Recâblez votre cerveau !

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Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains de vos tracas quotidiens reviennent de manière récurrente ?
C’est parce que nous autres, humains, utilisons beaucoup de notre temps à produire et reproduire des comportements qui sont mauvais pour nous. Nous choisissons toujours le même type de partenaire amoureux… qui s’avère désastreux, entamons un xième régime tout en continuant de grignoter, arrivons en retard au RV d’embauche qui changerait notre vie et développons toute une gamme de mauvaises habitudes dont nous avons bien du mal à nous défaire.
Dans Recâblez votre cerveau ! le docteur O’Connor révèle pourquoi nos mauvaises habitudes ont la vie dure. C’est parce que nous avons deux cerveaux qui travaillent séparément :
•  l’un travaille de façon réfléchie, consciente et volontaire,
•  l’autre fonctionne de manière automatique et prend des décisions en dehors de notre attention.

S’appuyant sur les dernières recherches en matière de psychologie et en neurobiologie, ce livre propose d’enrayer vos mécanismes intérieurs d’auto-sabotage et de vous débarrasser efficacement et durablement des comportements toxiques du quotidien, tels que :
la procrastination • le grignotage • la désorganisation chronique • le maintien stérile dans de mauvaises situations • l’inquiétude déraisonnable • la prise de risque excessive • L’agression passive (personnalités passives-agressives) • les addictions, etc.

Arrêtez de fonctionner à « l’insu de votre plein gré » !

À l’aide de nombreux exercices et études de cas, le Dr O’Connor vous donne une feuille de route pour surmonter toutes vos habitudes autodestructrices en recâblant votre cerveau : c’est-à-dire en établissant de nouveaux circuits de réflexion et de décision plus sains et plus sages permettant de :
• résister à la tentation,
• ignorer les distractions,
• vous voir et voir le monde plus clairement,
• bloquer vos mauvais réflexes.

Une fois libéré de ses mauvaises connexions, grâce notamment à la prise de conscience, la compassion et l’auto-discipline, votre esprit conscient est capable de nouvelles habiletés, parmi lesquels : la pleine conscience, la maîtrise de soi, la confrontation à la peur, l’oubli de la culpabilité.

Un livre qui offre une meilleure connaissance du cerveau et du psychisme, et un nouveau paradigme fondé sur la science pour en finir avec nos petits et grands auto-sabotages.
 

A propos de l'auteur
Le docteur Richard O’Connor est psychothérapeute depuis plus de 30 ans. Il a dirigé durant de nombreuses années une clinique de santé mentale. Il exerce aujourd’hui à New York et dans le Connecticut

Un livre publié par Ixelles éditions
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Contactez-nous à l'adresse contact@ixelles-editions.com

Publié le : mercredi 13 mai 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782875155290
Nombre de pages : 320
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Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Ur Richard O’Connor
Recâblez votre cerveau ! Et libérez-vous de vos mauvaises habitudes
Épître de saint Paul aux Romains : Le bien que je veux, je ne le fais pas ; mais le mal que je hais,je le fais.
