Café littéraire N°7 - Mars 2012 - Version 1.0.

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Café littéraire est un mensuel littéraire destiné aux élèves de l'enseignement secondaire inférieur (Café littéraire 1.0) et secondaire supérieur (Café littéraire 2.0)



Il a pour but de :

Promouvoir la littérature en diffusant des critiques de sorties littéraires, quel qu'en soit le support (papier, ebook, livre audio) et quel qu'en soit le genre (roman, poésie, BD, ouvrage de vulgarisation...) ;

Faciliter l'accès des élèves à la littérature en les dotant d'un cadre de référence et de clés,
de concepts leur permettant de s'approprier la notion de littérature ;


Faire découvrir en présentant les auteurs actuels ou anciens qui ont enrichi le patrimoine littéraire universel


Au sommaire de ce mois- ci :

Lettre à George Clooney

Un Noé au sec

Un Titanic à l’eau

Des écrivains pas très sérieux

Des livres-enquêtes

Un grand copain

Des nouveautés à prendre ou à laisser

Des activités...


Publié le : jeudi 1 mars 2012
Lecture(s) : 32
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 2034808810071
Nombre de pages : 20
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Café littéraire
Version 1.0. une édition www.kwalire.com
C’est nouveau (ou presque)
Maisquest-cequilaceGeorGe?
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Niveau
2
La petite Violette en a assez des loosers qui, depuis le divorce de ses parents, essaiment autour de sa mère. Elle en assez de son père qui ne jure que par sa nouvelle copine Jennica Valentine. Elle en a assez des pestes de son école qui se moquent d’elle. Et l’arrivée dans son bahut du beau Jean-Paul n’arrange rien. Elle en tombe amoureux alors qu’elle avait promis que ça ne lui arriverait jamais. Et George dans tout ça ? Patience, il arrive…
D’un côté, Violette Gustafson. Elle a bientôt treize ans, une petite sœur de cinq ans qui s’appelle Rosie et deux demi-sœurs de deux ans, les jumelles Lola et Lucy, fruits du remariage de son père avec la belle et mauvaise actrice Jennica Valentine. A l’école, deux petites pestes la surnomment la Crêpe et son inséparable amie Phoebe est qualiée, elle, de Piggy, à cause de ses rondeurs. Violette entre dans l’adolescence peu sûre d’elle et surtout blessée par le divorce de ses parents. Elle a un penchant pour les lms de George Clooney, pour les pâtisseries, pour les caramels et pour Jean-Paul, un garçon de Winnipeg qui vient de s’inscrire dans son école. Sa maman, Ingrid, est une mère célibataire proche de la quarantaine qu’elle trouve encore jolie.
De l’autre côté, il y a les prétendants de sa maman, que Violette déteste, interroge,
prend en lature et dénonce publiquement lorsqu’elle apprend à leur sujet un secret inavouable. Il faut dire que la maman de Violette a le chic pour trouver de drôles d’amoureux, que ce soit Jonathan le volage, Alphonse le radin, Carl l’alcoolique, Guy le malsain, Larry le marié ou Dimitri, Paulo, Youri et Jake les abrutis. Mais cette fois, cela semble bel et bien coller entre Ingrid et Dudley Wiener, un homme à l’opposé de George Clooney tant par le physique que par les manières. Dudley, que Violette surnomme la saucisse (Wiener signiant « habitant de Vienne »), n’échappera au pistage de Violette, Phoebe et Jean-Paul, décidé à prêter main-forte au duo féminin de détectives.
De cette « union » entre Violette et les amoureux de sa maman naît cette idée saugrenue : écrire à George Clooney pour qu’il rencontre sa mère ! Plutôt pour que leurs chemins se croisent à nouveau puisqu’Ingrid, qui a travaillé un moment comme coiffeuse pour le cinéma, a déjà eu l’occasion de coiffer le beau George quand il jouait dans une série sans grande importance. De cette rencontre reste dans l’actuel salon de coiffure de sa maman une photo dédicacée du bel acteur avec ces mots
« J’espère que nos chemins se croiseront à nouveau ». Une occasion inespérée est offerte à Violette : son père, réalisateur, va travailler dans le même studio que celui où Clooney est en train d’enregistrer son prochain lm...
