Yoga et la médecine

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Ce manuel les indications du Yoga et les limites de son action thérapeutique. Avant tout pratique, il est accessible aux personnes qui désirent être soulagées d'une de ces maladies qui rendent leur existence pénible ou même douloureuse. Chacun des chapitres comporte un rappel d'anatomie, de physiopathologie et de thérapeutique suivi de la description précise des exercices de Yoga à privilégier. Cet ouvrage est illustré par de nombreux schémas.
Publié le : mercredi 1 septembre 2004
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EAN13 : 9782296367814
Nombre de pages : 299
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Louis MOLINE, Malek DAOUK, Geneviève GILLET, Yolande DÉDUIT

Yaga et médecine
Manuel pratique

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

En couverture Gouache du Radjastan (XIXème siècle) Shri NEMINÂTHA, 22ème des tîrthankara, maîtres divinisés des Jaina. Son attribut distinctif est la conque marine. Personnage légendaire, fils du roi Samudravijaya de Dvârakâ. Dvârakâ est une des sept villes sacrées de l' hindouisme. Située au bord de la mer dans la région du Gujarât, elle serait le lieu où Krishna, chassé de Mathurâ, serait ve nu se réfug ier.
(Louis Frédéric Dictionnaire de la civilisation indienne)

@

L'Harmattan,

2004

ISBN: 2-7475-6836-9 EAN : 9782747568364

Ces maladies qui rendent la vie difficile et que le Yoga peut guérir
Cet ouvrage évalue dans quelle mesure des affections banales peuvent bénéficier de la pratique du Yoga. A côté de cette évaluation, ce manuel apporte les connaissances de base qui permettent d'utiliser le Y oga dans beaucoup d'états pathologiques souvent qualifiés de mineurs. Reste à prouver qu'une constipation chronique, un état dépressif ou migraineux, une hypertension sont des troubles mineurs puisque ces maladies peuvent parfois présenter un risque vital à court ou à long terme. Nous avons rencontré des professeurs de Y oga lors de stages ou de séminaires, mais aussi des étudiants au terme de leur quatrième année de formation en attente du diplôme de fin d'étude attribué par la Fédération française de Yoga. Ces étudiants ont conscience des responsabilités qu'ils vont assumer et savent que l'enseignement du Yoga doit aller au-delà d'une simple transmission de connaissance. Par contre, ils n'ont pas encore réalisé qu'ils recevront parmi leurs futurs élèves des personnes en mauvaise santé, atteintes d'affections difficilement décelables par le seul aspect physique ou le comportement. En raison de la confiance qu'il inspire à ses élèves, tout professeur risque d'être appelé à devenir, nolens volens, un thérapeute. Certains élèves s'adressent, en toute naïveté, à leur professeur pensant qu'il est détenteur d'une science orientalisante un peu mystérieuse. Le Yoga, même si cette constatation nous déplaît, reste nimbé d'ésotérisme. Beaucoup de gens croyant à la vertu de I 'hermétisme pensent que seule est efficace une doctrine secrète dont les enseignements ne doivent pas être vulgarisés. Quoi qu'il en soit, nous acceptons, avec réserve, que le Yoga soit placé au nombre des médecines alternati ves agissant sans effet secondaire néfaste. Le cas le plus simple est celui d'une personne qui se décide à suivre un cours de Yoga de la façon la plus fortuite, entraînée par un encart publicitaire, par un ami, un collègue ou parce que des séances régulières de Y oga sont proposées sur son lieu de travail. Cette dernière option est fréquente, étant donné que le département des "ressources humaines" est convaincu de l'intérêt du Yoga pour dénouer les tensions au sein de l'entreprise. Un débutant ne va pas faire d'emblée de confidences sur son état de santé qu'il juge souvent acceptable. Bien des gens, n'aiment pas, par civilité, exposer leurs problèmes personnels. Cet adepte, fréquentant sans a priori un cours de Yoga, constate parfois la disparition de symptômes qu'il avait observés sur lui-même. Les nombreuses coïncidences entre amélioration et pratique du Yoga donnent la certitude de l'efficacité du Yoga qui, pacifiant, régularisant, les rythmes de l'individu, le met en intimité avec son propre corps et lui apporte les éléments nécessaires à la guérison. La thérapeutique n'est autre que la mise en œuvre, plus exactement, la libération d'un processus naturel d'auto-guérison, la véritable natura medicatrix des Anciens.

3

Nous aurions maintenant tendance à utiliser le terme d'homéostasie, c'està-dire le processus de stabilisation des différentes constantes physiologiques des organismes vivants. On ne doit pas oublier aussi que certaines maladies guérissent toutes seules, sans intervention parce que "cela est dans leur nature". Il existe à ce propos un aphorisme d'une remarquable banalité, « une guérison peut survenir lorsque le mal est guérissable.» Il serait utile de garder en mémoire ce truisme, cette vérité d'évidence, chaque fois qu'il est question de guérisons inexpliquées ou inexplicables, souvent di tes miraculeuses. Elles nous surprennent, nous désorientent et mettent à mal notre logique. Toutefois, sans être très perspicace, il est facile de percevoir la frontière entre le guérissable et ce qui ne pourra jamais l'être. Par exemple, il n'existe aucun cas au monde d'un mongolien trisomique rendu à la normalité. La décision de recourir au Y oga peut être prise par le malade lui-même ou son entourage mais aussi par son médecin traitant. Un médecin est souvent conscient d'une participation psychosomatique dans l'affection de son patient, bien installé dans sa maladie et devenu réfractaire aux médications classiques. Certaines personnes, pour de multiples raisons, chérissent leur maladie et refusent de la quitter. Dans ce cas, le Y oga peut débloquer un mécanisme inconscient de résistance. Il va de soi que l'éventail thérapeutique du Y oga est limité. Il ne faut pas donner de faux espoirs. Ce manuel traite, cas par cas, des affections dont il est raisonnable d'attendre une amélioration. Nous avons établi la liste des états pathologiques qui font l'objet de notre étude en tenant compte des demandes les plus fréquentes provenant des professeurs de Y oga. Aucune liste dans ce domaine ne saurait être exhaustive. Chaque exposé du manuel comprend un rappel d'anatomie, de physiopathologie, de clinique et de thérapeutique. Il est toujours suivi d'une description des exercices, âsana, mudrâ ou shodhana qu'il est bon de privilégier ou le cas échéant qu'il est nécessaire de contre-indiquer. Une application pratique, adaptée et facilement réalisable est donnée en conclusion de plusieurs chapitres. Nous avons présenté par exemple trois applications correspondant aux trois trimestres qui se succèdent pendant la grossesse, état physiologique dont le retentissement physique doit être pris en compte. De même, nous donnons trois applications correspondant au différentes possibilités des personnes âgées.
.:.

La tradi tion indienne à laquelle se rattache en partie le contenu de cet ouvrage est celle enseignée par Shri T .K. V .Desikachar. Celui-ci a été initié par son père et maître Shri T.Krishnamacharya, lui-même héritier d'une lignée d'illustres yogi.
Restant fidèles à l'esprit du Y oga, nous ne pouvons prétendre que l'enseignement proposé dans cet ouvrage soit le seul recevable. D'autres peuvent présenter un intérêt comparable.

4

~

Comptage traditionnel sur les phalanges des mains utilisé dans la technique du prânâyâma

5

Note

sur la translittération des termes sanscrits

Nous avons opté pour la translittération simplifiée de l'écriture devanâgarî, le plus souvent fixée par l'usage. Elle permet une prononciation des mots sanscrits aussi fidèle que possible. L'usage que nous avons choisi contredit les règles habituelles dans la mesure où nous n'avons pas affecté de majuscule aux noms sanscrits, sauf s'ils sont placés en titre, en début de phrase ou lorsqu'ils désignent les noms propres des dieux et des sages. Le mot Yoga est, par exception, toujours écrit avec une majuscule.
f':J

et N ont été simplifiés

.

en n.
dans le mot Shiva pour Siva,

Sh à la place de

S comme

Sh à la place de S comme dans le mot Vishnou pour Visnou, . .t
R i à la place de R comme dans le mot rigveda pour rgveda.
::cr c a se prononce tcha comme dans les mots cakra et candra.

.

.

L'accent

circonflexe
de

indique qu'il s ' agit de voyelles
dans le mot âsana pour asana,

longues,

â à la place

a comme

î à la place de 1 comme dans le mot Marîci pour Martci.
La lettre h placée après une consonne marque Toutes les consonnes de l'alphabet sanscrit différents selon qu'il s'agit d'une forme aspirée. Par exemple: une aspiration. sont notées par des caractères non-aspirée ou d'une forme

q) ~

ka le premier caractère
kha le second caractère

représente
représente

la forme non-aspirée.
la forme aspirée.

Le son aspiré prononciation

de la consonne, bien que difficile à resti tuer dans la habituelle, s'exprime plus nettement lors de la récitation.

.:.