n ouvrage réalisé sous la direction de Sophie Descours Traduction : Christophe Billon Titre original :Rewire
© 2014 Richard O’Connor © 2015 Ixelles ublishing SA pour l’édition française Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Couverture : O. Frenot ISBN eub : 978-2-87515-529-0 ISBN 978-2-87515-258-9 D/2015/11.948/258 Dépôt légal : 2e trimestre 2015
E-mail :contact@ixelles-editions.com Site Internet :www.ixelles-editions.com Ixelles éditions est une division d’Ixelles ublishing
Avant-propos
Psychothérapeute de formation, j’exerce depuis plus de trente ans et suis fier d’avoir écrit plusieurs ouvrages. J’ai accumulé de nombreuses connaissances sur les théories de l’esprit et de la psychopathologie, ainsi que sur les techniques de psychothérapie. Mais, en me penchant sur ma carrière, je me suis rendu compte du caractère limité de ces approches. Nombre de personnes décident de suivre une thérapie parce qu’elles se mettent des bâtons dans les roues – elles sont incapables d’obtenir ce qu’elles veulent, se sabordent, ne perçoivent pas les obstacles qu’elles ont dressés à l’encontre des rapports d’intimité, du succès et du bonheur. Il nous incombe de ne pas ménager nos efforts thérapeutiques pour découvrir leur mode de fonctionnement et de fournir un travail encore plus important pour les aider à apprendre à se comporter différemment. Et cela s’applique bien sûr également à moi-même – comme ces mauvaises habitudes dont j’étais certain de m’être débarrassé. À notre grande déception, nous restons obstinément les mêmes. Le comportement autodestructeur est un problème humain universel qui a peu attiré l’attention des professionnels. Peu d’ouvrages traitent de ce sujet. Pourquoi ? Probablement parce que la plupart des théories affirment que les actes autodestructeurs sont toujours le symptôme d’un problème sous-jacent, comme l’addiction, la dépression ou un trouble de la personnalité. Mais, pour de nombreux individus, un diagnostic standard ne saurait convenir et ils ne semblent pas pouvoir se sortir de leur situation. Trop souvent, notre comportement prend forme et se transforme en un véritable puits dont il nous est impossible de nous extirper, même si nous avons conscience qu’il nous rend malheureux. Puis il existe des tendances autodestructrices que nous ne percevons pas, mais qui nous portent préjudice. En psychothérapie, le travail porte très souvent sur ces problèmes. Résultat, nous avons en nous des forces puissantes qui résistent au changement, même s’il est évident que ce dernier nous serait bénéfique. Les mauvaises habitudes ont la vie dure. C’est comme si nous étions dotés de deux cerveaux, l’un voulant ce qu’il y a de mieux pour nous et l’autre se braquant désespérément – souvent de manière inconsciente –, de façon à favoriser lestatu quo. Les nouvelles données sur le fonctionnement du cerveau nous aident à comprendre ce moi divisé, à nous orienter et à espérer pouvoir faire plus pour surmonter nos peurs et résistances. Les psychothérapeutes peuvent aider énormément de personnes, mais nous avons encore bien trop de clients mécontents qui ressortent de notre cabinet sans avoir trouvé ce qu’ils cherchaient. Ce livre s’adresse à ces déçus, à ceux qui n’attendent aucune aide, qui ont le sentiment d’être condamnés à continuer d’agir contre leur propre intérêt et à ceux qui n’ont jamais songé à la thérapie, mais sont conscients qu’ils peuvent parfois être leur pire ennemi – ce qui concerne presque tout le monde.Il existe de très nombreux motifs d’espoir aujourd’hui, dans plein de domaines de la psychologie et de la science du cerveau, qui vous orienteront et vous permettront ainsi de découvrir comment vaincre les habitudes autodestructrices si pénibles.
Addiction à l’Internet
Hyperphagie
Isolement social
Jeu
Mensonges évidents
Schémas comportementaux autodestructeurs
Absence d’exercice physique
Esprit de sacrifice
Procrastination
Négliger sa santé
Toxicomanie
Toujours en retard
Manque d’égards
Richard O’Connor
Mauvaises habitudes de sommeil
Manque d’attention
Surmenage
Gestes suicidaires
Anorexie/boulimie
Incapacité à s’exprimer
Addictions aux jeux vidéo et au sport
Vol et kleptomanie
