Un seul amour

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Le témoignage authentique et courageux d'un chemin de vie hors du commun. De l'enfer personnel de l'alcoolisme à la Révélation de l'Amour Universel, un parcours parfois dangereux et parfois magnifique dans une évolution croissante de conscience. L'auteur nous parle de sa vie antérieure et des répercussions douloureuses qu'elle a engendrées dans sa vie présente et qui l'ont mené à la réconciliation avec lui-même et les autres et à la Rencontre avec la Source de Lumière et de Vie qui se manifesta soudainement à lui dans une effusion à la fois d'une puissance et d'une douceur infinie ; une Rencontre avec le Souffle Divin qui établit sa demeure en lui d'une manière permanente le faisant vivre dans une constante brise légère, caresse et tendresse d'un Amour Éternel. Don de Dieu qui attend toutes celles et ceux qui empruntent cette voie étroite. « Suite à cette expérience, je me mis à voir, yeux aussi bien ouverts que fermés, et plusieurs fois par jour, une petite perle d'un bleu vif à la hauteur du milieu de mon front. » René, dans son travail de praticien en cabinet et lors de ses ateliers, facilite une ouverture et un accompagnement vers la Guérison Spirituelle. L'auteur exerce en tant que bio-energéticien, magnétiseur et kinésiologue.


Publié le : mardi 22 mars 2016
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EAN13 : 9782356621085
Nombre de pages : 128
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Sabine Darmont,L’Éveil de l’Énergie spirituelle, 2 013

Docteur Fernand Rozier (élève de Papus),Cours de Haute-MagieL’exploration du monde invisible. Introduction de Serge Caillet, 2001. Cet excellent livre décrit les différents mondes de l’au-delà et leurs habitants.

Collection « Autour de Maître Philippe de Lyon »

Claude Laurent,Mes Souvenirs – Guérisons et Enseignement de Maître Philippe, 2003

Sédir,La vie inconnue de Jésus-Christ selon l’Enseignement de Maître Philippe.Première partie : Philippe Collin,Sédir, par et pour le Christ, 2003

Auguste Jacquot, Auguste Philippe,Les Réponses de Maître PhilippeSuivies des enseignements recueillis par son frère Auguste, 2004

Phaneg,L’Esprit qui peut toutL’action de l’esprit sur la matière selon l’Évangile et Maître Philippe de Lyon, 2004

Philippe Collin,Monsieur Philippe deLyon – Album Souvenir [1905-2005], 2005

Jean-Baptiste Ravier,Confirmation de l’Évangile par les actes et paroles de Maître Philippe de Lyon, 2005

Les Carnets de Victoire Philippe, 2006

Philippe Collin,Vie et Enseignement de Jean Chapas, 2006

DVDMaître Philippe de Lyon, le chien du Berger, un film de Bernard Bonnamour. Durée 1 h 50

Marie Emmanuel Lalande,Lumière Blanche,2010

Christiane Jouffroy Grandjean,L’héritage de Jean Chapas – disciple de Maître Philippe de Lyon, 2011

René CARUSO

Un Seul Amour

Vers la guérison spirituelle

Le Mercure Dauphinois

© Éditions Le Mercure Dauphinois, 2 013

4 rue de Paris 38 000 Grenoble – France

Tél. 04 76 96 80 51

E-mail : lemercuredauphinois@wanadoo.fr

Site : lemercuredauphinois.fr

ISBN : 978-2-35 662-064-4

REMERCIEMENTS

Je tiens tout d’abord à exprimer ma gratitude à mes parents, grands-parents et ancêtres. Sans eux, ma vie terrestre n’aurait pu être transmise. Je les remercie d’avoir vraiment fait de leur mieux et ce, à tous les niveaux.

Je remercie tous ceux qui, de près comme de loin, ont contribué à mon évolution de conscience et à la lente maturation de mon esprit en devenir. Je les remercie surtout pour leur patience car j’ai été bien souvent un « élève » rebelle…

Je remercie aussi bien ceux « qui m’ont fait du bien » que « ceux qui m’ont fait du mal » car ils m’ont tous permis d’apprendre des leçons de vie.

Je remercie Alexandre G. pour avoir été l’élément déclencheur du début de la rédaction de mon manuscrit ainsi que Michèle R. qui a bien voulu faire une première correction orthographique.

Je remercie Christian P. pour être apparu au bon moment dans ma vie et qui m’a littéralement conduit chez mon éditrice.

