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Stratium

De
147 pages
Existe-t-il enfin une "théorie du Tout" expliquant l'intégralité du fonctionnement de l'esprit humain ? Après une revue des tentatives du siècle passé, la théorie polyconsciente est présentée dans cet ouvrage ; elle décrit le Stratium, un édifice neurologique auto-organisé dont l'ambition est de satisfaire aussi bien neuroscientifiques que philosophes, jusqu'aux métaphysiciens les plus imaginatifs.
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Jean-Pierre Legros
Stratium
Une théorie de la personne
Existe-t-il enfi n une « théorie du Tout » expliquant l’intégralité
du fonctionnement de l’esprit humain ? Après une revue des tentatives
du siècle passé, la théorie polyconsciente est présentée dans cet ouvrage ; Stratium
elle décrit le Stratium, un édifi ce neurologique auto-organisé dont
l’ambition est de satisfaire aussi bien neuroscientifi ques que philosophes, Une théorie de la personnejusqu’aux métaphysiciens les plus imaginatifs.
Son originalité, en effet, est d’établir la jonction entre les mécanismes
neurologiques et psychologiques, sans borner d’aucune façon
le monde physique d’une part, l’espace conscient de l’autre. À l’inverse
des paradigmes fondés sur les extrémités de l’esprit, ses fondations
et ses productions, en concurrence pour faire reconnaître leur importance,
la théorie polyconsciente se positionne à leur frontière commune.
Elle utilise des principes identiques pour descendre le réseau des racines
matérielles du psychisme et monter l’arborescence de ses enchantements.
Elle montre comment un esprit dont les facettes physique et psychique
sont adossées l’une à l’autre peut n’apercevoir aucune limite à son
amélioration dans les deux directions… ou choisir de s’en imposer,
car l’esprit est utilitaire avant tout.
D’où, en conclusion, une vision profondément modifi ée de notre société,
seulement ébauchée dans ce court ouvrage.
Jean-Pierre Legros est un médecin rhumatologue né en 1960 à Paris,
exerçant actuellement à Nouméa, blogueur et écrivain, qui développe
depuis une dizaine d’années un espace théorique uni ant sciences humaines
et physiques par leur outil commun d’analyse : notre esprit.
ISBN : 978-2-343-04526-9
14,50 €
Stratium
Jean-Pierre Legros
Une théorie de la personne




Stratium

Psycho - logiques
Collection fondée par Philippe Brenot
et dirigée par Alain Brun

Sans exclusives ni frontières, les logiques président au fonctionnement
psychique comme à la vie relationnelle. Toutes les pratiques, toutes
les écoles ont leur place dans Psycho - logiques.

Déjà parus

Aurélie CAPOBIANCO (dir.), Peut-on parler au téléphone ?
Stratégies cliniques pour entendre au bout du fil, 2014.
Christel DEMEY, Stimuler le cerveau de l’enfant, 2013.
Audrey GAILLARD et Isabel URDAPILLETA,
Représentations mentales et catégorisation, 2013.
Jean-Luc ALLIER, La Fragilité en pratique clinique, 2013.
Stéphane VEDEL, Nos désirs font désordre, Lire L’Anti-Œdipe,
2013.
Sliman BOUFERDA, Le symptôme en tous sens, 2012.
René SOULAYROL, La spiritualité de l’enfant. Entre
l’illusion, le magique et le religieux (nouvelle édition), 2012.
Bernard GANGLOFF et Daniel PASQUIER, Décrire et évaluer
la personnalité : mythes et réalité, 2011.
Mady FERNAGUT, Yolande GOVINDAMA et Christiane
ROSENBLAT, Itinéraires des victimes d’agressions sexuelles,
2011.
Louise TASSE, Les oripeaux des ados, 2011.
Anick LASALMONIE, Du procès social à l’eugénisme moral,
2010.
Jean-Max FEREY, Parents à louer pour enfants fous. Récits
des « Familles-Thérapeutiques », 2010.
Patrick PIPET, Sauter une classe, Entre mythe social et faille
narcissique, 2010.
Jean CASSANAS, Les descriptions du processus
thérapeutique, 2010.
Michel LEMONNIER, Le Psychologue du travail. Un agent du
changement dans la société, 2010.
Samuel GONZALES-PUELL, L'Approche thérapeutique des
déficiences intellectuelles sévères et profondes. Perspectives
institutionnelles, 2010. Jean-Pierre Legros





Stratium


Une théorie de la personne

























































© L'HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04526-9
EAN : 9782343045269

Un anneau théorique pour les unifier tous !

