Un cadeau de Noël pour Le Refuge, volume Sven de Rennes

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Un cadeau de Noël pour Le Refuge

Volume Sven de Rennes

Collectif de 18 auteurs
Cet ouvrage existe également au format papier de 400 pages.

Cet titre existe également en un second volume : Un cadeau de Noël pour Le Refuge, volume Felix d'Eon
18 auteurs écrivent sur la double thématique « Noël et Homosexualité » et offre leurs droits d'auteur pour soutenir Le Refuge.

Cette association recueille, soutient et forme les jeunes homosexuels en rupture familiale.

Site : le-refuge.org

• Un cadeau de Noël de H. V. Gavriel

• Flocons de fer de Christophe Gallo

• Le Cadeau de Noël de Jimmy Sabater

• Mathilde et Zoé, la paille de la crèche de Laura Syrenka

• Un Souvenir d’enfance de ChocolatCannelle

• Un dîner tant attendu de Enora GabriHel

• Douce nuit de Jean-Yves Alt

• Le plus long réveillon de Ludovic Zadania

• Le garçon et les allumettes de Pédro Torres

• Un week-end sur deux de Magena Suret

• Un cadeau pour Paul de Nasser Saadi

• Nathan & Alan – Un sacré père Noël ! de V.D PRIN

• La marque rose de Sébastien Monod

• Noël au Balcon de Vincent Koch

• Danse avec les Stars de Yvan Dorster

• Petite bêtise, grammes résiduels et six pieds dans un lit de Valéry K. Baran

• Dix ans et quelques mots après... de Gilles-Milo-Vacéri

• Le tipi-refuge de Lanto Onirina
Retrouvez tous nos titres sur http://www.textesgais.fr/


Publié le : dimanche 2 novembre 2014
Lecture(s) : 16
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791029400001
Nombre de pages : 400
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Un cadeau de Noël pour Le Refuge

 

 

Volume Sven de Rennes

 

 

 

 

 

L’idée de Un cadeau de Noël pour Le Refuge est née de la conjonction de deux désirs.

Un premier, plus prosaïque : éditer la nouvelle Un cadeau de Noël* (première nouvelle de ce volume) de H. V. Gavriel sous format papier comme ses deux autres ouvrages Journal d’une robe noire et Justin’ Love. Mais cette nouvelle était un peu courte pour cela et je souhaitais l’intégrer à d’autres textes.

Un second, plus activiste, celui d’aider Le Refuge à développer aussi modestement que ce soit leurs efforts dans l’accueil de jeunes homosexuels en rupture familiale.

En effet, l’ensemble des droits d’auteurs de cet ouvrage va au Refuge.

J’ai alors fais un appel à textes, à mes auteurs d’abord, et à qui voulait bien ensuite, pour créer un recueil d’histoires de qualité. C’était l’occasion pour certain d’être publié pour la première fois dans un livre. Des auteurs d’autres maisons d’éditions se sont volontiers joints à nous. Un petit paragraphe en en-tête de leur texte vous les présentera.

Cet appel à textes comportait une double thématique : Noël et Homosexualité, avec un interdit : la pornographie. Les passages fripons étaient bien sûr acceptés, mais cet ouvrage n’a pas vocation, on le comprend facilement, à émoustiller les sens.

J’avais peur de recevoir beaucoup de textes mettant en scène Le Refuge lui-même, au risque d’avoir un peu la même histoire racontée différemment  : un jeune maltraité par ses parents, recueilli et entouré par des bénévoles de cette association. Je dois avouer que ma propre nouvelle, qui se cache au milieu des autres, fait participer cette association. J’ai été étonné par la diversité des thématiques abordés. je ne dirai pas qu’il y en a pour tous les goûts, car j’espère bien que vous les trouverez toutes intéressantes. Mais si l’aventure, la science-fiction, la romance, la satyre politique vos intéressent, vous serez comblés.

Je voudrais tout d’abord remercier Alex qui a accepté très volontiers de corriger les textes, ceux-ci et ceux des autres ouvrages Textes Gais. C’est un travail colossal compte tenu de la longueur de cet ouvrage, même si la quasi totalité des auteurs ont soigné leur écriture. Mais qui peut se targuer de connaître toute la grammaire, sachant que certains verraient une faute là où l’on a voulu être trop puriste. S’il reste quelques rares fautes, j’en serais le seul responsable, vous m’en excuserez par avance.

Je voudrais remercier Sven de Rennes pour son geste concernant le dessin de la couverture de ce livre. Sven connaît bien les actions du Refuge et il est fier qu’on puisse trouver tant de générosité en France.

http://www.svenderennes.com

Je voudrais également remercier Felix d’Eon pour son geste concernant le dessin de la couverture du volume qui porte son nom. Dès qu’il a su que cet ouvrage concernait Le Refuge, association un peu éloigné de lui, qui est Américain vivant au Mexique, il a voulu apporter son soutien au projet. Felix d’Eon est un personnage excentrique dont je vous laisse retrouver le lien vers son site en tapant son nom. Attention, il est déconseillé aux personnes que la vue du sexe masculin peut effaroucher. Personnellement j’adore son style début XXe siècle.

