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Politique étrangère de Taiwan et lutte contre les maladies transmissibles

De
152 pages
Ce volume est issu des conférences données dans le cadre du Séminaire d'études taiwanaises de l'Université catholique de Louvain en février 2015 sur la politique étrangère de Taiwan dans le domaine de la santé par Vincent Rollet, professeur à l'Université Wenzao à Taiwan et chercheur associé au Centre d'Etudes Français sur la Chine contemporaine (CEFC).
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Vincent Rollet羅文笙
Politique étrangère de Taiwan et lutte contre les maladies transmissibles
Un engagement mondial aux dimensions identitaires et sécuritaires
Séminaire d’études taiwanaises. Working papers, 6
LouvainlaNeuve 2016
Préface
1 Les épidémies de maladies transmissibles chez l’Homme ne repré-sentent pas des faits nouveaux puisque l’humanité en connait depuis l’Antiquité. En réalité, la nouveauté réside dans l’accélération de ce e phénomène à partir de la seconde moitié du 20 siècle. Ainsi a-t-on vu émerger à partir de cette époque des fièvres hémorragiques virales (comme la maladie de Marburg ou encore la fièvre Ebola) sur les continents africains et américains, leVIH/Sida dans le monde entier, la grippe aviaire (H5N1), leSRASou encore plus récemment le virus du Chikungunya, le virusH1N1 ou encore la maladie à virus Zika. Face à la propagation de ces maladies, à leur caractère transfrontière et aux conséquences néfastes qu’elles ont pu avoir en termes sani-taire, social ou encore économique, nos sociétés ont cherché à réagir collectivement avec la mise en place de règlements internationaux, d’institutions internationales spécialisées ou encore de mécanismes internationaux de coopération antiépidémique. Ces efforts ont alors progressivement créé un espace politique de gouvernance sanitaire mondiale composé d’une multitude d’acteurs – étatiques/non-étatiques, locaux, nationaux, internationaux et globaux – dont l’objectif principal est de réduire l’impact des maladies transmissibles sur nos sociétés. Ces dernières années, un nombre croissant d’études se sont intéres-sées à cette réponse mondiale contre les maladies transmissibles et
1 Ensemble de maladies capables de se propager d’une personne à une autre ou d’un animal à un être humain. Leur propagation se déroule souvent par l’intermédiaire de virus se propageant dans l’air ou de bactéries, mais également via le sang ou les fluides corporels.
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Vincent Rollet
ont donc participé à l’analyse de cette gouvernance antiépidémique globale. Deux types d’études complémentaires ont ainsi été propo-sées. Un premier ensemble de travaux qui se penchent tout d’abord, sur la gouvernance sanitaire mondiale, ses mécanismes globaux, ses 2 limites et son influence sur les États . Puis, un second type d’études qui s’intéressent plus spécifiquement à certains acteurs et analysent leur rôle, leurs interactions et leur influence au sein de cet espace 3 politique sanitaire global . En nous intéressant plus particulièrement à la politique étrangère de Taiwan dans le domaine de la lutte contre les maladies transmissibles, c’est en définitive au second groupe d’études qu’appartient ce travail, l’objectif étant ici d’apporter une pierre à la construction d’une sociologie de l’espace politique de la lutte mondiale contre les maladies infectieuses. Trois raisons principales peuvent expliquer ce choix. Il faut tout d’abord rappeler que, membre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) entre 1948 et 1972, observateur à l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) depuis 2009, pourvoyeur d’aide publique au déve-loppement dans le secteur de la santé depuis le début des an-nées 1960 ou encore à l’origine d’un certain nombre d’initiatives sanitaires internationales, Taiwan a, au cours des soixante dernières années, progressivement développé et mis en œuvre une politique étrangère dans le domaine de la santé, notamment à l’égard des ma-ladies transmissibles, qui représente aujourd’hui un élément incon-tournable de son engagement dans les affaires internationales. Ce choix émane également de la constatation que si désormais les politiques globales doivent indéniablement prendre en considération la multiplicité des acteurs non-étatiques au sein de l’espace politique 2 David P. FIDLER.SARS, Governance and the Globalisation of Disease:, New York Palgrave, 2004, 219 p. ; Nana POKU, Alan WHITESIDE.Global Health and Go vernance, New York : Palgrave MacMillan, mars 2004, 210 p. ; Marc DIXNEUF.La santé, enjeu de la gouvernance mondiale ?, Les Études duCERI, no. 99, décembre 2003, 36 p. ; Kelley LEEdir.Health Impacts of Globalization : Towards Global Governance, New York : Palgrave Mc Millan, janvier 2003, 272 p. 3 Zafar ULLAH. « Health imperative in foreign policy: the case of Malaysia »,Bulle tin of theWHO, 2007, vol. 85, no. 3, p. 225-229 ; Mark KOWALEWSKI.All things to all people : the Catholic Church confronts theAIDS crisis, New York : State University of New York Press, 1994 ; Kelley LEE, Tikki PANG, Yeling TAN (eds).Asia’s Role in Governing Global Health, Abingdon : Routledge, 2013.
