N'écoutez pas votre cerveau !

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Comment rester sain dans un monde malade ? Qelles portes ouvrir pour survivre dans la tourmente ? Gérer nos existences lorsque l’environnement professionnel devient toxique et trop omniprésent ?
C’est en tant que témoin du malaise et de la brutalité montante du monde professionnel, alertée par la corrélation entre la santé d’un individu et ce qu’il vit dans son travail et dans sa vie affective, que l'auteur a eu envie d’écrire ce livre. La société de consommation a changé la donne, rendant nos comportements de survie pervers et démultipliant leurs effets nocifs par la puissance de ses moyens technologiques et par la mondialisation.  Pour changer cet état de fait, ne plus être l'otage du système et réorienter nos actions,  il nous faut prendre conscience du  fonctionnement de notre cerveau et de nos émotions.  
L ’ouvrage offre des propositions pratiques, “sorties de secours” immédiatement opérationnelles mais il apporte aussi plus que cela : le sursaut salvateur qui fait reprendre les commandes de sa vie et des clés d’action pour agir juste et retrouver le plaisir d'être et d'agir.

 

Publié le : mercredi 9 juin 2010
Lecture(s) : 26
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782729611248
Nombre de pages : 264
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UN ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL PATHOGÈNE
Notre époque aime le bruit et l’agitationfuit l’assise. Elle silencieuse et le dialogue intérieur.
COURIR, TOUJOURS COURIR Silence et consommation ne font pas bon ménage.Les fuites en avant dans la compétition, la compulsion de consommation ambiante, l’affolement comportemental pour être le meilleur, le plus beau, le plus riche, le premier, le plus intéressant, le plus désintéressé, enfin bref le « toujours plus » décliné à l’infini, tout cela n’incite guère à s’offrir des temps de face à face avec soimême. Pour qui veut échapper au tourbillon social, à ses pressions et à l’aliénation inévitable qui s’en suit, et pour celui qui préfère vivre sa vie en être éveillé plutôt qu’en passant autiste, épuisé ou égaré, des temps d’arrêt et de questionnements sont indispensables. « C’est tellement important ce que nous venons de vivre, cette occasion enfin de s’arrêter et de prendre du recul… », me disent tant de médecins ou de managers, après s’être donné la permission institutionnelle, lors de séminaires ou de séances de coaching, de s’arrêter un moment, et de se poser des questions profondes ou légères jusqu’à ce que les bonnes arrivent, celles qui concernent chacun individuellement. Seulement voilà, faire du zapping de temps en temps ne suffit pas. J’ai animé de nombreux séminaires de gestion du temps en entreprise, et depuis longtemps déjà je ne veux plus passer par ces approches uniquement formelles qui offrent des outils en lieu et place de démarches de fond. Si à la sortie, chacun a le sentiment
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d’avoir la bonne méthodologie pour mieux gérer son temps, c’est pour continuer de manière encore plus gravement efficace sa course en avant. Le temps récupéré n’est pas vraiment investi pour gagner en harmonie et en sérénité, ou pour réfléchir au sens de sa vie et adopter les meilleures stratégies à honorer. Il est employé à charger encore plus ce qui est « corvéable à merci », c’estàdire soi et ses collaborateurs, rendant ainsi, grâce à l’obsession d’efficacité, l’environnement professionnel et personnel encore plus lourd. Beaucoup d’entre nous aspirent à plus d’équilibre, et peu y arrivent. La culture ambiante est prégnante. Ne pas être « à la merci » du système, du regard de l’autre, de l’agitation, des nombreuses pressions extérieures et de ses propres compulsions de pouvoir et de possessions, requiert un engagement farouche renouvelé à chaque instant.