Un énorme merci à N qui a maquetté cette couverture comme toute celles des Éditions Textes Gais.

 

* Un cadeau de Noël de H. V. Gavriel et Un Noël pas comme les autres de Diablotin (en version raccourcie pour ce dernier) sont les seuls textes de ce recueil déjà parus aux Éditions Textes Gais.

 

 

 

 

 

 

Un cadeau de Noël

 

 

H. V. Gavriel

 

 

H. V. Gavriel a commencé à écrire de la romance M/M* il y a deux ans. Depuis, on ne l'arrête plus. Elle a publié aux éditions Textes Gais : Journal d'une robe noire et Justin' Love, ainsi que le premier tome d'une série de bit-lit** gay chez Milady/Bragelonne : Les loups de Riverdance.

* Le M/M pour Male/Male (en anglais) ou Homme/Homme est un style de romance gaie, généralement à fin heureuse, écrit par des femmes pour un public féminin.

** Littéralement : littérature mordante, sous-genre littéraire de la fantasy urbaine.

 

 

 

Chapitre 1

 

 

Erwann laisse son regard aux couleurs de l'océan errer sur le paysage urbain dévoilé par la grande baie vitrée du bureau qu'il partageait avec ses trois autres collègues du service des ressources humaines. Une chance d'avoir cette ouverture sur l'extérieur au lieu des salles borgnes où s'entassaient les autres employés de l'entreprise. Non pas que cela change vraiment quelque chose, comme s'il avait pu respirer de l'air pur, ou exposer son visage au soleil. Ou sentir les embruns déposer des baisers salés sur ses lèvres, comme lorsqu'il était chez lui. Enfin, son ancien chez lui, là où il avait grandi, là où flottait encore l'odeur des crêpes et du bonheur domestique. Sans lui. Parce que lui était là, ici et maintenant, dans cet environnement stérile, aseptisé, moquette beige, bureaux bruns, murs beiges, sièges bruns, tout ce brun et ce beige dans lequel il se sentait peu à peu disparaître, devenir transparent. Ses grandes enjambées de marin, son rire sonore, ses yeux d'océan n'étaient pas à leur place dans cette tour parisienne, alors il ne riait plus, ne regardait plus vraiment, et marchait à pas comptés et pressés, comme tous les autres, silhouette anonyme parmi les salariés de la tour, des usagers du métro, des piétons des grands boulevards.

Il contemple le sommet des tours voisines, à demi noyées dans la grisaille et les nuages violines, tandis que les rafales de pluie cinglent la vitre. Les doigts de sa main gauche, toujours un peu raides et tordus, couturés de cicatrices dont le rouge encore vif il y a peu tournait désormais au rose, tambourinent sur un rythme sourd et inconscient sur la table en 100 % placage merisier de son bureau. De la droite, il tient contre son oreille le combiné du téléphone, hochant parfois la tête comme pour acquiescer aux propos de son interlocutrice.

— Oui maman, tout va bien, je t'assure. Non, bien sûr que non. Tu sais bien que je n'ai pas de vacances pour les fêtes, sinon je serais venu. « Menteur ! » Oui, je sais que ça fait deux ans…

Deux ans qu'il fuyait comme un lâche. Qu'il fuyait sa propre famille, leur présence trop pesante, leur amour trop lourd. Le regard de sa mère, CE regard, si plein d'attente inavouée, d'espoirs déçus, de peine. Ce regard qui le transperçait jusqu'au cœur, qui pouvait briser la carapace de glace qu'il avait eu tant de mal à se forger. Qui avait le pouvoir de le désintégrer en des milliers et des milliers de morceaux. Ici, dans cette ville sans âme, où il n'était qu'une fourmi parmi tant d'autres, il pouvait faire semblant, faire comme s'il était encore vivant. Et même quand ses parents étaient venus le voir quelques jours, l'été dernier, il avait pu parler, et sourire, leur faire visiter la ville, les musées, ils avaient parlé de tout et de rien… et surtout pas de l'accident. Mais là-bas à Plouhinec, dans sa ville natale, comment aurait-il pu éviter d'en parler, d'y penser, éviter de porter son regard sur l'océan qu'il aimait tant, qu'il haïssait tant, qui lui avait pris tout ce qu'il aimait ? La voix de sa mère au téléphone se fait interrogative.

— Non, maman, je ne réveillonne pas avec Sylvain… dans sa famille, je suppose, tu sais, on ne se voit plus beaucoup. Non je ne suis pas triste, je t'ai déjà expliqué que ce n'était pas sérieux entre nous. Écoute, il faut vraiment que je raccroche maintenant, je suis encore au travail, tu sais ? Pas du tout ! Ce n'est pas comme si j'avais une dinde à rôtir ou un truc du genre tu sais, alors ça ne me dérange pas de travailler ce 24 décembre après-midi. Allez, au revoir Maman, je t'embrasse. Oui. Bonnes fêtes. Embrasse Papa pour moi, et Yvon, et tout le monde. Kenavo.