Incapacité à se fixer des priorités – trop de choses à gérer
Être attiré par de mauvaises personnes
Éviter les occasions d’exprimer ses talents
Rester dans des situations fâcheuses — emplois, relations
Comportement antisocial
Agressivité passive
Ne pas savoir gérer son argent ; dettes en augmentation et absence d’épargne
Automédication
Cruel, maladroit, égoïste
Automutilation
Désorganisation chronique
Fierté ridicule
Éviter l’exposition
Perfectionnisme
Incapacité à se mettre à chercher un emploi
Flagornerie, manipulation pour gagner l’affection
Mettre la barre trop haut (pour soi-même ou les autres)
Fraude, escroquerie, détournement de fonds
Incapacité à se détendre
Tabagisme
Refus de demander de l’aide
Souffrance silencieuse
Addiction à la mode
Libertinage ; rapports sexuels occasionnels sans suivi
Mener des combats désespérés contre l’autorité
Trop de télévision
Comportement manquant d’assurance
Prise de risque excessive
Suicide
Shopping en état de déprime
Addiction aux jeux sur ordinateur
Dans le besoin et dépendant d’autrui
Inquiétude obsessionnelle
Addiction sexuelle
Jouer au martyr
Amour du défi
Conduite dangereuse
Vol à l’étalage
Dégradation sexuelle
Gâcher les choses quand tout va bien
S’entêter au-delà du raisonnable
Accumulation pathologique
1 Deux cerveaux qui ne fonctionnent pas ensemble
La plupart d’entre nous répètent trop souvent les mêmes erreurs, empêtrés que nous sommes dans nos mauvaises habitudes, et peu de personnes comprennent pourquoi. Procrastination, manque d’assurance, désorganisation, tabagisme, surmenage, mauvaises habitudes de sommeil, shopping en état de déprime, addiction à l’Internet, et jusqu’à la toxicomanie et l’automutilation. Généralement, nous savons ce que nous nous infligeons et nous continuons de promettre de changer les choses. Et nous faisons des tentatives, suffisamment fréquentes, mais il est difficile de nous passer de ces mauvaises habitudes. À chaque échec, nous sommes un peu plus désespérés et plus critiques envers nous-mêmes. Ces habitudes autodestructrices sont la plus grande source de malheur inutile dans nos vies. Inconscientes ou délibérées, elles vont de l’absence d’hygiène dentaire au suicide, en passant par la passivité et l’hyperphagie. Les mauvaises habitudes telles que tout remettre au lendemain, trop manger ou ne pas faire suffisamment d’exercice physique semblent simplement faire partie de l’être humain. Si ces habitudes ne vont pas trop loin, elles ne nous feront pas trop de mal, mais peuvent engendrer un sentiment de culpabilité et saper l’estime de soi. La culpabilité est utile si elle nous amène à changer de comportement, mais cela se produit trop peu souvent et nous nous retrouvons alors avec un fardeau inutile à porter. D’autres mauvaises habitudes peuvent influer sur votre travail et votre vie sociale – éviter l’exposition, manquer d’assurance, remettre les choses au lendemain, rester prisonnier d’un emploi ou d’une relation insatisfaisante. Vous pouvez également avoir un comportement qui vous fait véritablement du mal – trop boire, vous droguer, vous mutiler, tenter des choses dangereuses, vous battre, développer un trouble de l’alimentation. Vous avez probablement essayé d’arrêter à de nombreuses reprises, en pensant que ce serait très facile. Vous savez pertinemment quelle voie salutaire emprunter, mais vous continuez de suivre le mauvais cap. Pourquoi diable ne parvenez-vous pas à stopper tout ça ? Comme si cette incapacité à agir correctement quand cela coule de source n’était pas suffisamment nuisible, il existe également de nombreuses habitudes autodestructrices dont nous n’avons même pas conscience : être imprudent au volant, manquer d’égards, ne pas écouter, négliger sa santé. Un grand nombre de ces comportements autodestructeurs s’expriment dans nos relations amoureuses. Quand je vois certains couples, une frayeur monte en moi car une des deux personnes emploie précisément les mots qui vont à coup sûr déclencher l’explosion de son partenaire. Ce ne sont pas des mots destinés à exprimer la colère, mais à comprendre la situation, alors qu’ils trahissent précisément une incompréhension totale. Ce qui met l’un en colère, c’est précisément de constater que l’autre n’a toujours