Événement, identité et histoire

De
GUERRE, PERSÉCUTION, PESTE, DÉFAITE OU VICTOIRE, siège d'une ville sont autant de traumatismes qui ont perturbé la vie des gens du passé. À quoi tiennent le retentissement de certains événements et la discrétion qui entoure les autres ? Du Moyen Âge au XIXe siècle, de la Provence à la Nouvelle-Angleterre, en passant par Paris et par le Québec, cet ouvrage analyse différents types d'événements " traumatiques " et leurs répercussions.
Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782896640218
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V NEMENT, IDENTIT ET HISTOIRE
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Sous la direction de Claire Dolan
V NEMENT, IDENTIT ET HISTOIRE
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DonnØes de catalogage avant publication (Canada) Vedette principale au titre: vØnement, identitØ et histoire Comprend des rØfØrences bibliographiques. ISBN 2921114577 1. vØnement 2. IdentitØ collective. 3. Histoire Historiographie.Dolan, Claire, I. 1949 . D16.9.E83 1991 901 C910968594
' Les Øditions du Septentrion 1300, av. Maguire Sillery (QuØbec) G1T 1Z3
Diffusion Dimedia 539, boul. Lebeau Ville SaintLaurent (QuØbec) H4N 1S2
e DØp t lØgaltri3mestre 1991 BibliothŁque nationale du QuØbec
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En guise d’avant-propos
Claire Dolan
Rendre compte de nos dettes, au moment de soumettre ce livre aux lecteurs, c’est un peu en retracer la genèse. Cet ouvrage découle en effet d’une réflexion effectuée dans le cadre d’un projet de recherches subventionné par le fonds FCAR du gouvernement du Québec et qui portait le titre suivant: «Cité unanime en mutation: événement trau-e matique et identité urbaine à Aix-en-Provence au XVI siècle». Autour de ce thème, cinq étudiants et étudiantes en histoire, à l’Université Laval, qui préparaient qui, un mémoire de maîtrise, qui, une thèse de doctorat, tentaient avec moi d’interroger, dans un cadre spatial et chronologique restreint les effets d’événements perturbateurs sur l’identité. Très vite, il nous est apparu vain de considérer le problème des rapports entre les événements traumatiques et l’identité dans le seul cadre de la ville d’Aix. Fermée sur elle-même, cette recherche risquait de ne conduire qu’à une monographie de plus et nous sentions que le problème avait un intérêt beaucoup plus large, qu’il posait des questions à toute la pratique historienne actuelle. Nous avons donc organisé, autour de la question, et en focalisant l’attention sur une région donnée (la Provence), un colloque où se sont exprimés des historiens et historiennes dont les recherches permettaient d’apporter un éclairage neuf. En septembre 1990, les différentes contributions ont été discutées. Les textes ont été par la suite retravaillés, à la lumière de ces discussions. Certains sont disparus, d’autres se sont ajoutés. Le livre qui est issu de ce processus ne constitue pas les actes de ce colloque (parus en fait, avant la tenue de la rencontre). Il forme un tout auquel chacun apporte sa pierre et a été construit non pour rendre compte du colloque mais bien, comme on le fait d’une recherche individuelle, pour tenter de résoudre une problématique dans une démarche lente mais que nous voulons cohérente. Il n’est pas inutile de dire l’importance des appuis que nous avons reçus, dans le long processus dont ce livre est l’aboutissement. Le Fonds FCAR d’abord a permis au projet de se réaliser et au colloque d’avoir lieu. La Faculté des Lettres de l’Université Laval par l’intermédiaire de son programme de subventions «Rapports et mémoires de recherche» et le département d’histoire ont largement contribué à nous permettre de
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ÉVÉNEMENT,IDENTITÉETHISTOIRE
franchir les différentes étapes de l’édition de ce livre. Les commentateurs et commentatrices qui, au moment du colloque, nous ont apporté leurs objections et leurs suggestions n’ont pas peu fait pour nous inciter à aller plus loin. C’est un bien faible témoignage par rapport à ce qu’ils nous ont apporté que de les mentionner ici: Bogumil Koss, Jacques Mathieu, Yves Roby, Christine Piette, John Drendel, Danielle Gauvreau, Joseph-Claude Poulin, Serge Courville et Normand Séguin. Parce qu’il nous semblait nécessaire que le débat sorte des officines des spécialistes, nous avons utilisé un langage simple sans pour autant qu’il soit simplificateur. Dans ce contexte, il est peut-être un peu contra-dictoire d’avoir gardé le premier chapitre de l’ouvrage dans la langue originale dans laquelle il avait été écrit. Il ne nous semblait pas toutefois que l’ouvrage puisse en subir quelque préjudice.