Il repose le combiné sur son socle, et ferme les yeux un instant. Fugitivement, son beau visage se crispe, et laisse apparaître la douleur qui le tenaille. Il passe un doigt sur la cicatrice dure qui surmonte sa tempe gauche avant de se perdre dans ses courts cheveux châtains, d'un geste machinal et mille fois accompli, et se lève. Il se rend dans la cuisine à l'autre bout de l'étage, tous ces bureaux vides, et ces open-space déserts, là où d'habitude ses collègues se pressent, et se bousculent, c'est assez étrange, mais pas déplaisant. Il se prépare un café, avale un cachet contre le mal de tête, s'étire un moment, l'échine raide, et retourne à son poste. Cette fois, il se plonge dans son travail, il n'y a aucun bruit pour le distraire, aucun cliquetis sur les claviers, pas de sonneries de téléphone ni le bip du fax, rien qu'un grand silence ouaté tandis que l'après-midi avance, et que l'obscurité envahit la tour.

Erwann relève le nez de ses graphiques, il fait nuit maintenant, seule la petite veilleuse sur l'angle de son bureau apporte à la grande pièce une lumière jaunâtre et figée. Il sauvegarde son travail, éteint son ordinateur, il est temps de rentrer chez lui. Enfin, à l'endroit où il dort, car il a encore du mal à s'y sentir chez lui. À peine trois mois qu'il y a emménagé. C'est petit, mais un vrai palace par rapport au clapier où il a vécu pendant plus d'un an, minuscule, sinistre, humide et vétuste. Maintenant, il a un logement, avec une chambre indépendante dotée d'un dressing, une vraie salle de bains toute belle et flambant neuve, et un beau living assez spacieux avec cuisine américaine également toute neuve et très bien équipée, un joli plancher ancien chaleureux, deux grandes et hautes fenêtres. Et un crédit sur le dos pour les dix prochaines années, mais dont les mensualités lui coûtent quand même moins cher qu'un loyer. Il ne l'a pas dit à ses parents, pas encore. Ce serait leur dire qu'il ne reviendra pas, jamais, et il n'ose pas leur causer ce chagrin supplémentaire.

Il est parfait cet appartement, son appartement, mais encore un peu vide, comme s'il n'avait pas vraiment osé s'y installer. Chaque week-end il se dit qu'il faudrait faire quelques boutiques, ou des brocantes, pour personnaliser son nouveau foyer, mais… chaque fois il repousse le moment. Personnaliser comment ? Il n'est même plus sûr de savoir qui il est. Ni ce qu'il aime. L'Erwann de Plouhinec, l'Erwann de Loïc, avait des goûts affirmés. Il aimait le gris bleu de l'océan, et les voiles blanches des bateaux, et les cheveux rouges de Loïc, il aimait le chant des sirènes dans les coquillages nacrés, le cri moqueur des mouettes dans les haubans, et le rire de Loïc dans son oreille, il aimait le sel de la froide écume, le toucher lisse et gris du bois flotté, la douceur musquée de la peau de Loïc.

L'Erwann d'ici et maintenant, le parisien… il ne sait pas ce qu'il aime. Il ne rit plus, il ne parle pas beaucoup, les odeurs fortes du métro le révulsent, les serveurs trop pressés qui l'ignorent ou le snobent l'agacent. Et il est seul. Il est seul dans des bureaux déserts un 24 décembre à dix-neuf heures, et il va rentrer dans un appartement tout aussi vide où personne ne l'attend. Il se dit qu'il devrait adopter un chat. C'est bien, un chat. Le chat l'attendrait à la maison, et serait content de l'entendre rentrer. Même si ce n'est que dans la perspective d'avoir sa gamelle, mais quelle importance ? Il pourrait aussi prendre un amant. Ce n'est pas si difficile. Il est plutôt séduisant, genre beau mec viril et bien bâti, il n'a pas vraiment de difficulté pour attirer le regard d'hommes qui aiment les hommes. Aussi sauvage et renfermé soit-il, il a quand même un embryon de vie sociale, quelques amis et relations, et des occasions de rencontre. Mais le seul qui l'a vaguement attiré, c'est Sylvain, c'est le seul qu'il a laissé approcher de lui, toucher son corps, mettre ses mains, sa bouche, là où Loïc plus jamais ne poserait les siennes. Mais il ne l'a pas laissé faire plus, pas laissé mettre son sexe là où son amour nichait le sien, il n'a pas pu. Et quand ils ont rompu, après quelques mois d'une liaison intermittente, il n'en a pas éprouvé de chagrin ni de regret. Juste un peu plus de solitude.