pas compris. À l’instar de ces conjoints malheureux, nous suivons souvent des scénarios inconscients qui nous poussent à dire ou à faire ce qu’il ne faut pas. Et nous ne saisissons pas pourquoi nous sommes dans l’erreur. Parmi les autres personnes qui font parfois dans l’autodestruction sans s’en rendre compte figurent celles qui abusent des médicaments, celles qui manquent d’égards envers autrui, celles qui ont trop l’esprit de sacrifice, celles enfermées dans une relation amoureuse néfaste et celles qui sont simplement incapables d’apprendre à gérer leur argent. Parfois également, nous percevons l’existence d’un problème, tout en ne nous rendant pas compte que nous l’entretenons. Nous savons simplement que nous n’avons pas d’amis intimes ou que nous avons des ennuis au travail. Bien que d’autres causes puissent exister, la plupart des comportements autodestructeurs sont le résultat d’une communication insatisfaisante entre nos deux esprits. Ils nous dispensent des conseils contradictoires, généralement sans que nous en ayons conscience, et nous choisissons souvent sans réfléchir. En deux mots, c’est comme si nous avions un moi conscient et réfléchi et un moi automatique qui s’occupe de nous faire vivre sans sans que nous lui prêtions attention. Notre moi conscient peut assurément commettre des erreurs, mais c’est généralement notre moi automatique qui est la source de nos ennuis. Il est guidé par des motifs et préjugés dont nous n’avons pas conscience, nos cadres de référence désynchronisés avec la réalité, de vieilles habitudes de fonctionnement et des sentiments que nous essayons de rejeter. Le moi automatique dirige la plupart de nos comportements, surtout les actes spontanés. Le moi conscient est à la baguette lorsque nous prenons le temps de
réfléchir à nos choix, mais il ne peut se concentrer que sur une chose à la fois. Pendant ce temps, nous prenons d’autres décisions, aussi bien pour le meilleur que pour le pire. Le moi automatique nous fait avaler rapidement la pilule pendant que le moi conscient est distrait. Le cerveau conscient est chargé de vérifier les faits et de corriger nos réactions automatiques lorsque celles-ci débouchent sur des issues mauvaises, mais il contrôle en fait beaucoup moins nos actes que nous voulons bien le croire. Pour surmonter nos comportements autodestructeurs, l’essentiel n’est pas tant de renforcer le moi conscient afin de pouvoir mieux nous « contrôler », même si cela aide parfois, que d’entraîner notre moi automatique à faire des choses comme prendre inconsciemment des décisions plus pertinentes, ignorer les sources de distraction, résister aux tentations, avoir une vision plus claire de nous-mêmes et du monde et interrompre nos réactions réflexes avant qu’elles nous mettent dans le pétrin. Pendant ce temps-là, le moi conscient a du mal à mieux nous cerner, à affronter des aspects de notre moi que nous ferions mieux de garder enfouis, à développer notre connaissance du monde et à apprendre à nous percevoir avec compassion tout en nous livrant à l’autodiscipline. Ainsi, la plupart du temps, quand vous faites quelque chose que vous regrettez, votre moi automatique est aux commandes, sans qu’aucune partie de votre cerveau n’envisage les conséquences de vos actes. Parfois, le moi automatique est motivé par le désir de protéger un pan de l’esprit demeurant inconscient, tandis qu’à d’autres moments il est simplement un peu stupide, paresseux ou distrait. Mais, comme vous allez pouvoir le constater, détecter nos motivations, habitudes et hypothèses inconscientes n’est pas impossible. Il faut pour cela avoir conscience de soi et employer certaines techniques qui ne nous semblent pas naturelles. Voilà donc le sujet dont traite une grande partie du présent ouvrage. Cela peut sembler beaucoup demander à une époque où tout se règle rapidement, où des cachets sont censés nous guérir instantanément. Mais si vous avez déjà lutté contre ces comportements pendant un certain temps (et qui ne l’a pas déjà fait, entre nous ?), vous savez pertinemment qu’il n’existe pas de remède miracle. Nous semblons être perpétuellement freinés par nos mauvaises habitudes, comme si nous étions pris au piège