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Se guérir

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384 pages
Il est de plus en plus communément admis que l’esprit contribue à soigner le corps. Pourtant, les sceptiques dénoncent une approche irrationnelle ainsi qu’un manque de preuves concrètes. Qu’en est-il réellement?
Se guérir s’appuie sur les nombreuses découvertes scientifiques récentes qui permettent désormais de mesurer biologiquement l’influence de l’esprit sur le corps. Ainsi l’effet placebo, l’hypnose ou la méditation attestent-ils des capacités extraordinaires du cerveau à lutter contre la douleur, réduire le stress et améliorer notre bien-être en dépit de la maladie.
Pour mener cette enquête, Jo Marchant donne également la parole aux patients et passe en revue l’ensemble des thérapies qui offrent aujourd’hui la possibilité à notre esprit d’améliorer notre santé.
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Jo Marchant
Se guérir
Quand l’esprit soigne le corps
Flammarion
Maison d’édition : Flammarion
Pierre Kaldy
Éditeur original : Canongate Books Ltd. © Jo Marchant, 2016. Pour la traduction française : © Flammarion, 2017.
ISBN numérique : 978-2-0813-9824-5 ISBN du pdf web : 978-2-0813-9825-2
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 978-2-0813-0552-6
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
Présentation de l’éditeur :
Il est de plus en plus communément admis que l’esprit contribue à soigner le corps. Pourtant, les sceptiques dénoncent une approche irrationnelle ainsi qu’un manque de preuves concrètes. Qu’en est-il réellement ? Se guérir s’appuie sur les nombreuses découvertes s cientifiques récentes qui permettent désormais de mesurer biologiquement l’influence de l’esprit sur le corps. Ainsi l’effet placebo, l’hypnose ou la méditation a ttestent-ils des capacités extraordinaires du cerveau à lutter contre la douleur, réduire le stress et améliorer notre bien-être en dépit de la maladie. Pour mener cette enquête, Jo Marchant donne également la parole aux patients et passe en revue l’ensemble des thérapies qui offrent aujourd’hui la possibilité à notre esprit d’améliorer notre santé.
Se guérir
À mes parents, Jim et Diana Marchant. Merci de m’avoir appris à penser, questionner et explorer.
Note de l’auteur
Pour écrire ce livre, beaucoup de scientifiques et de patients m’ont fait part de leurs connaissances et de leur expérience. Ils ne s ont pas tous directement mentionnés, mais je veux par-dessus tout leur expri mer à chacun toute ma reconnaissance. Les citations de patients et de praticiens qui ne s ont pas référencées sont extraites des entretiens que j’ai pu avoir avec eux. Pour toutes les autres citations, la source est indiquée dans les notes. J’ai changé le prénom de certaines personnes par égard pour leur vie privée. En revanche, quand le nom complet est donné, il s’agit de la vraie identité de la personne.
Introduction
Par un beau matin d’été, je me trouvais dans un par c du sud de Londres. L’endroit était plein de vie, des enfants s’éclabou ssaient autour des fontaines ou jouaient au foot sur les pelouses. Je me tenais à c ôté d’un bac à sable avec deux autres mères, crème solaire et gâteau de riz en main, et nous observions nos enfants faire des châteaux de sable de guingois avec leurs pelles aux couleurs vives. L’une des femmes que je venais de rencontrer, vive et distinguée, m’expliquait comment l’homéopathie l’avait guérie d’un eczéma te nace qui l’avait épuisée. « J’adore l’homéopathie ! » dit-elle. En tant que scientifique, je me devais de dire quelque chose. L’homéopathie est en fait de l’eau (ou un comprimé de sucre) dans un joli récipient. Toute substance dans ce type de traitement est diluée bien au-delà du point où pourrait y subsister une seule molécule de principe actif. « Mais il n’y a rien dans ces traitements », ai-je protesté. Ma nouvelle connaissance me regarda avec mépris. « Rien de mesurable ! » répliqua-t-elle, comme si j’étais assez bête pour n e pas comprendre que les propriétés curatives étaient d’une essence indéfini ssable, hors de portée des scientifiques. Avec ces quelques mots, j’ai senti q u’elle avait résumé une bataille philosophique majeure en train de se jouer dans la médecine aujourd’hui. D’un côté, se rangent les partisans de la médecine conventionnelle occidentale. Rationnels, réductionnistes, enracinés dans le monde matériel. Leur paradigme est que le corps est comme une machine. Pour l’essentie l, pensées, croyances et émotions n’interviennent pas dans le traitement d’u ne pathologie. Lorsqu’une machine est cassée, vous ne cherchez pas à l’interroger. Les médecins recourent à des moyens physiques, tels que les scanners, les te sts, les médicaments ou la chirurgie pour diagnostiquer le problème et réparer la pièce endommagée. De l’autre côté se trouvent, en fait, toutes les autres personnes qui suivent des médecines traditionnelles, alternatives ou orientales. Ces traditions holistiques privilégient l’immatériel sur le matériel, les gens par rapport à leur état, l’expérience subjective et les croyances sur les résultats objectifs d’essais cliniques. Plutôt que de prescrire des médicaments, les thérap eutes de l’acupuncture, de la guérison spirituelle ou du reiki prétendent maîtris er d’insaisissables champs énergétiques. Les avocats de l’homéopathie ne se soucient pas du fait que leurs remèdes ne contiennent aucune trace physique de l’ingrédient actif, car ils pensent qu’une « mémoire » indétectable de cet ingrédient y subsiste d’une manière ou d’une autre.