Il se dirige à grands pas chaloupés vers l'ascenseur, tout en finissant de s'emmitoufler dans son manteau. Il entre dans la cabine, et descend au rez-de-chaussée, en évitant son reflet dans le miroir, peu flatteur sous la lumière blafarde qui fait ressortir les petites rides au coin de ses yeux, la ligne un peu figée de ses lèvres autrefois souriantes, et les quelques cheveux gris qui subrepticement commencent à coloniser ses tempes. Il n'a pas encore tout à fait trente ans, mais il se sent vieux parfois. Vieux et rassis comme une biscotte. La porte s'ouvre en chuintant, et il se dirige vers la sortie de l'immeuble… avant de s'arrêter, comme hésitant, le regard braqué vers un obstacle imprévu. Les grilles ! Les grilles de fer sont baissées devant les larges portes vitrées ! Ces idiots de la sécurité ont tout verrouillé, sans même faire leur ronde habituelle pour vérifier que l'immeuble est désert. Bon, ce n'est pas la première fois que ça lui arrive, il termine parfois très tard le soir, il reste la sortie de secours à l'arrière du bâtiment.

Il traverse le grand hall d'accueil, puis le long couloir qui dessert les diverses pièces techniques, les réserves et l'office, et tend la main vers la barre de sécurité qui maintient la sortie de secours fermée. Elle ne bouge pas. Son cœur manque un battement, il re-essaye, d'un côté de l'autre, rien à faire, il faut se rendre à l'évidence, la porte est close. De long en large, il parcourt le bâtiment désert, essayant toutes les issues, toquant vainement à la porte du gardien, des bureaux de la Sécurité, tout est verrouillé. Il commence à paniquer un peu, la perspective de passer le réveillon de Noël enfermé ici, dans ces locaux devenus hostiles, lui donne des sueurs froides ! Il prend quelques profondes inspirations pour se calmer, ce n'est pas le moment de faire une crise d'angoisse. Plutôt crever que de se retrouver encore sanglotant au fond d'un placard ou sous une table comme il le faisait avant. Il est guéri, plus besoin de ces putains de médicaments, que de toute façon il n'a pas avec lui, puisqu'il les a laissé à la maison oh mon dieu mon dieu pourquoi je ne les ai pas pris avec moi, pourquoi, pourquoi, pourquoi… STOP !

Il pose sa tête contre le mur, respire bruyamment, poings serrés, paupières closes. Peu à peu, il se calme, mobilisant sa volonté. Bien. Il n’a pas les numéros de téléphone personnels de ses collègues, ni du gardien. Il peut toujours appeler les pompiers ou la police, mais… ils vont devoir dessouder la grille de sécurité, défoncer la porte d'entrée, tout ça pour un crétin qui reste bosser quand il ne devrait pas. Il aura l'air de quoi devant ses patrons ? Et s’ils décident de lui faire rembourser les dégâts, toute sa paye va y passer… non, tout bien considéré, mieux vaut se résigner à passer la nuit ici. Et faire contre mauvaise fortune bon cœur. Ce n'est pas si terrible après tout. Il a de quoi se nourrir avec les distributeurs, du café à volonté et de l'eau à la cuisine, il y a des toilettes, du chauffage… ah, non, plus de chauffage, il a été coupé pour la nuit. Bon. L'un des veilleurs de nuit, à l'occasion, lui ayant parlé des couvertures qu’il utilisait pour se tenir chaud entre deux rondes, Erwann farfouille dans la réserve et repère finalement deux fines couvertures, et, miracle des miracles, un oreiller. Après quelques secondes d'hésitation, il prend le tout, et se décide à remonter au huitième étage, là où il travaille. Il rebrousse chemin vers le hall central pour prendre l'ascenseur. Alors qu'il tend sa seule main libre vers le bouton d'appel, il lui semble entendre un léger bruit. Il s'immobilise, retenant son souffle, pas vraiment rassuré. De nouveau ce même bruit, comme une voix. Bon Dieu oui, c'est bien une voix qui appelle ! Étouffée, lointaine, mais incontestablement humaine.

 

 

 

Chapitre 2

 

 

À l'oreille, il se dirige vers l'origine de ces sons, se guide aux faibles cris. Bon dieu, on dirait un de ces jeux idiots, tu chauffes, tu brûles, non, tu refroidis… il a déjà fait le tour du rez-de-chaussée deux fois, sans jamais trouver la personne qui appelle. En fait, c'est près de la porte de l'ascenseur que le son est le plus fort, ou vers l'escalier… bon sang, c'est à l'étage, évidemment. Il se précipite par l'escalier, pose son fardeau sur le palier, et s'élance dans le couloir. Son cœur bat vite, fort, il a soudain l'impression qu'il est vital de trouver la voix, trouver la personne qui se manifeste… comme s'ils étaient les deux derniers être humains sur terre, deux naufragés. La voix se fait plus forte. Masculine. Jeune. Angoissée.