Vous allez découvrir une théorie intégrale de la personnalité
capable de satisfaire aussi bien les neuroscientifiques que les
philosophes, jusqu’aux métaphysiciens, qui trouveront dans ce
modèle un socle largement ouvert sur l’imagination. Pourquoi,
en fait, est-il si difficile de satisfaire toutes ces opinions et
semble-t-on partisan dès qu’on en parle ? Certainement
savezvous déjà qu’elles abordent le sujet par des extrémités
différentes, chacune armée de ses propres paradigmes, sans
parvenir à établir leur jonction, transformant la frontière
neurone/mental en un champ de bataille.

La théorie, dite « polyconsciente » d’après son coeur chargé
d’établir notre si délicate jonction, est extrêmement simple dans
ses principes, et complexe dans son développement, à l’instar
du système qu’elle décrit : le psychisme. Elle est née
indépendamment des théories existantes, protégée de tout
académisme ; vous en goûterez l’originalité. Ce texte,
cependant, la confronte aux grandes théories existantes (pas si
globales à vrai dire), et cherche à savoir si elle peut les
absorber.
Les scientifiques fondent sur le sujet par la physiopathologie du
système nerveux d’une part, les études comportementales
d’autre part. Ces dernières sont les descendantes du
béhaviorisme, une vision de l’homme créé par des spécialistes
de l’expérimentation animale. Sans surprise, elles tendent à en
faire une version (ultra) sophistiquée d’un rat de laboratoire.
Rassemblés dans un groupe plus disparate, les autres penseurs
attachés au sujet sont les philosophes d’inspiration
existentialiste, qui se moquent des neurones comme de leurs
squames, et observent que tout concept est avant tout une
propriété de la conscience, à garder en tant que point de départ.

La rivalité, malheureusement, subit un déséquilibre croissant.
Les philosophes ont beau recréer de magnifiques enchantements
sur les productions de la conscience, le bulldozer scientifique
lamine peu à peu leurs positions, et le cognitivisme envahit
7 progressivement tous les aspects du quotidien, particulièrement
dans les sociétés utilitaristes occupées à conquérir
culturellement la planète. La recherche sur le psychisme est
donc trustée actuellement par les neurosciences, tandis que les
philosophes sont nombreux à se réfugier sur les bastions de
l’Histoire et choisissent d’en sélectionner soigneusement les
résultats.

Voyons en premier lieu si la messe est dite, c’est-à-dire si la
science possède bien les moyens de ses prétentions. Nous
ferons ensuite une revue des théories de la personnalité conçues
au siècle dernier, encore actuelles puisque servant de base à
nombre de psychothérapies. Succède la théorie polyconsciente,
décidée à vous éblouir, puis ses prétentions à englober et
corriger les autres pour les unifier, ses conséquences dans la
prise en charge psychologique. Enfin, avant la conclusion, nous
ferons deux incursions dans les neurosciences, l’une pour
montrer que les principes de notre théorie se retrouvent en fait à
tous les niveaux de la biologie, l’autre pour expliquer la
conscience, et la replacer dans une perspective transhumaniste.