6

Plan de I ' ouvrage
Pour la clarté des exposés, nous avons eu recours à la classification par systèmes et par appareils liés aux fonctions essentielles de l'organisme. La pratique du yoga chez les sujets âgés fait l'objet d'un développement particulier.

1.

Appareil
1 NEZ
3

respiratoire
ET FOSSES NASALES

2PHARYNX,LARYNX,TRACHÉE
POUMONS ET PHYSIOLOGIE DE LA RESPIRATION 4 PRÂNÂYÂMA 5 INSUFFISANCE RESPIRATOIRE 6 ASTHME 7 BRONCHITE CHRONIQUE locomoteur

page 10 page 15 page 21 page 33 page 43 page 45 page 58

2. Appareil

1 LOMBALGIES 2 ARTHROSE 3 OSTÉOPOROSE

page 70 page 93 page 100

3.
4.

Appareil

digestif
page 108

1 AÉROGASTRIE 2 CONSTIPATION Système vasculaire 1 TROUBLES TENSIONNELS 2 VARICES 3 HÉMORROïDES

page 116

page page page

132 144 152

S. Appareil urinaire 1 INCONTINENCE
2 ADÉNOME DE LA PROST

ATE

page page

158 173

6. Gynécologie 1 DYSMÉNORRHÉES 2 GROSSESSE

page page

182 188

7.

Système

nerveux
page page page page 208 217 225

1 MIGRAINE 2 SPASMOPHILIE 3 INSOMNIE ET TROUBLES 4 DÉPRESSION

DU SOMMEIL

239

8.

Éléments

de gérontologie
ÂGÉES page page 256 259

1 GÉRONTOLOGIE 2 YOGA POUR LES PERSONNES

.:. .:. .:.

7

Appareil

respiratoire

Le premier chapitre de ce manuel concerne l'appareil respiratoire dont le rôle est primordial dans la pratique du Yoga. Le Yoga" dit-on" est souffle et colonne vertébrale. Persuadés de la J.ustesse de ce propos" nous avons fait précéder les exposés médicaux du rappel indispensable des bases anatomiques et de la physiologie de l'appareil respiratoire. Le prândyâma" discipline du souffle et élément essentiel du Yoga" reste paifois incompris et demeure purement empirique faute de ces connaissances élémentaires. Nous lui avons réservé un exposé particulier.

~

8

Chapitre
1.
1 VOIES RESPIRATOIRES

1 - Appareil respiratoire
SUPÉRIEURES

Anatomie: nez et fosses nasales Rôle fonctionnel des fosses nasales Obstruction et rhinites Yoga Shodhana ou purifications

1.

2

VOIES RESPIRATOIRES MOYENNES Pharynx Larynx Phonation, v oix œsophagienne, toux Trachée Etranglements Yoga Ujjâyî, jâlandhara-bandha Vishuddha cakra, sûrya candra mudrâ

1. 3

POUMONS, PHYSIOLOGIE DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE Anatomie Mécanique respiratoire Physiologie des échanges respiratoires Régulation automatique fondamentale de la respiration Décision volontaire et automatisme programmé Régulation de la respiration pendant le sommeil Activités respiratoires volontaires Apnée, hyperpnée

1.

4 PRÂNÂ Y ÂMA
Interprétation ayurvédique du processus Aspects du processus respiratoire respiratoire

. .
. .
1.

Modal i tés Kâla ou rythme

Phases de la respiration Kumbhaka Samavritti et vishamavritti Tendances samâna langhâna Samkhya ou nombre Desha ou lieu Hyperventilation, kapâlabhâti, Uddîyâna bandha

brimhana

bhastrikâ

5 INSUFFISANCE
Etat d'insuffisance

RESPIRATOIRE respiratoire

1.

6

ASTHME Crise d'asthme Yoga Application

et complications

1.

7

BRONCHITE Evolution Yoga Application

CHRONIQUE et complications

1.1

VOIES RESPIRATOIRES
LE NEZ ET LES FOSSES

SUPÉRIEURES
NASALES

Les narines ainsi que les fosses nasales ou cavum qui leur font suite, sont les parties les plus visibles et accessibles de l'appareil respiratoire dont elles sont l'orifice naturel. La science indienne traditionnelle a fai t une étude fort complète de cet en sem ble. Les modalités de pénétration de l'air inspiré, le vâyu, sa transformation en un aliment vital, le prâna, occupent une place majeure dans l'enseignement ayurvédique. Il convient d'acquérir une connaissance de l'anatomie et des fonctions de ces organes si l'on veut comprendre et interpréter les exercices de prânâyâma qui sont proposés par le Yoga.

. . . .
.

Dans ce chapitre, nous présentons successivement L'anatomie des fosses nasales ou cavum, Le rôle fonctionnel des fosses nasales, La circulation de l'air dans les fosses nasales, Le nettoyage des fosses nasales par les techniques Les affections nasales ou rhinites. ANATOMIE

de shodhana,

. Le

nez

La partie externe du nez est consti tuée par les narines et les ailes du nez. Les ailes du nez contiennent de petits muscles dont les homologues ont un rôle fonctionnel important chez de nombreux mammifères. Chez l'homme, ces petits muscles chargés de l'ouverture des narines sont peu développés. Leur action dilatatrice est modeste bien qu'il soit cependant possible de percevoir leur action lors des exercices de prânâyâma. Les fosses nasales ou cavum Le schéma ci-dessous permet de situer les principales formations anatomiques comprises dans la cavité des fosses nasales limitée, en haut par une région appelée lame cri blée de l'ethmoïde, (1) . en bas par le palais osseux, partie supérieure de la cavi té buccale, latéralement à gauche et à droite par les os maxillaires supérieurs.

.

.
.

Méat supérieur

Orifice de la trompe d'Eustache

Méat moyen
Orifice du canal lacrymal Méat inférieur

Ouverture des choanes Voile du palais et luette

Lèvre supérieure

Fig.] Les fosses

nasales

ou cavum passant au

L'air inspiré circule en empruntant les méats et suit un trajet récurrent contact de la zone olfacti ve si tuée au sommet des fosses nasales.

1. Lame criblée: elle est nommée ainsi parce que l'os ethmoïde présente de multiples perforations qui laissent passer les fibres du nerf olfactif.

10

Nez et cavum

Le dessin schématique ci-dessous représente une coupe frontale du cavum, partagé en deux moitiés symétriques par la cloison nasale verticale. Chaque moitié constitue une fosse nasale divisée par deux lames horizontales appelées cornets.

Méat supérieur Cornet moyen

Méat moyen
Cornet inférieur - Sinus maxillaire

Cloison nasale

Méat inférieur

Fig.2 Coupe schématique

frontale

des fosses

nasales

Les formations anatomiques principales des fosses nasales sont: à l'orifice des narines, les vi brisses, poils raides dirigés vers l'extérieur ayant un rôle protecteur d'arrêt des corps étrangers, dans le méat inférieur, le canal lacrymal chargé d'assurer le drainage permanent des larmes qui s'écoulent du cul-de-sac conjonctival vers les fosses nasales (2), à l'arrière, un peu au-dessus des choanes, l'orifice de la trompe d'Eustache qui relie le rhino-pharynx à l'oreille moyenne. Il permet d' équili brer la pression de l'air de part et d'autre du tympan. Les fosses nasales sont en relation avec des cavités, ou sinus, qui se trouvent incluses dans l'épaisseur des os du crâne. Ce sont les sinus frontaux, ethmoïdaux et maxillaires d'après le nom des os qui les contiennent. Les sinus diminuent le poids des os et forment une caisse de résonance pour la voix. Les infections de la cavité nasale (rhinites) peuvent être transmises: aux sinus (sinusite), à l'oreille moyenne (otite), à la conjonctive (conjonctivite).

. . .

. . .

Méat supérieur

Lame criblée de r ethmoïde Nerf olfactif et zone olfactive des fosses nasales

Méat moyen
Orifice du canal lacrymal Méat inférieur Orifice des choanes Orifice de la trompe d'Eustache

V oile du palais et luette Lèvre supérieure

Fig.3 Le naso-pharynx,

les amygdales

et l'orifice

des choanes

2. Chacun sait qu'après avoir pleuré, on finit toujours par se moucher. ..

Il

Nez et cavum

. Voile du palais et luette Les fosses nasales se prolongent vers le bas par le voile du palais et la luette dont les formations musculaires permettent au voile de se soulever comme un clapet et de se plaquer contre la paroi du pharynx pour fermer l'orifice des choanes. C'est le flottement du voile du palais et de la luette dans un pharynx rétréci qui provoque pendant le sommeil le bruit inspiratoire du ronflement. Ce phénomène est souvent aggravé par le rapprochement des piliers postérieurs des amygdales pharyngées.

RôLE FONCTIONNEL DES FOSSES Les fosses nasales ont trois fonctions conditionnement de l'air inspiré,

. . .

NASALES importantes:

olfaction,

caisse

de résonance

pour la voix.