— Hey, il y a quelqu'un ? Je vous en prie, répondez-moi ! Je suis enfermé… s'il vous plaît…

— Ohé, je vous entends. Je vous cherche. Ou êtes-vous ?

— Dans les toilettes ! Vite s'il vous plaît, venez m'ouvrir, c'est fermé, j'étouffe !

— J'arrive, j'arrive. Ne vous affolez pas, je suis là.

Erwann court jusqu'aux toilettes, tape à la porte

— Celles-ci ? Vous êtes là ?

— Oui, oui, je vous en prie, ouvrez, ouvrez cette porte.

— Calmez-vous, s'il vous plaît, je suis là.

— Oui, oui, me laissez pas… vous ne partez pas, hein ? Ça fait au moins deux heures que je suis enfermé là dans le noir ! Je me lavais les mains, et d'un coup, tout s'est éteint, et je me suis cogné la tête. Quand je suis revenu à moi, j'ai tâtonné pour essayer de trouver la porte, avec mon briquet, mais c'était verrouillé. Vous êtes là ?

— Oui, je vais voir chez le gardien si je trouve les clés. Je n'en ai pas pour longtemps.

— Vous me promettez, hein ? Vous revenez ?

— Oui, je vous le promets.

— C'est quoi votre nom ?

— Erwann. Je m'appelle Erwann. Je reviens très vite.

— Moi c'est Faustino, mais on m'appelle Nino.

— OK Faustino, je fais juste un allez-retour, pas de panique, d'accord ?

— Oui, d'accord, je vous attends… je bouge pas d'ici.

À travers la porte, il entend un petit rire tremblé, et il ne peut s'empêcher de sourire. Le gars a encore le sens de l'humour, tout aussi terrorisé qu'il soit. Il dévale les escaliers, fonce chez le gardien, avant de se rappeler que la porte était verrouillée. Merde ! Il s'arrête, réfléchit, et va finalement dans la réserve, récupérer une caisse à outil qu'il avait entraperçu. Il remonte au premier étage.

— Je suis là, Faustino, je n'ai pas trouvé les clés, mais j'ai des outils, je vais te sortir de là.

— Oui. Je te fais confiance, Erwann.

Il se fige, des larmes lui piquant soudain les yeux. Ces mots, ces mêmes mots… Ça lui déchire le cœur. Il cligne des paupières, rapidement, pour chasser les importunes. Cette fois, il ne va pas merder. Non, pas cette fois. Il attrape un tournevis, et commence posément à dévisser le cache de la serrure. Il est doué de ses mains, il a toujours été un bon bricoleur, et même si l'une des deux est amochée et plus faible, il est encore capable de se débrouiller avec quelques outils. En quelques minutes, il a démonté toute la serrure, tandis qu'il continue de parler avec Nino. Des mots sans importance, le tout c'est de faire entendre sa voix, pour que le garçon ne soit pas seul dans le noir, et dans le froid des vagues… non, dans les toilettes.

Enfin, la porte s'ouvre et un corps chaud s'abat sur lui. Un peu gêné, il entoure néanmoins le jeune homme de ses bras, tandis que celui-ci échappe quelques sanglots de soulagement dans son écharpe.

— Merci, merci…

— Pas de quoi.

— Excuse-moi, dit Faustino, se dégageant de l'étreinte et reculant d'un pas, tout en essuyant ses larmes de son avant-bras, comme un gosse. Je sais pas pourquoi je pleure, c'est con. Désolé…

— Y a pas de mal. C'est les nerfs qui lâchent, ce n'est pas grave. Ne te soucies pas de ça. Il n'y a que nous ici, de toute façon !

Le jeune homme redresse la tête pour le regarder, et lui fait un joli sourire. Ce qu'il voit à l'air de lui plaire. Ce que voit Erwann lui plaît aussi. Un père Noël. Un père Noël très très sexy. Moulé dans un jean rouge rubis, et un tee-shirt blanc près du corps… trèèèès près d'un très joli corps. Et un petit bonnet de laine rouge au surfilage blanc sur la tête. Des boucles brunes indisciplinées s'échappent du bonnet un peu de guingois, les joues roses de confusion sont encore humides de larmes, de jolies prunelles couleur café, brillantes et lumineuses sous les longs cils noirs le dévisagent avec chaleur, et les quenottes blanches resplendissent entre les lèvres pulpeuses du jeune homme, qui lui paraissent bien tentantes, tout à coup. Accueillantes. Désirables.

— Un père Noël ? Interroge-t-il d'une voix rendue un peu rauque par la flambée de désir qui l'étreint soudain. Tu m'as emmené des cadeaux ?

— Je ne sais pas… tu as été sage ?

— Trop, et depuis trop longtemps.

— Oh… disent les belles lèvres de Nino, et cet arrondi déclenche un petit frisson dans le ventre d'Erwann.

Ils se regardent encore, comme hypnotisés l'un par l'autre, puis Erwann aperçoit le filet de sang séché sur le haut du front de son vis-à-vis.