Et, bien sûr, je remercie la Vie et Sa Source, Lumière sans laquelle aucunemerveille ne pourrait exister. Lumière incarnée sur Terre par un Fils Unifié venu il y a deux mille ans. Un Fils nommé Jésus de Nazareth, le Christ, qui a laissé à l’humanité un Héritage d’Amour Infini.

À toi, S., avec qui j’ai vu le Ciel s’ouvrir

Pour Celui qui a donné Sa Vie par Amour

Et à tous ceux qui ont gardé un cœur d’enfant

AVERTISSEMENT

Nous constatons actuellement que l’augmentation des fréquences du cosmos et des vibrations de la Terre a une influence sur l’être humain, intensifiant sa sensibilité et ses facultés perceptives. Ainsi, de nombreux dons font leur apparition et certains êtres, déjà plus sensibles que d’autres, voient se développer en eux différentes capacités médiumniques. Ce phénomène touche aussi beaucoup d’enfants et le fait qu’ils « voient » ou « entendent » – ce qui pourrait apparaître comme une aberration pour quelqu’un de très rationnel –, n’en fait pas pour autant une « patholo­gie ». Il est, bien entendu, fortement conseillé de consulter un médecin avant de se prononcer.

Nous devons toutefois mettre en garde contre l’inter­pré­tation de ces phénomènes. Par exemple, lorsqu’on a accès aux mémoires de vies antérieures, il faut être extrême­ment vigilant sur ce qu’on transmet parce que cela peut nuire. En effet, certaines personnes n’ont pas forcément la neutralité nécessaire. Elles peuvent projeter leurs propres problèmes sur le consultant. J’ai eu moi-même, pendant quelque temps, à payer très cher par ce qu’une information erronée me fut communiquée par une de ces personnes, à savoir une « effaceuse de karma négatif ». J’ai eu un doute et suis allé vérifier un détail qui s’est avéré faux et qui aurait pu entraîner de graves conséquences chez une autre personne que moi ! C’est le solide ancrage dans ma Foi qui m’a donné le courage d’aller « voir et vérifier » par moi-même cette donnée qui aurait pu, je le répète, être fatale à une personne psychologiquement fragile !

J’ai compris que cette personne était victime d’une peur cachée, d’une colère rentrée contre l’homme, non résolues, non guéries et qui teintaient négativement son interprétation.

D’où cet avertissement : n’allez pas croire n’importe qui, surtout si le contenu de l’énoncé ne va pas dans le sens d’une réconciliation, c’est-à-dire de l’Amour, mais contribue, au contraire, à renforcer une haine ou une culpabilité. Éloignez-vous de ce genre de personnes et mettez en garde vos proches et vos amis solides.

INTRODUCTION –MA VIE ANTÉRIEURE

Lorsqu’une vingtaine de personnes vous demande pourquoi vous n’envisageriez pas d’écrire un livre, c’est qu’il y a peut-être un message à comprendre.

D’ailleurs, une demande extérieure répétée doublée d’une autre, cette fois-ci intérieure et de plus en plus « pressante », se faisait ressentir depuis quelque temps. J’ai donc fait de mon mieux pour répondre à cette injonction.

Avant de commencer à écrire, j’ai lon­guement réfléchi. Mettre noir sur blanc tout un vécu à la fois de manière simple et la plus précise possible était un véritable défi, du moins pour moi. C’était aussi accepter de se mettre à nu, et comme ce vécu découle de ma dernière vie antérieure je courrais le risque de déranger voire de choquer et ainsi de me desser­vir au regard de certains, notamment de ceux qui se disent bien « ancrés » dans la réalité. Mais de quelle réalité s’agit-il ?

Lorsque la plupart d’entre nous parlent de réalité, il s’agit le plus souvent de la petite réalité unidimensionnelle que nous considérons de manière matérialiste, logique et rationnelle. Bien évidemment, cette vision de la réalité n’est certainement pas à exclure mais, à mon sens, à inclure au contraire dans un Réel infiniment plus vaste comprenant une multitude de réalités, qui, chacune à son niveau, a sa fonction à remplir. Il s’agit donc d’une réalité multidimensionnelle qu’on pourrait traduire aussi comme différents niveaux de conscience auxquels, sans le vouloir, j’ai eu accès dès mon plus jeune âge, ce qui a plus ou moins rapidement fait de moi un enfant « pas comme les autres ». Autant dire que je ne rentrais pas ou difficilement dans la « norme ».