Conditionnement de l'air inspiré La fonction majeure des fosses nasales est le réchauffement, l'épuration et l'humidification de l'air inspiré. La surface des fosses nasales est recouverte par un épithélium cilié. Les cils vibratiles dont est revêtu cet épithélium se meuvent dans la direction des narines d'une façon continue et rythmique. Ils permettent ainsi d'évacuer vers l'extérieur tout corps étranger retenu par la muqueuse. Celle-ci sécrète un mucus chargé de retenir en les englobant les poussières et les corps étrangers. Le réchauffement de l'air et l'humidification sont assurés par un tissu veineux particulièrement dense mais fragile qui, facilement lésé, peut donner lieu aux saignements de nez ou épistaxis (3). C'est le gonflement de ce tissu veineux, dont la structure ressemble à celle du tissu érectile des corps caverneux des régions géni tales, qui est responsable du phénomène bien connu des narines bouchées. La chronobiologie, en analysant les rythmes biologiques, a mis en évidence l'alternance et la périodici té de cette érection, tantôt à droi te tantôt à gauche. Ce changement qui se produi t toutes les deux à quatre heures est commandé par le système nerveux sympathique. Nous respirons donc successivement par l'une puis par l'autre narine. Olfaction Les fosses nasales abritent la muqueuse olfactive située sous la lame criblée de l'ethmoïde, au plafond de la cavité nasale. Cette zone olfactive est extrêmement réduite chez l'homme. Sa surface est évaluée à 3cm2. Par comparaison, le même organe couvre 170cm2 chez le chien. Résonance de la voix La cavi té nasale a le rôle d'une sont exclues, on "parle du nez". "nasille". Difficultés dues à l'obstruction

cai sse de résonance pour la voix. Si les fosses nasales Une personne qui se bouche le nez ou qui est enrhumée

des narines

Les fosses nasales doivent être constamment libres pour le passage de l'air et tout spécialement dans les exercices de prânâyâma. Cela n'est pas toujours le cas, une narine ou les deux narines peuvent être "bouchées". Il s'agit bien entendu d'une obstruction physiologique provoquée par le gonflement vasculaire des zones érectiles. Il ne faut pas le confondre avec l'obstruction nasale entraînée par la surabondance des sécrétions muqueuses au cours d'une rhinite.

3. Epistaxis - nom féminin - du grec E3tL,sur et O'tnl;Lç, écoulement, de crtal;ELv, couler goutte à goutte.

12

Nez et ca v urn

Lorsque cette obstruction empêche de pratiquer correctement les exercices respiratoires on peut la faire cesser en utilisant de petits moyens souvent efficaces ou bien, en cas d'insuccès, en recourant aux aérosols médicamenteux. Petits moyens Pour déboucher la narine gauche, il suffit de se coucher sur le flanc droit et de se relaxer. Après quelques minutes, la narine se dégage et l'air pénètre librement sans, pour autant, que l'autre narine ne s'obstrue. Une autre technique peut être utilisée en comprimant un point situé sur la nuque entre la base du crâne et les premières vertèbres cervicales. Après quelques essais et tâtonnements, la pression sur cette zone permet de déboucher facilement les narines. Plus difficile d'accès, un point réflexe se trouve situé sous l'aisselle. Les yogi utilisent une sorte de petite béquille qui leur sert à presser cette zone sensible du côté opposé à la narine bouchée. Faute de béquille, il est toujours possible d'agir en se servant d'un dossier de chaise pour comprimer le point axillaire. Les résultats de cette manœuvre passent pour être immédiats (4). Traitement pharmacologique Il consiste à pulvériser en aérosol des vasoconstricteurs, en particulier l' éphédrine (5). Le suc de l'arbrisseau qui contient l' éphédrine, a été utilisé à l'époque védique pour fabriquer un liquide sacré qui avait le même rôle que l'ambroisie pour les Grecs, c'està-dire conférer l'immortalité. Ce liquide magique appelé soma ou amrita (6), potion de vie éternelle, servait d'offrande aux dieux. Les brahmanes en buvaient au cours des cérémonies sacrificielles. Il semble que l'éphédrine ait été utilisée comme substitut des champignons hallucinogènes qui poussent au nord de la chaîne himalayenne mais que les anciens ârya ne trouvaient plus sur place après leur migration sur le territoire des Indes. Pour les ethnologues, cette coutume serait la preuve de l'origine nordique, peutêtre si bérienne, des proto-ârya. YOGA Nous avons signalé l'alternance physiologique du passage de l'air par les fosses nasales tantôt à droite, tantôt à gauche. Certains yogi font remarquer que cette alternance apporte une confirmation de l'existence de deux canaux subtils ou nâdî si tués à gauche et à droite (idâ et pingalâ). Ces canaux hypothétiques, partant des narines, seraient chargés de transporter le vâyu, l'air fI uide gazeux, vers les lieux où il se transforme en prâna élaboré. Les shodhana Ce mot signifie enquête ou moyen de purification. Les techniques de Hatha-Yoga attribuent beaucoup d'importance à jala neti, l'un des six shodhana classiques. Il consiste en un nettoyage du nez. Jala neti (jala, eau ~ neti, qui coule), nettoyage spécifique de la cavité nasale (7) Cet exercice consiste à introduire de l'eau dans une narine et à la laisser s'écouler par la narine opposée en inclinant la tête, presque à l'horizontale, du côté de l'écoulement. Le passage de l'eau se fai t très facilement. Un petit récipient appelé Iota, muni d'un bec verseur comme celui d'une théière, est traditionnellement utilisé pour ce nettoyage. N'importe quelle petite théière ou une simple pipette peuvent être utilisées. Le contact de l'eau pure et froide avec les muqueuses étant douloureux, il faut utiliser de l'eau tiède isotonique, dite physiologique, c'est-à-dire salée à 9 grammes de sel de cuisine par litre. Il est vivement conseillé d'utiliser de l'eau préalablement bouillie.
4. VAN LYSEBETHPrânâyâma. Ed. Flammarion (1971), page 97. nasal.

5. Ephédrine, alcaloïde extrait des rameaux d'arbustes du genre Ephedra, utilisé comme décongestionnant 6. Amrita, le mot signifie littéralement "sans mort".

7. Un autre terme sanscrit neti, adverbe connu par la formule "neti, neti" , signifie "ce n'est pas cela, ni ceci ni cela". Cette expression, dans les upanishad, brihadâranyaka-upanishad, exprime le rejet des phénomènes appartenant à la mâyâ, magie dissimulant la réalité du Brahman.

13

Nez et cavum

Ce procédé aménagé pour les techniques "douche nasale" dans les stations thermales

hydrothérapiques est utilisé sous le nom de traitant les affections respiratoires.

Il est normalement impossible d'aspirer l'eau par la bouche et de la rejeter par les narines. Le clapet du voile du palais s'oppose mécaniquement à ce mouvement ascendant. Cependant cette "fausse route" peut survenir accidentellement, elle introduit alors dans le cavum de l'eau qui a été au contact du contenu septique de la bouche. Dans ce cas, les sinus qui s'ouvrent dans les fosses nasales, peuvent être infectés. Une autre technique de shodhana consiste à introduire dans une narine une mèche de coton huilée longue de 25 centimètres. En poussant la mèche et en inspirant fortement, il est possible de lui faire suivre le même trajet que l'eau à travers le méat inférieur des fosses nasales et de la faire ressortir par la bouche. Les yogi accordent une grande importance à ces shodhana du nez. Le traité de la Hathayoga-pradîpikâ promet mirifiquement aux adeptes, pour les encourager, "purification du crâne, vision divine et guérison d'une multitude de maladies qui apparaissent dans la partie du corps située au-dessus des clavicules"... L'utilité de ces techniques est très contestable. Un usage trop fréquent serait nocif. La douche nasale, pratiquée dans de bonnes candi tions, est acceptable et même conseillée pour le trai tement des rhini tes ou infections du nez. Par contre, l'usage de la mèche huilée est à proscrire formellement. En effet, l'épithélium de la cavité nasale est fragile et les sinus particulièrement sensibles aux infections. Il ne faut pas oublier que la nature prévoyante a organisé l'auto-nettoyage de ces régions par l'action continue de l'épithélium cilié qui les recouvre. D'autres purifications yogiques ne présentent pas les mêmes inconvénients puisqu'elles font intervenir uniquement l'air inspiré et l'air expiré. Il s'agit de kapâlabhâti et de bhastrikâ.. Ces techniques seront étudiés en détail en même temps que la physiologie respiratoire. (Cf. Ch.1.4. Prânâyâma pages 40-41) LES RHINITES Les rhinites, les plus fréquentes des affections aiguës du cavum, sont caractérisées par un œdème., une vasodilatation., un écoulement nasal et une obstruction des narines. Ces affections entraînent des difficultés dans la pratique journalière du Y oga, puisque la respiration nasale est de règle dans les exercices de prânâyâma. A côté de la rhinite virale banale, ou coryza (8), le plus souvent aiguë et transitoire, il faut mentionner la rhinite allergique, plus connue sous le nom de "rhume des foins" équivalent de "pollinose"~ Son incidence maximum se situe au mois de mai., au moment où sont libérés en abondance les pollens de graminées. Cette rhinite, s'accompagne souvent de conjonctivite avec larmoiement et prurit oculaire. Une autre maladie, l'ozène,(9) appelé aussi rhinite atrophique ne doit pas être méconnue. Elle peut créer des situations sociales malaisées à gérer étant donné qu'elle s'observe surtout chez les jeunes sujets de sexe féminin. L' ozène, du verbe grec O~£LV, exhaler une odeur, se manifeste par une béance exagérée des fosses nasales et une atrophie diffuse de leur muqueuse. Cette affection entraîne l'écoulement d'une sécrétion fétide malodorante (odeur de punaise écrasée) qui perturbe les relations sociales des personnes qui en sont atteintes. Il n'est malheureusement pas exclu que ce problème puisse se rencontrer chez une jeune fille suivant régulièrement une pratique collective de Yoga. Seul un traitement médical peu t con venir à ce genre d affection. ' .:. .:. .:.
8. Coryza, du grec Kopv~a, écoulement nasal. triatomique, facilement reconnaissable à son odeur agressive, relève

