Café littéraire N°5 - Janvierr 2012 - Version 1.1.

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Café littéraire 1.1. est un mensuel d'activités littéraires destiné aux élèves de l'enseignement secondaire inférieur et est un complément de Café littéraire 1.0.



Il a pour but de promouvoir la littérature en diffusant des critiques de sorties littéraires, quel qu'en soit le support (papier, ebook, livre audio) et quel qu'en soit le genre (roman, poésie, BD, ouvrage de vulgarisation...) ; faciliter l'accès des élèves à la littérature en les dotant d'un cadre de référence et de clés, de concepts leur permettant de s'approprier la notion de littérature ; faire découvrir en présentant les auteurs actuels ou anciens qui ont enrichi le patrimoine littéraire universel.

Au sommaire de ce mois- ci :Introduction à la littérature policière - Activités et pistes didactiques.

Publié le : dimanche 1 janvier 2012
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EAN13 : 2034808811054
Nombre de pages : 12
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Pistes didactiques
sait empoisonnée, et en boit l'eau néanmoins comme un divin breuvage. Le ciel devenait noir et les nuages s’amoncelaient au-dessus du manoir de Rochester.
Il est vrai que ce que certains trouvent laid peut sembler beau à d'autres. La Igure olivâtre et décolorée de M. Rochester, son front carré et massif, ses sourcils de jais, ses yeux profonds, ses traits fermes, sa bouche dure, en un mot, l'expression énergique et décidée de sa Igure, ne rentraient en rien dans les règles de la beauté ; mais pour moi son visage était plus que beau, il m'intéressait et me dominait. J’avais terriblement envie de l’embrasser. M. Rochester s'était emparé de mes sentiments et les avait liés aux siens. Je n'avais pas voulu l'aimer ; j'avais fait tout ce qui était en mon pouvoir pour repousser de mon âme ces premières atteintes de l'amour, et, dès que je le revoyais, toutes ces impressions se réveillaient en moi avec une force nouvelle. J’aimais beaucoup sa Ille aussi.Il me contraignait à l’aimer sans même faire attention à moi.
Exercice III. Dans ce passage, souligne tout ce qui relie Jane Eyre et M. Rochester et barre ce qui les sépare.
Je le comparais à ses hôtes. Qu'étaient la grâce galante des Mmes Lynn, l'élégance langoureuse de lord Ingram, et même la distinction militaire du colonel Dent, devant son regard plein d'une force native et d'une puissance naturelle ? Leur extérieur, leur expression, n'éveillaient aucune sympathie en moi ; et pourtant tout le monde les déclarait beaux et attrayants, tandis qu'on trouvait les traits de M. Rochester durs et son regard triste. Je les entendis rire. La bougie avait autant d'âme dans sa lumière qu'eux dans leur sourire. Je vis aussi M. Rochester sourire ; ses traits s'adoucirent ; ses yeux devinrent aimables, brillants et chercheurs. Il parlait dans ce moment à Louise et à Emy Eshton : je m'étonnai de les voir rester calmes devant ce regard qui m'avait semblé si pénétrant ; je croyais que leurs yeux allaient se baisser, leurs joues se colorer, et je fus heureuse de ce qu'elles n'étaient nullement émues, « Il n'est pas pour elles ce qu'il est pour moi, pensai-je. Il n'est pas de leur nature et je crois qu'il est de la mienne ; j'en suis même sûre : je sens comme lui ; je comprends le langage de ses mouvements et de sa tenue ; quoique le rang et la fortune nous séparent, j'ai quelque chose dans ma tête, dans mon cœur, dans mon sang et dans mes nerfs, qui forme entre nous une union spirituelle. Si, il y a quelques jours, j'ai dit que je n'avais rien à faire avec lui, si ce n'est à recevoir mon salaire ; si je me suis défendue de penser à lui autrement que comme à un maître qui me paye, j'ai proféré un blasphème contre la nature. Tout ce qu'il y a en moi de bon, de fort, de sincère, va vers lui. Je sais qu'il faut cacher mes sentiments, étouffer toute espérance, me rappeler
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qu'il ne peut pas faire grande attention à moi ; car, lorsque je prétends que je suis de la même nature que lui, je ne veux pas dire que j'ai sa force et son attrait, mais simplement que j'ai certains goûts et certaines sensations en commun avec lui. Il faut donc me répéter sans cesse que nous sommes séparés pour toujours, et que néanmoins je dois l'aimer tant que je vivrai. »
Exercice IV. Lis très attentivement la suite du texte.
On passa le café. Depuis l'arrivée des messieurs, les dames sont devenues vives comme des alouettes. La conversation commence, joyeuse et animée. Le colonel Dent et M. Eshton parlent politique ; leurs femmes écoutent. Les deux orgueilleuses douairières lady Lynn et lady Ingram causent ensemble. Sir George, gentilhomme de campagne, gras et frais, se tient debout devant le sofa, sa tasse de café à la main, et place de temps en temps son mot. M. Frédéric Lynn est assis à côté de Marie Ingram et lui montre les gravures d'un beau livre ; elle regarde et sourit de temps en temps, mais parle peu. Le grand et egmatique lord Ingram se penche sur le dos de la chaise de la vivante petite Emy Eshton ; elle lui jette par moments un coup d'œil, et gazouille comme un roitelet, car elle préfère lord Ingram à M. Rochester. Henry prend possession d'une ottomane aux pieds de Louise ; Adèle est assise à côté de lui ; il tâche de parler français avec elle, et Louise rit de ses fautes. Avec qui ira Blanche Ingram ? Elle est seule devant une table, gracieusement penchée sur un album ; elle semble attendre qu'on vienne la chercher ; mais, comme l'attente la fatigue, elle se décide à choisir elle-même son interlocuteur.
M. Rochester, après avoir quitté les demoiselles Eshton, se place devant le feu aussi solitairement que Blanche l'est devant la table ; mais Mlle Ingram va s'asseoir de l'autre côté de la cheminée, vis-à-vis de lui.
« Monsieur Rochester, dit-elle, je croyais que vous n'aimiez pas les enfants ?
– Et vous aviez raison.
– Alors qui est-ce qui vous a décidé à vous charger de cette petite poupée-là ? reprit-elle en montrant Adèle ; où avez-vous été la chercher ?
– Je n'ai pas été la chercher ; on me l'a laissée sur les bras.
– Vous auriez dû l'envoyer en pension.
– Je ne le pouvais pas ; les pensions sont si chères !
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