UN AIR VICIÉ La sécurité matérielle, loin de nous alléger, nous est banalenglue. Il de rappeler combien l’environnement professionnel de chacun se duraux résultcit. Course zappeurs, concurrats, clients ence interna tionale, intrigues professionnelles, rachats intempestifs, crise plané taire mondiale entraînant tant de naufrages et de scandales financiers à répétition… le présent et les perspectives sont plutôt sombres. L’espérance de vie grandissante de nos pays occidentaux n’est guère accompagnée d’allégresse et de sérénité. Jamais les grands laboratoires pharmaceutiques internationaux n’ont eu des marchés aussi porteurs. Avec une population vieillissante, une nourriture souvent malsaine orchestrée par nos lobbies industriels en lien avec la grande distribution,un environnement pollué chimiquement,des citoyens stressés, malmenés, inquiets… la consommation médicale est en pleine expansion. Prothèses et pilules chimiques sont nos compagnons de route d’Occidentaux nantis, nantis pour combien de temps encore ? Par mon métier, je partage la vie professionnelle de beaucoup de gens différents. Pour une grande majorité, à des degrés variables certes, le bon stress cède la place au mauvais, au point de ne plus imaginer qu’il pourrait en être autrement. Je n’ai pas constaté que beaucoup y échappent, tant en milieu médical qu’en entreprise. Cet
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état de faits est d’autant plus triste que les femmes et les hommes de nos sociétés sont entraînés dans une course en avant où le sens et les valeurs sont trop souvent absents, ce qui ne permet pas de se rattraper à grandchose. S’il existe des îlots professionnels de bien être et de sens, de surcroîts financièrement efficaces pour exister sur le long terme, ces réussites sont généralement liées à la qualité humaine de ceux qui sont en place. Mais il suffit qu’un responsable stratégique et éclairé s’en aille, ou qu’un actionnaire éternue un peu fort, pour que trop souvent tout soit remis en cause.
UN APPÉTIT INSATIABLE
Au sein de cet univers contaminé par le « toujours plus », la majorité des acteurs,loin d’atténuer ce dysfonctionnement,l’aide au contraire à s’inscrire dans la durée en le servant fébrilement. Par principe les résultats de nos grands groupes industriels ne sont jamais suffisants, sauf lorsqu’il s’agit de communiquer dans les médias pour faire monter les actions en Bourse, ou lors de grandmesses internes quand l’objectif est de remotiver artificiellement les « troupes » qui risquent de s’épuiser. On le serait à moins… Pourquoi beaucoup de nos grandes entreprises se donnent tant de mal pour inviter royalement et régulièrement leurs cadres dirigeants dans des endroits dépaysants comme Ouarzazate ou l’île Maurice, dépensant alors des sommes d’argent plus que conséquentes, quand le reste du temps les budgets de fonctionnement sont regardés à la loupe… si ce n’est pour regonfler le moral de chacun et donner l’illusion par une aventure chaleureuse et collective de quelques jours qu’il fait toujours bon vivre là professionnellement ? En échange, pas question d’avoir au retour des états d’âme sur les nouveaux objectifs à atteindre, naturellement plus performants que les précédents en terme de chiffre d’affaires ou d’augmentation de parts de marché. L’ère des dinosaures industriels a sonné. Ils envahissent la planète. Mais contrairement aux dinosaures qui ont disparu en laissant la place à d’autres espèces animales, ceuxci risquent de tout anéantir et de ne rien laisser derrière eux. La mondialisation est redoutable en ce qu’elle multiplie quasi exponentiellement les conséquences néfastes de nos dysfonctionnements. © InterEditions. La photocopie non autorisée est un délit.