9. Ozène : le mot ozone désignant l'oxygène de la même racine grecque.

14

1.2

VOIES

RESPIRATOIRES LARYNX

MOYENNES

PHARYNX

TRACHÉE

La gorge, au sens ordinaire du terme, contient des formations anatomiques d'importance majeure telles que le pharynx, le larynx et la trachée. Elle nous permet d~absorber I~air et fa nourriture. Métaphore d~avidité, elle justifie souvent son sens étymologique, soit gouffre, tourbillon, du latin classique GURGES. La gorge, en parti-eulier le larynx, est une zone vitale, point de départ de nombreux réflexes. Elle a été observée et bien étudiée dans la tradi tion du Yoga. Deux exercices importants ujjâyî et jâlandhara-bandha ont pour support anatomique cette région.

PHARYNX Le pharynx, du grec rpap'Uyç, gorge, est un condui t musculo-membraneux à direction verticale, si tué en arrière des fosses nasales et de la cavi té buccale. Il abouti t, en bas et en avant, à la voie respiratoire vers le larynx et la trachée, en bas et en arrière., à la voie digesti ve vers l 'œsophage~

. .

C'est au niveau du pharynx que se croisent la voie aérienne et la voie digestive. Le pharynx, conduit mixte au point de vue physiologique, livre passage à la fois, jamais simultanément, au bol alimentaire et à l'air de la respiration.

mais

Choanes

- ~---~

Choanes

. Voile du palais et luette relevés Pharynx
___

Epiglotte relevée

-

Pharynx Epiglotte abaissée

Trachée ouverte par le relèvement
épiglotte__~__~ l'

de
~_~

_

Trachée fermée par l'épi glotte basculée

Œsophage fermé

--~

CEsophage ouvert

RESPIRATION -le voile du palais et la luette s'abaissent laissant ouvert l'orifice des choanes l'épiglotte se relève et ouvre la trachée r œsophage fermé est plaqué en arrière

. .

.
pendant

DEGLUTITION le voile du palais et la luette se relèvent en arrière contre la paroi du pharynx obstruant r orifice des choanes l'épiglotte bascule et ferme la trachée .. œsophage- es t ouvert l'

.

Fig.4 Voile du palais

et épiglotte

la déglutition

et lors de la respiration

LARYNX Le larynx, situé à l'avant du cou, est formé d'un squelette cartilagineux qui sert de support à un ensemble musculo-élastique. Les cartilages du larynx sont articulés. Le cartilage thyroïde fai t saillie sous la peau et constitue la pomme d'Adam., bien visible chez l'homme. Le larynx possède deux fonctions, la régulation de la ventilation et la phonation. Elle sont assurées par l'épiglotte et les cordes vocales.

15

Pharynx

Larynx

Trachée

Epiglotte Cette formation~ si tuée dans le larynx~ assure l'aiguillage dans le carrefour aérodi gesti f. Lors de l'inspiration et de l' expi rati on~ l'épiglotte demeure en posi tion redressée permettant le passage de l'air. Lors de la déglutition~ les aliments sont poussés par la langue vers le pharynx. Le larynx s'élève et se ferme entraînant l'abaissement de l'épiglotte qui fonctionne comme une trappe. C'est par un mouvement de clapet ou de bascule que l'épiglotte interdi t l'accès de la voie aérienne.

.

.

Épiglotte en position d'ouverture de la voie aérienne

Os

h yo ï d

eu_~______.___________...__

Cartilages

du larynx

~

Le carti Iage th yroïde

fait saillie sous la peau et constitue le relief de la pomme d'Adam

Cordes vocales L'ouverture entre vocales est appelée

les deux la glotte

cordes

Trachée La trachée a l'apparence d'un tuyau élastique, armé de cartilages en forme de fer à cheval, unis par des ligaments

Fig.5

L'épiglotte

et la glotte

Cordes vocales La muqueuse du larynx forme deux paires de replis horizontaux superposés. Les replis inférieurs sont appelés bandes ventriculaires. Leur bord libre forme les cordes vocales qui délimi tent une ouverture~ appelée glotte~ en forme de fente. La fente de la glotte est longue de 2 à 2,5cm. Sa largeur varie de O~5cm en respiration calme à 1,Scm en respiration d'effort. Cette fente est plus petite chez la femme que chez l'homme. De peti ts muscles, insérés sur les cartilages du larynx, permettent l'ouverture et la fermeture de la glotte. Ils contrôlent la tension ou le relâchement des cordes vocales et mobilisent également le larynx en hauteur. Phonation Pour émettre la voix~ les cordes vocales sont mises en vibration par le flux aérien. L'intensité de ce flux détermine le volume sonore. L'état de tension des cordes vocales détermine la fréquence des vibrations. Plus les cordes vocales sont tendues, plus la fréquence est élevée et plus le son émis est aigu. Lorsque les cordes vocales sont moins tendues, la fréquence est plus basse et le son émis plus grave. Les enfants ont un larynx plus petit et des cordes vocales plus courtes que les adultes. Leur voix est plus haute. Pendant la mue qui se produit à la puberté, la voix baisse d'une sixte ou d'une octave chez les garçons, d'une seconde ou d'une tierce chez les filles. Voix œsophagienne Il existe une possibilité de voix œsophagienne chez les patients laryngotomisés, n'ayant de ce fait plus de cordes vocales. La technique de la voix œsophagienne nécessite un apprentissage. Elle consiste à avaler une certaine quantité d'air et en la rejetant à faire vi brer l' extrémi té de l' œsophage dans le pharynx. 16

Pharynx

Larynx

Trachée

Toux La toux assure l'épuration des voies respiratoires. Si un corps étranger pénètre au niveau du larynx, les cordes vocales se collent l'une contre l'autre par l'effet d'une forte contraction musculaire. Il se déclenche alors un réflexe de toux grâce auquel le corps étranger est expulsé par un effort expiratoire violent. La toux peut également être déclenchée par une inflammation au ni veau du larynx et de la trachée; il s'agit d'une "toux irritative" sans expulsion. TRACHÉE La trachée est située entre l'extrémité inférieure du larynx et la bifurcation des deux grosses bronches destinées à chacun des poumons. Elle a l'aspect d'un tuyau élastique de Il centimètres de long, armé de 16 à 20 cartilages en forme de fer à cheval. Ces cartilages sont unis entre eux par des ligaments. La partie postérieure, non cartilagineuse, de la trachée est formée d'un tissu musculaire. Cette disposition permet à la trachée de changer de calibre par contraction des muscles qui rapprochent les extrémités des arcs cartilagineux. La longueur de la trachée peut varier grâce à son élasticité. Entre l'inspiration et l'expiration forcée, l'extrémité inférieure de ce conduit peut se déplacer de plusieurs centimètres. La trachée est revêtue comme tout l'appareil respiratoire d'un épithélium dont la surface est tapissée de cellules ciliées vibratiles et de cellules qui sécrètent du mucus. Les corps étrangers, englobés par le mucus, sont repoussés vers le pharynx et le larynx par les cils vibratiles. A u moment de la toux, l'air est expul sé rapidement par l'ouverture de la glotte. Si les sécrétions bronchiques sont abondantes, elles remontent par l'action de l'épithélium cilié et sont projetées hors de la trachée. Il s'agit dans ce cas de "toux productive" qui peut s'accompagner ou non d'expectoration. Etranglements Les arts martiaux apprennent qu'il est dangereux de pratiquer sur un adversaire étranglement respiratoire par écrasement de la trachée. La trachée est un organe fragile qui peut être déformé et même "enfoncé" à cause de rifidité des cartilages qui la maintiennent béante. Elle peut être gravement lésée et pas reprendre son calibre normal une fois que la pression agressive a cessé. L'étranglement respiratoire criminel est bien connu en médecine légale. Dans ce cas, trachée a été comprimée sous la pomme d'Adam par les deux pouces de l'étrangleur. Fort prosaïquement, cela se dit serrer le kiki, ou plus élégamment la gargamelle vieux français...

un la ne la en

Les arts martiaux enseignent une autre forme d'étranglement, l'étranglement sanguin qui ne provoque pas de lésion. Il est rapidement efficace mais techniquement plus difficile à pratiquer. Il consiste à comprimer les deux artères carotides ce qui entraîne une perte de conscience presque immédiate par manque d'irrigation sanguine du cerveau. Une telle interruption de la circulation cérébrale ne peut être maintenue que quelques secondes et dans ce cas n'entraîne aucun dommage. Cette technique est interdite lorsque deux combattants s'affrontent seuls. Elle ne peut être pratiquée que dans une salle d'entraînement et toujours en présence d'un moniteur connaissant la technique Kuatsu de réanimation. (10)

.:.

