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"Angers, Honneur et Patrie"

De
162 pages
Le 19 juin 1940, les troupes allemandes s'installent à Angers. La ville devient, pendant 50 mois, le siège de l'administration militaire du Sud-Ouest district B. Victor Chatenay forme un réseau de résistance, au départ familial, qui prend le nom de Angers HP. Son activité : renseignement, sabotage, évasion, propagande, poste. Le réseau compta au total 296 membres, dont 150 Angevins, qui connurent la violence de la répression allemande. Le réseau enregistre, entre septembre 1943 et février 1944, 107 arrestations et 49 déportés.
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Bertrand GOGENDEAU
Dominique PHILIPPE« Angers, Honneur et Patrie »
Le 19 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans la ville
d’Angers et s’y installent pour 50 mois. La ville devient alors
le siège de l’administration militaire du Sud-Ouest district B
avec, à partir d’avril 1941, autorité sur 17 départements de la
Bretagne aux Pyrénées. Dès juillet 1940, l’idée d’un réseau de « Angers, Honneur et Patrie »résistance germe dans l’esprit de Victor Chatenay. Au départ
familial, le réseau s’élargit à des personnes de confiance.
Chaque vendredi soir ses membres se réunissent au domicile
de son fondateur. Le réseau prend le nom de Angers HP Le réseau de résistance angevin
et organise son activité autour de plusieurs groupes :
renseignement, sabotage, évasion, propagande, poste (avec dirigé par Victor Chatenay
pour mission l’interception des lettres de dénonciation).
En juin 1943, Victor Chatenay et ses hommes rejoignent 1940 - 1944
Jade-Fitzroy qui travaille pour l’Intelligence service (MI6), puis
en juillet 1944, le BCRA français. Traqué par les Allemands
Victor Chatenay doit quitter la France en septembre 1943 et
gagne Londres où il poursuit son action résistante. Le réseau
Honneur et Patrie compta 296 membres dont 150 Angevins. Ses
membres connurent la violence de la répression allemande.
Entre septembre 1943 et février 1944 le réseau enregistre 107
arrestations soit près d’un tiers de ses effectifs, 49 furent
déportés.
Bertrand Gogendeau, historien de formation, est investi dans
de nombreuses associations mémorielles. Il est l’auteur de Alezy, le
Lieutenant-colonel Jean Eynaud de Faÿ et la libération d’Angers.
Dominique Philippe, docteur en histoire, enseigne à Angers et
a déjà publié aux éditions L’Harmattan Fanny Beznos ou la passion
révolutionnaire.
ISBN : 978-2-343-04591-7
17,5 €
Bertrand GOGENDEAU et Dominique PHILIPPE
« Angers, Honneur et Patrie »







































1








































2










« Angers, Honneur et Patrie »

réseau de résistance angevin
dirigé par Victor Chatenay
1940 - 1944























3


/H







































4
Bertrand GOGENDEAU
Dominique PHILIPPE











« Angers, Honneur et Patrie »

réseau de résistance angevin
dirigé par Victor Chatenay
1940 - 1944



















5


/H









































© L'HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04591-7
EAN : 9782343045917 INTRODUCTION

Le maréchal Pétain, successeur de Paul Reynaud au poste de
président du Conseil annonce, le 17 juin 1940, la demande d’armistice
de la France. Ce même jour, Angers subit deux bombardements.
20 000 Angevins quittent la ville. Afin d’éviter des destructions et des
victimes, Angers est déclarée ville ouverte. Le 21 juin 1940, le
Maineet-Loire est presque totalement envahi.

À Angers près de 300 bâtiments sont réquisitionnés par les
autorités occupantes. Angers devient alors le siège administratif de
l’administration militaire du Sud-Ouest, avec, à partir d’avril 1941,
autorité sur dix-sept départements, de la Bretagne à la frontière
espagnole. L’occupation désorganise l’activité économique. La
pénurie devient vite une préoccupation pour les particuliers et les
entreprises.

À partir de juin 1942, la répression nazie s’intensifie avec
l’installation, de sinistre mémoire, du Sipo-SD (police de sécurité
allemande) qui pourchasse toutes personnes soupçonnées de
propagande ou d’actes anti-allemands. Dès lors, communistes,
résistants, ainsi que les Juifs sont traqués sans relâche.

