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La masturbation rend sourd - 300 idées reçues sur le sexe

De
245 pages

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander !





Les animaux sont tous polygames.




Le bébé est l'innocence et la pureté, loin de tout instinct sexuel.




Quand on s'embrasse sur les lèvres, il faut fermer les yeux.




Quand on fait l'amour pour la première fois, on ne risque pas d'attraper une infection sexuellement transmissible, ni d'être enceinte.




On éprouve rarement un orgasme la première fois qu'on fait l'amour.




La masturbation rend sourd.









Vous vous êtes posé toutes ces questions, et bien d'autres encore ? Vous ne savez pas trop où trouver les réponses à vos interrogations ? Ne cherchez plus, elles sont entre vos mains ! Grâce au Dr Sylvain Mimoun et à Isabelle Yhuel, les tabous vont tomber. Animaux, sexualité féminine, sexualité masculine, couple... Ils vont faire voler en éclat les idées reçues sur la sexualité... pour notre plus grand plaisir !





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couverture

Nos remerciements à Guy Barbey pour sa patiente relecture.

Dr Sylvain Mimoun

Gynécologue, andrologue et spécialiste de la sexualité

Isabelle Yhuel

Journaliste

La masturbation
rend sourd

300 idées reçues sur le sexe

images

LES AUTEURS


DR SYLVAIN MIMOUN, comment devient-on gynécologue, andrologue et spécialiste de la sexualité ?

 

Quand j’ai commencé mes études de médecine, je me suis très vite rendu compte que ce qui m’intéressait avait trait au vécu psycho-émotionnel des patients (pendant cette période, comme d’ailleurs auparavant, j’ai été le confident des amis qui le souhaitaient car ils se sentaient réellement écoutés). Comme par ailleurs la vie, la naissance, donc l’obstétrique me passionnaient, j’ai fait une spécialité en gynécologie.

Ma thèse portait sur l’infertilité conjugale, et par ce biais j’ai découvert le rôle de la femme (mais aussi de l’homme sachant qu’à l’époque il était plus rare de s’intéresser à l’infertilité masculine ; on ne savait pas encore que 40 % des causes d’infertilité viennent de l’homme). On découvrait aussi le rôle de la sexualité conjugale. Étant un « enfant de 68 » pour qui la sexualité est quelque chose de naturel, je me suis automatiquement orienté du côté de ce que l’on a appelé la gynécologie psychosomatique (la relation entre le corps génital et l’esprit) qui intégrait le corps physique, psychique et sexuel.

Après mes études de gynécologie, j’ai entamé une spécialité en psychiatrie tout en suivant, en parallèle, une cure psychanalytique. J’aurais pu devenir psychiatre-psychanalyste mais j’ai préféré un processus plus « actif » sur le « comment faire pour que ça change », plutôt que de me focaliser sur le pourquoi du passé.

Comme il est interdit d’exercer deux spécialités en même temps, je me suis dit que si je n’étais que psychiatre je ne pourrai plus examiner les corps, or les corps parlent (en psychosomatique) et je ne voulais pas me priver de cette parole. En étant gynécologue, rien ne m’empêchait de continuer à « entendre » ce qu’il y a autour du symptôme.

Les hommes et les femmes qui venaient me consulter me parlaient de leurs problèmes conjugaux et des problèmes sexuels qui se cachaient souvent derrière. Par expérience j’ai repéré que très fréquemment lorsque quelqu’un éprouve une difficulté dans son couple, ou une difficulté professionnelle, ou sociale en même temps qu’une difficulté sexuelle, résoudre le problème sexuel l’aide bien souvent à atténuer ou à faire disparaître les autres problèmes. Mon rôle aujourd’hui, grâce à ma clinique et mon expérience de vie dans notre société qui ne cesse d’évoluer, c’est d’aider les individus à résoudre leurs problèmes relationnels et sexuels. Plus on est à l’aise avec soi-même et avec la sexualité, plus la vie a de fortes chances de s’alléger.

 

Isabelle Yhuel, pourquoi, sans formation particulière mais munie d’une curiosité sans limite, se met-on à enquêter et à écrire sur la sexualité ?