10. Le kuatsu est un procédé de réanimation de la médecine traditionnelle asiatique, consistant en des stimulations manuelles de certaines régions de la peau, des massages de la région cardiaque, et des compressions abdominales destinées à provoquer l'expiration.

17

Pharynx

Larynx

Trachée

YOGA

Nous avons retenu parmi les exercices indispensables de prânâyâma concernant le larynx: ujjâyî, et jâlandhara-bandha ainsi que les mouvements qui permettent "l' acti vation", c'est-à-dire la prise de conscience de vishuddha cakra, di t cakra de la gorge. (u.d, vers le haut; Jaya, succès, victoire,) signifie "qui mène au succès". Le terme ujjâpÎ est parfois utilisé comme synonyme de ujjâyî. Cette respiration est considérée à juste titre comme indispensable à toute pratique Yoga. Elle peut se pratiquer aussi bien debout que couché sur le sol ou assis.

. UjjâyÎ

du

Ujjâyî impose une fermeture partielle de la glotte, c'est-à-dire de l'orifice du larynx dont l'ouverture et la fermeture contrôlent le débi t de l'air. La bonne attitude pour pratiquer ujjây1 s'obtient en effaçant la courbure de la colonne cervicale, en "allongeant" le cou et en faisant un mou vement de retrai t du menton vers l'arrière. La friction de l'air sur la glotte provoque un son grave et continu, guttural, qui n'est produit, ni par les cordes vocales, ni par le voile du palais, c'est le ~'son d'ujjâyî".

Fig.6 Position de la tête pendant la respiration ujjâyî La technique d'ujjâyî consiste à inspirer puis à expirer en maintenant un blocage partiel de la glotte. Un bon contrôle respiratoire doit précéder l'établissement d'ujjâyî dont l'exécution est proposée seulement lorsqu'est maîtrisé un certain allongement de la respiration. Cette précaution est nécessaire afin de ne pas induire de tensions, en particulier au niveau des cordes vocales. Cette technique, véritable pont aux ânes des aspirants au Yoga (11), est souvent difficile à établir. Il s'agit de ne point se décourager, de persévérer et de savoir attendre que s'établisse spontanément le son d'ujjâyî. La respiration qui s'installe pendant certaines phases du sommeil a été comparée à la modalité respiratoire d'ujjâyî. Jâlandhara-bandha (jâla, tissu, treillis, filet; dhara, supporter; bandha, tenir ferme, nouer, contrôler, joindre, sens proche du verbe anglais to bind). Jâlandhara-bandha est habituellement traduit par "ligature contrôlant le réseau"1 Suivant la tradition, ce réseau est celui des nâdî, canaux subtils dans lesquels se glisse le prâna. Ces canaux se trouveraient obstrués par la contraction des muscles du cou. (Cf. Ch.l.4 Prânâyâma page 33) Une autre étymologie intéressante complète la première. Elle repose sur la signification de jâlandhara qui désigne en sanscrit "celui qui porte l'eau".. Le "porteur d'eau" pose son récipient sur la tête et maintient de ce fait sa colonne vertébrale en parfai te recti tude. Cette all usion à la statique du porteur d'eau rappelle l' atti tude nécessaire pour une bonne réalisation de jâlandhara. lâlandhara-bandha s'insère tradi tionnellement pendant la pratique de prânâyâma. Il peut se pratiquer debout ou plus habituellement en position assise telle que padmâsana ou siddhâsana. La technique de jâlandhara-bandha s'exécute en plusieurs temps. Le mouvement nécessite un étirement préalable et maximum de la colonne vertébrale vers le h.aut comme si l'on cherchait à se grandiL Après une inspiration et pendant l'arrêt poumons pleins, la tête est abaissée lentement vers le thorax jusqu'à ce que le menton vienne s'insérer en direction du sternum dans le creux qui sépare les extrémités internes des deux clavicules.
Il. "Pont aux ânes", difficulté qui ne peut arrêter que les ignorants (Dictionnaire Robert).

.

18

Pharynx

Larynx

Trachée

Cette position est maintenue quelques instants avant l'expiration respiration normale. On recommence l'exercice pl usieurs fois.
.::rr:::n. 17 .;r...t.T "II\? "1' "'-11 ~~ ~~ {~iRt/.~:~ tf ~/

suivie

d'une

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Dans cette position, la colonne cervicale est étirée et l'apophyse de la 7ème vertèbre cervicale devient proéminente. A u cours de la pratiq ue : le passage de l'air se trouve empêché par la fermeture de la glotte pendant que la lame de l'épiglotte est relevée en position haute, le larynx remonte et vient se placer exactement au-dessous du pharynx, l'orifice de œsophage, repoussé en arrière, est de l' ce fait lui aussi fermé.

Fig.71âlandhara-bandha

Il est nécessaire pour une exécution correcte de respecter pl usieurs points essentiels: rectitude de la colonne dorsale~ étirement de la colonne cervicale, contraction limitée à certains muscles du cou afin de "rentrer le menton". Jâlandhara-bandha est parfois difficile sinon douloureux à exécuter pour les personnes âgées qui souffrent d'arthrose de la colonne cervicale. Une variante plus légère de cette ligature est introduite dans certaines postures comme utkatâsana ou certaines mudrâ comme mahâ mudrâ.

. .

.

A côté de j âlandhara-bandha, plus difficile: uddîyâna bandha, ligature

le Yoga de l'envol,

en sei gne deux

autres

band ha d'exécution

. mûla bandha, ligature de la base. .

Ils seront étudiés dans les exposés concernant l'abdomen et le périnée. Les trois band ha (jâlandhara, uddîyâna et mala bandha) peuvent être tenus séparément ou simultanément. Dans ce dernier cas, il convient de les accomplir en partant du haut vers le bas. Ils peuvent être lâchés indépendamment. En effet,. il est convenu de "relâcher" l'uddîyâna seul tout en maintenant les deux autres, pendant l'exécution du prânâyâma. Cette combinaison des trois bandha a pour nom bandha traya Vishuddha cakra (shuddha, purifié; cakra, roue) cakra de purification Il est aussi nommé: kantha padma (kantha, gorge; padma, lotus) Lotus de la gorge. Il est nécessaire de prendre position en ce qui concerne les cakra qui sont souvent la ci ble d' in terprétations abusi ves colportées par une Ii ttérature spécialisée dans l' ésotéri sme~ Les cakra ont été authentifiés par une longue tradition. Ils ne peuvent cependant être identifiés ni aux plexus (12) du système nerveux sympathique, ni à aucune autre structure anatomique définie. Les cakra correspondent à des sensations que nous projetons sur notre schéma corporel. Chacun peut éventuellement bénéficier d'effets salutaires en cherchant l'activation de ces cakra supposés dormants ou quiescents. De toute façon, un travail sur les cakra ne peut qu'affiner la perception de notre corps et nous aider à découvrir certaines de ses possibilités qui de prime abord nous échappent. Les yogi situent sur la gorge le cinquième et avant-dernier des cakra. Ceux-ci sont comptés à partir du fondement., sur l'axe cérébro-spinal appelé colonne de Meru (Meru danda) par comparaison avec le Mont Meru considéré comme l'axe du monde.

.

12. Plexus, mot latin, signifiant enlacement~ dérivé. de PLECfERE, tresser. Dans le cas du cakra de la gorge, le plexus pharyngé se situe justement à cet endroit.

19

Pharynx

Larynx

Trachée

La perception sensorielle de vishuddha cakra, le cakra de la gorge se localise sur la partie saillante du larynx vers la pomme d'Adam. Vishuddha cakra est associé au sens de l'ouïe et à l'expression de la parole. Son acti vation est censée surmonter les blocages qui peuvent se manifester dans ces domaines. Pl usieurs exercices peuvent être efficacement utilisés pour activer vishuddha cakra : la respiration dite ujjâyî, décrite précédemment, les mouvements de rotation du larynx, la pratique de sûrya candra mudrâ.