d’un rayon tracteur. Je vous demande donc encore un peu de patience, le temps que nous abordions les façons de plonger au cœur de vos comportements destructeurs et d’apprendre à contrôler les forces cachées qui semblent nous pousser à faire des choses contre notre volonté. Cela implique parfois de faire face à des vérités sur nous-mêmes difficiles à entendre, mais nous pouvons ensuite nous ouvrir à une vie heureuse, productive et bien plus réussie. Échapper aux comportements autodestructeurs est donc un défi de tailler à relever. Mais des découvertes scientifiques d’envergure sont source d’optimisme – l’idée de plasticité du cerveau (variable), le fait d’admettre que notre cerveau change et grossit physiquement en fonction des expériences vécues1. Il s’y forme en permanence de nouvelles cellules dans le cerveau, ainsi que de nouveaux réseaux, entre cellules, qui continuent de se développer lorsque nous apprenons des choses. Les neuroscientifiques savent désormais que les mauvaises habitudes ont une existence physique dans la structure de notre cerveau, devenant les circuits par défaut lorsque nous sommes face à une tentation. La dépression grille les récepteurs de la joie, l’anxiété déclenche facilement des réactions. Mais, désormais, nous savons également que nous sommes capables de recâbler le cerveau afin de disposer de circuits plus sains. Les scientifiques l’ont constaté grâce aux appareils d’imagerie de dernière génération. Les personnes tourmentées par des obsessions peuvent voir l’évolution de leur cerveau lorsqu’elles apprennent à maîtriser leurs mécanismes de pensée. Il devient plus facile de prendre de bonnes habitudes, les récepteurs de la joie se régénèrent et l’anxiété lâche prise. Il faut de la constance et de la pratique, mais c’est tout à fait à votre portée. Les gens pensent manquer de volonté, toutefois la volonté n’est pas une chose que l’on a ou pas, comme les yeux bleus. C’est une capacité, une technique, comme le tennis ou la dactylo. Vous devez exercer votre système nerveux comme vous travaillez votre musculature et exercez vos réflexes. Allez à la salle de sport psychique – mais avec la certitude qu’à chaque fois que vous adoptez un comportement différent, vous facilitez sa prochaine mise en pratique.
La raison pour laquelle nous faisons des choses qui nous sont néfastes reste l’un des plus grands mystères de l’esprit humain. Cela semble tellement contradictoire. La plupart de nos actes ont pour motivation des choses qui nous procurent du plaisir, de la fierté, de l’amour, un
sentiment de maîtrise. On appelle cela leprincipe de plaisir, qui explique de nombreux comportements humains. Pourquoi, dans ces conditions, faisons-nous parfois des choses dont nous savons qu’elles vont générer un sentiment de mal-être ou s’opposer à ce que nous désirons ? La réponse historique est le Diable, le péché originel, une malédiction, un sort, un diablotin ou une autre source de mal intervenant dans notre vie. À notre époque, sans ces croyances, il est impossible d’expliquer ce comportement. Freud a dû inventer lapulsion de mortthanatos–, force primitive que nous avons en nous et qui nous conduit à la destruction. Cette idée a généralement été abandonnée faute de preuve. Le concept de moifantôme développé par Jung – à savoir les parties de nous-mêmes que nous nions mais qui influent malgré tout sur nos choix –, s’avère plus utile2. Certaines choses nous procurent bien sûr du plaisir à court terme mais au détriment d’un mal-être durable : hyperphagie, jeu, boisson. Vous seriez cependant enclin à penser qu’après de multiples expériences douloureuses, nous pourrions apprendre plus facilement à changer nos habitudes. Mais il y a ce contre-courant – le fait qu’après des années de contrôle réussi du comportement autodestructeur, un phénomène se produit et nous revoilà au point de départ. Je n’irai pas jusqu’à affirmer que je détiens la clé du mystère du comportement autodestructeur, mais j’ai découvert que, la plupart du temps, il peut s’expliquer grâce à un nombre de scénarios relativement restreint que nous semblons sans cesse suivre. Ces scénarios portent en partie sur les motivations cachées à l’origine de nos