Ma dernière vie antérieure date du tout début duxiiie siècle, époque sombre du Moyen Âge, où, bien que cela soit encore de mise de nos jours, la corruption battait son plein sous le couvert (et le pouvoir) de différentes « autorités » dont je faisais partie. Je préfère dire tout de suite que j’exerçais un pouvoir politico-religieux. Encore un peu de courage… voilà… je « travaillais » pour la « Sainte Inquisition » !

Chacun est libre de considérer ce récit comme véridique ou de la lire comme un roman. En ce qui me concerne, j’ai simplement voulu témoigner. Un témoignage qui a pour but d’élargir, ne serait-ce qu’un peu, notre champ de conscience et, justement, de prendre conscience à quel point nos actes passés peuvent avoir une incidence et des conséquences parfois très douloureuses sur notre présent. Il est aussi un message d’espoir pour une humanité meilleure si nous acceptons la responsabilité de nos actes et, surtout, que rien n’est une fatalité et que tout, également, peut être transformé avec, bien sûr, un peu de lucidité, pas mal de courage et… beaucoup de patience !

Mais ce témoignage, écrit avec des mots simples, presque « enfantins », a aussi un autre but. Celui, par l’aveu public de mes erreurs commises, puis de ma réorientation, de réhabiliter ce que j’avais bafoué avec orgueil et ignorance : l’amour ou plus exactement un Amour Autre infiniment plus beau et plus pur que ce que nous avons l’habitude de mettre dans ce mot.

C’est une expérience hors du commun aussi bien que sublime qui est relatée dans ces pages et qui m’a donné la force d’écrire ce qui va suivre. En effet, les souvenirs de cette dernière vie sont horribles. C’est pourtant de là qu’il me faut partir, sans citer de détails, pour témoigner de ce si long chemin de réconciliation avec moi-même, avec les autres et le monde. C’est certes un chemin de pénitence, de repentir si l’on prend le sens littéral de ce mot à savoir changer de pente ou plutôt reprendre la bonne pente. Un chemin fait de multiples épreuves et étapes comportant aussi des moments de grandes joies et de prises de conscience parfois assez extraordinaires. C’est aussi et sans doute un chemin de guérison personnel et collectif car tout étant relié dans l’Univers, et donc sur Terre, ce que l’on fait pour soi-même a une influence sur tous les êtres humains.

La physique quantique a depuis déjà quelques décen­nies prouvé ce que de très anciennes traditions savaient : tout est à la fois interdépendant, impermanent et donc en évolution constante. Lorsque j’écris ces lignes, nous sommes en 2012. Certaines fréquences, dans l’Univers sont en élévation. Elles provoquent une augmentation des vibrations terrestres et l’humanité en ressent les effets. Ces fréquences élevées produisent un effet de déstruc­turation des valeurs établies sur un excès de pouvoir, de domination d’un être sur un autre.

L’apocalypse (apokálupsis= révélation en grec) que certains redoutent à l’extérieur est surtout intérieure car elle provoque un effondrement de bien des pseudo-certitudes qui n’ont plus lieu d’être. Nous venons d’entrer dans une ère où des forces d’équité, de partage, de compassion et d’amour sont en train de balayer progressivement leurs opposés démesurés. Rien n’est joué à l’avance et c’est à chacun d’entre nous de devenir les actrices et les acteurs de ce changement, de ce proces­sus de mutation à l’œuvre et contre lequel les tentatives, même désespérées, de résistance ne peuvent qu’induire plus de souffrance.

Révélation. Ce mot est « à l’ordre du jour ». En cette période de bouleversement, de plus en plus de choses cachées apparaissent au grand jour. Aussi bien ce qui est faux et mensonger que de belles capacités à reconstruire différemment. Inutile d’accuser et de condamner qui que ce soit : cela est stérile et ne fait qu’alimenter des sentiments négatifs. Ceci dit, je ne serai pas « tiède »… Alors oui il faut du courage pour faire face, non plus dans le conflit mais avec une communication vraie, simple et sincère. Commencer par balayer devant sa propre porte c’est aussi reconnaître que nous n’avons pas été toujours des « saints », que cela soit dans cette vie ou une vie antérieure et que nous puissions donc reprendre notre pouvoir sur nous-même et rectifier certaines erreurs.

Un pouvoir d’évolution et de transformation. Un pou­voir de transformer des pulsions de mort en pulsions de vie. Un chemin de retour à Soi… à ne pas confondre avec une régression mais, bien au contraire, comme une évolution la plus consciente possible vers ce qu’il y a de meilleur en nous. Une évolution sans précipitation, pas à pas, chacun à son rythme, vers ce qui pourrait s’appeler une union sans fusion ni séparation, une union non pas dans l’uniformisme mais dans une unité intérieure et extérieure avec la joie de partager librement nos diversités et ressources respectives.