 

Tout a commencé par ma vie personnelle. La jeune fille que j’étais, et qui vivait à Paris quelques années après la fameuse révolution sexuelle de Mai 68, fait quelques rencontres, tombe amoureuse, tout en suivant des cours à la fac de Lettres. Mais mon corps m’est un obstacle, il ne ressent pas le plaisir. Il est dans le désir, pas dans le plaisir. Je n’y comprends rien. Il ne suffit donc pas de vouloir pour pouvoir ? Comment mon corps peut-il résister à des slogans comme « Jouir sans entrave », « Faites l’amour pas la guerre » qui, s’ils ont été pour la plupart effacés des murs du quartier latin, continuent à peupler nos discours et nos rêves ? À la fac j’entends parler de Freud, également de Reich, de Ronald Laing et David Cooper, les tenants de l’antipsychiatrie, de Lacan bien sûr, de Mélanie Klein, bref la psychanalyse est à la mode et elle me passionne. Je commence donc une analyse et assez vite, après quelques tâtonnements, je m’engage auprès d’une psychanalyste dont j’ai su, par la suite, qu’elle appartenait à une des plus importantes sociétés de psychanalyse française, fidèle à Freud, ouverte à Lacan et à Winnicott, et surtout à la diversité des points de vue. Peu m’importait alors, j’arrivais toute fraîche avec ma question sur ce plaisir féminin qui me résistait.

Dix années d’analyse plus tard, dix années jalonnées de rencontres, de culture (je lis énormément, je vais le plus souvent possible en Italie pour découvrir la peinture, une certaine lumière) qui m’ont aussi permis un épanouissement professionnel dans le monde de la radio et comme journaliste dans certains mensuels comme « Marie-Claire » et « Psychologies Magazine » (dans lesquels je rédige des articles sur l’amour, la sexualité, le couple, etc.), j’écris mon premier livre qui, évidemment, traite du plaisir féminin. Je veux rendre compte de ce parcours qui m’a menée, par la « simple » parole, d’un corps qui dort à un corps vivant. La psychanalyse, pour moi, a été comme le baiser du prince qui réveille la belle endormie.

Depuis, cette question d’une « sexualité suffisamment bonne » – dirais-je pour faire écho à « la mère suffisamment bonne » de Winnicott – dont je sais qu’elle est essentielle pour être un adulte énergique, joueur, vivant, responsable et ouvert à l’autre, ne m’a plus quittée et émerge, sous différentes formes, dans les quelques domaines où ma curiosité me conduit.

INTRODUCTION


DEPUIS QUAND INTERROGE-T-ON LA SEXUALITÉ HUMAINE ? Depuis très longtemps puisqu’au IIIe siècle avant notre ère, l’anatomiste Hérophile, qui vivait à Alexandrie, se livra à des dissections sur l’appareil sexuel de l’homme et de la femme afin de les comparer. Il déduisit de ses travaux que les femmes avaient les mêmes parties génitales que les hommes, si ce n’est que les leurs étaient à l’intérieur du corps au lieu d’être à l’extérieur. Le vagin est imaginé comme un pénis intérieur, les lèvres sont l’équivalent du prépuce, l’utérus du scrotum et les ovaires des testicules. On voit apparaître là une des toutes premières idées reçues. Celle-ci perdure jusqu’à l’aube du XVIIIe siècle et d’ailleurs, durant deux millénaires, l’ovaire n’a pas de nom propre, et un docteur comme Galien, au IIe siècle de notre ère, le désigne du même mot qu’il emploie pour les testicules.

Au XVIIe siècle, dans les ouvrages de médecines ou dans la multitude de manuels de sage-femmes donnant des conseils concernant la santé ou le mariage qui circulent à travers l’Europe, on trouve l’affirmation que le plaisir sexuel féminin est nécessaire à la procréation : « Quand il y a une émission de semence dans l’acte de génération, lit-on dans un manuel du XVIIIe siècle, de la part des hommes comme de la part des femmes, il se produit en même temps une extraordinaire titillation dans tous les membres du corps. » Donc, pour eux, sans plaisir, pas de grossesse. Autre idée reçue qui fut abandonnée à la fin du XVIIIe siècle.

Au XIXe, en fait d’idées reçues on trouve la fameuse affirmation que la masturbation rend sourd avec toutes les solutions fantaisistes et cruelles que ce siècle inventa pour soustraire les adolescents à cette pratique.