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LES GRANDS PRÉDATEURS Il n’est pas simple de sauter d’un train en marche, surtout lorsqu’il est le résultat d’une technologie de pointe qui permet d’aller où l’on veut, à toute vitesse, et que l’on se croit apparemment protégé malgré le bruit et les chaos. Beaucoup de nos grandes entreprises ressemblent à ces trains prodigieusement puissants et efficaces, qui roulent de plus en plus vite vers leurs destinations strictement financières. Prenons le cas assez caricatural du groupe Monsanto, et choisissons l’exemple de certaines de ses semences transgéniques, dont une des caractéristiques est de donner des récoltes rapides et particulièrement abondantes, mais dont l’autre est de ne pas pouvoir se reproduire, contrairement à ce qu’offre la nature. En arrivant dans un nouveau pays, la stratégie du groupe est d’offrir les graines, histoire de réussir à s’implanter facilement et rapidement dans un contexte local de grande pauvreté. La perspective d’une récolte décuplée par rapport aux autres est alléchante. Les locaux acceptent. Ceux qui sont en bas de l’échelle sociale n’ont pas le choix de refuser, car ils ont faim, et tout est bon à prendre. Et les autres cèdent devant les retombées d’argent facile. Mais l’année suivante, la majorité des petits paysans n’ont pas de quoi acheter les semences, leurs anciennes cultures ont disparu, et la famine à plus grande échelle refait son apparition auprès des plus démunis. Parmi tant d’autres, Monsanto est le symbole parfait de l’entreprise Gagnante, « Numéro Un Mondial » qui fait de cet objectif sa référence suprême. Hormis elle, point de salut. Pour alimenter la croissance, tous les coups sont permis, comme si l’on était dans un jeu virtuel où ceux tombés sur les bascôtés, les pauvres, les malades et les morts, pouvaient se relever pour la partie suivante. Une majorité de nos groupes industsecriels, tous teurs confon dus, jouent ensemble au poker et, à tour de rôle, cèdent les cartes qui ne font pas partie des bonnes pioches, comme les secteurs d’activité dont régulrement on se débarr« capiasse. Le tal humain » dans cette histoire ne fait pas partie des préoccupations, trop souvent il ne sert que de pion pour la partie suivante, si toutefois il y est convié.
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Nos grands groupes industriels mènent le monde. Aucune nation, aucun peuple, aucune tribu ne peut prétendre aujourd’hui échapper à la présence inopinée ou aux influences du prédateur d’à côté ou d’en face. Le soidisant progrès a ouvert les portes à tous les dangers. La grande différence avec ce qui a toujours été vient de la mondialisation. Aujourd’hui c’est la planète entière qui vibre au son du même diapason, celui de l’acharnement à posséder toujours et toujours plus, et à envahir sans cesse concrètement, virtuellement ou symboliqueQui tuerament le territoire des autres. l’autre ? Qui le mettra sous sa coupe ? Et qui n’en aura rien à faire ? Nous en sommes toujours là. L’inversion dramatique des résultats entre l’amélioration de la productivité et la lutte contre la grande pauvreté dans le monde est entre autre insupportable. En même 1 temps que la FAO prévoyait pour 2009 un record de production de céréales de 2 200 millions de tonnes, en hausse de 3,5 % par rapport à 2008, elle indiquait une augmentation de 100 millions d’êtres humains affamés.
UN COMPORTEMENT DE SAUVEQUIPEUT Dans ce contexte, chacun mène sa barque à sa manière mais, pour ne citer que la France, si l’on regarde le nombre de petites pilules d’antidépresseurs demandées et prescrites, il semblerait que ce soit plutôt mal que bien. Pour ne pas vivre en porte à faux au sein du monde de l’entreprise, pour ne citer que celuilà, la majorité des acteurs acceptent de n’être concernés que par des objectifs strictement économiques. Certains choisissent la soumission active. Obéir, se protéger personnellement, être politiquement correct et surtout ne pas faire de vagues. D’autres sont là sans être là, faisant acte de présence tout en ne s’impliquant surtout pas. Toutefois il leur est difficile d’échapper indéfiniment à l’environnement dans lequel ils sont immergés sans se faire rattraper. Et à certains moments, pour éviter les effets pervers et néfastes de règles du jeu par trop absurdes voir dévastatrices, la rébellion est envisagée comme une option
1. FAO, Food and Agriculture Organization des Nations Unies. © InterEditions. La photocopie non autorisée est un délit.
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salvatrice. Mais la sanction ne se fait pas attendre car le manager en place, « audessus », inquiet et bousculé par une telle attitude, utilise son pouvoir pour faire avorter brutalement l’essai, quand il serait pourtant plus pertinent de chercher à comprendre l’origine d’un tel comportement en vue d’une remise en cause constructive. Alors « à force »…l’énergie utilisée à courir comme un fou ou à tenter de calmer artificiellement le jeu n’est plus disponible pour jouir « normalement » et harmonieusement de la vie. En guise de réponse, c’est le corps qui s’exprime et se révolte, las d’avoir envoyé des signaux que son propriétaire,trop appliqué à obéir à son époque, n’aura pas entendus. Il somatisera plus ou moins gravement selon l’individu concerné.