Ce roman, qui plaira particulièrement aux jeunes lles, est d’une lecture très agréable. Le personnage de Violette est extrêmement attachant et, bien que l’intrigue soit un peu invraisemblable, on y croit, on prend du plaisir à suivre les aventures de Violette et Phoebe, à lire les déboires amoureux de sa maman et à suivre la difcile entrée dans l’adolescence de la narratrice et personnage principal.
De l’humour, du suspense, un style uide : jeunes lles, que vous rêviez ou pas d’avoir George Clooney pour beau-père, n’hésitez pas à lire le roman de Susin Nielsen.
Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ? Susin Nielsen Hélium 2011 195 p. 13,90€ Traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec
Version 1.0. Café littéraire une édition www.kwalire.com DeBlackswanauMoutonnoir
C’est nouveau (suite)
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Niveau
3
A observer la couverture, on se croit devant un récit de science-Iction ou d’heroic fantasy. Pourtant, dès les premières pages, on se rend compte qu’on est face à une adaptation en BD de passages de la Genèse. EnIn, jusqu’à l’apparition de géants à six bras… Le metteur en scène deBlack Swanpasse à la scénarisation de BD avec la même originalité déconcertante.
L’album commence avec une pomme, cette pomme qu’Eve a eu la mauvaise idée de croquer, entraînant le bannissement de l’Eden, engendrant le meurtre d’Abel par Caïn, générant une série de vengeances divines face à la cruauté des hommes. Bon d’accord, ça simplie un peu le texte biblique, mais le fond y est.
Noé – assez proche d’un Thorgal – vit reclus avec sa femme Naameh – assez proche d’un manga – et leurs trois enfants : bébé Japhet, Cham et Sem l’aîné.
Noé fait de drôles de rêves. Il rêve d’une pluie torrentielle, diluvienne, et tantôt il s’y noie, tantôt il y côtoie des centaines de cadavres d’hommes ou d’animaux. Comprenant que ses songes sont prémonitoires, il décide de se rendre à la ville de Bab-Ilim pour prévenir les hommes que leur cruauté et leur méchanceté risquent d’être bientôt punies. Bab-Ilim, c’est Babel, une ville-tour dédiée à la violence, au relâchement des mœurs et à l’inhumain. Bien sûr, on ne l’écoute pas. Pire : on lui reproche sa condescendance et en représailles les habitants de la ville décident de détruire son campement. Noé et sa famille sont contraints de partir, de s’exiler pour échapper à leur furie monstrueuse.
En fuyant, ils passent les anciennes portes, que personne avant eux n’avait osé franchir. Et pour cause : derrière ces portes, c’est le règne des géants, monstres à six bras haïssant les hommes. Seul l’un d’entre eux aidera Noé et les siens à fuir pour que notre héros puisse rencontrer son grand-père, qui vit en ermite dans la montagne et qui conera à son petit-ls une graine, celle qui permettra le retour de la vie sur terre après le déluge.
Là on est perplexe : ce mélange de science-ction, d’heroic fantasy et de textes religieux est déroutant. Pas désagréable, mais déroutant. D’un côté, on a l’impression qu’on est confronté à une réinterprétation totale de la Bible, d’un autre côté les extraits de laGenèseçà et cités là par les scénaristes tendent à nous montrer au contraire que la BD « colle » au texte canonique. Quelques éléments anachroniques, comme des sortes de chapeaux bob ou des poutres métalliques, nous indiquent qu’on est bel et bien dans le fantasy. De son côté, Noé est bien représenté comme une gure mythique, prophétique, mais il rappelle davantage un Thorgal ou un Aragorn (voir la saga du Seigneur des Anneaux).
On ne peut s’empêcher après avoir refermé la bande dessinée de se poser la question suivante : et alors ? Peut-être que les trois autres tomes de la série, à paraître, nous aideront à trancher : Noé, déluge de bonnes intentions ou bateau sans capitaine ?
Une chose est sûre en BD : ne jamais juger une série sur le premier album. Alors attendons les suivants : Tome 2, Et tout ce qui rampe Tome 3, Et les eaux envahirent la terre Tome 4, Celui qui verse le sang
Noé, livre 1 – Pour la cruauté des hommes Scénario Darren Aronofsky et Ari Handel Dessin et couleurs Niko Henrichon Le Lombard 2011 67 p. 15,90€ Traduit de l’anglais par Kid Toussaint
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