Et nous, en ce XXIe siècle commençant, à quelles idées reçues sommes nous attachés ? C’est ce que nous avons essayé d’observer en constatant que l’étude des idées reçues d’une société, à un moment donné, en disait long sur la façon dont cette société envisage le rapport de chaque homme à son sexe, de chaque femme au sien, ainsi que le rapport amoureux et sexuel des hommes et des femmes entre eux. Finalement, à partir de postulats tels que « un piercing sur le pénis permet de mieux sentir les sensations » ou « les femmes normales sont plutôt vaginales et les immatures clitoridiennes » nous nous rendons compte que loin d’être seulement guidée par la pure observation anatomique, la science sexuelle reflète tout autant des processus sociaux et culturels. Elle peut nous dire dans quel genre de société nous baignons et quels types d’influences notre sexualité, cette chose si intime, rencontre.

Et si notre étude commence par interroger la sexualité des animaux c’est parce que, depuis Darwin qui, parmi les premiers, a affirmé que l’homme descendait du singe, on a beaucoup analysé la sexualité humaine à partir de la sexualité animale. Ainsi, si Alfred Kinsey, professeur d’entomologie et de zoologie, dans le grand rapport sur la sexualité des Américains qu’il publie dans les années 1950, accepte si facilement la pratique du cunnilingus c’est en partie parce qu’il avait observé que les attouchements bucco-génitaux étaient habituels chez les mammifères. Or, au fil du temps, les idées reçues s’affirment ou s’invalident aussi chez les animaux. L’idée reçue, très ancrée depuis plusieurs millénaires, selon laquelle les animaux ne copulent que pour se reproduire est en train d’être remise en question depuis qu’on a pu observer que certaines espèces semblaient faire l’amour pour éviter les conflits ou tout simplement pour éprouver du plaisir.

Puissent, entre humour et savoir, ces 300 idées reçues vous permettre d’aller un peu plus avant dans la découverte de ce territoire jamais épuisé : la sexualité.

La sexualité des animaux


L’HOMME ET LA FEMME SONT-ILS DES ANIMAUX COMME LES AUTRES ? En définitive, nos comportements sexuels viennent-ils de notre nature ou de notre culture ? Vaste débat, n’est-ce pas ?

Découvrez dans cette première partie douze idées reçues sur les animaux. Vous y apprendrez entre autres que la notion de plaisir n’est pas étrangère aux animaux, qu’ils peuvent se masturber et ne sont pas forcément polygames.

1 – Observer la sexualité des animaux nous apprend des choses sur les hommes.

Vrai En effet, le fait d’observer les animaux nous permet de voir qu’ils ont des comportements très différents en fonction de leur groupe, que ce soit, par exemple, des mammifères ou des insectes. Ces expériences sont riches d’enseignement car elles nous permettent de repérer différents facteurs qui interviennent sur la sexualité. Ainsi, on a pu se demander ce qui arrive lorsqu’on change le comportement d’un des deux partenaires. Est-ce que cela provoque un changement chez l’autre ? Et de quelle nature est-il ? Une de ces expériences a été faite sur le rat. On lui a implanté une électrode dans le cerveau destinée à stimuler l’hormone permettant d’accéder au plaisir, à l’orgasme. Et on a appris à l’animal à appuyer sur une manette pour déclencher lui-même une décharge de cette hormone l’amenant au plaisir. Au bout d’un certain temps, on s’est aperçu qu’il ne faisait plus qu’appuyer sur cette manette, ne prenant même plus le temps de manger. Ce genre d’expérience nous aide à mieux comprendre le fonctionnement du cerveau pour, ensuite, aider l’homme. Néanmoins, un humain n’est pas un animal et tout ce que l’on peut découvrir chez l’animal n’est pas transposable à l’homme. On ne peut évidemment pas passer systématiquement de l’un à l’autre. Il faut apporter aux résultats de ce genre d’expériences toutes sortes de nuances, de réflexions, pour en tirer un parti pour l’humain.

