondaires à des événements aigus : infections comme
une hépatite, intoxications accidentelles par certaines
plantes, les champignons. De manière malheureusement
non exceptionnelle, les médicaments peuvent être
responsables d’une maladie rénale aiguë et/ou chronique,
ou encore et surtout aggraver une maladie rénale
préexistante ; la prévention active est essentielle
- primitives quand aucune cause particulière n’est
identifiée.
L’insuffisant rénal chronique ne prend trop souvent
conscience de sa maladie qu’à un stade déjà avancé : « le ciel
lui tombe alors sur la tête » comme dit Michel Raoult, le
président fondateur de la Ligue Rein et Santé. Cette
révélation brutale n’est pas propice à la compréhension de
son état et des conséquences sur toutes les facettes de sa vie
quotidienne, bouleversant l’alimentation et l’hygiène
générales, l’exercice professionnel, les projets de vie.
Par ailleurs, de nombreuses interrogations surgissent
régulièrement et doivent rapidement obtenir des réponses
pertinentes pour permettre une appropriation la plus
complète et la plus exacte possible, intégrant la gestion
thérapeutique.
L’éducation thérapeutique est une des modalités de réponse,
mais non exclusive. La confrontation avec des pairs, la
possibilité d’échanges faciles, suivis et répétés avec des
8 patients sélectionnés qualifiés d’« experts » et des
professionnels de santé, doivent être développées.
Les établissements de santé mettent au point des outils avec
en particulier les réseaux ville-hôpital qui permettent la
continuité des soins.
Les associations de patients tiennent une place essentielle
pour favoriser la communication entre patients mais aussi
entre patients et professionnels, indispensables à la qualité de
la prise en charge. Les associations permettent de dispenser
l’information utile au bon moment, de défendre les intérêts
des patients et de participer aux orientations et au choix de
l’organisation des soins.
Le chemin est semé d’embûches : nombre, disponibilité,
formation et rémunération des intervenants dans un contexte
socio-économique de plus en plus contraint.
Prévention, dépistage, défense des patients et de la
néphrologie, information et communication sous toutes les
formes disponibles et gratuites pour une portée et une
efficacité maximales, tels sont le credo et les lignes de force
de l’engagement sans concession de Michel Raoult depuis
dix ans, au nom de la Ligue Rein et Santé. Il s’agit d’un
remarquable élan d’humanisme et de générosité, action
bénévole dont les produits sont offerts à tous et dont les
acteurs, président en tête, s’effacent au profit du but
recherché.
Professeur agrégé Francis Didelot
Praticien conseil
Ancien chef de service de la clinique de néphrologie et de
l’unité d’hémodialyse de l’hôpital d’instruction des armées
du Val de Grâce, 75 005 Paris.
9 Introduction
Un enjeu planétaire : « Les pathologies rénales devraient
représenter un marché de 1000 milliards de dollars à
l’horizon 2013 »
En France, près de trois millions de personnes sont atteintes
d’une maladie rénale. Elles sont 10 000 à apprendre chaque
année qu’elles souffrent d’une insuffisance rénale chronique
terminale nécessitant un traitement de suppléance (dialyse ou
greffe).
Le patient que nous sommes pour dialoguer avec son
médecin traitant doit tenter d’avoir des notions de médecine
dédiées à sa pathologie, le Web lui fournissant les données.
Nous avons fait ce travail de recherche pour vous et tenté de
vous faire partager ce que nous en avons retenu d’important.
N’ayant pas de diplôme médical, les auteurs ne font que citer
les propos du monde médical qu’ils rapporteront depuis les
sources offertes par le Web.
Cet ouvrage suit « Comprendre et éviter la maladie rénale »
et précède « Prendre en charge et soigner la maladie au
stade terminale. » Ce livret est très technique cette fois et
nécessite beaucoup d’attention (voire une relecture).
Il comprend en annexe une interview explicative du Pr.
Didelot.
11 1. Comment prévenir
l’insuffisance rénale
En rappel, nous sommes plus de 60 millions de Français
Un bon corps et un bon mental, alliés à une bonne hérédité,
feraient de chacun de nous des centenaires ; si ce n’est pas le
cas dans nos grandes métropoles, c’est parfois vrai ailleurs
dans des coins perdus de la planète où on se nourrit bien,
préservant ainsi le corps et l’esprit, le plus sainement
possible.
Les Français sont ainsi 83 % à se déclarer prêts à changer de
comportement pour adopter une meilleure hygiène de vie
avant d’envisager un traitement.
Notre paradoxe est là : on paye des fortunes des gens qui
savent résoudre des équations fort complexes (de Maxwell
par exemple), dont ils n’auront aucun usage au cours de leur
vie, tandis que de bonnes règles d’hygiène les préserveraient
toute leur vie, mais là on ne leur apprend rien et ils sautent le
pas.
Sur le territoire français, 90 % des consultations se terminent
par la rédaction d’une ordonnance prescrivant des
médicaments. À qui la faute ?
La médecine est souvent réparatrice des dégâts de notre
environnement. Alors économiquement, le problème étant
posé par l’augmentation des populations et de notre
longévité, il nous faut trouver des moyens de surseoir à
l’accroissement de nos mauvais états de santé.
13