Au regard du nombre de cartes CVR (Combattant volontaire de la
Résistance) – attribuées par rapport à la population de 1946 –, le
département du Maine-et-Loire, ne témoigne pas, comme le
confirment d’ailleurs les rapports préfectoraux à la Libération, d’une
forte identité résistante.

Ce constat ne saurait cependant être assimilé à de la passivité et ne
doit pas masquer une autre réalité. Car à l’origine de la résistance il y
a des femmes et des hommes qui, par leur conviction, leur
engagement, ont su, sur la base de relations familiales ou
professionnelles, à l’image de Victor Chatenay, fondateur dès 1940
d’Honneur et Patrie, fédérer, afin de mener le combat pour la
libération de la France.

La Résistance c’est d’abord un refus. Refus de la défaite, de
l’occupation allemande, du régime de Vichy. Expression d’un refus
mais d’un refus en action. Dès l’été 1940, aux premières lacérations
7
d’affiches de propagande succèdent les premiers sabotages. Né de
volontés individuelles, ce « désordre de courage », vient assez vite à
se structurer, à s’organiser à partir de solidarités existantes.

Dans une région géographiquement peu propice à la constitution de
maquis et fortement marquée par la présence allemande la résistance
se développe autour de quelques groupes qui essaiment le
département : CND-Castille (Confrérie Notre-Dame-Castille), l’ORA
(Organisation de résistance de l’armée), l’OCM (Organisation civile et
militaire), Libération-Nord, Buckmaster, Honneur et Patrie. Leurs
principales activités : le renseignement, la propagande, l’organisation
d’évasions, la récupération d’armes, le sabotage…

Dans le département l’engagement résistant est d’abord l’affaire de
jeunes hommes adultes, issus majoritairement du milieu urbain.

Trois principaux mouvements irriguent le département.
LibérationNord, créé fin 1941 par Christian Pineau, le Front National fondé par
les communistes en mai 1941, et l’Organisation de résistance de
l’armée (ORA) qui regroupe d’anciens militaires ménageant leur
indépendance vis-à-vis de de Gaulle.

Autour de ces organisations se structurent des réseaux dont l’action
se concentre davantage sur le Maine-et-Loire, parmi ceux-ci :
Honneur et Patrie. Victor Chatenay constitua son réseau avec, outre
les membres de sa famille, quatre personnes de confiance : Charles
Poirel, Gabriel Lecombre, Marc Desforges et Louis Jafeu. Plus tard se
joignent à eux Ernest Mottay et Gaston Joubin, ce qui permet au
mouvement de se développer dans la région de Seiches et de Segré.

En juin 1943, Victor Chatenay et ses hommes rejoignent
JadeFitzroy qui travaille pour le MI6, l’Intelligence service, puis, en juillet
1944, le BCRA (Bureau central de renseignements et d’action).
Recherché par les Allemands, Victor Chatenay gagne l’Angleterre en
septembre 1943.

Le réseau Honneur et Patrie compta jusqu’à 296 membres dont
150 Angevins. Le prix de l’engagement, de la lutte contre l’occupant
fut lourd. Entre septembre 1943 et février 1944 : 107 arrestations, soit
8
près d’un tiers des effectifs, dont 68 agents – 49 déportés et 25
décédés – sur 150 à Angers.

C’est l’épopée de ces résistants, de leur engagement et de leur
sacrifice que nous proposons de mieux cerner et peut-être de
découvrir.


































9
































ANGERS, UNE CAPITALE REGIONALE
POUR L’OCCUPANT ALLEMAND (1940-1944)




Bottes d’un officier allemand devant la porte d’une maison réquisitionnée
à Montrevault (juin 1940). Photo, archives privées. Source : B. Gogendeau
11
Angers, ville ouverte

L’offensive allemande de mai-juin 1940 met fin à huit mois de
« drôle guerre ». La France subit alors la plus terrible défaite de son
histoire : militaire, morale, politique. C’est la débâcle. Sur les routes,
dans un même exode, se côtoient militaires et civils fuyant l’avancée
allemande.