tentations ou ce sont des scénarios qui, une fois démarrés, doivent être suivis jusqu’à leur fin particulièrement triste – comme une pièce de théâtre tragique dont vous regardez, horrifié, le déroulement jusqu’à sa conclusion inévitable. Les motivations, sentiments et pensées derrière ces schémas nous sont généralement inaccessibles – par conséquent inconscients –, sauf dans des moments d’introspection ou lors d’une thérapie. Mais ils ne sont pas enfouis au point de ne pas être reconnus par la personne qui lit son propre scénario. Nous pouvons très bien ne pas avoir conscience de ces schémas, alors que nos très bons amis et nos proches les voient souvent à l’œuvre, la distance gratifiant ces derniers d’une certaine objectivité. Les conventions sociales leur interdisent de nous en parler. Et, de toute façon, nous ne les écouterions probablement pas. En thérapie, ces scénarios n’émergent qu’après un examen minutieux des mécanismes de notre mal de vivre. Mais vous pouvez très bien les identifier en lisant ce livre. Dans ce cas, gardez à l’esprit que chacun est l’occasion de découvrir des éléments dissimulés nous concernant. La compréhension d’une rébellion mal placée demande de connaître le rôle des émotions dans notre vie et les raisons pour lesquelles il nous arrive de vouloir ignorer ce qu’elles nous disent. Pour surmonter la peur du succès, il nous faut apprendre à maîtriser les techniques de pleine conscience, qui nous seront très utiles dans bien d’autres domaines de notre vie. Pour vaincre ces schémas comportementaux autodestructeurs, il est nécessaire de grandement développer la compréhension de notre moi. Et ce n’est pas chose aisée. Après tout, il doit bien y avoir des forces redoutables derrière notre comportement autodestructeur, si ce dernier nous fait vraiment du mal. Si c’était une simple formalité, nous aurions arrêté de nous comporter ainsi depuis longtemps. En outre, nous tenons pour la plupart à cesser d’adopter nos comportements autodestructeurs les plus flagrants. Sinon, tout va très bien, merci. Naturellement, nous craignons les grands bouleversements et souhaitons juste de l’aide pour traiter cette mauvaise habitude infiniment modeste. Nous avons tendance à percevoir les symptômes comme quelque chose d’étranger, dont nous pourrions nous débarrasser si nous trouvions le bon médicament ou un scalpel. Nous avons énormément de mal à comprendre que ces habitudes sont profondément ancrées en nous, et c’est pourtant le cas. Elles font partie de notre caractère et sont souvent la manifestation visible de conflits intérieurs complexes ou peuvent révéler des préjugés, des suppositions et des sentiments que nous préférons ne pas admettre. Surtout, lors de leur développement, nos habitudes autodestructrices ont façonné notre caractère. Nous en sommes venus à dépendre de nos justifications. Nous nous mentons concernant les conséquences de nos actes et la façon dont nous nous faisons du mal et nous blessons les autres. Mais il n’existe aucun moyen de mettre un terme à une mauvaise habitude (sauf celle qui consiste à fumer et qui semble être de l’addiction pure) sans affronter sa signification et ses conséquences. Si vous avez déjà appris une chose qui demande de l’entraînement – la dactylo, un jeu vidéo, la conduite automobile –, vous pouvez employer les mêmes méthodes pour apprendre à vous connaître et triompher de votre comportement
néfaste et indésirable.
Les scénarios d’autodestruction comprennent : • l’influence de croyances et d’hypothèses inconscientes tout simplement erronées ou fausses dans le contexte actuel ; • des peurs inconscientes – du succès, de l’indépendance, de l’amour ; • la passivité, l’incapacité à agir et à comprendre que vous avez le pouvoir de changer ; • une rébellion habituelle contre l’autorité ; • une haine de soi inconsciente ; • une compulsion à prendre des risques, à repousser les limites, puis à voir si nous arrivons à nous en sortir ; • le désir que quelqu’un nous aime suffisamment pour nous arrêter ; • la croyance selon laquelle les règles ne s’appliquent pas à nous ; • le sentiment que nous avons fait de notre mieux et qu’il ne sert à rien de continuer d’essayer ; • une addiction.