L’allongement de l’espérance de vie entraîne une perte
d’autonomie (une personne sur quatre en 2020 sera
concernée par la dépendance) et si vivre longtemps est un
privilège, il faudrait idéalement que ce soit avec une bonne
qualité de vie.

Améliorer par la recherche et la prévention la prise en charge
durable de la santé, c’est nécessairement en diminuer le coût
national à moyen terme. La santé priorité nationale serait
certainement le moteur de croissance essentiel des
économies du futur. Le voudrons-nous ?

La France consacre au moins 9,5 % de son PIB à la santé. Un
pays grevé de dépenses de santé récurrentes ou
inflationnistes ne peut trouver son équilibre et par là même
limiter sa dette. Le monde médical et notamment celui de la
recherche est plus que jamais la plus grande de nos sources
de richesses potentielles nationales si nous souhaitons
conserver le leadership mondial, au niveau de la santé, qui
est ou fut le nôtre (leadership que nous perdons un peu
actuellement).

Beaucoup d’entre nous sont en bonne santé donc non
concernés, d’autres sont des malades qui s’ignorent (maladie
mal déclarée ou latente), enfin malheureusement certains
d’entre nous finiront ou finissent « mal portants » et cela de
manière chronique (sans possible retour à l’état antérieur).
En effet, le jour où vous passez au stade de « patient », c’est
que cela ne tourne plus très rond, que vous avez franchi les
portes de l’hôpital et engagé pour un certain temps les
rencontres de ses médecins spécialistes.
Cela est dû à notre incapacité à prévenir les maladies
chroniques (dépistage encore trop tardif) et à fournir des
soins de qualité (sous toutes les formes) à ces malades pour
qu’ils retournent à l’état antérieur satisfaisant.
14
Sacha Guitry ne précisait-il déjà pas dans son ouvrage La
maladie :
« Quand on est malade, on n’a plus son nom, on n’a plus son
âge, on n’a plus sa fortune, on n’a plus ses relations, on a sa
température ! »
« Et tous ceux qui ont 39° 7 sont les mêmes – et ce ne sont
plus des hommes, ce sont des malades […] » ?
Cela peut également nous rappeler, les paroles de la pièce
Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains :
« Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent. »
Le droit à la protection de la santé figure à l’article 11 du
préambule à la Constitution de 1946. Le système français a
été reconnu comme l’un des meilleurs systèmes de soins au
monde par l’OMS en 2000. À travers son offre de soins et
ses plans de prévention, la politique de santé en France,
conduite sous la responsabilité de l’État, a pour objectif de
préserver et d’améliorer la santé des citoyens (Loi n°
2004806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique).
En 2003 selon le ministère de la Santé, environ les trois
quarts des personnes enquêtées percevaient leur état de santé
comme bon ou très bon, mais près des deux tiers déclaraient
un problème de santé de gravité variable. 47 % déclaraient
ainsi une maladie chronique et 31 % une autre maladie.
Des restrictions d’activité sont en outre déclarées par une
personne sur huit. Plus de six personnes interrogées sur dix
(63 %) ont déclaré souffrir d’au moins une maladie, qu’elle
soit chronique (47 %) et/ou non chronique (31 %). Les écarts
sont très nets selon l’âge et le sexe, et ce que les maladies ou
problèmes de santé soient ou non déclarés chroniques.
Il y a deux mondes qui au quotidien se côtoient dans notre
société, celui qui correspond à l’image que les médias nous
15