Post-op.

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Post-op. est une page de vie qui nous plonge, avec ironie et compassion, dans l'univers singulier de l'hôpital. Le héros, ancien militant maoïste devenu respectable gynécologue, doit subir une banale opération. Celle-ci se passe dans la clinique dont il a été pour un temps le Médecin-Chef. L'intervention est suivie d'une complication grave. Entre la vie et la mort, ce médecin découvrira l'autre côté du décor : la maladie, les soins, la déchéance du corps. De son lit d'hôpital, il assistera impuissant, et par télévision interposée, aux événements du CPE. Ceux-ci ravivent la nostalgie d'une jeunesse contestataire et alimentent un journal intime qu'il entretient depuis 68 , sous la détresse, couve encore la révolte.
Publié le : samedi 6 septembre 2008
Lecture(s) : 276
EAN13 : 9782748199208
Nombre de pages : 143
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Alain Paul Aimable B.
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Nouvelles
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2008 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9920-0 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748199208 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9921-9 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748199215 (livre numérique)
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À mon ami Guy,qui faillit m’enlever la vie par malchance,mais qui me la rendit avec maîtrise et maes-tro.À tous les malades du monde entier,pour qu’ils sachent que malgré les apparen-ces,parfois trompeuses,la médecine passe plus de temps à nous gar-der la vie qu’à nous l’enlever…
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POST-OP.JOUR ZÉRO
Le Docteur Antoine Grandsir avait enfin dé-cidé de se faire opérer d’une cure de hernie in-guinale qui le gênait depuis quelques temps. Ce n’était pas grand-chose ; une petite voussure molle, à droite, qui bombait la peau et faisait s’incliner les poils pubiens. Une sorte d’œuf de pigeon qui, quand on appuyait dessus, se vidait d’un contenu flasque, lequel contenu s’en re-tournait d’où il venait, au sein du ventre. On ne pouvait parler de douleur. Incommodité était un terme plus juste ; incommodité qui se rappe-lait à lui quotidiennement lors de divers mou-vements – dont le simple fait de se mettre de-bout. L’intervention avait donc été fixée il y a deux semaines. Avant, il y avait eu la routine de ce qu’il est convenu d’appeler les examens préopé-ratoires. Ceux-ci n’avaient révélé que ce à quoi on s’attendait chez un homme de cinquante-six ans en parfaite santé. Jugez du peu : 68 kg pour 1 m76, de beaux restes d’un corps de sportif, un
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électrocardiogramme de rêve, des examens san-guins sans perturbations affichant un arrogant cholestérol à 155 ; bref, un pur bonheur pour un anesthésiste. L’anesthésiste, c’était une petite femme, noi-raude de cheveux, aux yeux d’azur transperçant, au nez tranchant, à la peau olivâtre ; elle évo-quait une beauté quelque peu mythique comme on imagine que le fût la fidèle Pénélope. Grand-sir la connaissait bien de part ses activités pro-fessionnelles, la croisant régulièrement au bloc opératoire ou en salle d’accouchement. Ils avaient fait le point sur la future intervention : tout devait rouler sur des roulettes. Elle l’avait juste averti que la technique utilisée par le chi-rurgien – celle de la laparoscopie – s’accompa-gnait dans les premiers jours postopératoires d’une résorption, par les chairs environnantes, du gaz insufflé dans le ventre. Cette résorption ne devait pas être douloureuse, en principe, mais était de nature à faire gonfler anormale-ment les testicules. Ce détail avait fait sourire Grandsir. Quant au chirurgien qui devait l’opérer, An-toine Grandsir avait choisi un ami dont il avait, à plusieurs reprises, apprécié les qualités aux cours d’interventions communes de grande complexité. L’homme était fait d’une masse tout en aplomb, un peu lourdaud, au cou épais,
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