Chaque scénario peut déboucher sur des schémas qui vont de comportements légèrement autodestructeurs, comme la procrastination ou la désorganisation, à d’autres très destructeurs, tels que l’automutilation et la toxicomanie. D’après mon expérience, la gravité des conséquences ne présente presque aucune relation avec la difficulté à faire cesser le comportement incriminé. L’autre source de confusion réside dans le fait que, pour un même comportement autodestructeur, le scénario mis en œuvre peut différer d’une personne à l’autre. Pour un comportement donné, les causes sont alors différentes. Je remets au lendemain diverses choses parce que je déteste que l’on me dise quoi faire, tandis que Joël est lui aussi un adepte de la procrastination parce qu’il se voue une haine secrète et est persuadé qu’il ne mérite pas de réussir. Jeanne remet tout au lendemain parce qu’elle a peur que la réussite lui change la vie, tandis que Clément est convaincu d’avoir un réel talent lui permettant de tout faire à la dernière minute. Ce n’est pas parce que diverses personnes suivent le même schéma qu’elles ont les mêmes motivations et qu’elles en retirent des bénéfices identiques. Pour contrôler vos mauvaises habitudes autodestructrices, il est vital que vous compreniez le scénario qui vous ensorcelle. Mais cette connaissance ne suffit pas. Vous devez acquérir de nouvelles techniques et prendre de nouvelles habitudes qui vous aideront à être celui ou celle dont vous rêvez. Ces techniques – pleine conscience, maîtrise de soi, capacité à affronter ses peurs, à se libérer de la culpabilité, etc. –, sont décrites en détail dans les chapitres à venir. Un exercice est également proposé à la fin de chaque chapitre. Il vous faudra vous exercer régulièrement, jusqu’à ce que ces techniques deviennent chez vous une seconde nature. Aucune n’est difficile, mais vous devez faire preuve de patience et de détermination pour persévérer. L’avantage, c’est que les fruits de vos efforts se manifesteront dès le départ. Mais vous devrez alors gérer cette force mystérieuse qui sabote nos efforts alors que vous êtes sur le point de triompher et que j’appellecontre-courant (undertow, en anglais). La terrible vérité, c’est que la plupart de nos efforts pour changer, même ceux dont la réussite est indéniable au départ, se solderont par un échec sous deux ans et vous renverront à la case départ3. Quelque chose semble vous ramener au point de départ. Vous suivez religieusement votre régime et perdez 20 kg, puis vous passez une sale semaine et vous êtes condamné. En quelques mois, vous reprenez tout le poids que vous vous étiez échiné à perdre, sans compter que vous disposez maintenant d’une preuve supplémentaire de votre nullité. Nous ne pouvons vaincre ce contre-courant en nous contentant d’utiliser la méthode que nous connaissons. Il est impératif de modifier la perception que nous avons de nous-mêmes et de changer certaines habitudes, dont nous ne soupçonnons pas qu’elles sont au cœur du problème. Par conséquent, il n’est pas toujours facile d’abandonner de mauvaises habitudes, surtout celles qui nous accompagnent depuis des années. Mais penchons-nous maintenant sur les avancées scientifiques qui faciliteront votre démarche.
À l’intérieur du cerveau Les neuroscientifiques ont démontré qu’en suivant de bonnes habitudes, notre cerveau grossit et se modifie, ces bonnes habitudes devenant alors de plus en plus faciles à suivre. Lorsque
nous répétons quelque chose en étant bien attentifs, nos cellules nerveuses créent de nouvelles connexions entre, disons, le centre nerveux A (aller à la salle de sport) et le centre nerveux B (rester à la salle de sport jusqu’à la fin des exercices). Les centres A et B bâtissent un lien plus solide avec encore plus de points d’émission et de réception. Ainsi, aller faire de l’exercice à la salle de sport devient une habitude physiquement ancrée dans le cerveau. Quand des neurones sont activés ensemble, les connexions synaptiques se renforcent. Nous oublions nos douleurs et nos distractions pour exécuter ces tâches. Et à chaque fois que nous nous plions à ce rituel, nous facilitons la prochaine exécution de ces exercices physiques. Il y a quelques années, des scientifiques ont appris à un groupe d’étudiants à jongler. Grâce à l’utilisation d’outils sophistiqués, ils ont pu observer