. . .

de rotation du larynx Un premier exercice d'activation consiste à imprimer d'une façon autonome un mouvement de rotation au larynx, mouvement naturellement fort limité, mais bien perceptible au niveau de la pomme d'Adam chez les hommes. Chez les femmes, les conditions anatomiques étant différentes, il est conseillé de procéder par étapes en s'aidant d'abord de la perception tactile en posant les doigts sur la face antérieure du cou. Dans un premier temps, il est aisé d'effectuer une déglutition en percevant le mouvement du larynx. Dans un deuxième temps, il est un peu plus difficile en ébauchant une déglutition de l'arrêter immédiatement et de percevoir la très légère contraction des muscles soushyoïdiens situés de part et d'autre du larynx. Après cela, il faut perfectionner la commande de façon à dissocier cette fine contraction en l'obtenant soit à gauche, soit à droite ou même en alternance rapide afin d'obtenir l'effet de rotation. Pendant cet exercice, il est nécessaire de conserver une stricte immobilité de la tête et d.es épaules. La réussi te est assurée au prix d'un peu de persévérance Cette technique de rotation présente, toutes proportions gardées, quelque analogie avec la pratique de nauli (13). (Cf. Ch.3.2 Constipation page 122)

. Mouvements

. .

Sûryacandramudrâ La mudrâ du soleil

.

(sOrya, soleil ~ candra, lune ~ mudrâ, geste de maîtrise) et de la lune peut s'effectuer assis sur le salles jambes croisées. A u départ, la tête est droi te dans l'axe du corps. calme avec expiration prolongée doit ~a res~iration etre maIntenue pendant tout l'exercIce. A u cours d'une expiration, la tête est abaissée, le cou fléchi de façon à ce que le menton touche presque le sternum. La tête est relevée pendan t l'inspiration sui van te. Puis elle est tournée au maximum vers la droite jusqu'au dessus de l'épaule pendant l'expiration. La tête est ensui te ramenée au point de départ en prenaD tune jnspjralj on. Le même mouvement est effectué symétriquement vers l'épaule gauche jusqu'au retour à la position de départ.

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Fig.8 Sarya candra

mudrâ

Cet exercice est répété pl usieurs fois. SOrya candra mudrâ peut également se pratiquer en position debout. Elle est très facile à exécuter et permet une décontraction rapide. C'est un excellent mouvement anti-fatigue qui provoque un puissant massage des muscles du cou et permet, dans une certaine mesure, de limiter les progrès de l'arthrose de La région cervic.ale~ (Cf. Ch42.2 Arthrose page 99)

.:..:..:.
13. Nauli (ou naulika) est un des six procédés de nettoyage du corps enseignés par le Hatha~yoga. Cet exercice donne l'illusion d'un mouvement giratoire de la paroi de l'abdomen en faisant alterner contraction et relâchement des muscles grands droits, à droite puis à gauche.

20

1.3

POUMONS

ET PHYSIOLOGIE

DE LA RESPIRATION

La connaissance de la fonction respiratoire est indispensable pour comprendre les techniques du Yoga, en particulier le prânâyâma. Personne ne peut enseigner ou pratiquer avec intelligence le Yoga sans posséder des informations de base, même élémentaires, concernant l'anatomie ainsi que la physiologie de l'appareil respiratoire. ANATOMIE Poumons Les deux poumons, diaphragme.
POUMON DROIT

si tués dans la cage thoracique,

sont en contact

par leur base avec le

POUMON GAUCHE

Le poumon droi t est formé de trois lobes. Le poumon gauche, plus peti t que le poumon droit, en raison de l'espace accu pé par le cœur, ne corn pDrte -CI ue deux lobes. La partie supérieure du poumon appelée sommet ou apex, reste relativement fixe, alors que la base de cet organe s'abaisse et remonte de 3 à 4 centimètres environ entre l'inspiration et l'expiration.

Fig.9 Poumons

et lobes pulmonaires

Bronches La trachée se di vise en deux grosses bronches destinées à chacun des poumons. Ces bronches se ramifient à l'intérieur des poumons et donnent au terme de leurs subdivisions les bronchioles dont le diamètre est inférieur à un millimètre. Les bronchioles se divisent encore en branches microscopiques aboutissant aux alvéoles groupées en petits amas comme les grains d'une grappe de raisin. Alvéoles pulmonaires Il existe environ trois cents millions d'alvéoles dans les poumons. Leur surface totale, supposée étalée, correspondrait à peu près à la superficie d'un terrain de football. Dans l'alvéole, l'air et le sang ne sont plus séparés que par la mince barrière alvéolocapillaire. C'est à travers cette fine structure que se produisent les échanges gazeux. Les fibres élastiques qui entourent l' al véole~ l'empêchent de s'affaisser sur elle-même~ La surface interne des alvéoles est recouverte d'une substance tensio-active, dont le rôle est de conserver l'élasticité du poumon et sa compliance ou souplesse adaptative (14). Muscles de la respiration Les muscles respiratoires au sens strict sont le diaphragme et les muscles situés entre les côtes, intercostaux internes et intercostaux externes. Le diaphragme est un muscle puissant, plat, large et arrondi en forme de coupole. Il constitue la limite entre la cage thoracique et la cavité abdominale~ D'autres muscles, bien qu'ayant une fonction différente, servent occasionnellement de muscles accessoires de la respiration. On peut citer parmi eux les grands pectoraux, dont l'action permet d'obtenir une plus grande amplitude des mouvements respiratoires, mais aussi l'ensemble des muscles abdominaux en particulier les muscles grands droits.
14. Compliance, mot anglais signifiant harmonie, accord, du verbe to comply, s'adapter.

21

Physiologie

de la respiration

MÉCANIQUE

RESPIRATOIRE

Mouvements de la cage thoracique Les poumons lors de l'inspiration et de l'expiration suivent, grâce à leur compliance, les mouvements de la cage thoracique. Lors de l'inspiration, le diaphragme en se contractant abaisse la coupole diaphragmatique. Les muscles intercostaux externes se contractent en élevant la cage thoraci que. Lors de l'expiration, Ie diaphragme et les muscles intercostaux ex ternes se relâchen t. Les muscles intercostaux internes se contractent et contri buent à abaisser la cage thoracique.

. .

INSPIRA

TION

EXPIRA TION Rétraction de la cage thoracique f

Expansion de la cage thoracique

. .
.

Contraction Contraction Relâchement

et abaissement

du diaphragme externes internes

des muscles intercostaux des muscles intercostaux

. . .

Relâchement Relâchement Contraction

et élévation du diaphragme des muscles intercostaux des muscles intercostaux externes internes

Fig.10

Mouvements

de la cage

thoracique

Selon la prédominance de certains muscles lors de la respiration, on peut distinguer deux modalités de mouvements de la cage thoracique. La respiration dite thoracique ou respiration costale supérieure met en œuvre l'ouverture des clavicules. Elle est habi tuelle chez l' homme adulte. La respiration abdominale ou respiration costale inférieure à prédominance diaphragmatique est caractéristique de la respiration chez l'enfant et la femme.

.

Spasmes diaphragmatiques et hoquet Le hoquet est défini comme "contraction spasmodique du diaphragme produisant un appel d'air assez fort pour faire vibrer les cordes vocales". Il correspond à des contractions répétées du diaphragme et des muscles constricteurs de la glotte. Le phénomène du hoquet, parfois associé à la spasmophilie, peut se déclencher en public dans des conditions analogues. (Cf. Ch.7.2 Spasmophilie page 218) Un petit moyen, assez efficace pour arrêter le hoquet, est la compression des nerfs moteurs du diaphragme, dits nerfs phréniques. Cette compression est exercée bilatéralement au niveau du cou dans la gouttière située entre la trachée et le muscle sterno-cléido-mastoïdien qui relie la cage thoracique à la tête et permet la rotation et la flexion de celle-ci. La pression dans cette gouttière, si elle s'exerce plus intensément, peut conduire à l'étranglement sanguin tel qu'il est enseigné par les arts martiaux. (Cf. Ch. 1. 2 Pharynx Larynx Trachée page 17) Devant la persistance d'un hoquet, il faut s'assurer qu'il s'agisse bien d'un hoquet banal. En effet, ces contractions peuvent être parfois le premier signe de manifestations pathologiques pl us sérieuses comme une réaction péri tonéale ou une encéphali te dont le diagnostic précis sera fait plus tard.

22

Physiologie

de la respiration

Ventilation respiratoire Lorsqu'un adulte respire de façon régulière et inconsciente, il inspire et expire environ 0,6 litre par cycle respiratoire, c'est le volume d'air courant. La quantité d'air ventilé peut être modifiée par un effort volontaire. L'inspiration forcée permet d'augmenter le volume d'air inspiré. . L'expiration forcée permet d'augmenter le vol ume d'air expiré. Cependant, même après une expiration forcée, il reste dans les poumons une certaine quantité d'air qui ne peut être expulsée, c'est l'air résiduel. Mesures spirométriq ues Capacité vitale La capacité vitale correspond au volume d'air normalement expulsé après une inspiration forcée sui vie d'une expiration également forcée. Elle est définie comme la somme de la réserve inspiratoire en inspiration forcée du volume d'air courant inhalé et expiré de la réserve expiratoire en expiration forcée

.