L’OBSESSION DU MANQUE Aux origines de sa vie, l’homme ne trouvait pas facilement sa nourriture, aussi une programmation interne basée sur la gestion du manque s’est progressivement mise en place.Toujours omniprésente, elle a sur nos comportements beaucoup d’influence, car nous n’avons rien encore dans notre patrimoine génétique pour nous aider à gérer l’abondance. Si trop de nourriture se présente à nous, joliment présentée, avec un goût qui nous plaît, nous n’aurons aucune barrière naturelle pour ne pas la prendre. Nous avons perdu notre instinct ou, plus exactement, celui qui nous protégeait dans un contexte de ressources rares n’a plus lieu d’être dans nos pays de nantis. Saturés de nourritures et d’objets, nous nous enlisons dans « d’éternelles » compulsions de consommations. Notre espèce n’a pas su évoluer au rythme des transformations qu’elle a induites sur son environnement, et ce qui nous sauvait jadis se retourne contre nous. À cela se rajoute une dépendance perverse au sucre. Pour l’équilibre de notre métabolisme, les aliments sucrés sont indispensables. Depuis l’origine des temps, le sucre à l’état brut existait peu dans la nature, et hommes et mammifères étaient ici en perpétuel
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manque. Aussi la sélection naturelle a fait son œuvre et nous a génétiquement programmés à le rechercher frénétiquement au point de tomber en addiction dès qu’il y en a dans l’environnement, histoire de faire des réserves.Alors, si l’on commence à donner des sucreries à un petit enfant, il en voudra de plus en plus, obéissant à un conditionnement animal au pouvoir prioritaire. Et dans nos sociétés industrielles, du sucre, il y en a partout, à commencer par le pain quotidien… Cette absence interne individuelle de gestion de l’abondance arrange bien nos industriels et nos commerçants, car nos marchés sont basés sur la croissance et, tel un organisme vivant, nos sociétés occidentales ne sont pas capables de changer de programmation. Pour ne surtout pas risquer de prendre conscience de l’obsolescence de cette façon de fonctionner, et ne pas entendre le langage de nos corps qui souffrent ou s’épaississent régulièrement, nous sommes sollicités à tout instant pour consommer. De nouveaux produits inondent sans cesse le marché, tous plus sophistiqués les uns que les autres,afin que le consommateur n’ait pas le temps de se lasser, car l’abondance déclenche un comportement de zappeur et la courbe des ventes pourrait dangereusement s’en ressentir. Il faut surtout continuer à solliciter ces schèmes de comportement, c’est tellement pratique pour atteindre les objectifs quantitatifs. L’addiction à l’argent semble encore plus forte que celle au sucre. Peu y échappent, la contagion est universelle. Et les vieux schèmes comportementaux continuent de tourner sur eux mêmes. Avec la complicité de leurs ouailles encore incapables de se « contenir », les États cherchent toujours à augmenter leur PNB, ne réussissant pas échapper à l’absurde fatalité des relances à la consommation. « Ce n’est pas en continuant à refaire plus de la même chose qu’ils réussiront à changer quoi que ce soit » nous disait Einstein. Comme il serait bon de s’en souvenir. Et Sénèque nous prévenait. « Nul vent n’est favorable à celui qui ne sait où il va ». Notre monde économique confond les moyens et les buts, ce qui lui permet de se tromper éternellement de direction. L’argent n’est qu’un moyen, et il est érigé en unique but. © InterEditions. La photocopie non autorisée est un délit.
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