*

8 Peut-on se fier aux sciences ?

La science de l’esprit mélange pêle-mêle des questions pour
lesquelles elle dispose d’une méthodologie adaptée, et d’autres,
non. On parle de « fétichisation » de la méthode au détriment
des concepts et de la théorie. Des approches semblables sont
utilisées en neurobiologie et en neuropsychologie ; mais la
première recueille des données indépendantes du sujet et de
l’expérimentateur, tandis que la seconde possède ses biais
propres, surtout l’effet Hawthorne (les sujets sont conscients
d’être testés) dont l’impact est considérable, à un point que
même ceux qui l’étudient ne soupçonnent pas, comme nous le
verrons plus loin. Les chercheurs tentent de le réduire par
exemple en laissant les sujets dans l’ignorance de l’objectif de
l’étude, voire en le dissimulant derrière un autre, factice.
Cependant le simple fait d’être dans une étude fait porter
attention à son comportement et le modifie significativement.
Les choix aléatoires s’effacent, les facteurs secondaires de la
décision également. Les testés sont dans un équilibre de
personnalité différent, un comble puisqu’on est en train
d’évaluer celle-ci. Comme le chat de Schrödinger, elle disparaît
quand on l’examine de cette manière.

Les moyens des disciplines psycho et sociologiques sont
limités. Les effectifs sont petits. Les études sont peu reproduites
et confirmées, rarement transculturelles ; le financement est
modeste par rapport à celui du médicament. Or même avec ses
moyens importants, la recherche pharmaceutique s’avère
montrer des biais sévères, involontaires (statistiques mal
comprises, modes de calcul reconnus erronés après des
centaines d’études publiées, approche bayésienne montrant une
fiabilité médiocre du p<0,05, carences des comités de lecture,
études fausses disparaissant sous l’empilement des suivantes
qui s’y réfèrent), et volontaires (conflits d’intérêt,
malversations, carriérisme). Que dire du petit monde de la
psycho, moins financé et moins surveillé ? La moindre pression
des intérêts industriels le rendrait-il plus fiable et plus sain ?
Possible. Néanmoins cela ne réduit en rien les travers
9 involontaires, et la présence de convictions préalables chez les
promoteurs des études, inévitables dans le domaine de la
psycho. Nous sommes, humains, des fabricants d’illusions, les
scientifiques comme les autres. Aucune satisfaction à attendre
d’une enquête qui reste indifférente aux souhaits qui l’ont
motivée. Ce n’est pas un ordinateur qui forme la conclusion.
Les données chiffrées sont toujours filtrées par les intentions
des rapporteurs, ne serait-ce que par l’objectif qu’ils ont fixé à
l’étude, potentiellement tronqué par des interprétations fausses.

Le plus grave, enfin, est qu’il n’existe aucun modèle complet de
la personnalité à tester. Nous sommes bien loin de la physique
des particules, qui élabore des hypothèses précises sur
l’infiniment petit bien avant que la technologie ne permette de
les tester, et dont la confirmation par l’expérience apporte une
consolidation impressionnante au modèle.
En psycho, rien de tel. Les modèles sont des critères d’analyse
empiriques, focalisés sur de grands axes de caractère, tandis
qu’aucune théorie n’explique la façon dont ils apparaissent et
interagissent. On en reste à l’hypothèse « qu’il s’agit d’une
confrontation entre des traits génétiques et l’environnement ».
Sommaire…
Une situation similaire à celle de la médecine du siècle dernier.
Avec très peu de connaissances de la physiologie fondamentale,
les médecins classaient les maladies par leurs symptômes,
créant des cadres arbitraires. Encore actuellement, une maladie
du système immunitaire appelée polyarthrite rhumatoïde
recouvre certainement des étiologies différentes, car des
thérapeutiques ciblées sur des interleukines précises donnent
tantôt des résultats spectaculaires, tantôt sont inefficaces. C’est
la biologie fondamentale qui apporte les véritables clés
scientifiques à la médecine.
La neuroscience a les dents longues. Elle accumule les succès et
séduit psychologie, cognitivisme, psychiatrie, sociologie, même
la philosophie, qui s’accolent toutes le préfixe de « neuro » et
empruntent ses méthodes. Elle renvoie les approches classiques
au rang de coaching et d’enchantement personnel. Elle butte sur
une frontière, cependant : lorsque des phénomènes
psychologiques semblent étroitement corrélés aux modifications
10 physiques, elle ne peut établir une filiation précise, encore
moins prédire les premiers. Ce n’est pas un neurone individuel
qui décide d’une évolution de personnalité, ni même une
collection d’entre eux, par des réactions purement biologiques.
Les changements résultent d’un autre échelon d’organisation.
La psychologie est plus compétente pour observer ce niveau ;
malheureusement aucun modèle théorique ne fait la liaison
entre les deux.