-

. . .

Réserve inspiratoire 2 à 3 litres

La réserve inspiratoire est le volume d'air supplémentaire que peut introduire dans les l'on poumons lors d'une inspi ration forcée.

Air résiduel 1,2 litre

L'air résiduel est le volume d'air restant dans les poumons après une expiration forcée. vitale et air résiduel

Fig.II

Capacité

Variation de la capacité vitale selon l'âge et le sexe Chez l' homme à l'âge de 20 ans, la capaci té vi tale est éval uée à 4,5 litres. Elle plus que de 3,2 litres, à l'âge de 80 ans dans les meilleures conditions. L'involution de la capacité vitale suit pour la femme une courbe parallèle. Evaluée à 3,7 litres à l'âge de 20 ans, elle régresse à 2,2 litres à l'âge de 80 ans.

n'est

SL 4L 3L 2L 1L

4,5

Hommes

3,7

20 ans Fig.12 Capacité vitale

30 ans en fonction

40 ans de l'âge

50 ans

60 ans

Pour les hommes, l'optimum de la capacité vitale se situe vers 18 ans. L'optimum de la capacité vitale se situe chez les femmes à l'âge de 16 ans. Ce fait explique les performances remarquables que peuvent réaliser les très jeunes nageuses.

23

Physiologie

de la respiration

Variation du volume respiratoire par minute selon l'activité Le volume respiratoire correspond à la quantité d'air traversant pendant une minute. Chez l'adulte jeune au repos, ce volume est Quand l' acti vi té est intense, l'accélération du rythme respi ratoire l'amplitude thoracique peuvent élever le volume respiratoire minute. Le diagramme suivant permet de comparer le volume respiratoire d'une acti vi té moyenne et au cours d'un effort violent. Sur le même tableau ont été indiqués le nombre de battements cardiaque par minute dans les mêmes conditions.
Activité Volume d'air par respiration 0,350 litre 0,500 Iitre 2 litres

les voies respiratoires égal à 4 litres. et l' augmen tation de jusqu'à 50 litres par au repos, cardiaques puis lors

et le débit

Rythme resPiratoirJ Volume respiratoire Rythme cardiaque Débit cardiaque ï par minute ! 12 à 16 à 25 4litres 9 Iitres 50 litres 60 70 150 3,61itres 5,61itres 141itres

Repos complet Activité moyenne Effort violent

Fig.I3

Variation

du volume

respiratoire

en fonction

de l'activité

La fréquence respiratoire est différente selon le sexe. En faible activité, les hommes accomplissent environ 16 cycles respiratoires par minute, les femmes accomplissent environ 18 cycles respiratoires par minute. Le taux d'hémoglobine de la feml11e étant moins élevé que celui de l'homme, celle-ci a besoin d'un plus grand nOl11bre de cycles respiratoires pour obtenir un effet physiologique équivalent. PHYSIOLOGIE DES ÉCHANGES RESPIRATOIRES Echanges gazeux dans les alvéoles pulmonaires Les échanges gazeux ont lieu dans les alvéoles pulmonaires qui sont entourées par les capillaires de la circulation pulmonaire. L'oxygène (02) et le dioxyde de carbone (C02) ne sont pas transportés par le sang de la même façon. L'oxygène est fixé par l' hémoglobine contenue dans les globules rouges. Le dioxyde de carbone est en solution dans le plasma.
Sang aboutissant aux veines pulmonaires pauvre en C02 riche en 02 Vaisseau efférent
.
-4--1'1'

. .

Va-et-vient

de l'air

dans la bronchiole

Sang apporté par artères pul monai

les res

riche en C02 pauvre en 02 Vaisseau afférent

Fig.I4

Echanges

gazeux dans les alvéoles

pulmonaires

Le vaisseau pulmonaires.

afférent (entrant dans l'al véole) contient le sang envoyé par les artères Ce sang est pauvre en oxygène et riche en dioxyde de carbone. 24

Physiologie

de la respiration

Des échanges essentiels se font entre le sang et l'air alvéolaire: . L'oxygène de l'alvéole diffuse vers les capillaires et se fixe sur l'hémoglobine, . Le dioxyde de carbone dissous dans le sang passe en sens inverse vers l'al véole. Le vaisseau efférent (sortant de l'alvéole) contient du sang riche en oxygène et pauvre en dioxyde de carbone. Composition de l'air inspiré et de l'air expiré

. L'air inspiré contient 20% d'oxygène.
Dans l'air expiré, le taux d'oxygène est ramené à 16%, c'est-à-dire qu'un cinquième seulement de l'oxygène de l'air inspiré a été fixé par l'hémoglobine pendant la traversée pulmonaire.

.

L'air inspiré contient 0,03 % de C02. Dans l'air expiré, le taux du dioxyde de carbone 150 fois plus que dans l'air inspiré.
Oxygène 02 Air inspiré 20 %

s'élève

à 4,4%,

c'est-à-dire

environ

I

Dioxyde de carbone I C02 IAzote
0,03 %
I

l

T
I

79 %
!

j
Î

Gaz rares <à 1 % inchangé

\. Fig.i5

Air expiré
Composition

16 %
de l'air inspiré

4,4 %
et de l'air expiré

I

inchangé

r

L'air expiré contient encore une quantité importante d'oxygène (16%) suffisante pour permettre une réanimation. Ce fait a permis d'imaginer la technique du "bouche à bouche". L'air expiré, insufflé de force par le réanimateur dans les poumons de la personne asphyxiée, est capable d'apporter suffisamment d'oxygène aux tissus qui seraient rapidement lésés par l'anoxie, en particulier le cerveau. Au repos, les alvéoles pulmonaires ne sont pas utilisées en totalité. En cas d'effort important ou de fièvre, les conduits d'accès à ces alvéoles de réserve non ventilées s'ouvrent et les échanges gazeux augmentent. Respiration et phénomènes métaboliques (15) Au terme de la digestion, la transformation des aliments ingérés aboutit au glucose, élément central du métabolisme. Ce glucose est oxydé. En réalité, il subit une série de transformations chimiques avec libération progressive d'énergie. Au terme, sa dégradation aboutit à deux molécules simples, dioxyde de carbone et eau, qui sont éliminées avec l'air expiré. Lorsque les dépenses de l'organisme sont minimales, au repos, sans prendre de nourriture, dans les condi tions de neutralité thermique, l' homme respire et dépense un minimum d'énergie de base nécessaire à sa survie. Dans les conditions définies cidessus, on peut mesurer le volume d'oxygène consommé pendant un temps donné. Il est possible de calculer, à partir de cette mesure, la quantité d'énergie exprimée en calories par 24 heures. Cette valeur ainsi déterminée définit le métabolisme basal. Le métabolisme de base représente la dépense énergétique minimale par 24 heures. Il existe une différence entre les deux sexes concernant le métabolisme de base: La femme consomme 0,20 litre d'oxygène par minute ce qui correspond métabolisme basal de 1440 calories (16), . L'homme consomme 0,25 litre d'oxygène par minute ce qui correspond métabolisme basal de 1800 calories.

.

à un à un

15. Le métabolisme est l'ensemble les tissus de l'organisme vivant.

des transfonnations

chimiques et physico-chimiques

qui s'accomplissent

dans

16. La femme sauvegarde sa propre survie et celle de l'espèce en abaissant son métabolisme de base.

25

Physiologie

de la respiration

Le diagramme ci-dessous schématise les échanges gazeux pulmonaires ainsi que les échanges gazeux tissulaires.

respiratoires

dans les alvéoles

Inspiration apport d'oxygène 02 dans l'air alvéolaire

Expiration rejet de C02 et H2O libérés dans l'air alvéolaire

Transport d'oxygène le sang sortant des poumons

+

par

Transport par le sang vers les poumons de C02 et H2O provenant des tissus
Echanges tissulaires permettant la

i

i
Li bération d'oxygène dans les tissus Fig.16 Echanges gazeux alvéolaires

Glycolyse ou oxydation du glucose
...