Cela est non seulement possible mais peut-être un impératif plus urgent que nous pourrions le croire… Du moins si nous avons réellement l’intention de contribuer à engendrer une humanité plus humaine. Le monde aujourd’hui est ce qu’il est, c’est-à-dire tel que nous l’avons voulu consciemment ou inconsciemment. Sur Terre, et depuis des milliards d’années, de très longues phases d’évolution créatrice (ou de création évolutive) se sont succédé. Ces périodes, extrêmement longues au début de la vie cellulaire, se sont peu à peu raccourcies et accélérées au fil des millions d’années produisant un effet d’« accé­lération du temps linéaire ».

Aujourd’hui, nous sommes à un « seuil », un bascu­lement, une inversion ou, mieux encore une « conver-sion ». Se convertir, c’est littéralement aller vers quelque chose ensemble, c’est être unis vers. Vers quoi ? C’est peut-être aussi regarder, tourner notre regard dans une même direction, une direction convergente vers plus d’harmonie et de paix. Quelques êtres d’exception sont venus à diffé­rentes époques nous montrer cette direction.

En parlant de « direction », il est important que chacun connaisse l’étymologie du motpéché. Il signifierait « une erreur de direction », « un ratage de cible », « un dommage pour avoir visé à côté ou être passé à côté ». Le péché  n’existe donc pas en tant que tel, c’estnous qui l’avons créé en se détournant de notre origine. Ainsi, la vie peut être figurée par un cercle avec pour conséquence que si nous ne savons pas d’où nous venons, nous ne pouvons savoir où nous allons. Mais il est aujourd’hui encore temps pour retrouver, individuelle­ment d’abord puis collective-ment ensuite, notre direction, notre orientation après avoir été désorientés.

Désorientés comme je l’ai été moi-même pendant longtemps. Sans cette orientation comment ne pas tomber, chuter dans l’égoïsme, l’avidité, la manipulation de l’autre pour des fins et des faims personnelles ? Comment ne pas succomber à la tentation de consommer l’autre et de le consumer en pensant que c’est la seule solution de survie ? Comment alors ne pas s’enfermer dans la fatuité d’un orgueil qui nous fait croire que nous sommes « supé­rieurs » aux autres et, par là même, enfermer, emprisonner l’autre dans une « infériorité » aliénante ? Le tort et la raison ne deviennent-ils pas alors les deux maillons qui nous enchaînent les uns aux autres nous ôtant ainsi toute liberté d’épanouissement, d’échange libre, de « communion » ?

Un début de réponse serait de prendre conscience que nous venons tous, sans exception, de la même origine. Nous pourrions alors reconnaître une sorte de « paternité » commune et que nous avons tous exactement le même droit de vivre en aimant mieux, en nous aimant mieux les uns les autres dans le respect de nos diversités et, aussi, en aimant et respectant mieux notre « maternité », notre Terre et mère nourricière. C’est pour avoir perdu mon orientation que j’ai chuté dans ma dernière vie antérieure et suis tombé dans le pouvoir et la possession. Les conséquences ont été terribles aussi bien pour ceux et surtout celles qui étaient sous mon pouvoir, que pour moi ensuite…

Mon domaine et mon château, il y a sept siècles, se situaient quelque part entre l’actuel Languedoc et l’actuel Berry. Exerçant un pouvoir situé entre l’autorité royale représentée par le Roi Saint Louis et la papauté dirigée par Innocent IV, j’étais surtout un grand manipulateur qui usait sans vergogne de la séduction, la ruse, la peur ainsi que d’autres méthodes persuasives ou dissuasives pour satisfaire mes faims et mes fins. J’utilisais, à cette époque, les pouvoirs de mes magiciennes attitrées, autrement dit, les pouvoirs de la sorcellerie. Bien évidemment, ces actes se sont retournés contre moi et surtout contre la seule femme que je rencontre de vie en vie et qui m’avait fait confiance. Elle et moi, par la jalousie d’une autre femme, avons été dénoncés et séparés de force, nos sorts, bien que différents, ont connu une fin peu enviable. C’est ainsi que je mourus emportant avec moi une terrible culpabilité de l’âme.

Dans cette présente vie, bien entendu, je me suis retrouvé face à face avec les personnes que j’avais fait souffrir dans ma précédente vie, avec pour mission de réparer. Je vous invite donc à lire les pages qui vont suivre. Elles témoignent d’une partie de ma vie ainsi que de la lente maturation de mon esprit.