Sexualité animale et philosophie

 

Bien avant Charles Darwin, le thème de la sexualité animale a été traité par la philosophie, même si ces considérations s’inscrivent le plus souvent dans une donnée morale. Lorsqu’elles portent sur une description des mœurs des animaux c’est en vue de moraliser l’homme. Soit l’animal est présenté comme un modèle de pureté et de droiture, et il sert alors d’exhortation à la monogamie et à l’hétérosexualité, soit, au contraire, sont mises en avant certaines de ses pratiques comme l’homosexualité ou la polygamie pour les dédramatiser. Dans tous les cas les observations faites sur les animaux semblent avoir pour but d’éduquer l’homme. Ainsi dans l’Antiquité, d’Aristote à Pline et à Plutarque, les mœurs des animaux sont décrites de façon à en faire un exempla, un exemple pour les humains. Mais, pour tout esprit critique, ce bestiaire moral échoue devant la diversité des comportements animaux. Ainsi s’il est facile de prendre la tourterelle pour l’ériger en modèle de vertu, que faire avec le pigeon ou le moineau, espèces beaucoup moins continentes ? Car l’observation des animaux nous conduit tout autant à découvrir la vertu que l’inceste et l’infanticide. Ceci dit, tous les observateurs de la nature animale n’avaient pas de visée moralisatrice. Pour certains, comme Descartes, l’étude de la sexualité animale permet de révéler ce qui est naturel en l’homme et non du fait de la culture. Cela peut aider à déculpabiliser certains comportements comme l’homosexualité ou l’infidélité conjugale.

Charles Darwin, dans la seconde partie du XIXe siècle, aura lui aussi à cœur d’établir une continuité entre l’animal et l’homme. D’après ses observations, il accorde aux animaux, entre autres, la faculté de ressentir des sentiments complexes comme la jalousie et celle d’éprouver du plaisir. Et, observant que les étalons ont pour habitude de lécher le pis des juments, il juge cette attitude « strictement analogue aux penchants des hommes pour les poitrines féminines ».

2 – Chez les animaux, mâles et femelles sont bien différenciés.

Faux Et c’est parce que dans notre statut d’humain nous pensons que les hommes et les femmes sont bien distincts que nous nous faisons une image aussi simple et figée du monde animal. En fait, hermaphrodisme et transsexualité sont très fréquents chez les animaux ainsi que chez les plantes. Rappelons d’abord que, chez les animaux, on distingue les mâles des femelles à la taille de leurs gamètes, c’est-à-dire de leurs cellules reproductrices. Ceux produisant de petites gamètes sont appelés mâles, et ceux produisant des gamètes de grande taille, femelles. Mais deux sexes peuvent cohabiter dans le même individu, ce qu’on appelle l’hermaphrodisme, ainsi chez les gastéropodes tels l’escargot de Bourgogne et l’escargot aquatique nommé la physe. Chez la physe, par exemple, l’un des partenaires joue le rôle du mâle et l’autre celui de la femelle, mais cette distribution peut être totalement inversée lors de la copulation suivante. Il existe aussi des cas où l’individu connaît une inversion de sexe au cours de sa vie, ainsi dans le groupe des coraux, dans celui des crustacés et également chez certains poissons. À quel moment et pourquoi change-t-il de sexe ? La valeur des mâles – qui produisent, on l’a dit, les gamètes de faible taille – repose dans leur capacité à en produire beaucoup or cela est plus efficace chez de individus jeunes. En revanche, plus l’individu grandit, plus il produit des gamètes de bonne taille. On voit donc qu’un individu aura intérêt à changer de sexe quand il atteint une certaine maturité, pour passer de mâle à femelle.

Enfin, on trouve des cas où un individu programmé à l’origine pour se développer en un sexe mâle se développera finalement en femelle, ou inversement. Par exemple, chez les reptiles, la température à laquelle l’œuf est incubé détermine le sexe, pour les crocodiles, une température d’incubation relativement élevée donnera un mâle quand, chez les tortues, elle donnera plutôt une femelle. Tout en sachant que même incubés à la même température, tous les œufs d’une ponte de crocodiles, par exemple, ne produiront pas 100 % de mâles ou 100 % de femelles mais un fort pourcentage de mâles ou un fort pourcentage de femelles.

Enfin, pour terminer sur cette différenciation sexuelle, certains scientifiques expliquent l’homosexualité observable chez certaines espèces par le fait que les différences d’apparence de sexe sont tellement ténues que les individus commettent une erreur d’appréciation en s’adressant au même sexe que le leur. Une sorte d’homosexualité par confusion, par distraction.

L’homme a-t-il été hermaphrodite ?