i
Formation de H2O +C02 dans les tissus

et tissulaires

L'oxygène amené par le sang va oxyder le glucose qui se trouve présent dans les tissus. Ce processus appelé glycolyse, simple dans sa finalité, mais fort complexe dans son déroulement, produi t à son terme deux molécules, l'eau et le dioxyde de carbone, avec libération d'une certaine quantité d'énergie. La respiration permet donc à l'organisme de libérer et d'utiliser l'énergie produite par l'oxydation du gl ucose. Adaptation de la respiration à l'effort Lorsque l'individu est au repos, il y a adéquation entre la glycolyse et les besoins en oxygène. Quand l'organisme fai t un effort, il augmente ses besoins en énergie. Chez le sujet non entraîné qui veut dépasser ses limites, il se produit un essoufflement intense qui l'oblige à arrêter son effort. Toutefois, l'organisme est capable de s'adapter à un effort prolongé par un entraînement progressif. Le second souffle Chacun sait que le départ du jogging se fait toujours bien et que la course ne présente aucune difficulté pendant quelques centaines de mètres. Au bout d'une certaine distance, variable selon le sujet, 400 à 500 mètres environ, le coureur dit qu'il "souffre". Cette souffrance indique qu'il va prendre "son" second souffle. S'il persiste dans son effort, il se trouve soudainement à l'aise et sa course peut se poursui vre pendant des kilomètres comme le font les marathoniens entraînés. Le premier temps de la course correspond à la période de glycolyse totale qui, devant l'effort prolongé, devient très vite insuffisante. Le "second souffle" du coureur correspond au déclenchement de la réaction de glycolyse incomplète. Les animaux, chevaux ou lévriers, qui subissent un entraînement à la course acquièrent la même adaptation. Le résultat temporaire de cette glycolyse partielle qui nécessite moins d'oxygène est une substance intermédiaire, l'acide lactique. Cette réaction s'accompagne d'une production d'énergie importante. Ultérieurement, dans le temps di t de récupération, l'acide lactique accumulé dans les muscles est progressivement oxydé avec production de dioxyde de carbone et d'eau. L'acide lactique présent dans les muscles est à l'origine des raideurs musculaires ou courbatures, sensation de fati gue douloureuse, que les personnes non entraînées ressentent après un effort pl us ou moins prolongé. C'est également l'acide lactique accumulé dans les muscles dans les heures suivant la mort qui est responsable de la rigidité cadavérique.

26

Physiologie

de la respiration

Le diagramme sui vant, construi t sur le modèle de la figure processus métabolique intervenant dans le second souffle.

précédente,

schématise

le

Inspiration

apport d'oxygène

Glycolyse

complète

Echanges tissulaires

Mise en train du second souffle

Glucose + 02

.. C02 + H20 + Energie

Récupération après l'effort

Glycolyse

incomplète

Arrêt au stade d'acide lactique

GI ucose + 02

Acide lactique + Energie

Fig.17 Productlon

d'énergie

lors du second souffle

RÉGULATION DE LA RESPIRATION Les conditions dans lesquelles se trouve l'individu imposent de fréquentes son rythme respiratoire qui doit être contrôlé en permanence. Ce contrôle des centres nerveux supérieurs qui effectuent les corrections adaptati yes en besoins de l'organisme. Parmi les modalités de régulation de la respiration, la plus importante est automatique. Elle est constamment mise en jeu et s'effectue sans que la participe. Toutefois, de façon occasionnelle et temporaire, la volonté peut modifier le déroulement des phénomènes respiratoires.

variations de est dévolu à fonction des la régulation conscience y intervenir et

Régulation automatique de la respiration L'information des centres régulateurs qui commandent l'activité des muscles chargés de l'inspiration et de l'expiration se fait par des chémorécepteurs situés à la bifurcation des carotides et sur la crosse de l'aorte. Ces récepteurs détectent les variations des pressions partielles (17) de l'oxygène et du dioxyde de carbone. Les signaux sont transmis aux centres nerveux situés dans le bulbe rachidien. L'accélération des mouvements respiratoires est déclenchée, . soit par une élévation de la teneur du sang en dioxyde de carbone, soit par un abaissement de la teneur du sang en oxygène. Cette accélération de la ventilation a pour but une absorption supplémentaire d'oxygène et une augmentation du rejet de dioxyde de carbone. Le ralentissement des mouvements respiratoires est déclenché uniquement par la diminution de la teneur du sang en dioxyde de carbone.

.

17. La pression partielle exprime la quantité d'un gaz contenue dans un mélange gazeux, comme r air, ou en solution comme le C02 dans le plasma.

27

Physiologie

de

la

respiration

Deux centres de commande antagonistes modulent l'activité respiratoire. Ils sont situés dans le bul be rachidien, l'un au-dessus de l'autre, un centre dépresseur et un centre exci tateur. Lorsque la teneur du sang en dioxyde de carbone diminue, le centre dépresseur commande le ralentissement ou même l'arrêt des mouvements respiratoires aboutissant à l'apnée. Lorsque la teneur du dioxyde de carbone augmente ou que celle de l'oxygène diminue, le mécanisme inverse est mis en action, le centre excitateur bulbaire déclenche l'accélération des mouvements respiratoires entraînant une polypnée. Le mécanisme mis en action est de type feed- back, c'est-à-dire régulation des causes par leurs effets. Le trouble à corriger est l'excitant spécifique du mécanisme correcteur. Le diagramme ci-dessous schématise le rôle respectif des deux centres bulbaires situés l'un au-dessous de l'autre.

Bulbe rachidien

Centre dépresseur Ce centre est sollicité par l'abaissement du taux de C02 dans le sang
Centre excitateur Ce centre est sollicité par l'élévation du taux de C02 dans le sang par l'abaissement du taux d' 02 dans le sang

Moelle épinière

La voie nerveuse efférente du bulbe rachidien commande les muscles respiratoires du bulbe rachidien

Fig.I8

Centres

respiratoires

Autres

modalités

du contrôle

respiratoire

La commande des muscles respiratoires dépend de l'automatisme spontané décrit ci-dessus. Cependant, la respiration peut également être commandée par la volonté; c'est une des rares fonctions automatiques de l'organisme qui peut être soumise à son action, du moins momentanément. Décision volontaire Tout individu est susceptible d'arrêter l'automatisme respiratoire et de se mettre en état d'apnée ou au contraire en hyperventilation. Il peut également contrôler et moduler la durée de son inspiration et de son expiration. Toutefois, ce contrôle ne peut être tenu d'une façon prolongée.

.

. Automatisme volontairement programmé
Tout individu peut décider de pratiquer une activité physique, par exemple la course, qui exi ge un rythme res pi ratoi re qui Iui est propre. Tout individu peut vouloir exercer, dans un autre domaine, une activité symbolique comme la parole, le chant ou encore effectuer des exercices dont la médi tation et la tenue des âsana donnent un exemple. Chacune de ces acti vi tés volontaires nécessite une modification spécifique du rythme respiratoire. La décision provenant du cortex cérébral s'adresse à des centres de la base du cerveau qui prennent en charge un automatisme distinct de l'automatisme respiratoire soumis aux chémorécepteurs. Cet automatisme, en quelque sorte programmé, décharge la volonté d'un contrôle permanent qui n'est plus nécessaire.

28

Physiologie

de la respiration

Le diagramme ci-dessous indique la coexistence muscles intervenant dans la respiration.

des di verses

voies

de commande

des

1 Fonctionnenlent norlnal Automatisme sous la dépendance des deux centres respiratoires du bul be et des capteurs chémosensi bles

Base du cerveau Centres programmables sous l'effet de la décision

2 Fonctionnement occasionnel soumis en permanence à la volonté, sous la dépendance directe du cortex cérébral

Centres

du bulbe rachidien

Centre dépresseur Centre excitateur

2

,

occasionnel 3 Fonctionnement déclenché par la volonté et agissan t ensui te en mettant en œuvre des automatismes préétablis

3

Action sur les muscles respiratoires Fig.19 Voies de commande de la respiration

Régulation de la respiration pendant le sommeil A l'état de veille, la réponse à une augmentation des besoins en oxygène automatique s'exerce: d'abord par une augmentation de la fréquence jusqu'à 25 cycles/minute,

par commande

.

. puis dans un deuxième temps, par une augmentation thoraciques.
Pendant le sommeil, le volume 0,300 litre par cycle respiratoire re pas.

de l'amplitude

des mouvements

de l'air courant diminue de 15% environ alors qu'il était de 0,350 litre à l'état

pour atteindre de veille et au

En même temps, pendant le sommeil lent de la période d'endormissement, le rythme de la respiration diminue progressi vement pendant deux minutes puis revient à son ni veau initial. La même séquence est répétée plusieurs fois. Pendant cette période, il peut y avoir de très brèves apnées durant à peine quelques secondes. (Cf. Ch.7.3 Insomnie et troubles du sommeil page 227) A une phase de sommeil lent, succède une phase de sommeil paradoxal. Ce sommeil est marqué par des mouvements oculaires rapides et une respiration irrégulière, liée fort probablement au contenu onirique qui caractérise cette période. Ronflement Le ronflement est dû au flottement du voile du palais et de la luette qui vibrent au moment de l'expiration. Le ronflement est lié à la perte presque complète du tonus des muscles de la région pharyngienne pendant le sommeil. Il existe de nombreuses méthodes pl us ou moins efficaces pour empêcher le ronflement. Le procédé le plus simple consiste à dormir couché sur le ventre, toutefois il ne faut pas négliger les petits appareils, gadgets parfois très efficaces tels une canule, un dilatateur de narine que l'on peut se procurer facilement en pharmacie.

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