La médecine moderne domine encore en Occident, mais les médecines alternatives sont suivies par des millions de perso nnes. Aux États-Unis, les merveilles de la guérison spirituelle et du reiki sont régulièrement commentées à la télévision. Jusqu’à 38 % des adultes utilisent une forme de médecine alternative ou complémentaire, chiffre qui monte même à 62 % en incluant le recours à la prière. 1 Ils dépensent chaque année environ 34 milliards de dollars pour cela , et font 354 millions de visites à des praticiens de médecin e alternative, ce qu’il faut 2 comparer aux 560 millions environ rendues à des généralistes . À Londres, où je vis, les mères mettent couramment des colliers d’am bre à leur bébé, car elles croient que cela évite les douleurs dentaires. Des femmes intelligentes et éduquées rejettent des vaccins cruciaux pour leur enfant et, comme ma nouvelle connaissance, adoptent des traitements qui n’ont aucun fondement scientifique. Les scientifiques réagissent à cela, bien sûr. Des deux côtés de l’Atlantique, des professionnels de la critique tels que James Randi et Michael Shermer, des blogueurs de science comme Steven Salzberg et David Gorski, ou le biologiste et auteur Richard Dawkins, dénoncent avec vigueur la religion, la pseudo-science et plus particulièrement les médecines alternatives. D ans son livreBad Science de 2009, l’épidémiologiste Ben -Goldacre descend en flèche ceux qui détournent la science pour faire des déclarations injustifiées su r la santé, et son ouvrage s’est vendu à plus d’un demi-million d’exemplaires dans v ingt-deux pays. Même des humoristes, de Tim Minchin à Dara Ó Briain, s’en mêlent et se font les champions, à travers leurs sketchs, de la pensée rationnelle, faisant ressortir l’absurdité de traitements comme l’homéopathie. La bataille contre la marée de l’irrationnel prend aussi la forme de rencontres, d’articles, de protestations et de ce que le journa liste scientifique Steve Silberman 3 appelle des « lignes anti-séduction tracées dans le sable », telles que la pétition signée par des centaines de médecins britanniques r éclamant que le National Health Service britannique (NHS) cesse de dépenser de l’argent pour des traitements homéopathiques. Les essais cliniques, s oulignent les nombreux sceptiques, prouvent que la plupart des remèdes alt ernatifs ne font pas mieux qu’un placebo (un faux traitement), et que l’on tro mpe donc les gens. Ces traitements à la noix doivent être supprimés. Tout ce dont nous avons besoin pour notre santé peut venir des traitements conventionnels qui sont fondés sur des faits bien établis. Je suis tout à fait d’accord pour défendre une vue rationnelle du monde. Je crois passionnément dans la méthode scientifique. J’ai effectué un travail de thèse en microbiologie génétique et médicale au cours duquel j’ai passé trois années dans un hôpital londonien de premier ordre à sonder le f onctionnement interne des cellules. Je crois que tout peut être étudié scientifiquement dans la nature si nous posons les bonnes questions, et que les traitements médicaux doivent faire l’objet de tests rigoureux. Les personnes critiques vis-à-vis des médecines alternatives ont bien raison : si nous abandonnons la science pour d es vœux pieux, nous pouvons aussi bien retourner à des pratiques d’un autre tem ps où l’on noyait les sorcières, faisait des saignées et priait Dieu pour échapper à la peste.