Mais par-delà toutes mes tribulations, il s’agit surtout d’une incroyable histoire d’amour qui dure depuis plus de 9000 ans1entre un homme, une femme et l’Univers.

XXe SIÈCLE, LA RÉINCARNATION

18 h 00, 6 juillet 1955. Nice, Alpes-Maritimes. À la clinique Saint-Antoine, dans le quartier des musiciens, une femme, Marie-Madeleine, fait le va-et-vient dans un couloir. Au fond du même couloir un homme, Raphaël, est assis sur une chaise. L’attente semble longue. Puis une porte s’ouvre et une infirmière apparaît : « C’est un garçon ! Vous pouvez venir ! »

« Un garçon ! » Marie-Madeleine, la mère de ma mère semble ravie, un sourire radieux éclaire son visage. Raphaël, mon père, se lève brusquement et tous deux s’engouffrent dans la chambre. Le visage un peu fatigué mais affichant un grand sourire, Marcelle, ma mère, me tient contre elle et, avec tendresse, les regards convergent vers moi. Je dois ressembler, tout rouge et fripé, à un coquelicot à peine ouvert. Ma grand-mère me tend un de ses doigts, je le saisis et le serre de toutes mes petites forces. De la bouche de mon père, j’entends pour la première fois mon prénom : René. Je n’ai pas l’air très content… de vagues souvenirs inconscients me rappellent de loin pourquoi je suis venu, pourquoi je suis re-né. J’étais loin de m’imaginer pas que tout au long de ma vie je vivrais de multiples renaissances…

Et quelque temps plus tard, me voilà à l’église Notre-Dame. Il fait sombre dans cette grande maison en pierre. Les plafonds sont très très hauts. Maman me tient dans ses bras mais je ne suis pas rassuré du tout, je sens qu’il doit se passer quelque chose d’important, mais quoi ? Un homme grand en robe noire, avec sur les épaules une nappe en dentelle blanche comme celle qu’il y avait sur la table de nuit de ma grand-mère s’approche de moi avec un petit récipient dans la main. Ma mère me penche dangereusement en arrière au-dessus d’un grand bac en pierre et le grand bonhomme me verse de l’eau froide sur la tête, par surprise. Pas sympa du tout comme première « prise de contact » avec le bon Dieu ! Je fais la gueule, des photos en témoigneront.

Un an plus tard, nous voilà partis en Italie pour les vacances. Un petit hameau dans les Alpes du Piémont italien nous accueille. C’est dans un immense pré que je fais mes premiers pas en face… d’une église. Les coque­licots sont plus hauts que moi et je les regarde d’un œil inquiet. Dans les jours qui suivent, le curé passe me voir dans la vieille maison que nous a prêtée la sœur de Mémé. Je ne sais pas si c’est parce qu’il est petit mais je le prends en sympathie. Une bonté émane de lui. On m’explique que tous les jours il fait le tour de toutes les maisons du hameau pour voir si les gens ont besoin de quelque chose, plus particulièrement les personnes âgées qui vivent seules. Dans son sac en bandoulière, il a toujours ce qu’il faut pour rendre service. Pour moi, ce jour-là, j’eus droit à une pêche bien mûre et parfumée qu’il avait « trouvée » au passage en traversant les champs.

Ayant appris à marcher, je ne marche jamais, je cours, toujours impatient. Si je n’arrive pas à avoir rapidement ce que je veux je le fais immédiatement savoir en donnant de la voix. J’arrive à l’âge où l’on me met en maternelle à l’Institut Sainte-Marthe où, tous les matins, Sœur Blanche me prend sous son aile bienveillante. Ma mère me surveille de la fenêtre du quatrième étage qui donne bien sûr sur la cour de la maternelle. Je me fais deux petits copains, Patrick et Pierre-Marie avec qui on forme un petit trio inséparable.

À la belle saison nous allons régulièrement pique-niquer dans l’arrière-pays niçois. J’ai à peu près cinq ans. Ce jour-là, assis à l’arrière de la vieille Renault 4 chevaux de mon père, je regarde comme d’habitude par la vitre. Tout à coup, toute la nature environnante devient comme lumineuse, je crie : « Arrête-toi Papa ! regarde comme c’est beau ! regarde comme c’est beau ! » Mon père ralentit et s’arrête au bord de la route. Je sors de la voiture et je fais quelques pas. Tout ce que je vois est lumineux ! Les rochers, les arbres, les buissons, l’herbe, tout est composé d’une infinité de points de couleurs qui...

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