//img.uscri.be/pth/1e851e85138dd3a4291c7798a196b06ee745c35f
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 28,13 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Précis de psychologie clinique à l'usage des psycho-oncologues

De
382 pages
Au cours de ces vingt dernières années, la psycho-oncologie s'est petit à petit dotée d'instruments de mesure et d'un savoir clinique propres. Le travail ici présenté est, à la fois, une réflexion théorique sur les fondements d'une pratique de psychologue clinicien et psychothérapeute, et un guide pratique pour ceux qui souhaitent emprunter ce chemin riche en expériences et redevable des progrès les plus actuels en matière de médecine et de psycho-oncologie.
Voir plus Voir moins
Samuel GonzalesPuell
Précisde psychologie clinique à l’usage des psychooncologues
Avantpropos de Catherine Gompel
Précis de psychologie clinique à l’usage des psycho-oncologues
Samuel Gonzales Puell Précis de psychologie clinique à l’usage des psycho-oncologues Avant-propos de Catherine Gompel psychanalyste
Du même auteur Comprendre les déficiences intellectuelles sévères et profondes. Approche diagnostique et évolutive à l’âge adulte,L’Harmattan, Paris, 2009.L’approche thérapeutique des déficiences intellectuelles sévères et profondes. Perspectives institutionnelles,L’Harmattan, Paris, 2010. Psicooncologia. Enfoque integral de ayuda a pacientes oncologicos,Universidad de San Martin de Porres, Fondo Editorial, Pérou, 2012. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30312-3 EAN : 9782336303123
Remerciements L’écriture n’est jamais un acte isolé. Elle est souvent un compromis entre les exigences de la vie journalière et la motivation de l’auteur. Dédier une partie de son temps à l’écriture, c’est renoncer à ses obligations et que d’autres acceptent de vous aider ou de prendre en charge celles-ci. J’ai pu bénéficier de l’aide et du soutien d’innombrables collègues ainsi que de mes proches. J’ai une dette envers les miens car je me suis soustrait à ce temps de partage et de vie commune qu’est la vie de famille pour m’adonner à cette passion solitaire qu’est l’écriture, allant souvent travailler dans mon cabinet pendant la nuit ou les week-end, retournant silencieusement sur mon lieu de travail. J’ai aussi une dette envers mes proches collaborateurs, ceux qui ont patiemment lu ce manuscrit, qui l’ont corrigé et qui ont revu les textes à haute voix avec moi.Marie César, Sandra Desmet, Catherine Gompel, Rachel Dery et Martine Kneip m’ont soutenu, aidé et encouragé à poursuivre cette aventure devenue collective et appartenant autant à moi qu’à mes collaborateurs. Qu’ils retrouvent ici ma profonde reconnaissance et le témoignage de mon amitié sincère.
5
Préface Dans les années septante, la psycho-oncologie n’existait pas et rares étaient les psychiatres ou les psychologues cliniciens s’intéressant aux malades cancéreux. J’étais paradoxalement l’un d’eux. Pour des raisons familiales, j’avais été interpellé par cette maladie étrange qui poussait au silence, au non-dit, à la tristesse et au désespoir. J’avais donc décidé de dédier mon mémoire de fin d’études en psychologie à l’étude des personnes atteintes de cancer… Peine perdue. Dans aucun service d’oncologie existait la moindre possibilité de voir arpenter les couloirs par un psy, même de formation médicale, car les psychiatres étaient rares à se spécialiser dans ce champ de la médecine. J’ai dû, pour rester dans mes intérêts de psychologue, me rediriger vers l’étude psychologique des sujets qui se présentaient aux programmes de détection précoce, du dépistage du cancer, notamment des femmes pour le cancer du col de l’utérus. Ce premier contact m’avait appris que le cancer est une maladie qui mobilise les personnes et que celles qui se présentaient au dépistage, étaient moins anxieuses que celles qui n’étaient pas confrontés à l’idée d’avoir la maladie. J’ai décidé ensuite de dédier ma thèse de doctorat en psychologie à l’étude des patients cancéreux et c’est en 1986, après 4 années des patientes recherches, utilisant des méthodes standardisées de diagnostic psycho-pathologique et en même temps des épreuves projectives, qu’à l’institut Bordet de Bruxelles, j’ai pu enfin répondre à la question sujet de ma thèse : Non, il n’existe pas de personnalité pré-morbide de personnes cancéreuses et non plus de profil psychologique témoignant d’un vécu ou des expériences traumatiques semblables chez tous les malades cancéreux. Les résultats de cette étude montraient aussi qu’ils existaient divers modèles de réaction psychologique face à la maladie: des patients qui semblaient totalement effondrés face à l’annonce de la maladie et qui se décompensent psychologiquement, des patients capables d’accuser l’impact de la maladie et de mobiliser des ressources personnelles et enfin, des patients qui considèrent la maladie comme un défi et luttent pour leur santé à tout prix. Vingt-cinq années plus tard, la psycho-oncologie s’est érigée comme une discipline solide et d’un grand attrait pour les psychologues cliniciens soucieux de travailler dans le champ de la santé. Ayant un champ d’action assez vaste, la psycho-oncologie a profité, non seulement des avancées de la médecine, mais également de l’essor des sciences humaines et en particulier de la psychologie clinique et d’autres
7
sciences connexes, à tel point qu’aujourd’hui, la psycho-oncologie ne serait pas ce qu’elle est si les psychologues cliniciens n’étaient pas des acteurs de terrain de première ligne pour aider les équipes médicales et les patients à faire face à la maladie et ses traitements.
8
Avant-propos Un Bonnet C Nouvelle ParCatherine Gompel TACHE Comme chaque année, Léa a rendez-vous pour la mammographie et l'échographie de contrôle. Allongée sur la table d'examen, elle bavarde avec la radiologue qui promène la sonde sur sa poitrine, l'immobilise, tourne encore, insiste… Il y a une "tache suspecte". Il n'est plus question de routine, il faut fouiller plus loin, au-delà de l'image, au tréfonds de la chair pour capturer la biopsie. Habituellement, en quelques minutes, le tour est joué, l'image est normale, la conversation est anodine et la journée se poursuit sans la moindre question. Cela se déroulait ainsi depuis une décennie, jusqu'à ce matin. La cabine est soudain trop exiguë, son manteau trop lourd, trop serré et d'une main tremblante, elle fait tournoyer l'écharpe, saisissant dans le miroir son regard assombri. Léa peut rentrer chez elle, les résultats suivront. L'air glacial de décembre précipite ses pas dans le flot des piétons. Il y a deux heures à peine, elle parcourait le chemin inverse, inconsciente de sa légèreté. Son chien l'accueille comme si elle était partie depuis des jours et les doigts plongés dans son pelage, Lea se prête à la truffe humide, la langue rose lape les gouttelettes salées perlant sur ses joues. Plus rien ne sera comme avant. EXAMENS C'est parti, ça swing! L'ascenseur, en haut, en bas, au bout du couloir, la première porte, donner la feuille d'examen, la cabine, se déshabiller, le froid du métal, le grondement des rayons, le glissement du charriot, ne plus bouger, respirer, ne pas respirer. Chaque organe est scanné, les globules, les cellules, les molécules sont prélevées, fluides biologiques analysés au laboratoire. Léa se rhabille.
9