 

Au départ, étions-nous tous hermaphrodites ? Les spécialistes de la science de la classification du monde vivant identifient 35 groupes chez les animaux pour environ 1,2 million d’espèces, certains groupes étant beaucoup plus riches en espèces que d’autres, par exemple celui des arthropodes (crustacés, insectes, arachnides, etc.) qui regroupe, à lui seul, 80 % de toutes les espèces animales. La question se pose de savoir si l’ancêtre commun à tous les animaux était hermaphrodite car même si seulement 5 % des espèces sont aujourd’hui concernés par ce phénomène, l’observation des éponges et des coraux, c’est-à-dire des groupes les plus anciens, pourrait le laisser penser. En fait si les insectes sont, dans leur grande majorité, de sexes séparés, l’hermaphrodisme touche 30 % des individus dans les autres groupes.

Histoire de chromosomes

 

Dans l’espèce humaine, les femelles portent deux chromosomes sexuels jumeaux, appelés X, alors que les mâles sont porteurs d’un chromosome X, semblable à celui des femelles, et d’un chromosome Y. Cette organisation se retrouve chez la plupart des groupes zoologiques (les mammifères, les insectes, etc.) tandis que chez tous les oiseaux, les papillons et quelques crustacés et poissons ce sont les mâles qui ont deux chromosomes sexuels semblables, appelés Z, et les femelles qui ont deux chromosomes dissemblables, l’un appelé Z et l’autre W.

3 – Chez les animaux, la sexualité a pour seul but la reproduction.

Faux D’après les dernières études des chercheurs scientifiques prouveraient qu’une dimension hédonique est présente dans la sexualité animale. Ceci dit, les animaux font plutôt l’amour pendant les périodes de rut, c’est-à-dire à des moments bien précis, quand ils sont sexuellement réceptifs et qu’ils ressentent le besoin de s’accoupler pour féconder la femelle. Hors de cette période, la plupart des femelles ne sont pas excitées, elles sont quasiment asexuées, et les mâles ne se risquent pas à les approcher. Néanmoins, il semble que les bonobos, par exemple, font l’amour pour éviter le conflit, donc sans idée de reproduction. La sexualité remplirait alors une fonction sociale. Les recherches à ce sujet n’en sont qu’au tout début.

4 – Le mâle qui pourra copuler avec les femelles est toujours le plus fort, le plus entreprenant.

Vrai Chez les animaux règne la loi de la jungle. Les mâles investissent fortement dans tout ce qui leur permet d’avoir accès au plus grand nombre possible de femelles. Et les femelles, de leur côté, cherchent à avoir les meilleurs partenaires. Il leur faut de la force et de l’énergie pour survivre, or force et énergie sont apportées par la testostérone. C’est pourquoi on a lié le désir sexuel à cette hormone qui rend agressif car un animal doit être capable de se battre et de l’emporter sur les autres mâles afin d’être accepté par la ou les femelles (selon l’espèce, monogame ou polygame). À partir de cette donnée sur l’espèce animale, on a, là encore, fait des raccourcis trop rapides concernant l’espèce humaine en allant parfois jusqu’à expliquer le viol par un surplus de testostérones. Or la spécificité de l’humain par rapport à l’animal est qu’il est éduqué. Et ça change tout. Ainsi nos sociétés ont décrété l’égalité entre les êtres humains. C’est-à-dire que même si, à la naissance, chacun part avec un potentiel de puissance, de séduction, d’intelligence différent, la société est normalement là pour réguler ces différences, pour atténuer les inégalités, donner sa chance à chacun. C’est ce qu’on appelle la civilisation. Il y a eu effectivement dans l’Histoire de l’homme un moment où la force a primé, où le chef guerrier dominait. Mais plus la civilisation a gagné, plus la position de dominant a pu être occupée par un intellectuel, un artiste, un stratège, et par une femme aussi bien que par un homme. De même en ce qui concerne la sexualité : si certaines femmes préfèrent les hommes physiquement forts, d’autres vont aimer les hommes plus doux, plus entourant, plus enveloppant. Aujourd’hui, dans nos sociétés, le « séducteur » est celui qui est capable de jouer de toutes ses facettes ; de percevoir l’attente implicite d’une femme pour mettre en avant l’aspect qui lui importe le plus.

Sans oublier que si, aujourd’hui, dans la majorité des cas, c’est encore l’homme qui fait des avances à la femme, dans la génération des trentenaires il y a de plus en plus de femmes qui n’hésitent pas à affirmer leur désir et à tenter elles-mêmes les approches. Avec plus ou moins de réussite.

Des cornes comme couronne

 

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