— Tu es blessé ? S'inquiète-t-il en effleurant de la main les boucles noires du jeune homme.

— Ah ? Parvient à hoqueter Faustino, qui ferme à demi les paupières sous la légère caresse.

— Viens, dit Erwann, et sans rien dire il le suit. Il le suivrait n'importe où…

— Oh, attends, j'ai oublié… il rentre de nouveau dans les toilettes, porte grande ouverte, et ressort avec son anorak sous un bras, et une grande boite en carton enrubannée sur l'autre.

Erwann se dirige vers l'ascenseur, son épaule frôlant celle de Nino, et ils entrent dans la cabine. Il appuie sur la touche du huitième étage, et tandis que la cabine monte doucement, les deux hommes se regardent en silence, perdus dans leur contemplation réciproque. Nino sourit, et son visage illuminé réchauffe le cœur d'Erwann, qui lui rend son sourire. La cabine s'immobilise, les portes s'ouvrent, le Breton détache difficilement les yeux de sa trouvaille de Noël pour franchir le seuil. Nino marche docilement derrière lui, les bras encombrés de ses paquets, et puis s'immobilise soudain, comme réveillé d'un songe.

— Où va-t-on ? S'inquiète-t-il d'une voix chantante, où l'accent italien ressort soudain, tandis que son sourire vacille et s'éteint.

— Dans les toilettes d'abord, je vais soigner ta blessure à la tête, et puis ensuite, et bien… je comptais passer la soirée entre mon bureau, qui est par là, et la salle de repos.

L'œil un peu écarquillé de Nino, le léger frisson qui le secoue ne lui échappe pas, et il reste un instant perplexe, avant de réaliser la situation.

— Oh bon sang, bien sûr, tu n'es pas au courant… tu n'as pas dû vraiment réaliser, mais en fait, on est toujours enfermés. Enfermés dans le bâtiment. Bon, c'est largement mieux que dans les toilettes, mais on est quand même coincés ici jusqu'à demain. Ou jusqu'à vendredi. Je suis désolé… enfin non, pas vraiment, en fait je suis content que tu sois avec moi, à deux, ça sera moins flippant. On a des canapés, des couvertures, des boissons chaudes à volonté dans la cuisine, de la nourriture aux distributeurs, et on peut se mettre de la musique avec les PC…

— Et on a même la bûche, s'exclame Nino, dont le sourire est revenu, en brandissant victorieusement le paquet enrubanné.

Il va le poser sur la table de la cuisine toute blanche, regardant autour de lui avec curiosité. Erwann attrape la petite trousse d'urgence dans un des tiroirs, et le guide vers les toilettes au bout du couloir, dont la lumière forte les fait tous deux ciller quand le grand appuie sur l'interrupteur, tandis qu'il lui raconte en quelques mots ses déboires lorsqu'il a voulu quitter l'entreprise. Faustino raconte à son tour la raison de sa présence en ces lieux et de sa drôle de tenue : il voulait faire une surprise à sa meilleure amie, qui travaille ici, et se languissait de ses Noëls en famille, mais c'est lui qui s'est retrouvé surpris, et dépité, quand après l'avoir fait patienter presque trois quarts d'heure à l'accueil, on lui a finalement dit qu'elle ne pouvait pas le recevoir. Persuadé d'une méprise, il avait échappé à l'œil d'aigle du cerbère de l'accueil, et grimpé au premier étage pour retrouver son amie. Mais il avait dû se rendre à l'évidence, tous les bureaux ou presque étaient vides d'occupants, et il ne l'a pas trouvé. Et son téléphone ne répondait pas. Il allait donc repartir quand il avait été pris d'une envie subite, et avait franchi la porte de ces maudits w.c.

Pendant son récit, Erwann, à gestes rapides et précis, a nettoyé et désinfecté l'entaille qui décore le haut du front du garçon, heureusement peu profonde, enlevé le sang séché de sa peau et de ses cheveux, posé un pansement stérile, et déposé sur la langue de Nino quelques grains homéopathiques d'arnica, dans l'espoir un peu vain d'enrayer la formation de la bosse qui commence à orner le front du jeune Italien. Vu d'aussi près, il n'est pas aussi jeune qu'il l'avait cru initialement, il doit avoir vingt-cinq ou vingt-six ans, mais pas plus. Sa peau mate et veloutée, au grain de peau aussi serré que celle d'un enfant, si doré par contraste avec le tissu blanc de son tee-shirt, attire irrésistiblement Erwann, qui, comme envouté, se penche de plus en plus vers lui, ses doigts glissant sur la joue glabre…

 

 

 

Chapitre 3

 

 