Fin mai, début juin, à Angers, les réfugiés venus de l’Est arrivent
en nombre. Installé depuis le 22 novembre, le gouvernement polonais
quitte la capitale ligérienne pour rejoindre, par le sud de la France,
l’Angleterre.

Le 17 juin 1940 des bombardements touchent les gares de
SaintSerge et Saint-Laud. Les évènements se précipitent. Afin de protéger
la population et éviter d’éventuelles destructions, le 19 juin 1940, la
municipalité déclare Angers ville ouverte. Les Allemands y entrent
sans combattre. Commence alors une longue période d’occupation qui
s’achèvera le 10 août 1944 par la libération de la ville par les troupes
du général américain Patton.


Arrivée des Allemands en juin 1940 à Montrevault.
Photo, archives privées. Source : B. Gogendeau
12
Angers et ses environs : centre de commandement

Durant les 1 513 jours de présence, les autorités militaires et
policières allemandes vont installer leurs services, faisant ainsi
d’Angers et ses environs une capitale régionale pour le grand Ouest de
la France en lien direct avec les hauts commandements de Paris et
Berlin.

Géographiquement, elle est à proximité du littoral atlantique tout
en restant relativement éloignée des attaques ennemies. De plus, sa
desserte est facile.

À côté de ces organismes, les Allemands installèrent de nombreux
services annexes dans la ville. En septembre 1940, la présence
1allemande est estimée entre 6 000 et 7 000 soldats .
Ainsi, l’occupant s’y installe en masse. Pour y loger ses centaines
d’employés et ses quelques milliers de soldats, et y implanter ses
différents services, les autorités allemandes réquisitionnent de
ernombreux bâtiments publics et privés. Ainsi, le 1 septembre 1943,
256 immeubles, 641 chambres ou appartements et 50 locaux
(commerces, garages, etc.) sont réquisitionnés.







Emprunte d’un tampon
2
« Kriegstadt 595 » .
Arch. Mun. Angers : 4H107






1
Jean-Luc Marais avec la collaboration de Marc Bergère, Histoire de l’Anjou. Le
e eMaine-et-Loire aux XIX et XX siècles, éd. Picard, 2009, p. 208.
2
Traduction : ville de guerre 595. Le n° 595 correspond au numéro administratif
militaire du secteur d’Angers.
13
L’administration militaire allemande de la Wehrmacht

Militärverwaltungsbezirk B Südwestfrankreich ou MVbez B,
administration militaire du Sud-Ouest district B, dont le siège est
installé dans les locaux de l’Université Catholique de l’Ouest, place
André-Leroy, a autorité, à partir d’avril 1941, sur 17 départements de
la Bretagne à la frontière espagnole. Elle est subordonnée au
Militärbefehlshaber in Frankreich ou MBF, commandement militaire
en France, basé à Paris.

Feldkommandantur ou FK, est la structure du commandement
militaire au niveau du département.

À ces services de commandement sont rattachés de nombreux
régiments ou bataillons de la Wehrmacht, dont des Landesschützen.



Organisation de l’administration militaire en région

Oberfeldkommandantur (OFK)
au niveau de la région militaire
Feldkommandantur (FK)
au niveau du département
Kreiskommandantur (KK)
au niveau de l'arrondissement
Ortskommandantur (OK)
au niveau de la localité





14
Organigramme du Militärverwaltungsbezik B
Gouvernement militaire du district B basé à Angers


KK 506
Chinon
KK 595
Angers
KK 607
Saumur
KK 609
Amboise
FK 588 KK 768
Angers Segré
LS-Btl 582
Saumur
FK 518 KK 793
Nantes Cholet
LS-Btl 678
Saumur
FK 605
LS-Rgt 64 Angers
La Rochelle
LS-Btl 845
Angers
FK 677 Contre-espionnage
Tours Poitiers MBF MVbez B LS-Btl 904
Paris Angers Tours
FK 748
Stalag 181 Saumur
Rennes
FK 750 Vannes
FK 752 Quimper
FK 755
Le Mans
FK 756
Laval



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