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Soins palliatifs : une pratique aux confins de la médecine

De
105 pages
La dégradation du corps, les souffrances physiques et psychologiques, le diagnostic de phase terminale et la mort sont des réalités aujourd'hui très présentes dans nos systèmes de santé. Le mouvement des soins palliatifs s'est fait porte-parole de cette nouvelle mission médicale qui, s'opposant à la médecine curative, a pour objectif la prise en compte des personnes incurables et en fin de vie. L'auteur invite le lecteur à réfléchir sur les questions de fond que posent les choix politiques en matière de santé et en particulier les rapports que notre société entretient avec la mort.
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Soins palliatifs : une pratique aux confins de la médecine

© L'HARMATTAN, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-02587-5 EAN : 9782296025875

Friedrich C. STIEFEL

Soins palliatifs : une pratique aux confins de la médecine

L'Harmattan

Pratique et Ethique médicales Collection dirigée par Richard Moreau et Roger Teyssou
La collection Les Acteurs de la Science, prévue pour recevoir des études sur l’épopée scientifique moderne, se dédouble pour accueillir des ouvrages consacrés spécifiquement aux questions fondamentales que la santé pose actuellement. Cette nouvelle série cherche à faire le point objectivement et en dehors des modes sur des connaissances, des hypothèses et des enjeux souvent essentiels pour la vie de l’homme. Elle reprend certains titres publiés auparavant dans Acteurs de la science.

Déjà parus
Bruno GREFFE, Mes gardes de nuit à l’hôpital, 2006 Georges TCHOBROUTSKY, Les limites de la médecine, 2006. Vanina MOLLO, Catherine SAUVAGNAC, La décision médicale collective, 2006. Jacques FRANCK, La ballade du généraliste, 2006. Henri LAMENDIN, Petites histoires de l’art dentaire d’hier et d’aujourd’hui, 2006. Arnault PFERSDORFF, Ethique et pédiatrie, 2006. Claude WAGNER, L’ergothérapie, 2005. Philippe RAULT-DOUMAX, Etablissements de soins publics et privés. Y a-t-il un avenir au partenariat hôpital-clinique, 2005. Céline PELLETIER, Pratiques de soins parentales et négligence infantile. Des signes au sens, 2004. Bahram MATINE, François RÉGNIER, Des maux en parole. Conversations sur une pratique médicale multiculturelle, 2004. Jacques LIRON, Médecin malgré tout, 2004. Emmanuelle DHONTE-ISNARD, L’embryon surnuméraire, 2004. Emmanuelle DHONTE-ISNARD, L’embryon humain in vitro et le droit, 2004. Philippe RAUX-DOUMAX, Hôpitaux, cliniques, quel futur ?, 2004. Pierre SCHULLER, La face cachée d’une vocation. Lettres à un futur médecin. Préface de Bernard Lebeau.

L’émergence et le développement des soins palliatifs répondent à trois principes : le respect des limites médicales, la globalité du patient1 incluant ses dimensions psychologique, sociale et spirituelle et la nécessité d’un travail interdisciplinaire apte à garantir la meilleure qualité de vie possible pour les personnes gravement malades et en fin de vie. À l’origine, soins palliatifs et médecine se séparent - l’attitude scandalisée des premiers répondant au comportement acharné de la seconde. Pendant ce temps s’est forgée “ l’identité palliative ” qui, aujourd’hui, se “ médicalise ”, intégrant les bienfaits du progrès médical. Les soins palliatifs entendent désormais s’inscrire en tant que discipline à part entière au sein de la médecine. Experts dans le traitement des symptômes tels que la douleur, le soulagement de la détresse psychique ou le soutien social, familiers des besoins existentiels de leurs patients, ils se révèlent capables d’affronter ce qui, trop souvent, est perçu comme un échec : l’évolution fatale de certaines maladies. Les soins palliatifs connaissent un succès croissant. Cette réalité, nous la lierons à l’idée d’une médecine en crise, submergée par un savoir et par un savoir-faire presque ingérables, ayant scotomisé les besoins de patients qui, souvent, ne se reconnaissent plus comme des sujets malades mais en tant que porteurs de pathologies à traiter. "Les soins palliatifs", symptôme d’une médecine malade ? Notre société, prompte à célébrer progrès, efficacité, succès, jeunesse et beauté, répugne de manière inquiétante à reconnaître la maladie, le vieillissement et la mort comme parties intégrantes de la vie. En se tenant toujours plus à l’écart de sentiments dits “ négatifs ”, elle se place dans l’impossibilité de supporter les situations d’impuissance ou de deuil. Acculée entre guérison et euthanasie, quel espace saura-t-elle s’accorder de façon à penser l’existence humaine dans toutes ses dimensions ?

1 “ Le patient ”, “ le médecin ”, etc... font référence à des individus des genres masculin et féminin.

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Nous pouvons encore formuler cette question cruciale ainsi : à l’instant où la médecine se voit confrontée à une limitation des moyens financiers mis à sa disposition, les soins palliatifs ne doiventils pas leur développement à la nécessité de récupérer les incurables et de répondre principalement aux besoins d’une société affolée, criant son désir de sécurité et de prise en charge totale ? Ne seraient-ils qu’une sorte de supermarché mettant à disposition ses spécialistes de l’accompagnement total afin de noyer toute violence ; de réduire au silence les bruits de la déchéance, de la séparation, de la souffrance et de la mort ? Des soins palliatifs ou : comment mieux se débarrasser de ses grands malades, de ses vieux et de ses mourants ? Cet ouvrage traite de ces interrogations. Mais l’idée de l’écrire découle d’abord du souci de familiariser le lecteur à une discipline médicale encore trop peu connue qui a permis d’approcher, de comprendre et de transmettre ce que vit une personne traversant plus ou moins longuement une maladie grave jusqu’à sa mort. Cette discipline qui aujourd’hui se situe au cœur des débats relatifs à la prise en charge des patients incurables et des mourants, mais aussi à l’euthanasie - s’avère inaccessible à la plupart des gens. Les soins palliatifs seront ensuite présentés comme outil susceptible de “ repenser ” la médecine, capable de trouver de nouvelles approches plus adaptées aux besoins des patients et de leur entourage. Aujourd'hui, face à l'augmentation vertigineuse des coûts de la santé et à l'obligation qui nous est faite - à défaut de "tout faire"- de nous concentrer sur ce qui est le plus sensé à proposer. Il s'agit en somme, pour les soins palliatifs, d'une autre manière de pratiquer la médecine. Les pages qui suivent s’articulent autour des épreuves que traverse un patient gravement malade, depuis l’annonce du diagnostic jusqu’à sa mort. L’analyse de ce processus, illustré au moyen de vignettes cliniques, s’accompagne d’une réflexion sur la médecine et les soins palliatifs. Le but principal de l’exercice : expliquer ce que les soins palliatifs peuvent offrir afin que la souffrance des patients, tout comme celle des proches, demeurent supportables … et que la dignité

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de l’être humain soit préservée. Qu’un tel exposé puisse contribuer à ce qu’identité et objectifs des soins palliatifs continuent d’être pensés et débattus !

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