Ses lèvres viennent se poser sur celles de Faustino, accueillantes et moelleuses comme il l'avait imaginé. D'abord doux et sage, presque chaste, le baiser se transforme vite en brasier. Leurs langues se touchent, et c'est comme une décharge électrique qui descend dans leur gorge, traverse la poitrine et le ventre, y laissant une trainée de feu, et vient soudain raidir leur verge. Sans même s'en rendre compte, ils se sont levés, serrés l'un contre l'autre, l'Italien à peine plus petit que le Breton. Ils s'embrassent comme des fous, à perdre haleine, mélangent leur salive, les mains d'Erwann perdues dans les boucles brunes de Faustino, tenant sa tête fermement tandis qu'il explore de sa langue la chaude cavité de sa bouche, qu'il s'abreuve à cette bouche comme un homme qui a traversé le désert, tandis que les mains de Faustino serrent la taille d'Erwann sous le chandail, s'égarent dans le creux du dos, cherchant la peau douce et chaude comme on cherche la terre promise. Les langues bataillent, prennent tour à tour le dessus, tantôt conquérantes, inquisitrices, tantôt douces et soumises, les corps s'affrontent, pressés l'un contre l'autre, ventres collés, sexes bandés qui se cherchent et se frottent derrière le tissu rigide des jeans. L'odeur douce et musquée de Faustino affole les narines d'Erwann, qui rompt le baiser pour nicher son nez dans le cou tiède du jeune homme, reniflant, sniffant, se gorgeant de cette odeur mâle, mordillant cette chair si tendre et pâle, la suçant, la goûtant, la léchant, il lui vient des idées de cannibale. Ce garçon, il voudrait le déguster, le savourer de la tête aux pieds, se repaître de son corps, de ses gémissements, ceux qui s'élèvent en ce moment contre son oreille, masculins, affolés, excités…

L'intensité de son désir, sa force, sa brutalité, lui font peur, et il se fige. Effrayé par lui-même, par cette passion soudaine, cet embrasement des sens qu'il n'a jamais connu. Avec Loïc, c'était bien différent, ils se connaissaient depuis l'enfance, avaient été amis avant d'être amants, la découverte avait été douce, tranquille, pleine de tendresse. Ils avaient le temps devant eux, toute une vie pour expérimenter, toute une vie pour s'aimer, avaient-ils pensé. Mais l'océan en avait décidé autrement, le père Neptune les avait séparé. Penser à l'absent suffit à refroidir ses ardeurs, et, calmé, Erwann se dégage sans brusquerie de l'étreinte de Faustino. Une lueur de regret traverse les prunelles café, puis de nouveau le beau sourire éclatant.

— Waouh, ça c'est un sacré baiser, mec ! Le meilleur que j'ai eu depuis bien longtemps. Pour un peu, je jouissais dans mon jean comme un puceau !

— Désolé, je ne sais pas ce qui m'a pris, je n'aurais pas dû te sauter dessus comme ça.

— Ah non, t'excuse pas ! C'était trop bon. Tu peux me sauter quand tu veux !

Il rit, taquin, tandis qu'Erwann se sent rougir, à la fois content et embarrassé.

— Si on allait s'installer dans la cuisine ? Tu n'as pas faim ?

— Si, je meurs de faim. Et de soif aussi. Allons-y, allons préparer notre réveillon.

Et il prend la main d'Erwann avec tant de naturel pour le traîner hors des toilettes que celui-ci ne s'en étonne même pas.

Les deux hommes se rendent dans la cuisine proche, et tandis que Faustino s'empresse de se servir un verre d'eau, qu'il boit à grands traits, Erwann plonge la tête dans le réfrigérateur… à part quelques yaourts et quelques fruits que les employées apportent régulièrement pour leur pause, il n'y a pas grand-chose. Victorieusement, il sort néanmoins un filet rempli de mini-babybel, qu'il brandit avec un cri de joie, avant d'inspecter d'un air suspicieux un gros bol en plastique contenant un mélange de crudités. L'étiquette est encore intacte, et la date de péremption dans quelques jours. Il le pose d'un air décidé sur la table. Faustino y jette un coup d'œil dubitatif.

— C'est à qui ?

— Aucune idée. Mais peu importe, c'est un cas de force majeure ! Je rachèterai une salade quand je reprendrai le travail, pour remplacer celle-ci. Elle n'a pas été ouverte, alors ça va.

— Bon, et bien, il prend tournure notre petit dîner. Fromage, salade, et sans oublier… tadam, fait-il, exagérément théâtral, en brandissant le paquet enrubanné qu'il avait avec lui dans son improbable cellule :

— Une superbe bûche pâtissière au praliné !

— Oh, magnifique, répond Erwann en applaudissant. Superbe. Mais tu n'as pas pris chocolat ?

— Non, mon amie n'aime pas.

— Dommage !

— Tu aimes ça ?

— J'adore, je suis fou de chocolat, sous toutes ses formes.

— Je t'en offrirai alors… il s'interrompt, rougit soudain, l'air un peu gêné… enfin, je veux dire si jamais on se revoit.

Et il se retourne vite pour se servir un nouveau verre d'eau, tandis qu'Erwann ne trouve rien à dire et préfère donc se taire. Un grand frisson secoue soudain Faustino.