Introduction
Identité, histoire et événement
Claire Dolan Université Laval
À travers l’image floue que l’on garde des différentes périodes de sa vie, quelques événements aux contours clairs et précis se dressent: les événements qui dérangent nos vies marquent nos mémoires. Parce qu’ils rompent avec la quotidienneté, ils contribuent à fixer des moments qui, autrement, sans laisser de traces, auraient fui, comme le temps. Devenues points de repère, ces secousses sont notre histoire et on leur attribue souvent une large part de ce que nous sommes. Quand on écrit l’histoire d’une collectivité, on lui fabrique en quelque sorte une mémoire qui la distingue. Les événements qui ont bouleversé cette collectivité dévoilent-ils, en marquant de pierres blanches certains moments de son histoire, comment l’identité de ce groupe s’est constituée? Voilà le sujet de ce livre.
Identité et histoire
L’identité est à la mode. Colloques, livres, politiques gouvernementales ont contribué à faire du mot «identité» un mot passe-partout qui ponctue à tout propos le discours des intellectuels. La banque de données bibliographiques «FRANCIS», en juin 1991, comprenaient 2855 entrées ayant trait d’une manière ou d’une autre à la notion d’«identité». Son homologue américain «Historical Abstract» n’offrait, sur le même sujet, au même moment, qu’un peu plus de 300 entrées. Très largement axée sur l’anthropologie, sur la sociologie et sur les sciences politiques, donnant une place privilégiée aux publications françaises, «FRANCIS» circonscrit la mode: premièrement, la notion était jusqu’à récemment l’apanage de l’anthropologie et de la sociologie; deuxièmement, les chercheurs français ont considérablement contribué à en assurer la popularité. En Amérique, l’identité est aussi affaire de socio-logues, d’anthropologues et de spécialistes des sciences politiques. Les historiens, quant à eux, ont été jusqu’à maintenant plus discrets.
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V NEMENT,IDENTITETHISTOIRE
LepassØsertpourtantdesupportlidentitØ.Sanspermanence, sans constance,pasdidentitØ.Sansinscriptiondansletemps,Ø.pntitideasd «LidentitØ,ditAlexMucchielli,prendcorpsetsaffirmeen rØfØrence au 1 passØ.»Lhistoireainsientendueestinstrumentale,ellesert dØcrire lidentitØactuellemaisneditrienquantauprocessusde formation historiquedecetteidentitØ.Lapertinenceduneanalysehistorique des phØnomŁnesdidentitØestpourtant,audeldelamode,facile soutenir. Jusqu maintenant, la plupart des travaux historiquesqui se sont intØressØsauproblŁme,lontabordØdupointdevuedtieØliedtn nationale. Les liens entre la mise en place de l tat national et la cons tructionparallŁleduneidentitØnationaleontØtØtoursoulignØs tour 2 puisnuanc.ØsMaislessociologuesetlesanthropologuessavent que lidentitØestbienpluscomplexe,euxquiconsidŁrentcomme des catØ goriesdistincteslidentitØcollective,lidentitØindivielleduiden,litØt religieuse,lidentitØethnique,lidentitØnationale,lidentitØ locale, lidentitØculturelle,lidentitØpersonnelle,lidentitØrØenidl,tØtigoianel linguistique,lidentitØsociale,lidentitØpolitique,lidentitØ raciale, 3 lidentitØsexuelleetlide.ntitØtribale
Une notion complexe
«LidentitØ,constateMucchielli,estdabordunensemblede caractØ 4 ristiquesquipermettentdedØfinirexpr.e»ssØCmeetntteunobjet identificationsupposequelonmetteenØvidencelafoisce qui permet lobjetdtreplacØdansunecatØgorie,avecsessemblables, et ce qui 5 lendistin.guQeuilsagissedunindividuoudungroupe,lidentitØ fait appel ces deux oppositions: le semblable et la diffØrence. Par ailleurs, lidentificationcest«lactiondidentifier,cestdirede reconna tre quelque chose certains signes pour pouvoir le ranger dans une catØgorie deconnaissance.Dautrepart,lidentification,cestlactinonedsied 6 tifierquelquunouquel»q.ueTocuhtosepasse comme si les mØca nismesdelidentitØetlidentificationprocØdaienttoujours par paire: le semblable et la diffØrence, le regard des autres, le regard de soi. De la mmefaon,onpeutchercherdanslidentitØ,cequinechange pas, ce qui restetoujourslemme,ouencoreconsidØrerlidentitØcomme un pro 7 cessus en constr.ucSteilonintdeemierpoeulqadoponeprtelvue ou lesecond,lonchercherasoitun«donnØ,horsdutempset hors du monde» soit un «projet» dans lequel «les individus et lesgroupes sont en 8 permanence enga»g.Øs Entretouscesaspects,lhistorienchoisitsonnid:lentØtinedist objethistoriquequeparcequelleestfilledecontextes divers qui
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