PRÉFACE
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de la lutte contre les maladies infectieuses, comme le souligne très justement Marc Dixneuf, ces politiques ne peuvent toutefois pas se 4 permettre de « faire l’économie de l’action des États » . Ainsi, si l’État a certes perdu le monopole de la réponse face aux maladies transmissibles, il reste un acteur prépondérant dont l’analyse du comportement international dans ce domaine s’avère inévitable. Enfin, le choix de s’intéresser à Taiwan fut aussi motivée par l’observation d’une double carence en termes de travaux acadé-miques. Tout d’abord, la grande rareté d’analyses scientifiques de la politique étrangère de Taiwan dans le domaine de la lutte contre les 5 maladies transmissibles malgré un nombre important de travaux consacrés à la politique étrangère de Taiwan et à son aide extérieure. Puis l’absence d’études consacrées à Taiwan parmi les travaux aca-démiques portant sur la politique étrangère dans le domaine de la santé en général. À partir de là, pour l’observateur de la politique internationale, quatre questions principales se sont posées : 1. Quelles sont la nature et les modalités de cette politique étrangère et quels en sont ses principaux acteurs ? 2. Quelles dynamiques suscitent et/ou conditionnent cette politique ? 3. Quels sont les effets de cette politique sur le statut internationale de Taiwan ainsi que sur la gouvernance mondiale de la santé ? 4. À la lumière de l’évolution rapide de la gouvernance sanitaire mondiale, de quelle manière la politique étrangère de Taiwan dans ce domaine va-t-elle à son tour évoluer ?
4 Marc DIXNEUF.La santé, enjeu de la gouvernance mondiale ?, Les Études duCERI, no. 99, décembre 2003, p. 7. 5 Alain GUILLOUX,Taiwan,Humanitarianism and Global Governance:, Abingdon Routledge, 2009 ; Jonathan HERINGTON and Kelley LEE, « The Limits of Global Health Diplomacy : Taiwan’s observer status at the World Health Assembly », Globalization and Health; Bjorn Alexander L, 10:71, 2014 INDEMANNCross-, « strait Relations in theWHOsince 2008 », in : B.A. LINDEMANN,Crossstrait Relations and International Organizations,Taiwan’s Participation inIGOs in the Context of Its Relationship with China,Springer, 2014, pp. 187-251.
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Vincent Rollet
Ce sont en effet les questions qui animèrent une série de conférences que nous avons données dans le cadre du Séminaire d’études taiwa-naises de l’Université catholique de Louvain en février 2015 sur la politique étrangère de Taiwan dans le domaine de la santé. Ce livre cherchera donc à y répondre en mobilisant simultanément les outils conceptuels proposés par les principaux courants des Relations internationales pour analyser la politique étrangère et en s’appuyant sur l’évolution sociale, politique et économique d’une des plus dy-namiques sociétés démocratiques d’Asie, à savoir Taiwan.
Introduction : Politique étrangère et maladies transmissibles
Évolution d’une relation et cadre analytique
Le lien entre politique étrangère et maladies transmissibles n’est pas e nouveau. En effet, au 13 siècle, lorsque les premières ambassades furent établies pour procurer aux cités États des informations rela-tives aux éruptions épidémiques survenues dans les pays voisins, les gouvernements étaient conscients des capacités des agents patho-gènes à se déplacer d’un pays à un autre sans égard aux situations politiques, économiques et diplomatiques. Cela étant, il faudra at-e tendre le milieu du 19 siècle pour que dans le cadre de leur politique étrangère des États décident de coopérer au niveau international pour notamment lutter contre ces maladies. Ainsi, à partir de cette e époque et jusqu’à la première moitié du 20 siècle, ce sera dans le cadre de conférences sanitaires internationales que ces États cher-cheront à s’organiser collectivement face aux maladies pour notam-ment harmoniser les mesures de quarantaine concernant les mala-6 dies infectieuses comme le choléra, la peste et la fièvre jaune . La politique étrangère des États dans le domaine de la santé va en-suite évoluer vers un soutien à la mise sur pied d’organisations inter-nationales permanentes de santé avec la création de l’Office Interna-tional d’Hygiène Publique (OIHP) (1907) et de l’Organisation
6 Entre 1851 et 1903 seront ainsi organisées onze conférences sanitaires internatio-nales. David P. FIDLERFrom International Sanitary Conventions to Global, « Health Security : The New International Health Regulations »,Chinese Journal of International Law, vol. 4, Issue 2, 2005, p. 325-392.
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