— Tu as froid ?

— Oui, un peu. Il fait moins chaud que tout à l'heure, non ?

— En effet. La chaudière se coupe automatiquement la nuit. Ça va cailler tout à l'heure… viens j'ai une idée. On va s'installer dans la salle de repos, elle est plus confinée, il y fera meilleur. On mangera sur la table basse, ça va être sympa. Et je vais piquer le petit radiateur électrique de ma collègue, pour nous chauffer.

Tout en parlant, les deux hommes attrapent nourriture et manteaux, et se dirigent vers la petite salle, toute moquettée de gris, et égayée par un sapin artificiel décoré de quelques boules et guirlandes.

— Tu vois, ça va être sympa ici, dit Erwann.

Faustino regarde autour de lui, et opine avec un petit sourire. Il repart chercher une bouteille de coca, tandis que le Breton va récupérer le radiateur miraculeux dans le bureau de sa collègue. Ça lui fait un drôle d'effet de retraverser tout l'étage d'un silence de tombe, à peine éclairé par les veilleuses, jusqu'à son bureau. Tout paraît si calme et si lugubre ainsi. Froid comme une tombe. Il imagine le corps de Loïc, sans vie, tombant doucement vers le fond de l'océan, si profond, si loin de lui, tandis qu'il regarde sans les voir les flocons de neige qui maintenant tombent serrés entre les immeubles noyés dans l'obscurité, alors que plus bas, vers la rue, les illuminations de Noël forment comme une brume lumineuse.

Il se reprend, attrape le petit chauffage blanc planqué sous le poste de travail de sa collègue, et retourne de l'autre côté du plateau. Tandis qu'il s'approche, il entend la voix de Faustino, qui chante à tue-tête une romance italienne, d'un joli timbre de ténor un peu éraillé quand même. Cette voix, cette joie, et la lumière qui inondent la cuisine et la salle de repos et s'échappent des portes ouvertes pour éclairer une partie des bureaux lui mettent de la joie dans le cœur, et le sourire aux lèvres.

Il se dit qu'il est stupide, contaminé par l'esprit de Noël et ces films niais et dégoulinants de bons sentiments qui sont diffusés et rediffusés par toutes les chaînes de télévision depuis déjà une semaine, mais il s'en fout. Il ne peut cesser de sourire. Et son sourire fend carrément tout son visage quand il pénètre dans la salle de repos, et qu'il voit le jeune Italien en train de valser, amoureusement serré contre une grande bouteille en plastique de Coca, tout en chantant comme un crooner, l'air langoureux ;

Faustino l'aperçoit en train de le regarder et s'arrête, un peu gêné, avant d'éclater de rire devant le sourire béat du Breton. Celui-ci va brancher le radiateur, et le met en route, se rend à la cuisine et en revient en tenant à la main quelques bougies blanches encore emballées. Ces réserves, que les employés avaient acheté au moment de la réfection de l'installation électrique, quand ils se retrouvaient plongés dans le noir plus souvent qu'il n'était décent, n'ont pour une partie jamais servi, c'est l'occasion ou jamais. Les deux hommes installent sur la grande table basse couverts, bougies, verres et bouteilles, et posent au sol les gros coussins en simili cuir noir d'un fauteuil. Erwann se rappelle soudain les distributeurs de nourriture près des ascenseurs, et les deux garçons s'y précipitent en riant. Ils fouillent leurs poches à la recherche de monnaie, font leur choix, certains racks sont vides, mais il reste encore largement de quoi se rassasier… à défaut de se régaler. Au moment de tourner les talons, le Breton se souvient des couvertures qu'il avait trouvées et qu'il a posées quelque part lorsqu'il a entendu les appels de Faustino. Il pose ses sandwichs dans les bras du joli brun, et appelle l'ascenseur pour redescendre une fois de plus. Il a fait plus de kilomètres dans ces couloirs en une seule soirée que durant toute l'année !

 

 

 

Chapitre 4

 

 

Il ramasse les couvertures et l'oreiller là où il les avait posés, et appelle de nouveau l'ascenseur. En appuyant sur le bouton du huitième étage, Dieu sait pourquoi, ses yeux se posent sur toute la ligne de boutons, dont celui du sous-sol, et soudain il sursaute. Putain, le sous-sol ! Il y a le parking au sous-sol ! Et une porte qui donne dans ce parking, qui s'ouvre avec un passe magnétique, ou avec un code, qui change toutes les semaines, et que les salariés titulaires du badge reçoivent par mail sécurisé. Code que sa collègue Lucie, avec sa mémoire de poisson rouge, note sur un post-it qu'elle colle à l'intérieur du tiroir de son bureau. Putain, quel con ! Pourquoi n'y a-t-il pas pensé avant ! Il aurait pu être chez lui depuis longtemps, maintenant.

Mais… s'il avait pensé à sortir par le parking, il n'aurait pas entendu les appels de Faustino, et le jeune homme serait resté tout seul, enfermé...

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