Les revues de neurosciences, au final, nous servent un
amalgame d’informations en apparence uniformément sérieuses
et homogènes alors que c’est tout le contraire ; c’est une
juxtaposition d’études neuronales, rebutantes mais fiables, et
d’enquêtes psychologiques séduisantes parce que riches en
applications pragmatiques, mais relevant de la croyance au plan
scientifique. Le plus inquiétant, dans ce domaine précis, est que
les convictions sont capables de se propager à une vitesse
phénoménale, peu importe leur validité initiale. La certitude que
le fils de Dieu a marché sur l’eau s’est implantée sur de simples
témoignages. Cela veut dire que les lecteurs d’une enquête
psychologique peuvent modifier leur comportement en fonction
de ses résultats même s’ils sont mal interprétés. S’ils ont foi en
la neuroscience, ils sont persuadés d’en tirer avantage. Or
comme l’enquête décrit un comportement humain et non un
phénomène physique, elle peut être validée à posteriori par les
changements qu’elle induit.

La bidirectionnalité que nous venons de décrire rend les
enquêtes terriblement normalisantes pour les masses. Alors que
chacun devrait être en train de construire sa personnalité unique,
et même devrais-je dire la théorie singulière de sa personnalité,
voilà que les éléments de construction et les plans vont subir
une uniformisation croissante. « Vous voulez parvenir à vos
fins ? Voici comment la science définit ce que vous devriez
être ».

Chercher à rapprocher génétique et personnalité est l’abîme le
plus profond guettant, pour les pervertir, les intentions
11 prétendument adoubées par la science. Expliquons en détail
pourquoi :
Il existe des arguments indéniables pour penser que la
personnalité a une part d’héritabilité génétique. Les travaux de
génétique du comportement tentent de la chiffrer. Par exemple
chez les enfants de moins de 3 ans, le trait « évitement de la
nouveauté » serait génétique pour les 2/3, l’« activité motrice
spontanée » pour les 3/4, tandis que la « compétence
relationnelle » est environnementale pour les 3/4 (davantage
même chez les filles que les garçons). Il existe aussi des études
chez les jumeaux, ainsi que des enquêtes associant des traits de
caractères caricaturaux avec certains allèles.
A contrario, la génétique moléculaire prédit très mal la
personnalité. C’est-à-dire que l’on trouve peu de signification à
associer des collections d’allèles génétiques et des
tempéraments. Cette discordance est appelée « l‘héritabilité
manquante ». Les chercheurs tentent de l’expliquer de plusieurs
façons : difficulté à repérer des mutations qui seraient associées
à des traits marqués, interactions épigénétiques, impacts
différents des évènements selon les gènes impliqués (les sujets à
haut risque génétique seraient plus sensibles aux violences),
influence de toxiques présents dans l’environnement, de
médicaments, d’hormones.

La conclusion globale ? Il existe une bidirectionnalité constante
entre les pressions génétiques et environnementales. Si se
manifeste génétiquement un fort « attrait pour la nouveauté », le
sujet se placera plus facilement dans des conditions à risque qui
vont influencer rétroactivement son comportement. Impossible,
à partir de gènes, de savoir où ce ballet conduira l’individu
mature. Si l’on met en évidence, par exemple, des gènes
associés à l’agressivité, plus fréquemment responsables de
comportements asociaux, peut-être sont-ils également à
l’origine des meilleures réussites professionnelles quand le
contexte s’y prête ? Les modèles de personnalité existants sont
culturels et les jugements à leur sujet, également.

Il faut donc être terriblement attentif à l’information
neuroscientifique, savoir dépister quand, au milieu d’études
12 neurales solides, est glissée insidieusement une philosophie
utilitariste qui n’a plus rien de scientifique. Car la science est le
langage suggéré par le pôle Réel, mais l’esprit en produit
d’autres, particulièrement dans les relations interpersonnelles.
En cherchant à s’identifier au réel, il perd dramatiquement ce
qui fait son humanité, ce qui en fait une excroissance du monde
matériel mais détachée de lui.

*

13