le cerveau de ces sujets en action pendant leur apprentissage. Au bout de trois mois d’entraînement quotidien, la matière grise de leurs cerveaux était plus volumineuse. Puis les étudiants ont reçu l’instruction d’arrêter de s’entraîner pendant trois mois. Le gain en matière grise a alors complètement disparu4. Que se passerait-il dans votre cerveau si vous parveniez à empêcher de s’exprimer pendant trois mois votre schéma comportemental autodestructeur – pensées, sentiments, actions ? Trois mois de persévérance, ça fait long, plus long que ce que nous souhaiterions pour opérer des changements importants dans notre vie. Nous espérons non seulement perdre beaucoup de poids, mais également parvenir, au bout de cette période, à ne plus avoir autant faim. Si nous arrêtons de jouer ou de boire, nous espérons ne plus être tentés au bout de trois mois. C’est peut-être un raisonnement irréaliste – après tout, on ne s’attend pas à devenir un jongleur de talent après seulement trois mois d’entraînement. Nous devons nous accorder plus de temps et plus d’entraînement acharné pour que nos efforts portent leurs fruits. Peut-être que le contre-courant s’explique en partie par le fait qu’à peine parvenus à la moitié de la bataille, nous commençons à nous dire que c’est gagné. En fait, il est prouvé que le cerveau se modifie bien plus rapidement – et mystérieusement –, que ne l’indique l’étude sur le jonglage. Alvaro Pascual-Leone, chercheur à Harvard, a réuni des bénévoles pour leur faire exécuter au piano un exercice à une main pendant cinq jours, à raison de deux heures par jour5. Puis il a observé l’activité de leur cerveau et découvert qu’au bout de cinq jours seulement, la zone du cerveau qui contrôle ces doigts s’était agrandie et enrichie. Il a ensuite réparti les participants en deux groupes. Un groupe a continué de répéter ses gammes pendant quatre semaines pendant que l’autre a complètement arrêté de s’exercer. Chez les membres du groupe ayant arrêté cette activité, les modifications en termes de cartographie cérébrale avaient disparu. Mais le plus extraordinaire était l’existence d’un troisième groupe qui s’était contenté d’exécuter l’exercicementalement, c’est-à-dire sans bouger la main. Ce groupe affichait, au bout de cinq jours, pratiquement les mêmes changements que le groupe ayant vraiment répété au piano. Nous avons donc la preuve que le cerveau commence à changer presque immédiatement, que l’entraînement soit réel ou mental. Mais ces changements disparaissent lorsque nous cessons de nous entraîner. Le fait que l’exercice mental influe sur le cerveau pratiquement de la même manière que l’exercice réel prouve véritablement que notre discours d’encouragement intérieur, nos efforts pour parvenir à la pleine conscience, le contrôle de notre pensée et notre volonté – toutes ces techniques que nous allons aborder – portent leurs fruits. La révélation du changement physique du cerveau en fonction des expériences vécues est la plus grande découverte en psychologie depuis des décennies. Les neuroscientifiques savent désormais que toutes les habitudes ont une existence physique dans la structure du cerveau. Les premières traces remontent à l’enfance et à l’adolescence. En cultivant des mauvaises habitudes, celles-ci deviennent comme une voie ferrée – le seul moyen d’aller du point X au point Y, du stress à l’apaisement –, et nous ignorons qu’il existe des moyens bien plus salutaires et directs d’obtenir ce dont nous avons besoin. Par conséquent, lorsque nous sommes stressés, nous prenons un verre, nous mangeons un morceau, nous nous disputons, nous sommes déprimés, tout cela sans avoir conscience que nous avons pris une décision. Nos mauvaises habitudes opèrent inconsciemment. C’est l’une des forces du contre-courant : il est très difficile d’abandonner les mauvaises habitudes car elles sont gravées dans le cerveau. Elles ne se volatilisent pas quand nous nous efforçons d’adopter un meilleur comportement, mais cessent simplement d’être employées et peuvent donc facilement renaître. Nous ne détruisons pas les anciennes voies lorsque nous en bâtissons de nouvelles, mais les laissons simplement rouiller et être envahies par les herbes. Admettons que vous ne mangiez pas sainement depuis plusieurs années. Vous démarrez un
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